Première conséquence : la contrainte énergétique russe. La capacité de raffinage russe a été réduite d’environ 500 000 barils par jour (environ 79 500 m³/jour) à l’automne 2025, selon l’Agence internationale de l’énergie. Ce niveau de perte ne devrait pas être totalement résorbé avant mi-2026. Cela veut dire que la Russie devra importer davantage de carburant raffiné ou rediriger du pétrole brut vers des installations plus éloignées et potentiellement moins efficaces. C’est une pression durable sur son économie de guerre. Deuxième conséquence : la réaction occidentale. Les alliés occidentaux ont intensifié les sanctions sur les géants pétroliers russes, et ont restreint l’accès de la Russie aux technologies nécessaires pour réparer rapidement ses raffineries. Washington et Bruxelles savent que le secteur pétrolier finance l’effort militaire russe. Il faut dire les choses simplement : couper la capacité de raffinage russe, c’est réduire la trésorerie disponible pour payer des bombes qui tombent ensuite sur Kharkiv ou Odessa. C’est brutal, mais c’est exact. Troisième conséquence : l’autonomie stratégique ukrainienne. Kyiv montre qu’elle peut frapper loin sans attendre un feu vert occidental pour l’emploi de missiles longue portée comme Tomahawk. Les drones sont conçus localement, modifiés localement, lancés localement. Cette autonomie technique réduit le levier politique des alliés occidentaux sur le tempo opérationnel ukrainien. Elle a un prix humain : les opérateurs parlent ouvertement du fait qu’ils apprennent « en direct », qu’ils perdent des camarades, et qu’ils considèrent la mission comme une obligation morale vis-à-vis de leurs enfants. Ce discours ne relève pas du marketing militaire. Il traduit une réalité : l’Ukraine a compris qu’elle ne peut pas se permettre une guerre uniquement défensive. Elle doit imposer un coût direct à la Russie, sur le territoire russe, et elle le fait.
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