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  1. May 2025
    1. Seulement voilà, tout en démocratisant la prise de parole, ces circuits conversationnels de l'information peuvent être exploités par certains producteurs de fausses nouvelles. Enrobées de blagues ou de commentaires affectifs, certaines informations graves ou frauduleuses peuvent en effet s'immiscer, aussi insidieusement qu'un cheval de Troie, dans ces niches conversationnelles.

      Ici, l'auteure en parlant de "cheval de Troie" alerte sur les producteurs de fake news pour galvaniser de la fausse information dans des conversations à hauts potentiels de visibilités...et rendre exponentielle la visibilité de leurs fausses informations, pour manipuler le public, ou tout du moins faire parler du sujet souhaité.

    2. Or cette nouvelle structure de la visibilité a ainsi favorisé l'apparition de nouveaux registres d'énonciation plus familiers et désinhibés.

      Ici l'auteure conclue que l'information est désinhibée, familière...et ne respecte plus les codes entre place publique et institutionnelle que l'on pouvait observer autrefois, étant donné que les réseaux sociaux font le pont entre ces deux mondes. Nous l'avons notamment vu à travers les résultats de cette étude, l'auteure pourrait alerter sur les dérives liées à de tels comportements : s'ils se multiplient et disposent de plus en plus de visibilité...cela pourrait normaliser des discours qui ne respectent pas l'intégrité de l'autre et où la désinformation pourrait être monnaie courante.

    3. Elles ne sont pas plus murmurées, dans des espaces privés, au sein de contextes de communication interpersonnelle, mais désormais exposées au sein d'espaces de visibilité en « clair-obscur » . Dominique Cardon utilise cette expression pour souligner que, pour autant qu'ils soient visibles, ces bavardages sont remplis de sous-entendus et d'indices complices destinés à n'être compréhensibles que pour un cercle restreint : les proches du réseau relationnel des internautes.au sein d'espaces de visibilité frDominique Cardon utilise cette expression pour souligner que, pour autant qu'ils soient visibles,ces bavardages sont remplis de sous-entendus et d'indices complices destinés à n'être compréhensibles que pour un cercle restreint : les proches du réseau relationnel des internautes.

      Ici l'auteure évoque une communication sur la sphère publique que le sociologue Dominique Cardon qualifie de "clair-obscur", à savoir des propos assumés, clairement affichés mais peu lisibles par les lecteurs "hors cercle" puisqu'on y trouve seulement des sous-entendus. Pour autant, même sans être clairs pour les autres lecteurs, de tels propos, sous couverts de faire réagir pourraient avoir un impact ou une interprétation négative et participer à cette spirale du "bad buzz", de la polémique, à échelle du public évoquée plus haut.

    4. Désormais, tout le monde peut parler de n’importe quoi à n’importe qui, et cela au sein même de l’espace public. De cette manière, les conversations ordinaires des internautes sont venues se greffer aux informations médiatiques diffusées sur le web – lesquelles sont alors devenues des objets de discussions à demi joueuses et moqueuses.

      Ici, l'auteure montre comme au sein de l'espace public, l'institutionnel comme l'individu sont finalement mêlé, presqu'au même degré. Il pourrait être intéressant de relever que cela peut-être positif et apporter au débat public, lorsque les discussions sont autrement que joueuses et moqueuses, ce qui arrive encore.

    5. Si le phénomène des « fake news » n’est pas si nouveau et ravive d’une certaine manière les ragots et commérages qui se transmettaient par bouche à oreille dans les coulisses d’un café, sa grande nouveauté aujourd’hui est qu’il peut projeter certains racontages douteux sur le devant de la scène, au sein d’espace à haute visibilité du web comme les groupes Facebook ou les fils de discussions Twitter.

      Ici, l'autrice assimile les fausses informations que l'on observe aux discussions d'autrefois, mais en nuançant leur impact, qui est exponentiel aujourd'hui par l'essor des réseaux sociaux. On pourrait faire le parallèle avec le "badbuzz" phénomène qui privilégie les nouvelles catastrophes, à sensation, plus vendeuses que les nouvelles plus positives, se demander si tout cela n'est pas un engrenage par les outils dont nous disposons mais finalement un comportement humain caractéristique.

    6. « C’est très drôle. À mon avis c’est une fake news mais c’est drôle, ça me fait rire. Que ça soit vrai ou faux je m’en fous, j’en parle. » (Homme, 67 ans, retraité)

      Ici l'expérience et ses conclusions sont appuyées par les propos des participants, où l'on voit que l'importance de la véracité de l'information n'est pas un élément priorisé. On aurait pu pousser le questionnement au "pourquoi" ce besoin de faire rire, dans le rapport à l'autre.

    7. Probablement parce dans ces contextes, l’on ne risque pas grand-chose à diffuser quelque chose de faux. Et puis surtout parce que l’on ne se préoccupe pas vraiment de la valeur de vérité d’une information car nos conversations sont animées par d’autres motivations et s’apparentent alors davantage à des bavardages cacophoniques mobilisant des registres d’énonciation divers et variés oscillant par exemple de la plaisanterie à la provocation :

      à nouveau ici, face à la naïveté que peuvent avoir certaines personnes à diffuser de fausses information pour divertir, dans un contexte sécurisant pour eux, il pourrait être opportun d'alerter sur la responsabilité de chacun à transmettre des informations, quelqu'en soit le contexte.

    8. En fait, les informations fausses et sans intérêt public ont surtout été transmises au sein d’espace de communication aux contraintes de prise de parole très relâchées, par exemple à un·e ami·e très proche qui a la même opinion que nous sur de nombreux sujets ou dans un groupe de conversation dans lequel notre identité peut rester masquée. Pourquoi ?

      l'autrice lie les fake news & la typologie d'espaces de communication. Elle pose la question de la plus grande diffusion de fausses informations dans un cadre moins institutionnel et plus relâché ou avec une identité masquée. Il aurait pu être intéressant de redéfinir la différence entre ces espaces privés et public. Egalement, appuyer les propos sur m'effet levier auquel le public participe en relatant de genre de désinformation, et l'impact que cela peut avoir, pour chaque contextes.

    9. Pour explorer cette question, j’ai réalisé une enquête expérimentale dans le cadre d’un travail exploratoire auprès de 15 personnes, pour mon mémoire de fin d’études à Sciences Po, encadré par le sociologue Dominique Cardon. Ce questionnement est aujourd’hui approfondi dans mes recherches doctorales.

      après avoir démontré ce que la désinformation n'est pas seulement le fruit d'une diffusion massive de fake news, mais que le contexte de discussion est un facteur important à prendre en compte, l'auteure continue sa démonstration par une expérience. cependant, il est à noter que le nombre de participant de 15 personnes est faible et il n'y a pas d'indication concernant la sélection de cet échantillon.