Un conducteur peut apprendre à éviter les freinages enregistrés sans devenir plus attentif dans toutes les situations.
Voire même adopter un comportement plus dangereux pour satisfaire l'algo du score !
Un conducteur peut apprendre à éviter les freinages enregistrés sans devenir plus attentif dans toutes les situations.
Voire même adopter un comportement plus dangereux pour satisfaire l'algo du score !
De la trace au mérite
Dans la police d'auto connectée que je "suivais", la majorité des assurés qui étaient éligibles au cashback (ils étaient pas nombreux) ne faisaient pas la démarche de le demander. S'il n'était pas automatique, il n'était simplement pas réclamé. On parle ici de centaines d'euros pourtant !
Claire et Nadia ne possèdent pas deux essences différentes de la prudence. Elles disposent de marges de manœuvre différentes. La tarification comportementale devient défendable lorsque l’action mesurée réduit réellement le risque, reste raisonnablement accessible et permet à l’assuré de recevoir une part du bénéfice produit. Le faux mérite apparaît lorsque ces conditions sont supposées plutôt qu’établies.
J'ai l'impression qu'à part le nombre de kilomètre et l'horaire, les contrats télématiques n'ont jamais trouvé d'autres pistes sur le "bon" ou le "mauvais" comportement, sinon l'avantage compétitif aurait été très élevé. La transition du pay as you drive, qui a vite pris la suite, n'a pas eu le succès escompté en Frnace
Claire et Nadia ne possèdent pas deux essences différentes de la prudence. Elles disposent de marges de manœuvre différentes. La tarification comportementale devient défendable lorsque l’action mesurée réduit réellement le risque, reste raisonnablement accessible et permet à l’assuré de recevoir une part du bénéfice produit. Le faux mérite apparaît lorsque ces conditions sont supposées plutôt qu’établies.
Un objectif complémentaire affiché, mais sans doute pas réalisable, c'est le nudge. Mais je ne sais pas si c'est quelque chose qui a été effectivement observé dans les système de télématique. Pas dans celui que j'ai pu traité en tout cas. Si je rends plus prudent un conducteur via ce dispositif, l'assuré gagne et les autres aussi. C'est une forme de prévention par modification d'habitude.
Les pertes non déclarées ne sont pas les seuls éléments absents du portefeuille. Les départs transforment eux aussi la population observée. Après une hausse, les assurés qui changent de compagnie, réduisent leurs garanties ou renoncent à la couverture ne ressemblent pas nécessairement à ceux qui restent. Les résultats du portefeuille survivant peuvent s’améliorer alors que la protection se détériore à l’échelle du marché [48, 49].
Parfois les départs sont aussi synonymes de retour à un profil plus classique. Après deux ans sans sinistre, l'assuré récupère un profil 'clean' et peut facilement retourner vers des assureurs plus traditionnels et compétitifs.
Lorsque l’assurance elle-même paraît risquée
J'en parle ici parce que j'y pense, mais l'assureur a aussi l'obligation du devoir de conseil. Par exemple, une voiture de plus de 10 ans assurés tous risque dans le portefeuille devrait pousser l'assureur à recontacter son assurer pour faire le point. L'assureur est aussi responsable de présenter à l'assuré des garanties à la hauteur de ses besoins, et ce pas uniquement à la souscription.
Cette conception remplit une fonction professionnelle précise. Elle évite qu’une catégorie paie durablement un prix sans rapport avec les coûts futurs que l’assureur lui attribue [20]. Elle ne constitue pourtant pas une théorie complète de la justice. Elle ne dit pas si la variable utilisée est légitime, si la personne pouvait modifier son exposition, si le contrat protège un besoin essentiel ni si le prix reste supportable [49, 50] 49. Baker, T. « Health Insurance, Risk, and Responsibility after the Patient Protection and Affordable Care Act ». University of Pennsylvania Law Review 159 (6) :1577‑1622. 2011. https://www.jstor.org/stable/41307983. 50. Meyers, G. et Van Hoyweghen, I. « Enacting Actuarial Fairness in Insurance: From Fair Discrimination to Behaviour-Based Fairness ». Science as Culture 27 (4) :413‑438. 2018. https://doi.org/10.1080/09505431.2017.1398223. .
Je pense qu'un parallèle avec l'assurance maladie est intéressant, finalement les choix personnels (alimentation, fumeur, sport dangereux) ne comptent pas dans le montant la cotisation, celle-ci n'est que fonction du revenu.
Le bonus-malus automobile illustre un reclassement souvent mieux accepté. Un conducteur qui ne cause pas d’accident voit progressivement son coefficient diminuer. Celui qui est responsable d’un sinistre paie davantage pendant les années suivantes. Le prix dépend alors d’un événement limité, visible et régi par une règle commune [41, 42].
Dans les faits, l'assureur peut très bien annuler l'effet de la baisse de CRM lors des renouvellements, ou augmenter des primes même en cas d'accident non responsable.
Le price walking désigne une augmentation progressive par rapport au coût attendu, fondée sur la faible probabilité de départ du client.
Si j'ai bien suivi, cette pratique est interdite au UK ?
Une procédure peut enfin réduire l’indemnisation sans produire de refus explicite.
C'est aussi le cas pour la fausse déclaration non intentionnelle : le règlement du sinistre sera réduit au prorata du rapport entre la prime payée et celle qui aurait dû être payée si le risque avait été correctement déclaré
Les avances et les paiements partiels ont pour fonction de limiter cette asymétrie.
Une autre configuration, c'est quand tu dois subir l'assurance d'autrui Je ne sais pas si tu abordes ce point, mais en France il existe aussi l'assurance décennale, qui couvre pendant dix ans les travaux réalisés par un artisan ou un constructeur. Elle fonctionne en tandem avec un autre mécanisme, l'assurance dommages-ouvrage (obligatoire sous certains aspects), qui indemnise rapidement le maître d'ouvrage (sans attendre qu'une responsabilité soit établie), puis se retourne ensuite contre l'assureur décennal du professionnel responsable. Si tu n'as pas souscrit de DO, tu es tributaire de la bonne volonté de l'assureur d'un artisan qui a pu cessé d'exister depuis des années !
Pour l’assuré, le même délai peut signifier un logement inhabitable, un véhicule nécessaire au travail, une activité interrompue ou des soins reportés.
Ca peut être d'autant plus complexe que certaines garanties sont portés par plusieurs assureurs dans un même contrat. Quand ma voiture est accidentée, c'est l'assistance qui va organiser mon remorquage et mon rapatriement, mais c'est l'assureur principal qui va payer pour les travaux du véhicule. Si je suis blessé, la GPC peut être portée par un troisième assureur, et pourra éventuellement être complété par ma GAV et mon quatrième assureur.
L’assuré verse une prime pendant des mois ou des années. Il devient créancier d’une indemnité seulement si un événement prévu par le contrat survient et si sa demande est reconnue.
J'y pense maintenant, mais il y aussi l'aspect volet responsabilité civile qui est aussi intéressante à envisager dans la réflexion globale. Dans mon interaction avec la société, je profite aussi de cette confiance que, normalement, tout le monde est assuré contre les dommages qu'on pourrait m'occasionner.
Sécuriser une machine, entretenir un bâtiment ou financer un soin précoce peut réduire réellement le danger.
Tu parles beaucoup de l'aspect préventif et du rôle de l'assureur dans la prévention. De mon expérience, à part les obligations légales de financement, ça reste un mythe à l'échelle du contrat. Tu as des exemples sur ce sujet, je trouve ça intéressant.
le chômeur
C'est intéressant en ce qui concerne le chômage : avec la reprise en main de l'assurance chômage par le gouvernement en France, l'effacement progressif de la gestion paritaire et les modifications successives des règles d'indemnisation, la prestation n'est plus nécessairement définie à l'avance — elle peut évoluer assez rapidement.
Dans le chapitre 2, où l'on compare la mutuelle et l'assurance commerciale, on pourrait aussi établir un parallèle avec la Sécurité sociale, censée incarner le modèle démocratique le plus abouti. Le sujet est d'autant plus d'actualité que le débat sur les cotisations et l'écart entre salaire brut et salaire net est aujourd'hui particulièrement prégnant, ou le débat sur la capitalisation de la retraite. C'est une forme d'assuré qui souhaitent "aller voir ailleurs" ou qui n'accepte plus la "tarification" de leur risque, quoique ça veuille dire dans ce domaine.
Références
Je m'arrête là pour ce soir, mais je peux déjà dire que c'est super agréable à lire !
Une mutuelle peut être mieux placée pour relier cet investissement à l’intérêt durable de ses membres. Elle n’y est pas automatiquement conduite. Les sociétaires actuels peuvent préférer une baisse immédiate de cotisation. Les dirigeants peuvent privilégier la croissance ou l’accumulation de réserves. La propriété collective rend le choix discutable. Elle ne le tranche pas.
Un exemple intéressant, ca peut être les politiques différentes qu'on eu les mutuelles et les assureurs lors du COVID, certaines ont rétrocédé des cotisations, d'autres non.
assurances-vi
Si l'ouvrage s'adresse aussi aux profanes, je choisirai de dire "assurance décès", vu la connotation qu'a le terme d'assurance vie en France :o)
a personne reçoit une hausse, un contrôle ou un refus qu’elle n’a pas choisi.
C'est d'ailleurs un cercle vicieux, une résiliation à l'initiative de l'assureur (y compris sans sinistre) peut très bien être un facteur aggravant pour les autres assureurs.
Or les moyens d’agir sont très inégalement répartis. Déménager, consolider une maison, quitter un emploi exposé, remplacer un véhicule, corriger un fichier, comprendre un modèle, payer une expertise ou renégocier un prêt demandent de l’argent, du temps et des solutions de rechange
Le capital culturel (comprendre un modèle, décoder un dossier) et le capital social (savoir à qui s'adresser, avoir un réseau pour activer ces leviers) sont déjà en partie présents, mais pourraient être nommés explicitement selon moi :o)
Cette évolution modifie le sens de l’assurance. L’institution cherche moins à rendre une vulnérabilité supportable qu’à rapprocher chacun du prix de son exposition. La solidarité qui subsiste peut alors apparaître comme une erreur de mesure ou une subvention injustifiée, plutôt que comme une décision sur ce qui doit rester commun [12, 13].
Je ne sais pas si ce point sera traité plus loin dans l'ouvrage, mais à mon sens, la position par rapport au marché constitue également une composante de la réflexion de l'assureur — certes secondaire, mais bien réelle. Par exemple, un profil peut être correctement tarifé en théorie, mais si son tarif se situe en dessous de celui du marché, l'assureur va sur-performer commercialement sur ce segment, au détriment de son équilibre technique. Au contraire, pour des raisons business un assureur pourrait être agressif sur un segment et détériorer les resultats techniques de tout le marché.
Si un sinistre survient, il découvre la portée réelle de la garantie au moment où il dépend des clauses, des délais, de l’expertise3 et de l’interprétation de l’assureur. La confiance fait donc partie du produit lui-même.
En Europe, pour renforcer cette confiance et l'asymétrie de la connaissance sur ces sujets complexes, le IPID (Document d'Information sur le Produit d'Assurance) permet au futur assuré de comparer plus facilement les garanties entre assureurs avec un document normalement standardisé (mais ca peut rester assez obscur dans les faits).
En revanche, il n'existe aucune information facilement accessible qui lui permette d'évaluer la qualité de la gestion des sinistres, en particulier les délais de traitement et la qualité du suivi administratif.