biais
Peut-être aussi (et surtout ? ) un biais de classe sociale / un biais classiste ?
biais
Peut-être aussi (et surtout ? ) un biais de classe sociale / un biais classiste ?
es chercheur·euse·s ne peuvent plus s’isoler dans une position de surplomb ou de retrait par rapport à la réalité sur laquelle elles réfléchissent, comme le préconise la philosophie classique
Vraiment ? Classique en quel sens ? Peut-être qu’il faut distinguer le champ de l'histoire des idées (telle qu'on l'enseigne au lycée par exemple ou à l'université) et la philosophie comme un champ académique.
Or la philosophie comme discipline - surtout lorsqu'elle est contemporaine - s’intéresse presque toujours aux études empiriques qui portent sur son objet. Exemple : si vous faites de la philosophie de la musique, vous allez aller lire des choses sur l’histoire de la musique, sur la musicologie, etc… Si vous faites de la philosophie politique, vous allez lire des chercheurs en sciences politiques, des sociologues, etc. Donc quand on ouvre un bouquin de philosophie politique, on a dans la bibliographie ce genre de sources aussi. Il me semble que c'est assez rare les philosophes qui développent des réflexion «a priori». En général, les philosophes s’appuient sur ce que les sciences sociales ont écrit sur leur objet. Donc à mes yeux, ce reproche, qui certes est fréquent dans les écrits sur la philosophie de terrain, est en fait un mauvais procès…
hercher à identifier des actions susceptibles de les résoudre
Oui, et il aurait aussi été intéressant d’intégrer ce critère dans votre typologie : quels types de philo de terrain implique des recommandations ou non ?
transdisciplinarité
Peut-être même «au-delà», non ? (puisqu’elle appelle à la «dédisciplinarisation de la philosophie» !)
proposent de développer des standards méthodologiques qui ne sont ni ceux des sciences humaines ni ceux de la philosophie traditionnelle,
Une fois de plus : Ne faut-il tout de même pas se demander s’ils y parviennent ? :)
es méthodes mobilisées privilégient ainsi le travail de recherche inductif, c’est-à-dire qui ne provient pas des spéculations du·de la philosophe, mais plutôt d’observations et de questionnements qui sont générés directement à partir de la réalité du terrain et par les personnes qui y œuvrent.
Une fois de plus : pourquoi ne pas mobiliser les savoirs empiriques des sciences sociales sur son objet ? Cela permettrait une philosophie tout aussi inductive et pas surplombante… (et dès lors il n'y a pas nécessairement besoin d’ aller sur le terrain pour ça ;) )
ssus du dialogue avec les personnes concernées par le projet.
Uniquement issu de ce dialogue ? Quid des données issues des sciences sociales sur leur objet ?
les personnes
Donc la recherche se fait uniquement à destination des personnes enquêtées ?
elle se distingue aussi de façon significative des approches de sciences sociales sur le plan méthodologique ce qui explique son positionnement vers la droite de l’axe 2.
Peut-être faudrait-il que vous disiez clairement en introduction que vous ne jugerez pas ici des pratiques effectives mais simplement que vous théorisez le point de vue que ces philosophes portent sur leur travail ? Car je trouve troublant de ne pas connaître votre avis sur la question de savoir si ces philosophies "font vraiment ce qu'ils disent faire"... Par exemple, on pourrait estimer que la méthode déployée par Vollaire a tous les traits de l’ethnographie, même elle en fait - par la suite - un usage philosophique.
ce qui nous amène à la positionner au centre de l’axe 1 sur notre schéma.
Ah oui ? … Il me semble pourtant que Vollaire est vraiment plus bas car elle dit véritablement se situer à égalité sur le plan du savoir avec les acteurs.
Pour Vollaire, le terrain ne doit donc pas être compris que par l’intellect, mais être vécu de l’intérieur à travers les sens
Comme une très grande part de la tradition de l’ethnographie
privilégiée
Privilégiée sur quel plan ? Symbolique ? Epistémique ? Matériel ?
biais
Quels biais exactement ?
quitte à modifier la recherche en fonction de ce qui lui est transmis·e.
Il n'y a pas là de différence avec la sociologie compréhensive et l'éthnographie
en vue d’augmenter l’espace territorial d’un savoir
Une remarque comme ça : Donc cela implique-t-il de prendre connaissance des connaissances empiriques disponibles sur son objet pour savoir ce qui en était su précédemment ?
a philosophie de terrain ne se limite donc pas à étudier une réalité concrète, mais elle demande aussi (et surtout) aux chercheur·euse·s d’être dans une position d’ouverture et d’écoute face à leurs interlocuteur·trice·s, qui sont considéré·e·s comme vecteur·trice·s d’une subjectivité particulière, riche et complexe, que le·la philosophe se doit d’entendre.
Est-ce que cela ne correspond pas à la démarche de la sociologie compréhensive ?
le milieu appartient selon elles aux acteur·trice·s du terrain, et c’est à eux·elles qu’il revient d’agir sur ses pratiques, mais aussi de les interpréter et de leur donner une signification, qui va bien au-delà des faits objectifs. En revanche, les choix de recherche, tant au plan théorique et que méthodologique, demeurent entre les mains des chercheur·euse·s, puisque ce sont eux·elle·s qui possèdent les connaissances nécessaires pour juger de sa validité ou de sa pertinence.
Une remarque comme ça : … S’il revient aux acteurs de changer, pourquoi ne pas co-construire les sujets de recherche avec eux ? Un peu étrange alors non ?
faire émerger du terrain la problématique philosophique, puisque celle-ci y était « déjà présente, telle qu’exprimée par les acteur[·]trice[·]s » (Ternier, 2017, p. 254).
Du coup ne devrais-je pas être située plus bas sur l’axe épistémologique ?
Vous pouvez aussi préciser que paradoxalement je n’envisage pas nécessairement de transformer la pratique du terrain étudié mais d’avoir un impact sur les autres expériences (voir aussi « Travailler « à partir de » et « sur » les justifications des enquêtés. Un retour d’expérience. », in Terrains philosophiques, dir. Alison Bouffet, Théophile Lavault, Pauline Vermeren, Presses Universitaires de Dijon., 2025)
Cela dit, cette typologie n’étant pas exhaustive, elle devra être bonifiée par la communauté de recherche en philosophie de terrain au fil de l’évolution de ce champ. À partir de cette caractérisation des approches pionnières en philosophie de terrain, les autres approches – tant celles qui ont été proposées jusqu’à maintenant, mais qui ne sont pas situées dans le schéma ci-haut, que celles qui seront proposées dans le futur – gagneront à y être ajoutées afin d’en faire ressortir les ressemblances et les spécificités.
Il me semble dès lors qu’il pourrait être utile pour chaque type de situer les autres auteurs qui en font partie, par exemple en les mentionnant brièvement à la fin de chaque partie. Car si on dit qu’il y a des travaux «pionniers» d’une approche, c’est que d’autres ont suivis (même s’ils ne savaient pas qu’ils reprenaient une approche déjà existante)
s’inscrit nécessairement dans une posture critique en regard de la philosophie traditionnelle
ou en tous cas s’envisage comme complémentaire ?
avec des méthodologies empiriques issues des sciences humaines et sociales.
Du coup un angle mort important de votre classification est la question de l’appui non pas sur les méthodes des sciences sociales, mais bien des données des sciences sociales: il y a des philosophes qui mobilisent les données déjà existante (ce qu’on sait déjà) en sociologie, en histoire, etc. sur leur objet ; et d’autres non.