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  1. May 2025
    1. C’est une évolution, par rapport au modèle du salariat. Mais ce n’est pas une révolution. Le travail indépendant a déjà été important en proportion avant que le salariat s’impose

      Certes le travail indépendant était important en terme de volume avant l'ère industrielle. Cela dit cette conclusion mériterait une comparaison des types de métiers concernés et de la place des "donneurs d'ordre" des deux systèmes qui n'ont plus gra,d chose à voir l'un avec l'autre.

    2. Les nouveaux entrants dans le monde du travail doivent choisir une activité. Ils doivent être prêts à évoluer. Ils doivent apprendre à se vendre sur les réseaux sociaux, les places de marché

      Là l'auteur répond à la question de départ, mais du point de vue des travailleurs qui doivent s'adapter aux mutations technologiques et leur impact sur le monde du travail. En revanche le système n'est pas remis en question et apparaît comme inéluctable...

    3. Aujourd’hui, l’évolution technologique libère l’individu qui a la possibilité de maîtriser sa vie, dans la tradition humaniste

      Point de vue global et qui ne tient pas compte des phénomènes d'aliénation liés aux nouvelles technologies, pas plus qu'il ne tient compte des problèmes de santé mentale (burn-out) liés à l'absence de temps de déconnexion (imbrication du professionnel dans la sphère privée).

    4. Une tendance est l’autonomisation de l’individu

      L'autonomisation n'est vue que sous la forme du statut du travailleur (salarié, entrepreneur, indépendant, travailleur ubérisé...). Oui il y a plus de travailleur.euses indépendant.es, mais est ce un choix ? Le recours à la sous-traitance et à l'externalisation des activités s'est accompagné, dans de nombreuses entreprises et administrations, par des suppressions de postes (ménage, courrier, livraison, fonctions transverses...).

    5. Une tendance est l’autonomisation de l’individu. Ce qui correspond à ce que nous avons vu auparavant : le travail est une prestation de service. Une époque a vu une tendance au salariat

      Ce point de vue est très restrictif. Il ne tient pas compte de l'analyse marxiste du travail et de la notion de classe (ceux qui possèdent les moyens de production / ceux et celles qui vendent leur force de travail).

    6. Par exemple, Amazon, symbole de la nouvelle économie, emploie beaucoup de manutentionnaires, symboles de la vieille économie. On a tendance à raisonner en termes de destruction créatrice, selon la théorie de Schumpeter : une nouvelle activité remplace une ancienne

      Référence à Schumpeter, économiste du XXème siècle qui a beaucoup théorisé et écrit sur l'évolution de l'économie (fonctionnement par vagues, marquées par des innovations).

    7. Il faut souligner qu’il se diversifie et se transforme. Il n’y a pas forcément de disparition d’emplois, de remplacements. La situation est très diversifiée

      Si la question de la diversification et la transformation est juste, en revanche on peut trouver beaucoup d'études sur les disparitions d'emplois liées à la numérisation et la dématérialisation. Cette affirmation va à l'encontre de son argument sus-cité. Il est étrange qu'il parle dans le même texte de compétences entièrement faisables par les machines (conduisant à la possibilité de devenir indépendant) et en même temps de l'absence d'impact sur le volume d'emplois. Si l'on suit son raisonnement, que sont donc devenues les secrétaires des cabinets d'avocats qui classaient les dossiers, archivaient les décisions de justice, géraient les agendas ?

    8. On constate ainsi une autonomisation du travailleur. De plus en plus, l’individu dispose à bon prix des moyens de mettre en œuvre une activité en tant qu’indépendant. Il n’a plus forcément besoin de la structure d’un cabinet d’avocat, de celle d’une entreprise. Il n’a plus besoin d’énormément de moyens pour communiquer, trouver des clients, même à l’étranger. D’où la résurgence du travail indépendant, qui est par exemple très visible aux États-Unis d’Amérique

      Là il ne parle que des indépendants. De nombreuses études sur les conditions de travail (ANACT, expertises de CSE) ont montré à quel point les outils numériques étaient synonymes de perte d'autonomie, d'automatisation et d'aliénation au travail. De même la question de l'isolement (lié au fait que beaucoup de métiers pourraient de faire de manière individuelle) n'est pas posée alors qu'elle a des impacts réels sur la santé mentale des travailleuses et travailleurs concerné.es.

    9. Il y a là un gain de productivité. Là où il fallait disposer de la place pour stocker toute l’information juridique, il suffit d’un ordinateur. Par conséquent, un juriste, un comptable, n’a plus forcément besoin de la puissance d’un cabinet qui pouvait mutualiser ce genre d’informations.

      Gain de place et donc de productivité, oui puisque tout es monétisé dans une entreprise (y compris les m² occupés). Cela dit les veilles juridiques continuent d'exister, et celles-ci doivent être compilées, classées et archivées pour en faire ressortir facilement les jurisprudences intéressantes. De ce point de vue le lien de cause à effet que fait l'auteur est un peu rapide. Il ne tient pas compte du savoir-faire et des nomenclatures propres à chaque individu/collectif.

    10. Car seule la simple mise à disposition de l’information est concernée. Un juriste par exemple n’utilisera pas une application informatique pour rédiger un mémoire, mais il utilisera l’information dont il peut désormais disposer avec facilité.

      Cette partie du texte montre à quel point il est obsolète. Aujourd’hui l'IA permet de rédiger à la "manière de", et en tout cas de proposer un premier jet structuré faisant gagner un temps considérable. Par ailleurs les avocat.es peuvent utiliser des mémoires précédemment rédigés (on ne réinvente pas l'eau chaude), en les adaptant à l'affaire qu'ils traitent.

    11. Ainsi, le big data est le traitement de données. Ce traitement est ensuite mis à disposition d’un certain nombre de personnes. De même, les logiciels de conception industrielle traitent une multitude de données, et donnent un résultat qui retranscrit les relations entre elles. De même, un simple tableur traite des données, et met à disposition une synthèse sous forme de tableaux. Idem pour les logiciels comptables, qui traitent les données qu’on y entre, et peuvent ressortir toutes sortes de tableaux et synthèses. On y trouve même les factures dématérialisées. Enfin, on a aujourd’hui toutes sortes d’informations mises à disposition. Là où il fallait posséder une grande bibliothèque, renouvelée tous les ans pour être à jour des codes juridiques en tout genre, il suffit d’aller sur internet. Une information gratuite, ou moins onéreuse que l’information-papier d’autrefois, est disponible. Sans compter qu’elle est actualisée beaucoup plus souvent. Le livreur de pizza utilise aussi une application de traitement et de mise à disposition de l’information. Il entre une adresse, une application analyse une carte avec les sens de circulation, et ressort un itinéraire. Tout comme le chauffeur de VTC. Tout comme le restaurateur qui scrute les variations de météo sur son smartphone. Et une place de marché met en relation acheteurs et vendeurs. Les vendeurs de biens ou de services peuvent être notés. Ils indiquent leurs disponibilités. À nouveau un traitement et une mise à disposition d’informations

      Dans ce chapitre l'auteur met en avant les facilités dans le travail permises par les nouvelles technologies, ainsi que le gain de temps grâce à celles-ci. En revanche s'il pose bien la question de partage et de transit de données, il ne se positionne pas sur la question de la confidentialité et de l'utilisation qui en sont faites (traitement des datas, reventes des données à des sociétés privées à des fins commerciales par exemple). Par ailleurs l'affirmation selon laquelle l'information est gratuite est erronée. En effet l'accès à certaines informations est soumis à abonnement (payant) ou au paiement d'un droit d'accès temporaire.

    12. Elle tend au traitement et à la mise à disposition de l’information. D’où ma préférence pour la terminologie technologies de l’information et de la communication, ou TIC.

      lien de causalité entre la réponse à la question argumentative et le parti pris d'utiliser l'expression TIC plutôt que big data

    13. Enfin, on voit le développement de place de marché où chacun peut proposer ses compétences. Une foule de métiers est concernée. Des plus qualifiés, comme des aides ménagères ou pour le bricolage. Ou simplement partager son logement ou sa voiture. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication irriguent toute l’économie

      Il appuie son argumentation en donnant des exemples dans des secteurs très divers pour montrer qu'aucun secteur n'est épargné : argument épistémique

    14. Cela fait longtemps que dans les grandes surfaces la gestion des stocks se fait en temps réel : le passage en caisse met à jour automatiquement le stock. L’information juridique est disponible sur le web. Là où il fallait soit une connaissance encyclopédique, soit une multitude de codes, il suffit aujourd’hui de rechercher l’information sur internet

      L'auteur semble dire que le savoir et le savoir-faire sont remplacés par les outils numériques. Si certaines tâches sont effectivement remplacées par ces outils, cela n'empêche le besoin de connaissances a priori sur les process industriels ou de pensée.

    15. Aujourd’hui, l’expression à la mode est big data. Ce qui traduit le fait que l’informatique actuelle est capable de traiter des montagnes de données (data en anglais). Ce qui permet de trouver des corrélations entre vos consultations internet et des propositions commerciales par exemple

      L'auteur semble ne pas adhérer à cette expression, la qualifiant de "à la mode".

    16. Un article de l’IREF souligne que l’emploi dans le numérique ne représente que 5 % du total de l’emploi privé aux États-Unis, selon les chiffres du Bureau of Labor Statistics. Ce qui montre que ce qui est appelé la révolution numérique n’est pas une révolution en termes de volume d’emplois, mais parce qu’elle se diffuse à travers toute l’économie. Tous les secteurs, des plus qualifiés aux moins qualifiés, sont touchés

      Le volume d'emplois n'est vu que sous le prisme de métiers du numérique et non de l'impact réel sur les emplois dans tous les secteurs. Cela ne dit rien sur les suppressions d'emplois liées à la dématérialisation, l'automatisation et la numérisation.

    17. Dans un premier article, j’ai montré que les formes de travail qualifiées d’atypiques, comme le travail indépendant, avaient toujours existé (L’évolution du travail : non, il n’y a pas de révolution).

      S'appuie sur un premier article qu'il a rédigé, qui revient dur l'évolution des différentes formes de travail depuis l'époque moderne.