Une image se forma dans ma tête, avec une netteté si désolante que je me la rappelle encore aujourd’hui : une rangée de carrés gris s’étendait jusqu’à l’horizon, diminués selon les lois de la perspective, mais tous identiques, et plats ; c’étaient les jours et les semaines, et les années.
Sylvia Plath, une autre écrivaine qui à l’aube de l’âge adulte souffre du destin imposé aux femmes, décrit une impression similaire dans son roman The Bell Jar. « I saw the days of the year stretching ahead of me like a series of bright, white boxes, and separating one box from another was sleep, like a black shade. [...] I could see day after day after day glaring ahead of me like a white, broad, infinitely desolate avenue. » (PLATH, Sylvia. The Bell Jar, Faber and Faber, Londres, 1966, p. 123)