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  1. Mar 2025
    1. Ainsi, en seulement six jours le New York Times a en effet mis autant de fois à la Une le scandale lié à la boîte e-mail d’Hillary Clinton que toutes les thématiques de son programme publiées au cours des soixante-neuf jours qui ont précédé les élections américaines.

      L'autrice choisit d'illustrer et de confirmer ses propos en expliquant comment les fake news peuvent éloigner l'attention du public au détriment de sujets importants. Elle explique dans cet exemple comment les médias traditionnels (exemple avec le New York Times) contribuent à propager et concourir de manière involontaire des rumeurs.De plus, on comprend dans ce paragraphe que les fake news peuvent devenir un outil politique pour détourner le public vers des débats stériles. Encore une fois, l'auteur ne nuance pas : il existe des normes journalistiques permettant de différencier les vraies ,des fausses informations. Elle aurait pu explorer les stratégies de certains protagonistes politiques pour manipuler les médias en créant de fausses informations/rumeurs.

    2. e modèle économique des plates-formes joue précisément de cet enchevêtrement entre logiques algorithmiques et dynamiques de sociabilité. En favorisant les contenus qui suscitent le plus d’interactions, les algorithmes de classement de l’information structurent en effet le marché cognitif. Sans doute est-ce ainsi pour cela que les « fake news » les plus diffusées sur Facebook en France et aux États-Unis ont été surtout des rumeurs grossières et stupéfiantes telles que : « Une femme augmente son quotient intellectuel en buvant du sperme tous les jours pendant un an » ou encore : « Une babysitter a fini aux urgences après avoir inséré le bébé dans son vagin ».

      Les algorithmes jouent un rôle dominant dans la diffusion de contenus trompeurs. En effet, il est plus intéressant pour les plateformes de diffuser des informations qui vont générer plus d'engagements (like, diffusion). Le marché cognitif souligne que l'intérêt des plateformes se porte non pas sur le contenu mais sur l'attention des internautes à des fins économiques. Elle illustre en suivant avec deux exemples. Néanmoins, l'auteur oublie de préciser que certaines plateformes font des efforts de régulation pour limiter la propagation de certains contenus sensationnels/trompeurs.

    3. Seulement voilà, tout en démocratisant la prise de parole, ces circuits conversationnels de l’information peuvent être exploités par certains producteurs de fake news. Enrobées de blagues ou de commentaires affectifs, certaines informations graveleuses ou frauduleuses peuvent en effet s’immiscer, aussi insidieusement qu’un cheval de Troie, dans ces niches conversationnelles.

      L'autrice expose dans ce paragraphe une des conséquences de la démocratisation des échanges sur les réseaux. Elle évoque l'exploitation qu'en tire certains (producteurs de fausses informations) sans pour autant s’arrêter sur le rôle d'autres contributeurs, qui parfois à leur insu, relayent des contenus erronés. En outre, elle explique le procédé de diffusion d'informations insidieuses/douteuses en faisant référence au cheval de Troie, ce qui a pour conséquence, de contourner la vigilance des internautes.

    4. Désormais, tout le monde peut parler de n’importe quoi à n’importe qui, et cela au sein même de l’espace public. De cette manière, les conversations ordinaires des internautes sont venues se greffer aux informations médiatiques diffusées sur le web – lesquelles sont alors devenues des objets de discussions à demi joueuses et moqueuses.

      Précédemment, l'autrice a démontré que le contexte de discussion avait des conséquences dans la diffusion de fausses informations. A partir de là, (avec l’adverbe désormais) elle acte que chacun peut s'exprimer, échanger librement sur n'importe quel sujet que ce soit ; ce constat permet de démocratiser la parole jusqu'à mélanger les informations formelles avec les échanges informels. L'autrice qualifie les discussions de joueuses et moqueuses Elle semble généraliser son constat. Elle devrait nuancer ses propos car cela semble réducteur. En effet, cela n'est représentatif que d'une partie des échanges en réseau. Il y a certains internautes qui adoptent ce style de ton, et d'autres qui dispensent des échanges/informations sérieuses.

    5. « C’est très drôle. À mon avis c’est une fake news mais c’est drôle, ça me fait rire. Que ça soit vrai ou faux je m’en fous, j’en parle. » (Homme, 67 ans, retraité) « C’est le genre de truc on va sur Fb, Insta, Twitter et compagnie et on se dit : “t’as vu !”. On va en parler 5mn mais sur un ton très léger. C’est pas un discours où on va se poser, où on va faire le pour, le contre. » (Femme, 26 ans, étudiante) « Ça l’info elle n’est pas crédible non plus. Mais c’est l’espèce de lien que tu t’envoies parfois pour faire marrer. Elle serait réceptive à ce type d’humour. […]    Mais en soit ça serait une espèce de fake news que mon père serait susceptible de lire et qui l’alerterait. Il réagirait au quart de tour, de manière impulsive. On est tellement bombardés de Unes. Je l’enverrai pour l’emmerder. Je lui dirai “regarde il y a encore plus de clandestins qui vont arriver”. Je vérifierai qu’il regarde bien ses sources. […]    Parce que c’est du raz-les-paquerettes. Parce que c’est devenu tellement un “meme” ou un sujet de défouloir que tu te dis “allez, et une de plus” Et pourquoi anonyme ? Ben parce que tu pourrais être méchant. » (Homme, 29 ans, serveur)

      L'autrice diffuse des témoignages pour confirmer que le ton est relâché lorsque qu'on partage des fake news. Cela étant est-ce que cela justifie t-il les motivations des personnes optant pour ce comportement, pas sûr. Par ailleurs, en lisant les témoignages, nous pouvons nous demander si le partage de fausses informations ne seraient pas renforçateurs de liens sociaux contrairement à l'échange d'informations exactes?

    6. Probablement parce dans ces contextes, l’on ne risque pas grand-chose à diffuser quelque chose de faux. Et puis surtout parce que l’on ne se préoccupe pas vraiment de la valeur de vérité d’une information car nos conversations sont animées par d’autres motivations et s’apparentent alors davantage à des bavardages cacophoniques mobilisant des registres d’énonciation divers et variés oscillant par exemple de la plaisanterie à la provocation

      L'autrice avance l'hypothèse que dans ces contextes de communication la véracité des informations importe peu. Les protagonistes sont davantage intéressés par d'autres préoccupations où les dimensions émotionnelles et sociales des échanges prônent.

    7. En fait, les informations fausses et sans intérêt public ont surtout été transmises au sein d’espace de communication aux contraintes de prise de parole très relâchées, par exemple à un·e ami·e très proche qui a la même opinion que nous sur de nombreux sujets ou dans un groupe de conversation dans lequel notre identité peut rester masquée. Pourquoi ?

      A ce stade, l'autrice fait le lien entre les fausses informations et les espaces de communication informels ; avec son questionnement qui clôture le paragraphe elle tente de comprendre pourquoi les fake news sont favorisés dans les espaces relâchés, sans intérêt public. Recontextualiser espace public et privé aurait été intéressant et rappeler les responsabilités dans la diffusion d'informations dans chacun des contextes aurait été intéressant.

    8. Ensuite parce que ces traces numériques sont bien laconiques par rapport aux commérages, parlementages ou ergotages que la réception de « fake news » est susceptible d’engendrer dans la vie réelle. Car après tout, est-ce parce qu’une « fake news » a été partagée par des milliers d’internautes que chacun d’entre eux y a cru ?La voix de la recherche, tous les jours dans vos mails, gratuitement. S'abonner Que ce soit sur Facebook ou dans un groupe WhatsApp, au téléphone ou au comptoir d’un café, les réactions des individus face aux informations qu’ils reçoivent peuvent être multiples et variées. byronv2/Flickr, CC BY-SA Ne se peut-il pas au contraire que certains l’aient diffusée pour signaler sa fausseté comme ce fut par exemple le cas pour l’infox ayant désigné Emmanuel Macron comme étant gay ? Ou encore, pour la détourner et s’en moquer auprès de leurs amis ? Difficiles à appréhender, ces questions nécessitent d’aller à la recherche des significations cachées derrière certaines données numériques

      On retrouve un deuxième argument . Sa critique nous amène à privilégier les éventuelles conséquences dans la vie réelle plutôt qu'aux traces laissées par le numérique. Sa question est intéressante parce qu'elle nous invite à nous demander si nos croyances pour les fake news dépendent de la quantité de diffusion ou de nos facteurs individuels? En suivant elle soulève l'utilité potentielle de certains fake news pour se moquer ou révéler une tromperie. Cela a pour effet de proposer de fait, une réflexion nuancée sur la réception, interprétation, manipulations des informations transmises. Toutefois, l'autrice pourrait contextualiser les raisons qui poussent à se moquer ou fausser l'information, préciser si ce procédé est courant ou isolé, analyser les motivations pour y recourir. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/12/20/derriere-les-fausses-informations-il-y-a-souvent-des-motivations-financieres_5232487_4355770.html

    9. Tout d’abord, parce que pris à l’état brut, ces nombres absolus ne veulent pas dire grand-chose. Par exemple, il a été montré que les 20 « fake news » les plus partagées pendant la campagne électorale américaine de 2016 ont suscité 8,7 millions de likes, partages et commentaires sur Facebook. A priori vertigineux, ce chiffre, qui a soulevé beaucoup d’inquiétudes auprès du grand public en raison de son importante couverture médiatique, a bien moins fière allure si on le met perspective avec le nombre total des interactions des utilisateurs américains du réseau social sur la même période car il ne représente alors plus que 0,006 % !

      L'autrice expose un premier argument ; elle démontre que les chiffres restent relatifs mais qu'ils peuvent induire une perception erronée et des conséquences délétères (inquiétudes) face à un phénomène. Puis elle relativise nous permettant de comprendre pourquoi les fake news n'ont pas un impact aussi important que les médias le laissent entendre. Pour nuancer ses propos, l'autrice aurait pu ajouter que même si 0,006% représente un petit nombre d’utilisateurs, il n'en reste pas moins que la désinformation reste dangereuse en terme de conséquences. https://www.buzzfeednews.com/article/craigsilverman/viral-fake-election-news-outperformed-real-news-on-facebook

    10. Lorsque l’on parle du phénomène de la désinformation, il est important de ne pas se focaliser uniquement sur les volumes de « fake news » partagées sur les réseaux sociaux, mais d’étudier également plus finement la manière dont elles sont reçues et interprétées par les individus dans différents contextes de la vie sociale

      L'autrice incite à prendre de la distance avec la quantité de fausses informations partagées sur les réseaux sociaux. Elle invite à réfléchir sur les types de réflexions et interprétations plus importantes que leur diffusion. Pour conforter son argumentaire et renforcer son analyse, elle pourrait citer des recherches scientifiques qui expliquent l'impact des contextes sociaux plus généralement et qui influencent l'interprétation des informations. https://shs.cairn.info/revue-l-annee-sociologique-2006-2-page-309?lang=fr

    11. Que ce soit sur Facebook ou dans un groupe WhatsApp, au téléphone ou au comptoir d’un café, les réactions des individus face aux informations qu’ils reçoivent peuvent être multiples et variées.

      L'autrice introduit son sujet en rappelant qu'il existe différents modes de communication informels et souligne que de multiples réactions face à l'information sont possibles. Formulé ainsi, une analyse critique pourrait examiner si c'est la diversité des réactions qui est induite par ce type de canal de communication ou si cela ne traduit pas un comportement inhérent à l'homme.

    12. Les contenus douteux glanés çà et là au fil des discussions profitent ainsi de l’autorité des médias traditionnels pour masquer certains enjeux politiques et imposer des sujets tapageurs à la place

      L'autrice donne implicitement son avis en critiquant les médias traditionnels et leur rôle dans la propagation de faux contenus. Elle aurait pu modérer ses dires en confrontant le positionnement d'autres médias qui s'engagent à vérifier les faits avant de diffuser ou pas les informations en question et les autres qui visent le sensationnel.

    13. Or ces bavardages numériques pourraient finir par imposer des thématiques au débat public en s’infiltrant jusque dans les rédactions, souvent en quête de clics pour monétiser leur audience. Aux États-Unis, par exemple, une étude de Harvard a montré que certains grands médias traditionnels avaient plus facilement couverts des informations provenant de rumeurs ou de ragots anecdotiques que des faits établis. Cette tendance générale les aurait ainsi incités à se concentrer plus facilement sur les scandales qui ont égrené la campagne présidentielle qu’aux programmes des candidats

      L'autrice alerte ici sur l'influence des échanges informels en ligne dans les débats publics. Elle souligne l'impact des logiques économiques et commerciales au détriment de la qualité du débat public. Pour renforcer son argumentaire, elle propose un exemple d'étude qui confirme que le sensationnel peut influencer les choix éditoriaux de grands médias. Elle se focalise sur les médias américains, qu'en est-il des médias mondiaux?

    14. Or cette nouvelle structure de la visibilité a ainsi favorisé l’apparition de nouveaux registres d’énonciation plus familiers et désinhibés.

      Ici l'autrice explique que cette évolution a favorisé une expression libre des internautes. Elle aurait pu évoquer les effets négatifs, dérives possibles de cette désinhibition (ex : discours haineux, diffusion de fausses informations, polémiques...)

    15. Elles ne sont non plus murmurées, dans des espaces privés, au sein de contextes de communication interpersonnelle, mais désormais exhibées au sein d’espaces de visibilité en « clair-obscur ». Dominique Cardon utilise cette expression pour souligner que, pour autant qu’ils soient visibles, ces bavardages sont remplis de sous-entendus et d’indices complices destinés à n’être compréhensibles que pour un cercle restreint : les proches du réseau relationnel des internautes.

      Dans ce paragraphe, l'autrice souligne l’ambiguïté avec "clair-obscur" (D. Cardon) des conversations initialement privées devenant publiques. Ce qui traduit la confusion réelle entre l'espace intime et public sur les réseaux. Toutefois, elle insiste et laisse entendre que ces échanges renferment des sous-entendus et indices réservés à un cercle restreint. Son analyse sous-estime les conséquences de discussions privées quand elles sortent de leur contexte initial (passent du statut privé au statut public) et où elles sont mal comprises/interprétées, ce qui favorise la propagation des polémiques ou fake news.

    16. En effet, comme l’explique le sociologue Dominique Cardon, l’essor des réseaux sociaux a libéré la prise de parole en public.

      L'autrice s'appuie sur un sociologue pour confirmer son argument. La tournure de la phrase laisse penser que la libération est positive sans pour autant aborder ses dangers : fakes news, propos dangereux

    17. Si le phénomène des « fake news » n’est pas si nouveau et ravive d’une certaine manière les ragots et commérages qui se transmettaient par bouche à oreille dans les coulisses d’un café, sa grande nouveauté aujourd’hui est qu’il peut projeter certains racontages douteux sur le devant de la scène, au sein d’espace à haute visibilité du web comme les groupes Facebook ou les fils de discussions Twitter.

      L'autrice compare les fausses informations d'aujourd'hui avec les traditionnelles. Elle souligne la visibilité accrue des fake news du fait des réseaux sociaux. Nous pourrions nous demander si cette visibilité massive garantit leur crédibilité ou au contraire est ce qu'elle favorise leur banalisation pour au final les rendre inoffensives parce que largement diffusées?

    18. Voilà pourquoi, avant de partir du postulat d’un public naïf et passif, il devient crucial d’étudier davantage les circuits conversationnels de la réception d’informations pour lesquels il existe à ce jour un manque drastique de connaissances.

      L'auteur conclue qu'avant de cataloguer le public il est nécessaire d'étudier les circuits conversationnels. Pour autant elle aurait pu développer ses propos avec des travaux scientifiques qui confirment sa critique, tout comme mentionner "le manque drastique de connaissances" sans pour autant étayer par des preuves, études, ou exemples.

    19. Résultats ? Il semblerait que l’on ne parle pas de la même chose dans tous les contextes, à tous les types de destinataires.

      L'autrice conclue et confirme son hypothèse : les informations sont transmises de manière différentes selon les contextes.

    20. Un jeu pour mieux comprendre les contextes de communication Pour explorer cette question, j’ai réalisé une enquête expérimentale dans le cadre d’un travail exploratoire auprès de 15 personnes, pour mon mémoire de fin d’études à Sciences Po, encadré par le sociologue Dominique Cardon. Ce questionnement est aujourd’hui approfondi dans mes recherches doctorales.

      L'autrice continue sa démarche de compréhension du sujet en expérimentant avec une enquête. Son objectif est de démontrer que le contexte de communication joue également un rôle dans la désinformation. Toutefois, la taille de son échantillon reste faible ce qui ne permet pas de généraliser les résultats. Le support "jeu" peut-il refléter réellement la réalité du partage d'information? Il aurait été intéressant d'induire des informations complémentaires telles que la représentativité, les caractéristiques démographiques et habitudes de consommation de ces informations des participants pour interpréter les résultats proposés.