Le rôle du picador est, à l'aide de sa pique (lance en bois de hêtre de 2,60 mètres de long terminée par une pointe d'acier, la Puya), de piquer le taureau, ce qui permet d'évaluer sa bravoure[65]. « La pique a pour but de calmer le taureau par une saignée et de lui faire baisser la tête pour qu'il humilie dans la muleta (…), ceci en réduisant la force de son appareil musculaire »[65].
Le texte adopte un ton neutre et technique pour décrire un acte violent. Il présente la pique du picador comme un outil d’évaluation et de contrôle. Cette formulation transforme une blessure en geste rationnel et légitime, appartenant à un rituel codifié.
Le vocabulaire employé — scientifique et maîtrisé — atténue la dimension violente de la scène. Le taureau devient un objet d’étude ou un corps à réguler, plutôt qu’un être souffrant. Même la notion de “bravoure” lui attribue une valeur héroïque qui justifie la souffrance infligée.
En contraste, Jeremstar adopte un discours émotionnel et dénonciateur : il insiste sur la douleur, le sang, et la cruauté de l’acte. Là où Wikipédia rationalise la violence, Jeremstar la rend visible et insupportable. Ainsi, la neutralité encyclopédique désensibilise le lecteur, tandis que la parole militante réactive l’empathie.