Évidemment, la question de l’image du corps se pose avec une insistance toute particulière [10]. Qu’elle soit détournée à partir de la presse généraliste ou des répertoires de clichés sur Internet, ou autoproduite par les usagers se prenant en photo avec leurs smartphones, les sites web ana-mia regorgent de représentations de corps filiformes, de portraits de jeunes femmes et jeunes hommes témoignant de leurs attitudes contradictoires face à leur amaigrissement, vécu autant comme une aggravation de leur état de santé que comme un « progrès » dans leur quête pour une perfection physique inatteignable. Ces sites proposent alors une surenchère de gestes répétés, codifiés : exposition de ventres creux et d’épaules de plus en plus grêles, mains qui soulèvent les T-shirts pour montrer des côtes en relief et des hanches « en portemanteau », postures assises de dos ou allongées en boule sur le côté.
Argument épistémique : la présentation de soi et le contenu exposés dans les communautés "ana-mia"