régime écosystémique
Pour penser les bibliothèques numériques dans toute leur complexité, il est nécessaire d’articuler les dimensions d’infrastructure, de plateforme et d’écosystème numérique. Il faudrait, selon moi, revenir là-dessus et reprendre l'articulation de ces dimensions. L’infrastructure constitue le socle invisible : elle rassemble les normes, les bases de données, les formats et les protocoles qui rendent possible la structuration et la circulation de l’information. La plateforme, quant à elle, donne forme à cette infrastructure en la rendant accessible à travers des interfaces, des outils de consultation et des dispositifs de médiation destinés aux usagers. Ces deux niveaux s’inscrivent dans un écosystème numérique plus large, où interviennent, comme vous le suggérez, des acteurs institutionnels, des politiques techniques et culturelles, des usages sociaux, et des logiques économiques. C’est dans l’interdépendance de ces trois dimensions que se joue la capacité d’un dispositif comme celui de la BnF à répondre, ou pas, aux enjeux actuels de diffusion, de mémoire et d'organisation/appropriation des contenus dans le (dés)ordre des savoirs. Ainsi, la re-médiation ne serait pas un simple transfert de support, mais un processus à plusieurs niveaux (technique, symbolique, institutionnel) qui mobilise infrastructure, plateforme et écosystème comme autant de conditions médiatrices (si l'on redéfinit cette notion ainsi), voir commentaire précédent aussi). Repenser la re-médiation à l’ère de la datafication impliquerait donc d’en reconnaître la dimension systémique, en l’inscrivant dans ces couches emboîtées du numérique. Je pense qu'il faut préciser ces aspects et ces pistes que vous ouvrez pour consolider votre argumentaire général.