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  1. Last 7 days
    1. Ce qui montre que ce qui est appelé la révolution numérique n’est pas une révolution en termes de volume d’emplois, mais parce qu’elle se diffuse à travers toute l’économie.

      Fallacieux: on voit mal en quoi la taille (5% des emplois privés) prouve quoi que ce soit de son impact sur le volume d'emplois. Si la technologie détruit de nombreux emplois, ou permet avec 5% des actifs du secteur privé de remplacer de très nombreuses personnes, les force à changer de secteur etc, l'impact en volume d'emplois est énorme.

    2. Un article de l’IREF souligne que l’emploi dans le numérique ne représente que 5 % du total de l’emploi privé aux États-Unis, selon les chiffres du Bureau of Labor Statistics.

      IREF (https://fr.irefeurope.org/): think tank libéral conservateur qui édite la revue Contrepoints. Oorientation claire de la publication, qui infuse l'article. Sur l'argument épistémique s'appuyant sur les chiffres du BLS: La part du numérique dans l'emploi global aux Etats-Unis a peu augmenté en 2026 (son poids économique et les salaires, si). C'est possiblement consubstantiel à ces technologies qui automatisent beaucoup de tâches et nécessitent moins de main d'oeuvre

    3. le big data est le traitement de données

      L'auteur oublie une étape, celle de la collecte des données, personnelles ou protégées par un droit de propriété. Dans le cas des données de masse, c'est un des aspects les plus délicats car il touche à la notion de consentement, dont les contours traditionnels en droit et la force contraignante sont fortement adaptés aux nécessités de rapidité de ces traitements. Avant l'utilisation sans contrepartie des données par les LLM, Google faisait déjà face à des critiques similaires.

    4. Précédemment, ce sont les capacités physiques qui ont été augmentées, la machine faisant ce qui n’est pas possible à l’homme, ce qui entraîne de nouvelles possibilités pour l’individu. Il peut fabriquer des choses de plus en plus complexes

      Argument séduisant mais incomplet. L'outil, qu'il soit "physique" ou "numérique'" pour reprendre la distinction de l'auteur, ne fait pas qu'augmenter l'homme, il le contraint aussi, et transforme son activité. Lorsque l'industrialisation de certains métiers est apparue, le travailleur en a t il été augmenté? C'est l'objet d'un débat qu'on ne peut pas trancher en quelques lignes. En revanche, l'activité médiatisée par l'outil était aussi contrainte par la complexité de l'outil, sa capacité à le maitriser, sa destination très spécifique etc.

    5. Mais ce n’est pas une révolution.

      Il serait intéressant de savoir si l'auteur pense qu'une IA en mode agentique qui mène un projet de manière autonome effectue un "travail". La question serait alors: a-t-on ici une révolution dans la nature même du travail?

    6. On constate ainsi une autonomisation du travailleur.

      Contenu dialectique. Argument rhétorique par ethos (les positions théoriques de base sont très claires, cf note 1). Autonomisation dans une acception très étroite du terme: Cet argument ne semble pas s'appliquer aux employés des services client qui aimeraient vous aider, mais le système ne leur permet pas. Ce qui est vrai du service client s'est d'ailleurs aussi du travailleur autonome: Le chauffeur Uber est il vraiment maître à bord? En dehors des considérations sociales, peu révélatrices d'autonomie, ses choix sont limités à ce que son application propose.;

    7. Mais selon la théorie autrichienne, l’entrepreneur saisit des opportunités

      La question est aussi celle de la libre concurrence: Certains outils comme Uber ne laissent que très peu de place à leurs concurrents sur le marché. De quelle opportunité parle t-on ici (à part celle de changer de métier)?

    8. On ne peut pas parler vraiment d’augmentation des capacités intellectuelles. Car seule la simple mise à disposition de l’information est concernée. Un juriste par exemple n’utilisera pas une application informatique pour rédiger un mémoire, mais il utilisera l’information dont il peut désormais disposer avec facilité.

      Evidemment, cette partie est très datée, depuis l'arrivée des LLM

    9. Aujourd’hui, ce sont les capacités de traitement et de mise à disposition de l’information qui sont augmentées chez les individus.

      Confusion conceptuelle: Augmenter l'accès à l'information n'est pas la même chose qu'augmenter la capacité à la traiter intelligemment...

    10. Le livreur de pizza utilise aussi une application de traitement et de mise à disposition de l’information. Il entre une adresse, une application analyse une carte avec les sens de circulation, et ressort un itinéraire. Tout comme le chauffeur de VTC. Tout comme le restaurateur qui scrute les variations de météo sur son smartphone.

      Rhétorique type logos. Même remarque que plus haut. L'auteur choisit les utilités qui l'intéressent. L'auteur présente deux situations radicalement différentes comme équivalentes en proposant une comparaison. Le restaurateur ne risque pas grand chose à consulter la météo (l'envoi d'informations par son smartphone à Google est paramétrable, au moins). En revanche, les destinataires de l'information de livraison ne sont pas seulement le livreur et le client: L'employeur du livreur aussi, dans le cadre d'une relation de travail peu équilibrée

    11. Enfin, on a aujourd’hui toutes sortes d’informations mises à disposition. Là où il fallait posséder une grande bibliothèque, renouvelée tous les ans pour être à jour des codes juridiques en tout genre, il suffit d’aller sur internet. Une information gratuite, ou moins onéreuse que l’information-papier d’autrefois, est disponible. Sans compter qu’elle est actualisée beaucoup plus souvent.

      Purement rhétorique. Gratuité toute relative. L'auteur fait simplement l'économie du calcul des coûts indirects. Sans parler du fameux "si c'est gratuit, c'est vous le produit", qui illustre la monétisation de l'information sur les habitudes de consommation, les coûts environnementaux de la cloud based economy sont faramineux.

    12. Vers quoi tend cette technologie qui se diffuse à toute l’économie ? Elle tend au traitement et à la mise à disposition de l’information

      L'auteur parle de la destination des TIC, "le traitement et la mise à disposition de l'information". Commencer par une définition permet de donner l'illusion de la cohérence et de l'homogénéité. Suit encore une fois une liste de situations très différentes.

    13. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication irriguent toute l’économie

      Après une liste à la Prévert de secteurs dynamisés par l'introduction des TIC, l'auteur conclut que les TIC "irriguent" (connotation très positive) "toute" l'économie. C'est purement rhétorique.

    14. Les chauffeurs de VTC sans expérience peuvent également utiliser une application pour les guider.

      Quid du tracking des livreurs grâce à cette application? L'auteur choisit quelles utilités de l'instrument lui conviennent pour étayer sa conclusion. La conclusion précède l'argument et lui donne forme: Fallacieux.