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  1. Dec 2025
    1. a nouvelle carte du tendre – numérisée et interactive – ne conduit pas nécessairement l’humanité de l’âge de la frustration à l’ère du bonheur. Mais elle démultiplie les champs pour de nouveaux jeux de l’amour et du hasard.

      Ici l'auteur conclu en résumant l'idée globale de cet article. A savoir un point de vue nuancé qui propose des arguments réaliste en soulignant le positif de l'internet ( facilité pour rencontrer des nouvelle personne, et pour se nouer avec) et le négatif ( ce n'est pas la solution miracle à tout les problème que l'on rencontrait dans les relations amoureuses avant internet).

    2. La révolution numérique est incontestablement disruptive dans le domaine amoureux : les corps et les imaginaires sont libérés des tabous traditionnels ; la recherche de partenaires est affranchie et des limites de l’ignorance constitutive de la condition humaine pré-numérique.  Mais les limites de la révolution érotique se font elles aussi sentir : le sujet désirant se fait rapidement agent économique ; le moi assoiffé d’amour se transforme aisément en Narcisse confortablement installé dans la multiplication de relations virtuelles.

      Ici l'auteur met en lumière différents aspects que peuvent revêtir les relations amoureuses sur internet. A la fois progressiste, et fluidifiant en terme de facilité de rencontre, à la fois source de la quête sans relâche de l’être qui nous apportera le plus, et non pas de celui qui nous aimera de la plus belle des façons. Alors internet a il enfermé les relations amoureuses dans une couche bien trop superficielle, ou a il au contraire aider les personne a se lier plus aisément, à ne pas avoir peur d'aller vers l'autre?

    3. L’acteur de ces limitations du désir et le responsable de cette canalisation des souhaits n’est personne d’autre que le sujet désirant lui-même. Il calcule les chances de succès et les probabilités de match, soupèse les coûts de la recherche et les bénéfices de la conclusion. On peut même se demander si, dans le choix de tel ou tel site, dans l’élaboration et dans la réélaboration d’un ensemble de critères, la fermeture à l’autre ne s’exprime pas sous la forme la plus classique qui soit : le narcissisme.

      Finalement on nous présente ici une forme de réponse concernant les dérives de l'internet dans les relations amoureuses. L'outil en soit n'est pas réellement néfaste, ce sont les utilisations qu'en fait le véritable acteur (l'humain)qui contribuent aux dérives tel que le narcissisme la fermeture d'esprit la superficialité des relation, la sensation d’interchangeabilité de l'autre etc. En outre ce ne sont pas les nouvelles technologies qui sont responsables de tout cela mais bien les logiques économique de ces plateforme et les utilisateurs, qui amplifient tout ces mécanismes.

    4. L’amour passionné jusqu’au sacrifice est éclipsé par les solides vertus du mariage de raison. Ce thème bien connu fleure le XIXe siècle, ses tabous bourgeois et ses unions planifiées. L’amour passion est éclipsé par le choix de raison, fondé sur des critères bien solides. Après plusieurs décennies de libération sexuelle, d’émancipation sentimentale et d’individualisation des choix, l’amour au temps du numérique ne propulse-t-il pas les choix rationnels et économiques sur le devant de la scène ?

      ici il est expliqué que le classique dilemme " amour passionné ou choix rationnel" serait peut être toujours d'actualité et même remis au gout du jour par internet. En effet les critères économiques le statut social etc, semblent tout aussi important si ce n'est plus important que les sentiments. Sur les sites de rencontre, on sélectionne les caractéristiques des profils que l'on souhaite trouver sur un site, tout comme on indiquait à l'agence matrimoniale que nous voulions rencontrer un bon parti. Alors, une question se pose: Internet est -t-il si révolutionnaire que cela? Bouleverse-t-il réellement notre manière d’appréhender les relations amoureuses?

    5. Dans ce domaine, la disruption numérique paraît évidente : le numérique a fait disparaître l’antique métier de la marieuse et a marginalisé la vénérable institution des agences matrimoniales ou des petites annonces. Tout paraît au mieux dans le royaume de l’amour digital : le tragique des amours impossibles est aboli, la misère sexuelle appartient à un âge révolu et la solitude n’est plus jamais subie.  Toutefois, l’amour au temps du numérique n’est peut-être pas aussi radicalement révolutionnaire et émancipé qu’il y paraît : de vieux démons amoureux et philosophiques réapparaissent en effet sous de nouvelles formes. La liberté et la félicité ne règnent pas nécessairement sur le royaume de l’amour numérique.

      L'auteur dans cet extrait souligne un fait intéressant. Nous avons tendance a percevoir le numérique comme une vague qui bouleverse les relations interpersonnelles telle que nous les connaissions. En un sens cela est vrai car grâce ( ou a cause) des sites et appli de rencontre nous pouvons chercher l'amour en ligne sans devoir faire appel a une tierce personne. Dans les faits il y a effectivement un grand changement. Mais si on fait la part des choses on se rend compte que aujourd'hui ou il y a un siècle, l'amour connait les même tourments. C'est simplement que nous y somme désormais plus exposés.

    1. Nos échanges numérico-épistolaires – tchats et e-mails – étaient le fondement de notre relation… Nous nous sommes retrouvés dans cette situation pathétique d’essayer de renouer, chacun sur notre ordinateur, chacun à un bout de la maison, nos conversations virtuelles. Mais nous n’avons jamais réussi à retrouver notre complicité d’avant. Il fallait bien admettre que, dans la réalité, nous n’étions rien l’un pour l’autre. »

      Ici est décrit un phénomène très courant et qui fait parti des risques induits par les sites de rencontre. C'est cette construction de notre perception de l'autre uniquement autour des mots, des écrits, des appels, du virtuel. lorsqu'une relation virtuelle est transposée au réel il se peut que nous nous rendions compte que cette image que nous avions de l'autre est erronée. Que par exemple en réalité l'autre est plus introverti, ou bien tout simplement que l'alchimie qu'on pensait posséder en ligne n'est en fait pas du tout présente dans la réalité. Car lorsque l'on voit une personne ce sont d'autres mécanismes socio-cognitifs qui se mettent en route, que ceux présents lors d'un simple échange épistolaire. Le langage corporel de l'autre, sa façon de vivre au quotidien, son odeur son langage non-verbal. Tout cela contribue à nous donner une mauvaise ou une bonne impression de l'autre et ainsi à alimenter ou couper court à une relation.

    2. « Ces sites hystérisent nos relations, analyse Alain Héril, ils sont par excellence une promesse de sexualité sans le passage à l’acte, ce qui est la définition même de l’hystérie en psychologie. Certaines de mes patientes se mettent dans un état d’agressivité très proche de l’état d’excitation sexuelle. Ce qu’elles veulent, c’est avant tout jouer avec le désir de l’autre. » Elles choquent, elles provoquent.

      Nous notons que le terme « hystérie » a été retiré en 1952 du DSM (manuel diagnostique des troubles mentaux). Historiquement, son usage a construit l’idée d’une « pathologie propre aux femmes ». Aujourd’hui, il n’est plus utilisé en psychologie, et son emploi par M. Héril révèle un biais de genre important. Outre l’emploi anachronique du terme, la définition proposée par le sexothérapeute est problématique : assimiler une promesse de sexualité non suivie d’un passage à l’acte à de « l’hystérie » revient à présenter le retrait du consentement comme un dysfonctionnement féminin. Il est pourtant essentiel de rappeler qu’il n’existe aucun “contrat sexuel” dans les interactions humaines : le consentement doit être libre, conscient, et peut être retiré à tout moment, comme le stipule l’article 222-22-1 du Code pénal.Ce type d’argument laisse entendre que « ne pas passer à l’acte » équivaut à manipuler l’autre ou à jouer avec son désir. il est crucial de rappeler que le retrait du consentement n’est pas une anomalie : il fait partie du droit fondamental à disposer de soi.les interactions numériques accentuent certains malentendus : la rapidité des échanges, la « gamification » des applis de rencontre et la multiplication des « matchs » peuvent renforcer l’illusion que l’autre nous doit quelque chose, comme s’il existait un « consentement acquis ». Cependant, ce phénomène concerne tout le monde : il s’agit d’un effet rencontré à cause des plateformes et n'est pas attribué à un seul sexe.

    3. Éléna, 32 ans, est une adepte du site Adopteunmec.com. Sans états d’âme et sans culpabilité : « Moi, les mecs, je les aligne et je les shoote », lance-t-elle. Elle a souffert de ses relations précédentes et utilise les sites de rencontres pour rendre leur pareille aux garçons. « Pour une femme, poursuit le sexothérapeute, c’est un lieu où le désir est excité autant par le besoin de plaire que par la colère. » Un

      Dans cet extrait, le sexothérapeute nous fait part d'un témoignage qui souligne un phénomène important depuis l'apparition des sites de rencontre, ou plus largement des réseaux sociaux. C'est la facilité à déverser sa haine, ses émotions négatives sur les autres, en rendant cela légitime car notre haine vient d'un traumatisme, d'une mauvaise expérience etc. C'est une tentative de reprise de contrôle narcissique sur sa propre douleur. Les applications de rencontre facilitent grandement ce genre de comportement. En effet la mise à distance( derrière un écran les personnes deviennent de simples comptes sur un site, sont déshumanisés) alimente la fluidité avec laquelle certaines personnes mal intentionnées vont chercher à se défouler, se venger sur les autres sans sentiment de culpabilité. En revanche, il faut faire attention à ne pas attribuer un comportement de déviance sociale à un seul sexe en particulier. Ici l"auteur nous parle de la colère vengeresse des femmes. Nous avons pourtant vu et entendu à plusieurs reprises parler des "incels" communauté d'homme qui sévit particulièrement en ligne et qui pousse à la vengeance , à la haine des femmes. Ces comportements ne sont pas généralisables à un seul sexe, mais bien à un profil psychologique particulier, et sont accentués et facilités par les sites de rencontre.

    4. « Meetic est un harem pour femmes, constate Alain Héril. Nous pourrions croire que les hommes viennent pour le sexe et les femmes, pour le sentiment. C’est souvent l’inverse. Mais, pour un homme, il est quasiment impossible d’avancer sur le terrain de la sensibilité en restant audible. » Difficile d’avouer une calvitie naissante, un âge avancé ou des revenus trop faibles. Du coup, ils mentent, alimentant les ressentiments féminins.

      Ce passage confirme le biais de genre évoqué précédemment . Alain Héril, avance que les hommes occupent une position de victimes, de grands sentimentaux rejetés par les femmes cherchant des relations charnelles. Néanmoins on constate qu'il n'y a aucune donnée empirique pour étayer ce propos, qui ressemble d'avantage à une impression ou expérience personnelle. Aucune statistique ne montre que les femmes utilisent plus Meetic (ou les sites de rencontre) pour des relations superficielles comparé aux hommes. D'autant plus que les critères prétendument "rebutant" pour la gente féminine ( calvitie, faibles revenus) ne conduisent pas à un rejet universel, mais sont simplement incompatibles avec certains profils uniquement. ce genre de propos renforce l'amertume , ainsi que les insécurités masculines en sous entendant que quiconque ne correspondrait pas a un certain idéal bien arrêté n'aurait pas sa chance auprès de femmes. Cela alimente et fortifie les opposition artificielles entre les deux sexe.

    5. Les sites de rencontres nous font miroiter qu’un remplaçant nous attend au coin d’une case à cocher sur Internet. Ils semblent offrir une infinité de possibilités à nos fantasmes. Nous ne franchissons certes pas tous le pas de nous inscrire. Pourtant, beaucoup d’entre nous sont gagnés par « la montée actuelle de l’impatience, cette impossibilité de supporter la frustration ou la déconvenue, commente Alain Héril. C’est inquiétant, car cela devient parfois une source de souffrrance ».

      Ici l'auteur met en avant un problème bien réel et de plus en plus présent dans la pensée collective. Derrière notre écran, nous sommes habitués à la satisfaction immédiate, et à la stimulation continue. Sur les applis de rencontre ce phénomène est encore plus marqué; nous rentrons des critères, nous paramétrons les filtres pour personnaliser les profils de personnes qui nous seront proposées. Nous recherchons "le produit parfait" en oubliant la complexité de l’être humain et la singularité de chacun.On swipe dès qu'un détail ne nous correspond pas, on écourte (ghosting) les conversations si toutes les cases ne sont pas cochées. La curiosité laisse place à des exigences, une liste de choses que l'autre doit posséder. De plus l'interminable quantité de profil qui nous sont proposés ne font qu'accroitre la sensation que chacun est remplaçable. Cela fragilise l'engagement affectif et la construction d'un lien stable.

    6. Si nous rapportons toutes ces histoires d’amour aux chiffres des unions effectives nouées en ligne, nous ne sommes que dans l’écume : leur impact dans notre inconscient collectif est bien plus profond. Internet a radicalement changé notre façon d’envisager la rencontre et le discours amoureux, que nous soyons inscrits ou pas sur les réseaux.

      ci, l'auteur souligne l'ampleur de l'impact d'internet d'une part sur nos pratiques amoureuses, mais surtout sur la pensée collective, dans laquelle il s'est progressivement imiscé.