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  1. Oct 2019
  2. scolaire.loupbrun.ca scolaire.loupbrun.ca
    1. il a dû dire, à peu près comme Rastignac : « A nous deux, Science humaine. » Puis il est allé prendre le premier livre du premier rayon d’extrême droite ; il l’a ouvert à la première page, avec un sentiment de respect et d’effroi joint à une décision inébranlable. Il en est aujourd’hui à L. K. après J, L, après K. Il est passé brutalement de l’étude des coléoptères à celle de la théorie des quanta, d’un ouvrage sur Tamerlan à un pamphlet catholique contre le darwinisme : pas un instant il ne s’est déconcerté. Il a tout lu ; il a emmagasiné dans sa tête la moitié de ce qu’on sait sur la parthénogenèse, la moitié des arguments contre la vivisection.

      La compulsion encyclopédique d'accumuler le savoir (comme le personnage de Faust, qui court après toute la connaissance).

    2. il faudrait avoir tout lu

      Obsession d'avaler la totalité du savoir

    3. puis il fixe avec intensité la photo

      les personnages ont une obsession pour les visages (dans la glace ou en photo)

    4. — Ah ! monsieur. Vous avez de la chance. Si ce qu’on dit est vrai, les voyages sont la meilleure école. Êtes-vous de cet avis, monsieur ?Je fais un geste vague. Heureusement, il n’a pas fini.— Ce doit être un tel bouleversement. Si jamais je devais faire un voyage, il me semble que je voudrais, avant de partir, noter par écrit les moindres traits de mon caractère pour pouvoir comparer, en revenant, ce que j’étais et ce que je suis devenu. J’ai lu qu’il y a des voyageurs qui ont tellement changé au physique comme au moral, qu’à leur retour leurs plus proches parents ne les reconnaissaient pas.

      Constat sur le voyage et le devenir; l'effet du voyage sur l'être.

      Devient-on un autre « moi » par le voyage? (On dit que que les voyages sont la meilleure école, forment la jeunesse…)

      Le personnage s'intéresse lui aussi à esquisser, à « noter par écrit dans les moindres traits de caractère », afin d'évaluer son moi.

    5. Ce soleil et ce ciel bleu n’étaient que tromperie.

      Doute cartésien (tromperie)? Ou lucidité par la connaissance cosmologique (le ciel n'est pas vraiment bleu, la Terre tourne autour du Soleil, etc.)

    6. « Et maintenant ? »

      Le savoir encyclopédique, oui, mais pour en faire quoi?

      (pratique)

    7. Les gens qui vivent en société ont appris à se voir, dans les glaces, tels qu’ils apparaissent à leurs amis. Je n’ai pas d’amis : est-ce pour cela que ma chair est si nue ? On dirait — oui, on dirait la nature sans les hommes.

      Lien entre être et paraître (on se définit tel qu'on apparaît à ses amis).

      L'humain est un animal social : il n'existe qu'« habillé » de ses relations sociales.

    8. « Si tu te regardes trop longtemps dans la glace, tu y verras un singe. » J’ai dû me regarder encore plus longtemps : ce que je vois est bien au-dessous du singe, à la lisière du monde végétal, au niveau des polypes.

      darwinisme, théorie de l'évolution (nous avons tous un ancêtre commun)

    9. longue, c’est intolérable... Je retire ma main, je la mets dans ma poche. Mais je sens tout de suite, à travers l’étoffe, la chaleur de ma cuisse. Aussitôt, je fais sauter ma main de ma poche ; je la laisse pendre contre le dossier de la chaise. Maintenant, je sens son poids au bout de mon bras. Elle tire un peu, à peine, mollement, moelleusement, elle existe. Je n’insiste pas : où que je la mette, elle continuera d’exister et je continuerai de sentir qu’elle existe ; je ne peux pas la supprimer, ni supprimer le reste de mon corps, la chaleur humide qui salit ma chemise, ni tout cette graisse chaude qui tourne paresseusement comme si on la remuait à la cuiller, ni toutes les sensations qui se promènent là-dedans, qui vont et viennent, remontent de mon flanc à mon aisselle ou bien qui végètent doucement, du matin jusqu’au soir, dans leur coin habituel.

      limites de l'èxistence

    10. La racine du marronnier s’enfonçait dans la terre, juste au-dessous de mon banc. Je ne me rappelais plus que c’était une racine. Les mots s’étaient évanouis et, avec eux, la signification des choses, leurs modes d’emploi, les faibles repères que les hommes ont tracés à leur surface. J’étais assis, un peu voûté, la tête basse, seul en face de cette masse noire et noueuse, entièrement brute et qui me faisait peur. Et puis j’ai eu cette illumination.

      La racine prend beaucoup de directions > absurdité de la vie, parce que tout hors de ses confins

    11. Impossibilité de conciliation entre le monde intérieur du Je et le monde extérieur.

    12. Quand on vit seul, on ne sait même plus ce que c’est que raconter

      En vivant seul, on risque de tomber dans un solipsisme, une expérience purement individuelle, non traduisible dans la catharsis

    13. Je ne distingue plus le présent du futur

      Après l'espace, c'est maintenant le temps qui est flouté.

    14. Il ne vit pas, non, mais il n’est pas non plus inanimé.

      Un peu comme le narrateur lorsqu'il a la Nausée ?

    15. Voilà pour l’extérieur. Ce qui s’est passé en moi n’a pas laissé de traces claires. Il y avait quelque chose que j’ai vu et qui m’a dégoûté » mais je ne sais plus si je regardais la mer ou le galet. Le galet était plat, sec sur tout un côté, humide et boueux sur l’autre » Je le tenais par les bords, avec tes doigts très écartés, pour éviter de me salir.

      "forshadowing" ? Ici l'En-soi (texture de la boue) dégoute déjà le narrateur.

    16. Some of these days
    17. J’admire comme on peut mentir en mettant la raison de son côté.

      La raison est censeuse; c'est la responsable du refoulement

    18. refusait de sortir

      refoulement?

    19. Mais tout l’invraisemblable en compensation, tout ce qui ne pourrait pas être cru dans les cafés, on ne le manque pas.

      imagination fertile

    1. L'imitation comporte donc les trois différences que voici, comme nous l'avons dit en commençant : les circonstances où elle a lieu, son objet, son procédé.

      3 différences de l'imitation :

      • les circonstances dans lesquelles elle a lieu;
      • son objet;
      • son procédé.
    1. Tout est bien, tout va bien, tout va le mieux qu’il soit possible.

      encore une trace du paradigme du « meilleur des mondes possibles » dans lequel nous vivons

    1. Voltaire montre le chemin intellectuel de Candide, qui est celui d’une désillusion : l’optimisme, dit Candide, c’est la manie de dire que les choses sont bien quand on est en enfer. En effet, Candide apprend que la quantité de bien est bien inférieure à celle du mal.

    1. O che sciagura d’essere senza coglioni !

      (traduction libre de l'italien) : « Ô quel malheur d’être sans balles[couilles] ! »

    1. Si c’est ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres ?

      tourner en dérision la vision caricaturale et simpliste du « meilleur des mondes » de Leibniz (c'est une interprétation naïve de ce que Leibniz a écrit)

    1. liberté peut subsister avec la nécessité absolue

      principe de vérité contingentes de Leibniz

    2. car la chute de l’homme et la malédiction entraient nécessairement dans le meilleur des mondes possibles

      contradiction!?!

      Dieu ne veut pas le mal, mais permet un monde où le mal est possible.

    1. un jeune métaphysicien fort ignorant des choses de ce monde

      opposition entre savoir théorique (spéculatif, métaphysique) et pratique (les « choses de ce monde »; la réalité, la terre des vaches)

    1. nigologie

      est-ce moi ou cette dernière partie est juste pour rire? (tournure au ridicule – nigaud)

    2. Candide

      bien sûr le nom n’est pas anodin

    3. Sa physionomie annonçait son âme.

      pseudo-science du XVIII<sup>e</sup> siècle selon laquelle des traits physiques seraient liés à des traits de « personnalité », comme la crâniologie (étude de la forme des crânes pour justifier l’intelligence).

  3. Sep 2019
    1. Cela tient à ce que le fait d'apprendre est tout ce qu'il y a de plus agréable non seulement pour les philosophes, mais encore tout autant pour les autres hommes ; seulement ceux-ci ne prennent qu'une faible part à cette jouissance.

      le plaisir d'apprendre est universel

    2. Il faut adopter les impossibilités vraisemblables, plutôt que les choses possibles qui seraient improbables, et ne pas constituer des fables composées de parties que la raison réprouve, et en somme n'admettre rien de déraisonnable, ou alors, que ce soit en dehors du tissu fabuleux

      préséance du nécessaire et du vraisemblable

    3. Le fait d'imiter est inhérent à la nature humaine dès l'enfance; et ce qui fait différer l'homme d'avec les autres animaux, c'est qu'il en est le plus enclin à l'imitation : les premières connaissances qu'il acquiert, il les doit à l'imitation , et tout le monde goûte les imitations.

      importance de l'imitation

    4. L'épopée (02), la poésie tragique, la comédie, la poésie dithyrambique, l'aulétique, la citharistique, en majeure partie se trouvent être toutes, au résumé, des imitations.

      mimesis

    5. Le mètre héroïque est celui dont l’expérience a fait reconnaître la convenance pour l'épopée

      la forme (en l'occurrence, le mètre héroïque) est importante pour Aristote, constitue le « genre »

    6. dans la tragédie, l'on ne peut représenter plusieurs actions dans le même moment, mais une seule partie à la fois est figurée sur la scène et par les acteurs; tandis que dans l'épopée, comme c'est un récit, on peut traiter en même temps plusieurs événements au moment où ils s'accomplissent

      distinction épopée / tragédie :

      dans l'épopée, c'est un récit, plusieurs événements peuvent avoir lieu en même temps (car étendue/ressources propres à l'épopée)

      dans la tragédie, on ne peut relater qu'un événement à la fois

    7. une action unique, entière et complète, ayant un commencement, un milieu et une fin, pour que, semblable à un animal unique et entier, elle cause un plaisir qui lui soit propre

      résumé des qualités de la « bonne » tragédie

    8. la glose, la métaphore, l'ornement et les autres formes précitées ôteront au style la vulgarité et la bassesse ; le terme propre lui donnera de la clarté

      hiérarchie des styles

    9. Des moeurs dans la tragédie

      Les mœurs de la tragédie

      Les mœurs doivent :

      • être bonnes
      • convenir aux classes de personnages
      • ressembler en rapport de convenance
      • tendre vers l’égalité – égalité (cohérence?) des caractères des personnages)
    10. Pourquoi la plupart des sujets tragiques sont fournis par l'histoire

      Dans la fable, il faut recourir aux faits, qui ont le plus grand effet tragique (et non les procédés factices, «prodigieux»)

    11. vraisemblable

      ce qui est « vraisemblable » est légitime

    12. Pour la tragédie, les poètes s'emparent des noms de personnages qui ont existé

      vraisemblance historique

    13. l'imitation d'une action et, à cause de cette action, l'imitation de gens qui agissent

      imitation d'une imitation

    14. e principe, et comme l'âme de la tragédie, c'est la fable

      la fable est centrale dans la tragédie

    15. sans action, il n'y aurait pas de tragédie, tandis que, sans les moeurs, elle pourrait exister

      l'action est essentiel à la tragédie; les mœurs ne le sont pas

    16. toute tragédie se compose de six parties qui déterminent son caractère ; ce sont: la fable, les moeurs, le langage, la pensée, l'appareil scénique et la mélopée.

      6 parties composent la tragédie

      • la fable
      • les mœurs
      • le langage
      • la pensée
      • l'appareil scénique
      • la mélopée
    17. et non pas en tout genre de vice, mais plutôt une imitation de ce qui est laid, dont une partie est le ridicule

      nuance vs ce que Platon disait La poésie n'est pas mal en soi parce qu'elle représente des mauvaises choses

    18. puisqu'elle avait revêtu sa forme naturelle

      l'essence des choses est dans la nature…

    19. poètes ïambiques

      parole

    20. poètes héroïques

      action

    21. le fait d'apprendre est tout ce qu'il y a de plus agréable

      on trouve le plaisir dans ce qu'on apprend

      (ceux qui apprennent moins ont moins de plaisir)

    1. mais nous lut dirions qu'il n'y a pas d'homme comme lui dans notre État, et qu'il ne peut y en avoir

      il n'existe rien de tel qu'un «homme idéal»

    2. il ne faut ni faire ni imiter ce qu'ils font.

      faire et imiter sont tout aussi condamnables

    3. ou s'ils imitent quelque chose, il faut que ce soit les qualités qu'il leur convient de posséder dès l'enfance, le courage, la tempérance, la sainteté, la grandeur d'ame et les autres vertus, mais jamais rien de bas et de honteux, de peur qu'ils ne prennent, dans cette imitation, [365d] quelque chose de la réalité

      il ne faut pas montrer les «qualités basses» (ce qu'on fait dans la comédie), car ces qualités risqueraient de contaminer l'enfant!

      L'imitation d'une chose laide pourrait devenir réalité!

    4. Comprends donc qu'il est une espèce de récit opposé à celui-là : c'est lorsque le poète supprimant tout ce qu'il entremêle en son nom aux discours de ceux qu'il fait parler, ne laisse que le dialogue. Je comprends encore : c'est la forme qui est propre à la tragédie.

      Dans son exemple, plutôt que de définir le dialogue fautif, Platon le présente en opposition avec la tragédie (dont la forme est éminemment exemplaire)

    5. Ainsi, en ces occasions, les récits, tant ceux d'Homère que des autres poètes, sont des récits imitatifs.

      bam

    6. Ces raisons nous obligent à ne plus permettre de pareilles fictions, de peur qu'elles ne produisent [392a] dans la jeunesse une malheureuse facilité à commettre le crime.

      les fictions «banaliseraient» (faciliteraient) le crime (par les jeunes)

      (pourquoi la jeunesse en particulier?)

    7. Ulysse, le plus sage des Grecs

      l'exemplarité suprême d'Ulysse

    8. C'est donc aux magistrats qu'il appartient exclusivement de mentir pour tromper l'ennemi ou les citoyens, quand l'intérêt de l'État l'exige.

      exception du mensonge

    1. Quand un poète viendra nous parler ainsi des dieux, nous refuserons avec indignation de l'entendre

      les poètes parlent en mal des dieux; il faut les ignorer

    2. règles,et suis d'avis qu'on en fasse autant de lois

      règles < lois

    3. Dieu n'est pas l'auteur de tout, mais seulement du bien.

      rectification

    4. ni vieux ni jeunes ne doivent tenir ou entendre de pareils discours sous le voile de la fiction

      judiciaire : la fiction devrait être interdite

    5. D'abord, dans l'épopée comme dans l'ode et la tragédie, les poètes représenteront toujours Dieu tel qu'il est

      règle #1 pour les poètes

    6. car de pareils récits sont dangereux

      pourquoi sont-ils dangereux? parce qu'ils ont le pouvoir de nous tromper?

      ce récits ont-ils le dessein de nous tromper? dans quel but?

    7. car toutes les fables qu'ils ont débitées et qu'ils débitent encore aux hommes sont remplies de mensonges.

      on s'attaque à la fiction au nom du mensonge, sous le signe de la vérité

    1. PERSONNAGES DU DRAME

      toutes des figures masculines (sauf peut-être les nuées)

    2. celui qui sert à

      le discours trouve ici une utilité bien pratique

    3. Que dis-tu ? Ta pensée attire l’humidité sur le cresson ?

      il n'a rien compris

    4. Dis-moi, n’est-il pas juste que j’aie pour toi la même bonne intention et que je te frappe, puisque avoir une bonne intention et frapper c’est la même chose ? Conviendrait-il, en effet, que ton corps fût à l’abri des coups, et le mien point ?

      traitement équitable : traiter des cas semblables de manière semblable (i.e. on a le droit de donner des coups aux «enfants»)

    5. que son fils soit habile à exprimer des idées contraires à la justice

      stragégie rhétorique (argument autophage) : montrer la contradiction du parti adverse pour qu'il se consume de lui-même

    6. En disant ce qui est juste.

      le vrai, le juste (le bien), le beau… 3 sujets, 3 types de discours (Platon)

    7. Ce que je fais ? Mais rien qu’un dialogue subtil avec les poutres de la maison.

      Euphémisme ironique : le dialogisme comme activité inoffensive…

    8. Je veux apprendre à parler.

      apprendre à parler : référence à l'art rhétorique

    9. Si, demeurant à terre, je regardais d’en bas les choses d’en haut, je ne découvrirais rien. Car la terre attire à elle l’humidité de la pensée. C’est précisément ce qui arrive au cresson.

      Pensée de survol de Merleau-Ponty; il faut être immergé pour se rapprocher de la véritable connaissance…

    10. Tu es un vieux radoteur, un mal équilibré ! LE JUSTE. Tu es un infâme et un éhonté !

      traditions anciennes et nouveautés éhontées

    11. Et leur derrière, qu’a-t-il à regarder le ciel ? LE DISCIPLE. Il apprend aussi pour son compte à faire de l’astronomie… Mais rentrez, de peur que le maître ne vous surprenne.

      ironie sur l'étude de la philosophie

    12. combien de fois une puce saute la longueur de ses pattes.

      la philosophie comme discipline qui s'occupe de choses inutiles

    13. Elle voulait qu’il y eût du cheval dans son nom

      chevaux et aristocratie

    14. Alors je me suis marié, moi paysan, à une personne de la ville, à la nièce de Mégaklès, fils de Mégaklès, femme altière, luxueuse, fastueuse comme Kœsyra.

      Le luxe de la ville s'oppose à la vie simple de la campagne.