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  1. Jun 2025
    1. régime écosystémique

      Pour penser les bibliothèques numériques dans toute leur complexité, il est nécessaire d’articuler les dimensions d’infrastructure, de plateforme et d’écosystème numérique. Il faudrait, selon moi, revenir là-dessus et reprendre l'articulation de ces dimensions. L’infrastructure constitue le socle invisible : elle rassemble les normes, les bases de données, les formats et les protocoles qui rendent possible la structuration et la circulation de l’information. La plateforme, quant à elle, donne forme à cette infrastructure en la rendant accessible à travers des interfaces, des outils de consultation et des dispositifs de médiation destinés aux usagers. Ces deux niveaux s’inscrivent dans un écosystème numérique plus large, où interviennent, comme vous le suggérez, des acteurs institutionnels, des politiques techniques et culturelles, des usages sociaux, et des logiques économiques. C’est dans l’interdépendance de ces trois dimensions que se joue la capacité d’un dispositif comme celui de la BnF à répondre, ou pas, aux enjeux actuels de diffusion, de mémoire et d'organisation/appropriation des contenus dans le (dés)ordre des savoirs. Ainsi, la re-médiation ne serait pas un simple transfert de support, mais un processus à plusieurs niveaux (technique, symbolique, institutionnel) qui mobilise infrastructure, plateforme et écosystème comme autant de conditions médiatrices (si l'on redéfinit cette notion ainsi), voir commentaire précédent aussi). Repenser la re-médiation à l’ère de la datafication impliquerait donc d’en reconnaître la dimension systémique, en l’inscrivant dans ces couches emboîtées du numérique. Je pense qu'il faut préciser ces aspects et ces pistes que vous ouvrez pour consolider votre argumentaire général.

    2. plateforme

      En outre, pourquoi ici limiter la discussion à la notion de plateforme ici ? Si le terme plateforme est couramment utilisé pour désigner la bibliothèque numérique de la BnF, il demeure partiel pour rendre compte de l’ensemble du dispositif à l’œuvre. Une plateforme renvoie principalement à l’interface visible offerte aux usagers : un environnement de consultation, de navigation et d’appropriation des contenus. En revanche, l’infrastructure désigne aussi l’ensemble des couches techniques, logicielles et normatives sous-jacentes – bases de données, formats de métadonnées, protocoles d’interopérabilité, dispositifs d’archivage – qui rendent possible cette expérience numérique. Autrement dit, la plateforme repose sur une infrastructure, mais ne l’épuise pas. Penser la bibliothèque numérique uniquement en termes de plateforme risque donc d’en réduire la portée : c’est aussi une infrastructure documentaire complexe, au croisement de logiques de conservation, de standardisation, de connectivité et de médiation. Une analyse complète de la re-médiation opérée par la BnF gagnerait ainsi à articuler ces deux niveaux.

    3. re-médiation (numérique)

      Il conviendrait de décider si l’on souhaite poursuivre avec le concept de re-médiation. La troisième phase décrite semble en relever, mais dans une forme particulière : alors même qu’on en a plutôt proposé une lecture en termes de « médiation des médiations », marquant une rupture ou un déplacement par rapport à la re-médiation. Ce retour à la notion de re-médiation impliquerait donc d’en adopter une acception élargie ou repensée, capable d’intégrer les logiques de modélisation, d’abstraction et de traitement algorithmique propres à la datafication.

    4. Les vertus de la représentation cartographique se doublent donc de contraintes sémiotiques telles, notamment dans l’agencement en deux dimensions contiguës, qu’un impératif de cohérence peut émerger du medium lui-même et non de son objet, escamotant ici les pratiques extractivistes nécessaires à la fabrique de la liquidité des données : notamment les chaînes de production et de traitement des données, le travail amont sur celles-ci, l’infrastructure matérielle, énergivore et polluante, mais également la disparition de tout ce qui ne se transforme pas en numérique, qui ne se datafie pas.

      Simplifier et clarifier le propos, la phrase est bien longue et chargée.

    5. En ce sens, cette étape de “datafication” ne peut pas exactement être envisagée comme une re-médiation au sens propre du terme, s’agissant plutôt de la construction d’un tiers espace d’équivalence générale entre des unités minimales de construction de sens, circulables et manipulables en-deçà ou au-delà de tout cloisonnement historiquement hérité. Il s’agirait en quelque sorte de la médiation des médiations

      Vous touchez ici un point conceptuel intéressant et stimulant : si la datafication produit un « tiers espace d’équivalence générale » entre unités signifiantes, peut-on encore parler de re-médiation au sens classique, par ex. Bolter & Grusin, 1999 (mais re-médiation, dans le cadre de ce texte n'a pas encore été définie, cela demeure un enjeu ici encore, comme tout au long de l'exercice) ? Ou alors s'agit-il d’un niveau méta, que l'on pourrait qualifier de « médiation des médiations » ? En supposant, la médiation (au sens classique), je comprends que, dans cette perspective, la datafication ne relève pas exactement de la re-médiation (au sens classique), qui suppose une transposition identifiable d’un média dans un autre. Il ne s’agit pas ici de reformuler un contenu dans un nouveau support (comme dans le passage de l’imprimé au numérique), mais de transformer des objets déjà médiatisés — œuvres numérisées, notices, corpus — en unités minimales d’information, interopérables, manipulables, et recombinables. Ce processus opère ainsi un changement de régime : il ne re-médie pas des contenus directement, mais restructure les médiations elles-mêmes en les inscrivant dans un espace d’équivalence générale régi par des normes de traitement des données. On peut ainsi parler, à juste titre, de médiation des médiations, pour souligner que la datafication agit à un niveau second, en réagencant les formes de circulation, de description et d’accès déjà instituées. Cela suggère, peut-être cependant, que la re-médiation doit être repensée ou élargie, de fait, pour intégrer ces formes de modélisation algorithmique et de recomposition documentaire qui excèdent la logique de représentation médiatique. Une autre catégorie de re-médiation peut-être ? C'est à discuter et à clarifier davantage, mais intéressant!

    6. l’étude des pratiques de navigation des usagers de Gallica

      Pour faire un juste parallèle avec P.L.A.O, il faudrait encore s'interroger, plus largement, sur les pratiques de lecture (lecture distante) et pas seulement sur les pratiques de navigation, ou encore sur « la pluralisation des modalités d’accès au contenu en fonction de l’unité documentaire pertinente pour l’usage, ce qui se traduit par des régimes de navigation ou de consultation pluriels et une conséquente relinéarisation dans la production de sens par cheminement » qui est évoquée plus bas dans le paragraphe suivant.

    7. la re-médiation de la BnF, la bibliothèque numérique se situe donc à l’intersection d’une collection numérisée et d’une plateforme de consultation

      Dire que la bibliothèque numérique est à l’intersection d’une collection numérisée et d’une plateforme de consultation est une simplification utile, mais insuffisante. Il vaudrait mieux élargir cette description à au moins trois dimensions : 1) une infrastructure documentaire (bases de données, formats, standards, interopérabilité); 2) une médiation numérique (interface, outils de recherche, éditorialisation, parcours thématiques); 3) un espace de production et d’appropriation (usages savants, pédagogiques, citoyens; annotations, projets collaboratifs). Autrement dit, la re-médiation opérée par la BnF à travers sa bibliothèque numérique ne peut être réduite à l’articulation entre une collection numérisée et une simple plateforme de consultation. Elle se situe plutôt à l’intersection d’une infrastructure documentaire, d’une médiation éditoriale numérique, et d’un espace d’appropriation et d’usage — autant de dimensions qui transforment les modalités d’accès, d’interprétation/lecture et de valorisation de ses collections.

    8. la définition de la médiation comme inscription d’une chose informe dans un régime signifiant, l’émergence du sens a lieu ici dans la pratique documentaire, c’est-à-dire dans la saisie par un·e lecteur·ice d’une unité documentaire à travers des media particuliers.

      Proposer une source svp.

    9. n André Zysberg qui déclare publiquement que “la BNF n’est pas un laboratoire de recherche mais une bibliothèque” (

      Je trouve également fort intéressante la question qui émerge au plan des orientations à savoir : Est-ce qu'une bibliothèque de recherche, comme une bibliothèque nationale, a un mandat de recherche ou simplement celui de servir les chercheurs ? Quel est son rapport à la recherche ? Je dirais que toutes les bibliothèques de recherche ont le mandat de soutenir la recherche. Certaines bibliothèques, notamment les bibliothèques nationales, ont aussi un mandat actif de production de recherche, explicite ou implicite, souvent en collaboration avec le milieu universitaire. Ce mandat de production semble croissant, notamment dans les domaines numériques, patrimoniaux et sociétaux. Library of Congress offre un exemple de cela; la BNF également en dépit des hésitations, apparemment, à certains moments de son évolution.

    10. elon les travaux de Gaëlle Béquet, cette première étape de numérisation de la bibliothèque qui fait la part belle au “modèle de la lecture savante” se fait en opposition à “la démocratisation de l’accès au savoir et l’accueil de nouveaux lecteurs dans les salles de lecture” (Béquet 2014, p. 63). Pour Alain Giffard, alors directeur de l’informatique et des nouvelles technologies de l’EPBF, cela conduit à des frictions entre les “prérogatives patrimoniales” de l’historique Bibliothèque nationale et “l’effort technologique” de la nouvelle Bibliothèque de France (Giffard interrogé par Béquet, 2014, pp. 66-67). Et Gaëlle Béquet de noter les “groupes marginaux” de cette bibliothèque numérique projetée que fut le P.L.A.O. : outre les usagers non académiques, “les bibliothécaires, et particulièrement ceux de la Bibliothèque nationale (BN), les éditeurs et les auteurs” (Béquet 2014, p. 63sq).

      Expliquer plus clairement les groupes en tension, les tensions, et les objectifs poursuivis par les uns et les autres. La cartographie de cette « controverse » et les enjeux pourrait être élaborer davantage et contextualisés dans une perspective bibliothéconomique. En cela, je crois que mon commentaire rejoint celui de E Bermes plus avant.

    11. pan outillage du projet P.L.A.O.

      Plutôt : le volet outillage du projet P.L.A.O. ou encore : la composante dédiée aux outils et aux dispositifs de soutien dans le cadre du projet P.L.A.O

    12. Cette re-médiation à caractère anthropologique peut apparaître aussi quelque peu téléologique car orientée vers la concrétisation d’un dispositif logiciel modulaire.

      Expliquer.

    13. La numérisation de la bibliothèque est donc d’abord envisagée comme la numérisation, et l’outillage en conséquence, des pratiques de lecture et d’écriture des chercheur·euses.

      Fort intéressant !

    14. remédier

      Le terme re-médiation est-il ici le plus pertinent ? Si tel est le cas — et en supposant qu’il ait été défini préalablement — il serait pertinent de développer/élaborer davantage l’idée selon laquelle la BnF et/ou Gallica (à préciser) ont fait l’objet de multiples formes de re-médiation, dont la numérisation ne constitue qu’une modalité parmi d’autres. Celle-ci ne saurait, à elle seule, épuiser la richesse des processus de transformation, de recontextualisation et de reconfiguration à l’œuvre dans l’environnement numérique. Par ailleurs — toujours dans l’hypothèse où re-médiation est bien le terme visé — il conviendrait de souligner que ce processus ne doit pas être envisagé uniquement du point de vue des œuvres, comme c’est souvent le cas, mais aussi à travers celui des pratiques, des gestes documentaires, ou des « opérations intellectuelles ». Cela dit, la définition attendue apportera peut-être les précisions nécessaires à cet égard.

    15. celle de “bibliothèque”

      Même commentaire que précédemment, proposer quelques sources pour des définitions de bibliothèque « articulant [ces] nombreuses dimensions ».

    16. On définit parfois une “bibliothèque numérique”, au sens étroit, comme une collection de documents numérisés ou nativement numériques – principalement textuels mais également audiovisuels –, structurée en une base de données indexée et assortie d’un service de mise à disposition de ces documents sur une plateforme dédiée munie d’outils de recherche – essentiellement des moteurs de recherche, mais également des systèmes de recommandation humaine ou algorithmique – et de consultation – sur une liseuse en ligne ou bien par téléchargement.

      Il faudrait ajouter des sources exemplifiant « parfois » ce type de définition.

  2. Nov 2018
    1. d’amorcer un dialogue honnête et réaliste sur la placedes bibliothèques et des bibliothécaires dans vos commu-nautés.

      Précise que son intention est d'amorcer un dialogue sur la place des bibliothèques et des bibliothécaires.

    2. Oui, ces biblio-thèques requièrent un soutien financier, mais ce dont ellesontencoreplusbesoinc’estd’uneréellecommunicationdevos besoins, de vos défis et de vos rêves.

      Les conditions de cette « excellence » repose sur une « réelle communication », mais cette communication peut aussi être animée par des bibliothécaires via des approches/activités participatives (codesign, design thinking, etc.)

    3. Ce livre ne s’adresse pas à ces bibliothécaires, mais aux per-sonnes qui soutiennent ou supervisent les bibliothèques.Cela inclut les doyen·ne·s, les étudiant·e·s, les parents, lesmembres de conseils d’administration, les bénévoles et àpeu près tout le monde qui a déjà fréquenté une institu-tion scolaire ou qui paie des taxes municipales.

      Lankes balise ici les publics qui sont ciblés par cet ouvrage. Comment rejoindre notamment les élu.e.s, membres des CA, etc. pour les exposer aux idées qu'il véhicule?

    4. Trop de bibliothécaires croient que leurtravail est de développer des collections plutôt que leurcommunauté.

      Comment développe-t-on des communautés ? Est-ce c'est ce qu'on apprend dans les écoles de sciences de l'information et des bibliothèques.

    5. comprendre ce qu’est la bibliothéconomie, c’estdu même coup avoir la possibilité de comprendre quelquechose d’aussi central que l’exercice de la citoyenneté

      crédibilité + confiance = bibliothéconomie = citoyenneté.

    6. Le domaine de la bibliothéconomie représente un investis-sement annuel de près de 26 milliards de dollars en Amé-rique du Nord et bien au-delà de 40 milliards à l’échellemondiale

      Pourrait-on chiffrer cet investissement au Québec et au Canada?

    7. la produc-tion participative de connaissances et naviguaient dans unemer d’informations avant Google, avant Facebook et avantmême l’avènement de la plomberie moderne!

      Lankes inscrit cette bibliothéconomie nouvelle dans la continuité d'une production participative des connaissances en réseaux.

    8. bibliothéconomie nouvelle qui, au lieu de reposersur les livres et les artefacts, s’appuie sur la connaissanceet la communauté.

      Lankes pose en principe que la bibliothéconomie nouvelle s'appuie sur la connaissance et la communauté.

    9. De nos jours, avecl’avènement d’Internet et d’une nouvelle ère numérique,les bibliothécaires montrent encore la voie vers une sociétémeilleure,baséesurlaconnaissanceetlerespectdeladiver-sité des points de vue. Ce livre porte sur ce que les biblio-thèques et les bibliothécaires peuvent nous dire à proposde la création d’un avenir meilleur. Il explique égalementde quels types de bibliothèques et de bibliothécaires nousaurons besoin pour faire de cet avenir une réalité.

      Il entreprend de mettre en place l'argumentaire en faveur d'une bibliothéconomie nouvelle ici.

    10. montrerlepotentielqu’ontlesbibliothèques pour améliorer votre communauté, et la so-ciété en général.

      L'énoncé de la finalité de son ouvrage : « montrer le potentiel qu’ont les bibliothèques pour améliorer votre communauté, et la société en général.» Une intention, un projet «orienté sur la communauté ».

    11. La bibliothéconomie doit être remarquable, peu importequ’elle soit universitaire, publique ou scolaire.

      Il aborde la bibliothéconomie par le biais d'une approche intersectorielle/interdisciplinaire. C'est aussi une invitation à dépasser nos spécialisations pour un engagement qui les transcendent.

    12. uneinvitationàparticiperàunediscussioninternationalesurlesbesoinsdescommunautésdanslesquellesnousévoluonsetleurs attentes envers nous, les bibliothécaires.

      Un groupe de lecture qui implique nos collègues français serait une avenue intéressante à considérer, qu'en pensez-vous ?