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  1. May 2020
    1. un peu comme les dialectes et autres verlans, dont la force jaillissante tiendrait tête aux stratégies de rationalisation et de normalisation déployées par les dispositifs numériques

      L'invention d'une nouvelle poétique passe aussi par l'exploitation (l'appropriation) des codes informatiques. Appropriations par-dessus les usages prévus/prescrits par le design logiciel.

    1. sans les contraintes d’une base de données

      Là où les piles «traditionnelles» (Wordpress, Drupal, etc.) délèguent le contenu à un tiers (une base de données, telle que MySQL), les générateurs de site statique proposent d’abstraire cette fonctionnalité à même le système de publication, sans avoir à installer un logiciel supplémentaire.

      Le paradigme des fichiers en plein texte comme source de contenu m’apparaît fondamental: là où une base de données virtualise les informations, le fichier texte nativement utilisable dans n’importe quel système d’exploitation (on peut copier/coller un fichier ou un répertoire dans une interface visuelle comme l’explorateur Windows ou le Finder de MacOS, ou encore via une interface en ligne de commande).

      Comme tu le soulignes, la structuration des contenus est ainsi plus facile à manipuler. Elle dépend beaucoup moins du logiciel utilisé (bien que chaque système comporte ses petites règles de formatage, comme les clés YAML/TOML/JSON).

      C’est ce très bas niveau d’abstraction (que tentent paradoxalement de simuler des logiciels de haut niveau comme Wordpress ou Microsoft Word, paraboles techniques que Ted Nelson qualifie d’extrêmement pernicieuses).

    1. intense production sémantique et documentaire

      donner du sens: c’est aussi cela, participer à l’histoire de la société. ne pas laisser aux institutions le monopole des significations.

      cela fait partie du processus d’appropriation. donner du sens aux objets, aux rituels, aux biens immatériels.

  2. Apr 2020
    1. criture réflexive.

      L'un des atouts de MS Word est justement d'inviter l'utilisateur à ne pas réfléchir à son médium d'écriture, mais de juste l'utiliser (je reprends le paradigme de «document comme une fin»).

      Est-il toujours pertinent d'écrire de manière réflexive, en constant dialogue avec le médium d'écriture? En écartant les spécialistes, quelles compétences techniques (ou compréhension des formats) peut-on souhaiter à grande échelle?

      L'interface de stylo pourrait-elle être encadrer l'utilisateur avec davantage de convivialité tout en lui dévoilant son paradigme (éduquer en écrivant, amicalement et professionnellement)? (C'est une question UX, mais qui permettrait probablement une adoption plus large.)

    2. un ensemble hétérogène mais cohérent

      en effet, cette harmonisation technique est nécessaire pour penser la filiation entre l'écriture et la production: écrire dans MS Word peut être aussi éloigné de l'objet de publication que le manuscrit rédigé à la main (pas de cohérence), alors que l'écriture en Markdown ou LaTeX s'inscrit dans la logique fluide d'un système de publication nativement numérique comme la chaîne de Quire ou de Stylo (cohérent du premier jet à la publication finale).

    3. Nous pouvons constater qu’il y a un lien entre les formes produites et les moyens mis en œuvre pour les produire.

      dans une perspective nativement numérique, écrire et produire sont alors intrinsèquement liés.

      par exemple: dans le modèle du manuscrit rédigé à la main ou tapé à la dactylo, le processus de production est au mieux analogue (consistant à reproduire des lettres que l'auteur a posées sur papier), au pire complètement hétérogène à l'acte d'écriture (il faut prendre le processus du début pour en faire un livre publiable).

    1. après des années de rêves, la technologie semble représenter dans l’imaginaire collectif plus une menace qu’une promesse

      De nombreuses dystopies ont d’ailleurs cristallisé cette idée de la menace, notamment chez Isaac Asimov ou George Orwell.

    1. L’Open Graph est en quelque sorte une extension du principe de graphe social de Facebook à l’ensemble du web
    2. es API, par le biais du code informatique, automatisent l’éditorialisation des textes de réseau
    3. le code informatique est une écriture
    4. « Le code, c’est la loi » (Code is law, Lessig 1999)
    1. The podcast boom (and to a lesser extent, the video boom on YouTube) currently exists almost entirely as an artifact of two social phenomena: commuting and low-cognitive-demand chores, both of which call for a low-information-density ambient background information flow. It is the conversational equivalent of elevator music (convo-muzak? convozak?).
    2. Threading is clearly a very rich and complex medium, with a huge amount of potential.
    1. courriels

      L’OQLF semble recommander la forme invariable lorsque le nom est mis en apport de complémentation.

      http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?t1=1&id=4661

    1. Le public acquiert ainsi une nouvelle fonction : celle d’instance critique auquel doit s’exposer le pouvoir.

      fonction de l’espace public: un appareil critique (la critique est productrice d’espace public).

      le pouvoir, pour maintenir sa légitimité, doit être exposé à la sphère publique et se montrer à lui avec transparence; il doit pouvoir être challengé; s’il ne résiste pas à la critique publique, il ne mérite pas d’être en place.

      la possibilité de challenger l’instance publique est comparable à la publication des protocoles de sécurité utilisées dans le domaine public (ex. SSL/TLS): la sécurité des contenus encryptés tirent justement leur robustesse du fait que leur algorithme est public; quiconque pourrait le challenger à tout moment, si bien qu’on s’assure d’en éliminer toutes les failles (et l’intelligence collective peut être mise à contribution, le cas échéant).

    1. produire de nouvelles cultures techniques

      la low-tech aurait donc plus à voir avec une «culture technique» que les objets techniques eux-mêmes; avec une intellectualisation de la technique plutôt qu’à son objectification.

    2. la destruction de savoirs techniques permettait aussi de faire disparaître certains pratiques sociales, religieuses et culturelles

      technique et culture (au sens de l’identité d’un peuple) sont donc inextricablement liées

    3. l’aliénation d’ouvriers à des machines n’est pas lié à la machine elle-même, mais au fait que l’on dissimule son mode de fonctionnement à l’ouvrier

      la machine est traitée comme une fin; l'ouvrier n'est traité que comme moyen (il faudrait que ce soit le contraire: les vies humaines sont la fin, et les machines ne sont que les moyens).

    4. ce n’est pas la “technique” en elle-même qui “déshumanise”2, mais la façon dont on crée des objets et des dispositifs techniques
    1. la ville comme teaching machine : cet environnement, réceptacle d’information, devient support d’un apprentissage

      l'architecture en elle-même est donc sémantique, porteuse de sens – et non pas simple support technique.

    2. Ainsi l’architecture a eu, à un moment de l’histoire, la capacité de rendre visibles les supposées qualités (spatiales) d’un environnement numérique en cours de co-construction par les informaticiens et les architectes, un espace redéfini comme pur milieu d’apprentissage
    3. quand l’environnement lui-même est constitué de circuits électroniques et d’information, l’architecture devient le contenu d’un nouvel environnement informationnel

      renversement de l’architecture traditionnelle: dans l’environnement informationnel, le contenant (architecture, comme structure) devient le contenu.

    4. l’architecture comme un cadre d’élaboration de la pensée informatique a été bien documentée

      l’architecture s’entend ainsi comme cadre épistémologique, une condition du réel permettant le cheminement de la pensée, son articulation, sa cristallisation.

    5. dispositif de réorganisation permanente du site par ses habitants

      c’est d'ailleurs la qualité du mobilier urbain que d’être appropriable par ses occupants (ex. déplacer une chaise dans une place publique, ne serait-ce que de quelques centimètres ou en la tournant de quelques degrés: par ce simple geste, on se l'approprie, même si c'est un bien commun; contrairement à un banc fixé dans le béton, la chaise déplaçable permet d'assouplir (soft-en) l’environnement urbain pour qu’il puisse être plié aux usages)

    6. Ainsi, par le recours aux outils informatiques, la pratique architecturale se voit coupée en deux (opérant par là le renversement d’un paradigme accepté par la discipline depuis Alberti) : une partie hard dont l’architecture est responsable, et une partie soft rendue aux habitants

      dualité du régime de vie du projet architectural: la partie hard, la structure, celle dessinée par les architectes, et la partie soft – dynamique, imprévisible, dont s’empare les citoyens.

    7. pas forcément rationalisables

      la nature dynamique du phénomène numérique le rend justement non cristallisable; son actualisation permanente (donc toujours virtuel, jamais tout à fait actuel) en fait un structure «pas forcément rationalisable»

    1. Intrinsèquement conservateur, l’espace public s’est converti en une scène strictement répétitive.

      le formatage de l'espace public est une conséquence… de quoi? des médias eux-mêmes reconfiguré par le format publicitaire? la «commercialisation» de «tout ce qui bouge» (excusez l'exagération, mais ce n'est pas cynique)?

    2. le devenir-commun serait celui d’une vie sous influence

      puisque nos vies sont toutes conditionnées par les structures numériques: nous cherchons par Google, nous communiquons par Facebook Messenger/WhatsApp, nous (nous) mettons en scène par Instagram, lesquelles sont toutes des plateformes qui reposent sur l'excellence de l'influence (régime publicitaire).

      les revenus découlent de la «santé» des médias publicitaires: plus ceux-ci fonctionnent bien (ils nous ciblent avec précision, donc nous influencent davantage: nous les voyons plus fréquemment, nous nous arrêtons sur elles plus longtemps, nous cliquons plus souvent), plus les revenus augmentent.

      le marché des «influenceurs» semble d'ailleurs en important essor depuis les dernières années (données nécessaires), mais va dans la même direction que le propos de Wormser.

    3. En dépit de l’accessibilité apparente, elle laisse, comme depuis toujours, la très grande majorité des humains sans recours face aux décisions prises dans les lieux de pouvoir dont ils dépendent.

      on a beau avoir «son» compte facebook ou instagram, on n'a pas le contrôle de l'aménagement de l'espace, par exemple de l'algorithme qui nous présente du contenu (sponsorisé ou non); c'est un espace foncièrement privé; l'architecture relève entièrement de l'entreprise privée, qui cherche à attraper notre attention le plus longtemps possible.

    4. elle rend difficile la fixation minimale d’une opinion argumentée qui donnerait prise à une critique

      je pense à tous ces «j’aime» sur facebook ou instagram – interactions sociales généralement vides, non critiques – on n'aime que pour agir de manière polissée, sans argumenter ou même discuter – précisément parce que la plateforme n'est pas propice au débat (disserter dans les commentaires d'instagram? merdique)

    5. Cependant, même en négligeant les barrières de langues et de styles culturels, l’unification du monde par l’information émiette toute personnalisation.

      c'est le danger de la centralisation: empêcher l'émancipation de toute identité individuelle (puisqu'il n'y a plus de place pour l'espace privé)

    6. Les échanges peer-to-peer accréditent l’idée que le monde est gouverné par les seuls intérêts privés – qu’il s’agisse de réseaux sociaux ou d’entreprises – au détriment des engagements d’ordre général.

      remarque intéressante en ce qui concerne la privatisation des espaces numériques

    1. se jouent entre la grande et la petite échelle, entre le monde et l’individu, entre le multiple et le singulier

      l'identité ne se pense qu'en rapport à une communauté, et une communauté est constituée d'individus

    2. multiples dimensions

      donc hautement virtuelles

    3. complexe de formes dynamiques

      contrairement à l'architecture traditionnellement figée, aux institutions de béton, on parle de communautés dynamiques à tout point de vue

    4. Pour la première fois, peut-être, nous pourrons concevoir, édifier et transformer nos villes non plus sur des moyennes statistiques et une quantification des besoins comme l’a fait l’urbanisme scientifique, ni sur l’idée abstraite et réductrice de l’homme universel imaginée par la seule tête d’un créateur de génie ou d’un petit groupe d’experts ou édiles et imposée à tous, le territoire compris — depuis l’Antiquité jusqu’aux Modernes — mais à partir de nos formes, nos pratiques, nos imaginaires, nos désirs les plus singuliers.

      par l'étude des relations, et non les simples «statistiques et une quantification des besoins comme l'a fait l'urbanisme»

    5. mais nous continuons à la penser comme avant et avec les mêmes outils. Or ce régime de la concentration s’éteint. Désormais, se superpose au réseau de nos rues et boulevards un réseau Monde connectant tous stocks, petits et grands, toutes les choses, globales et locales, tous les êtres, proches et lointains. Travail, savoir, commerce, loisirs… se nichent et se distribuent ici, ailleurs et partout par l’entremise de la toile. Tout a une forme singulière dans la conformation générale du réseau.

      penser les villes ou les espaces (numériques ou pas) par le paradigme du réseau – voire du graphe.

    1. une attitude qui consiste à ouvrir ce qui se présente comme figé dans sa structure pour pouvoir en donner des interprétations différentes

      le virtuel est donc l'éclatement des conceptualisations; une attitude qui examine la multiplicité des possibles avant la réalisation concrète.

    1. j’ai beau savoir que je ne sais rien de son algorithme de recherche

      en ce sens, nous sommes tous des petits Socrates devant le templum numérique

    1. Il n’y a pas de numérique, car il n’y a aucune essence derrière la multiplicité hétérogène des outils, plateformes, technologies, pratiques, dispositifs…

      «il n'y a plus de numérique» – tout démanteler pour conclure, comme on le ferait pour une pièce de théâtre, c'est presque dommage; mais cette publication n'est pas un article scientifique, elle ne produit aucune connaissance solide, que des lignes de fuite, des pistes de réflexion, des étincelles qui feront peut-être bourgeonner des fleurs non loin de là…

      cette manière provocatrice de Marcello de toujours tout nier, quelque peu brutale, invite justement à le contredire – le phénomène numérique existe, mais il n'est pas constitué comme une sphère, comme un Parthénon – il est éternellement fuyant, comme l'espace-temps de l'univers.

    1. S’asseoir sur une table est une première forme de détournement, non ? Ce n’est pas par hasard que c’était considéré comme un acte de rébellion il y a quelques décennies…

      en tant que témoin étudiant de ce genre de scène jouée par Marcello, je crois que cet acte s'est plutôt naturalisé – même si ce ne sont pas tous les profs qui s'assoient sur les tables, loin de là…

    2. la transparence fait partie de l’arsenal idéologique des États et des compagnies

      couteau à double tranchant qu'est la transparence, dont se servent à escient les géants informatiques (qui font ouvertement preuve de «transparence»), peut-être plus que les gouvernements

    3. Il y aurait une longue tradition philosophique pour créer un lien entre philosophes et informaticiens…

      à commencer par les cartésiens, voire même les géomètres romains…

    4. Je n’aime pas trop le personnage socratique (trop appliqué, trop sérieux souvent, trop arrogant dans sa quête questionnante), mais son fonds de commerce social reste l’ignorance.

      reconnaître sa propre ignorance est faire acte de philosophie, pour mieux cerner ses limites, voire pour mieux les repousser…

    5. philosophes — et d’informaticiens critiques

      voire de philosophes informaticiens… pourquoi ceux-ci se tournent-ils le dos?

    6. les philosophes, devons peut-être faire acte d’humilité devant les informaticiens

      Notre génération a un philosophe. Il n’est ni artiste, ni écrivain professionnel. Il est programmeur.

      — Lawrence Lessig, Introduction à Free Software, Free Society: The Selected Essays of Richard M. Stallman

    7. Au lieu de « Que nul n’entre s’il n’est géomètre » , « Que nul n’entre s’il n’est codeur ».

      excellent slogan pour l'école d'architecture (numérique) du XXI siècle!

    1. pour donner une impression de sécurité par vérifications multiples, on ralentit sciemment le rendu du processus électronique…

      c'est ne pas être honnête envers l'usager que de lui dissimuler la rapidité du processus, entretenir l'illusion, continuer à l'infantiliser…

      la diligence est une qualité, mais les institutions font quand même exprès de prendre des apparences protocolaires, avec un certain rythme qui leur incombe…

    2. architecture est un concept large, peut-être que design serait restrictif

      le design comprendrait l'architecture, selon Stéphane Vial…

    1. Peut-être, au lieu que d’espace numérique, nous devrions parler d’architectures numériques, en donnant au mot « architecture » une signification à la fois spatiale et temporelle. Le nuage est une architecture, l’infrastructure d’Internet est une architecture, et l’ensemble d’algorithmes, données, plateformes et câbles est une architecture.
    2. et les enjeux géopolitiques qui s’ensuivent sont une question de temps

      tout comme ce fut le cas pour des territoires qu'on se dispute soudainement pour des ressources naturelles!

    3. Attention à la couche d’ozone numérique…

      cette envolée poétique est lourde de sens!

    4. c’est l’angoisse de la température

      à la limite, on parle carrément du phénomène – pas d'analogie à faire! :)

    5. effet d’immédiateté et dématérialisation

      cela correspondrait-il à la «virtualisation»?

    6. météorologie numérique

      sachant que les infrastructures sont bien matérielles – centres de données, câbles sous-marins – une catastrophe naturelle pourrait parfaitement entraîner des «pannes» de l'espace numérique, comme c'est le cas dans plusieurs pays après un typhon ou un tremblement de terre – transfert de la météorologie naturelle vers la météorologie numérique…

    7. et on peut ainsi éviter de s’inquiéter, par exemple

      au contraire, dans l'imaginaire social, je remarque qu'on se méfie de plus en plus «du cloud» (sans pour autant être proactif…) – l'exemple des photos leakées est probablement celui qui circule le plus.

    8. J’ai fait cette parenthèse car il me semble que le discours commercial utilise cette métaphore pour faire croire aux usagers qu’il n’y a pas d’enjeux politiques liés à la structure de l’espace numérique

      en effet, les (infra)structures (numériques) sont sujettes à d'importants enjeux politiques en ce qui concerne leur souveraineté – ce n'est sans doute qu'une question de temps, comme pour l'Arctique ou d'autres territoires soudainement disputés pour leurs ressources naturelles.

    9. discours

      la pensée critique est productrice d'espace public… (MVR dans une chronique précédente)

    10. Cette dynamique stigmergique est ce à quoi je faisais référence en évoquant la notion des « conjonctures médiatrices », que j’ai développée avec Jean-Marc Larrue.
    11. Je suis parfaitement d’accord sur cette idée. Le fait que le numérique est un espace ne signifie pas que nous devons en comprendre le fonctionnement pour ensuite déduire comment nos actions y sont déterminées, mais plutôt que nous devons nous demander comment nous occupons aujourd’hui ce qui, suite à notre occupation, devient l’espace numérique.

      c'est une relation d'influence bidirectionnelle: l'utilisateur modifie la structure, qui en retour modifie l'utilisateur.

    12. comment occupons-nous ce qui va apparaître alors comme un espace ?

      l'espace (numérique) serait alors plus une phénoménologie qu'une ontologie, une entité comme telle.

    13. Arrêtons-nous-y : parler musicalement de l’espace est une façon de l’investir de temps (au pluriel), de l’aérer avec des rythmes, de changer (par accélération) la hauteur nombrée en durée rythmée.

      la musique comme métaphore de l'exploration de l'espace-temps

    14. J’appelle le numérique un espace car je peux réellement — et non métaphoriquement — agir dans cet espace.

      démonstration (simple, mais fonctionnelle) que le numérique est espace.

    15. Au début d’Eupalinos ou l’architecte, Valéry met aussi en relation musique et architecture en disant que ce sont les seuls deux arts qui « mettent l’homme dans l’homme » car ils créent un espace habitable.
    1. modifier moi-même — hacking, détournements, production du code

      si c'est un détournement, alors c'est une faille dans la clôture du système privé; mais si c'est simplement une possibilité, alors on a déniché de l'espace public…

    2. comprenant mieux — digital literacy

      cela semble insuffisant; il faudrait parler de digital competency, et de la possibilité d'exercer cette competency.

    3. quelle marge d’influence puis-je avoir dans la structuration de l’espace numérique

      la réponse à cette question déterminera probablement la nature de l'espace: si l'usager a une emprise significative, cet espace sera public; si ce n'est pas le cas, cet espace sera privé (pas privé pour lui, mais privé pour celui qui fixe les règles – comme la compagnie Apple).

    4. à une politique d’entreprise

      lorsque cette politique d'entreprise s'étend à un public extrêmement large, cela représente-t-il un nouveau gouvernement, lequel se surajoute à l'État en place (ex. la politique d'Apple s'ajoute à la politique de l'État américain)?

    5. tension entre le dispositif et notre pratique

      on pourrait dire: vous touchez à la limite de ce que permet le dispositif technique.

    6. Nous sommes en train de détourner un dispositif technique et ce dispositif même révèle le détournement en y résistant.

      résistance passive (technique, inconsciente), mais résistance tout de même!<br> amusant, vu de même!

    7. Est-ce que cela veut dire, comme tu le proposes, qu’il faudrait « négocier » collectivement les structures de l’espace numérique pour en faire un espace « public » ?

      nécessaire pour que le public puisse se l'approprier, condition nécessaire d’une réelle démocratisation de l'espace public numérique!

    8. mieux habiter notre monde

      c'est la mission de l'urbanisme – ou de design, selon la définition qu'en donne d'Alain Findeli:

      Le but du design est d’améliorer ou du moins de maintenir l’habitabilité du monde dans toutes ses dimensions.

    9. ontologie des relations

      liens et hyperliens<br> (vision du monde: les êtres sont des liens, cf. chronique précédente)

    1. J’ai toujours pensé que l’amour est une question de recherche de l’identité ; voilà donc pourquoi les adolescents donnent leur mot de passe à leurs amoureux…

      élément de l'identité numérique (et donc de l'intimité): le mot de passe…

    2. communs

      problème: confusion (ou illusion) que certains espaces privés sont si grands qu'ils nous apparaissent comme des communs (ex. un centre d'achats), mais on se rend vite compte que ce ne sont ni des communs, ni d'authentiques espaces publics…

    3. La privatisation de l’espace public

      formule qui s’auto-expire (un espace public privatisé n’est justement plus… public)

    1. valeurs de sa production

      marxisme 2.0…

    2. C’est nous qui devrions nous occuper de remplir l’espace numérique avec des éditions bien choisies

      pour un web bottom-up!

    3. l’expression de valeurs sociales

      et l'hygiène numérique?

      bon nombre de personnes s’en lavent les mains, croyant faussement à une «bonne» hygiène numérique sans savoir de quoi il en retourne, sans comprendre le phénomène numérique (ex. utiliser Facebook/Instagram/Google tous les jours – bon nombre d'utilisateurs croient qu'une «bonne hygiène» consiste à ne pas rendre «public» des photos ou des statuts personnels, alors que Facebook est tout aussi content, puisqu'il aspire toujours (plus!) de données personnelles – le vrai problème!)

    4. le site le plus linké est le plus pertinent, classement basé par ailleurs sur le citation index, à savoir un système de « méritocratie » universitaire à l’américaine

      survivances de la méritocratie dans le registre numérique, dans les écosystèmes «en ligne»

    5. propriétés privées

      la vocation de GitHub est pourtant en partie commerciale, ce qui n’est pas le cas de Wikipédia…

      d'ailleurs, ce sont tous des espaces «privés» (les serveurs de wikipédia appartiennent à la fondation de l'organisation-mère, ou sont loués chez des fournisseurs…) ce sont donc tous des espaces privés, au sens strict.

    1. En Italie, on est habitué à penser que défier les lois est un bien, mais pas en France, par exemple.

      le hacking, question de culture<br> (acceptée en Italie, moins en France)

    2. je crois que l’opportunité de résistance, dans l’espace numérique, réside dans des pratiques collectives de détournement

      le web, fondamentalement pénétré d'une culture anarchiste qui reconfigure l'autorité — hélas, le web d'aujourd'hui s’est mal démocratisé, aux mains des grands oligarques… — consiste en un espace d’échange de capital symbolique, profondément anti-capitaliste (cf. Antonio Casilli).

    3. italianiser l’administration numérique ?

      «italianiser l’espace numérique»

      entendre: hacker le monde.

    4. hacher (mon correcteur automatique a ainsi reformulé le terme « hacker », avec raison

      Via Antidote:

      Etymology<br> From hack and -⁠er; from Old English haccian, ‘to hack’, with influence of Anglo-Norman haker, ‘to chop up’.

      donc bel et bien «hacher»!!!

    5. Dans l’espace numérique, on est toujours appelé à être des hackers : comprendre le code et le détourner — pas nécessairement de façon très technique : la création d’un profil littéraire fictif sur Facebook est une forme d’hacking. Mais cela implique un vrai digital divide, qui n’est pas celui entre les pays pauvres et les pays riches, mais celui entre ceux qui possèdent une digital literacy et ceux qui n’en possèdent pas.

      le hacker, c’est celui qui cherche à comprendre le monde dans ses moindres détails; celui qui cherche à craquer les codes du monde, grâces à ses connaissances et compétences techniques (digital literacy).

    6. je me suis donc mis dans la peau de Cro-Magnon qui produit des traces.

      belle image: l'humain lambda est un cro-magnon pour les ordinateurs du XXIe siècle (cf. A Short History of Progress Ronald Wright: nos corps (hardware) datent de 500 000 ans, mais nous roulons du software du XXI siècle dessus)

    7. vous êtes produits par la plateforme

      remarque importante: les structures numériques (algorithmes, interfaces, design global) nous façonnent, nous transforment.

      Les lieux ne sont pas neutres, leurs structures ne sont pas dépourvues d’effet, sont souvent manipulatrices à dessein.

    8. Futura du Bauhaus que Ikea

      malheureusement Ikea est passée en Verdana pour toutes ses nouvelles productions (pour éviter de payer les licences de Futura, tous les ordinateurs commerciaux étant dotés par défaut du Verdana…)

    1. il sait nous captiver en s’adressant à nous

      piège à mouches!

    2. médiations (à commencer par les algorithmes secrets des moteurs de recherche)

      pierre de touche des environnements numériques (la plupart du temps privatisés, qui orientent nos activités à leurs fins – en nous proposant d’autre contenu pour nous appâter et nous faire rester plus longtemps – pensons au scroll infini sur facebook ou twitter…)

    3. accessibilité

      concept qui prend la une dimension proprement numérique

      le terme «découvrabilité», depuis récemment à la mode, n’est qu’une manière faible de nommer l’accessibilité

    4. tout circule sans besoin d’être montré

      l’espace numérique s’auto-expose; s’auto-publicise (s’auto rend public)

    5. multipliable

      caractéristique numérique

    6. le numérique n’invente peut-être rien de nouveau, mais il combine de façon assez inédite des traditions préexistantes

      qu'est-ce qu'il y a de nouveau avec le numérique (car il y a certainement quelque chose de nouveau, ce n'est pas un simple déplacement/transposition dans un registre numérique)

    7. on critique le numérique en disant qu’il est désorganisé

      désorganisé?

      chaos ou nouvel ordre?

    1. profiteur

      profite du vocabulaire de Robert (prolixe, nitescence)

      image du «bien-écrire»

    2. poffe

      mélange des niveaux de langage (prolixe, nitescence, poffe)

      dans la novella

    3. poètes

      n'écrivait pas comme eux, s'est retiré; voire exclu.

      Ne fait pas partie du cercle des poètes.

    4. jetées

      pas de travail original, signé; tout va aux poubelles.

      Robert est dépossédé de son œuvre.

    5. poubelles

      la matière est produite en énorme quantité

      demeure dans le premier jet; il n'y a pas de travail de pensée sur ce qui est fait

      Robert fait de l'écriture, une écriture mécanique et automatique, irréfléchie

    6. copiste

      n'a rien d'original; recopie tout, archive tout

    7. Avec des plumes d’oiseau qu’il cueillait au bord de la rivière Magog et qu’il taillait en biseau

      La littérature peut se pratiquer avec les moyens du bord, avec des matériaux de fortune.

      C'est un art extrêmement démocratique, où chacun peut être l'artisan de son propre art (fabriquer ses propres outils, produire son propre texte)

  3. Mar 2020
    1. À cet égard, il est absurde de fonder le droit d’usage des données sur le seul consentement individuel de chacun.

      Puisque le citoyen moyen n'a justement pas les moyens de prendre une décision éclairée, il faut remettre l'enjeu du côté décisionnel collectif.

    2. renvoyer aux individus le fardeau de répondre à des enjeux qui concernent la collectivité

      le fardeau est en effet toujours pelleté dans la cour de l'utilisateur, le plus souvent vulnérable et incapable de saisir les enjeux qui se présentent à lui.

      Le citoyen lambda n'ayant ni le temps ni les ressources cognitives à consacrer à ce genre de question, il faut encadrer le phénomène de manière bienveillante à un niveau global (celui des décisions publiques, gouvernementales).

    1. pouvoirs publics

      alors que les environnements numériques sont eux-même extrêmement privatisés, et en raison de la complexité de la question juridique dans un contexte de frontières éclatées, quels sont ces pouvoirs publics et sont-ils vraiment réels?

    2. Le cyber-adultère en est un exemple car il permet une expression des fantasmes voire d'une liaison numérique sans que celle-ci ne remette en cause la vie réelle, ce qui justifie la nouvelle expression: vie relationnelle multiple assistée par ordinateur.

      caractéristique du phénomène numérique

    1. la lignée des femmes écrivaines

      Échos dans la première nouvelle:

      n’importe quoi sauf sur les chemins pavés par deux suicidées (p. 11)

    2. à leur place de mère et d’épouse

      Je trouve que cette «place des femmes» se cristallise particulièrement bien dans la Liste des raisons pour lesquelles tu devrais m’aimer (p. 53-55) dans laquelle l’auteure égrène ce qui ressemble à la conjecture de la femme idéale de Despentes (qui n’existe nulle part).

      Les qualités de la bonne mère de famille femme au foyer sont dessinées à gros traits («j’aime tous les enfants», «je recycle tout ce que je peux recycler», «je sais coudre les boutons et les ourlets», «je fais un potage par semaine, chaque semaine différent», etc.) sans parler de l’asservissement sexuel centré sur l’homme, toujours pour lui plaire à lui.

    3. Répétition

      La répétition est employée à quelques reprises dans la première nouvelle. Elle accentue la vacuité de ce qui est décrit:

      Ça se passe au-delà des rires, au-delà de la communion avec leur cellulaire qu’elles vérifient aux vingt secondes comme pour dire : <mark>regardez</mark>, <mark>regardez</mark>-moi avoir une vie, les gens veulent me parler, communiquer avec moi, <mark>regardez<mark>, <mark>regardez</mark> comme je suis en demande, combien on me veut. (p. 11)

      Et ici:

      <mark>Moi aussi</mark>, comme elles, j’ai un iPod où je fais tourner les mêmes chansons, <mark>moi aussi</mark>, j’ai du vernis kaki sur les ongles et une full belle parka vintage, <mark>moi aussi</mark>, <mark>moi aussi</mark>, <mark>moi aussi</mark>, et bientôt, peut-être, je sortirai de mon ADN l’envie de crever, je l’extirperai au pied-de-biche, je sortirai tout ce que de Sylvia et de Nelly a coulé dans mon sang, je la laisserai à d’autres, leur noirceur qui m’habille, leur noirceur d’amour. (p. 13)

      Il me semble qu’il y a un parallèle à faire avec l’idée des filles en série (par le «moi aussi», voire par l’ADN).

  4. Jan 2020
    1. nouvel humanisme citoyen

      D'où la nécessité d'une « Renaissance » quant à l'urbanisme numérique, dans une culture démocratique promouvant l'accès aux espaces, la maîtrise des outils, la décentralisation de l'économie, l'implication de tous les acteurs dans un projet bienveillant et transparent.

    2. Le premier article de Tewfik Hammoudi démontre que les définitions traditionnelles du phénomène urbain, en tant que concentration de biens, de savoirs et de pouvoirs, sont largement remises en question.

      Ce qu'on peut très pertinemment appliquer aux espaces numériques massivement privatisés (crise de l'espace numérique)

    3. Que signifie la notion de citoyen contributeur ?

      Design participatif

    4. le numérique permet l’optimisation des flux et des ressources, rassemble des compétences, orchestre le dialogue et les échanges. Lien entre les différentes composantes de la ville, le numérique crée désormais des ponts entre les environnements tangibles et virtuels. Dès lors, cette ville « augmentée » rythmée par les connexions et la mobilité, offre de nouvelles opportunités pour le design dans la conception de services et la création de nouvelles expériences pour les citadins.

      esquisse du rôle du numérique dans la nos manières de penser l'urbanisme

    1. Davidson appelle « action tout ce qu’un agent fait intentionnellement » (1982, p.5). Searle note qu’« il n’y a pas d’action sans intention » (1985, p. 105).

      importance de l'intention (corpus philosophique à l'appui)

    2. Dans ces cas, les raisons d’agir rendent un service inestimable en révélant pourquoi des opérations de conception ont été entreprises.
    3. Le parallélisme entre les deux formules (1) et (2) suggère de rapprocher échelles E et raisons d’agir R du concepteur. Démontrer l’équivalence des échelles et des raisons d’agir revient à établir E  ⊂  R et R  ⊂  E.

      implication biconditionnelle entre l’échelle et la raison d’agir

    4. cet article s’interroge sur le cœur ou « part commune » des activités de conception. Celle-ci suggère tout à la fois l’unité des sciences de la conception et l’approche internaliste des processus de conception
  5. Dec 2019
    1. La loi ne vise donc pas à interdire l’accès à ces postes pour les chrétiens, les juifs, les musulmans.

      Il manque des prémisses à cette conclusion.

      Bien sûr, la loi ne vise pas directement à interdire l’accès aux postes pour les chrétiens, les juifs, les musulmans (mais dans les faits, c'est un peu ce qui arrive, visé ou non).<br> Voyons comment on y arriverait.

      Décortiquons l'argument :

      1. La loi interdit le port des signes religieux au travail.
      2. Les principales religions au Québec n’obligent pas le port de signes religieux au travail.
      3. Si la religion oblige une personne de porter un signe religieux, cette personne n'a pas accès au travail (<mark>IMPLICATION</mark>).
      4. Les principales religions au Québec n’obligent pas le port de signes religieux (l’implication demeure vraie).
      5. La loi n’empêche pas l’accès au travail aux personnes religieuses (conclusion à examiner).
    2. les religions qui empêchent leurs fidèles d’enlever leurs signes religieux

      Dérive suspecte

      Il y a peut-être un glissement ici : on parle d'abord du port des signes religieux (exprimé positivement) et maintenant d’empêcher d'enlever des signes religieux (exprimé négativement).

    3. Ce n’est pas l’islam qui empêche les musulmanes d’enlever leur voile au travail.
      1. Si la constitution canadienne protège les religions, il faut respecter ce que disent les religions.
      2. Si c'est écrit noir sur blanc dans un texte sacré, c'est ce que dit la religion.
      3. La constitution canadienne protège les religions (et ce que disent les religions).
      4. Il n'existe aucun énoncé religieux noir sur blanc qui empêche de porter un signe religieux au travail.
      5. Aussi : il n'existe aucun énoncé religieux noir sur blanc qui empêche de louer un appartement à un homosexuel.

      Énoncés atomiques :

      • C : La constitution canadienne
      • P : Protéger les religions
      • S : Ce que dit un texte sacré
      • E : Empêcher d'enlever un signe religieux au travail
    4. musulmans rigoristes

      Rigoriste?

      J'ignore si le mot sert mal le propos de R. Martineau, mais « rigoriste » qualifie bien quelqu’un qui a un attachement « très strict aux règles morales et religieuses » (donc, en toute conformité avec ce que les religions disent).

      Martineau laisse croire qu’une « conception rigide » est une « conception erronée » – pas nécessairement! On peut avoir une conception très « rigide » mais rigoureusement vraie; on peut aussi avoir une conception complètement spéculative – est-ce le cas des personnes religieuses qui défendent leur droit de religion face à la loi 21?

    5. il ne peut invoquer la liberté de religion pour avoir le droit de refuser un appartement à un gai

      Argument par l'absurde

      Avec un argument par l'absurde, on peut dire n'importe quoi après avoir dit quelque chose d'absurde.

      Refuser l'appartement à un homosexuel est effectivement absurde, puisqu'on doit évidemment louer l'appartement à un homosexuel. De cette contradiction, je peux dire n'importe quoi, comme dire que de ne pas employer une personne religieuse est absurde. Conclusion : il faut employer une personne ouvertement religieuse.

    6. conceptions crispées

      Là encore, il faudrait voir ce que l’expression « conception crispée » représente (rigoriste? fortement attachée aux règles d’une religion?)

    7. textes sacrés

      Lesquels sont justement sujets à interprétation – ce qui ne signifie pas un infini relativisme pour tout un chacun, mais que ce n’est justement pas toujours écrit noir sur blanc.

    8. HORS DE TOUT DOUTE

      C’est bien là le problème.<br> Martineau souhaite une réponse tranchée (comme les positions qu’il <s>défend</s> pitche dans l'espace public) mais les textes sacrés sont justement sujets à une interprétation (une compréhension des textes pas forcément consensuelle), d’où plusieurs branches au sein d’une même religion.

    9. Pourquoi la majorité des musulmanes pratiquantes ne portent pas le voile ? 

      Pourquoi la minorité?

      La question est rhétorique (puisqu'elle n'attend pas de réponse, drop the mic), comme si elle devait rester sans réponse (comme d'une évidence).

      Cela revient simplement à mettre le fardeau sur la minorité, qui doit se justifier de ne pas appartenir à la « majorité ».

      La défense des minorités représente justement le rôle essentiel du poivoir politique…

    10. végane extrémiste

      Parlons extrêmistes

      Le mot « extrémiste » (au lieu de « extrême », au bout du spectre) est assurément employé à des fins polémistes, en connotation avec le terrorisme et, accessoirement, l’islamisme (qui n’a rien à voir avec une défense correcte de l’islam, avec des pratiques violentes et proprement extrêmistes).

    1. Nous redécouvrirons le sens de l’histoire.

      Dans son ouvrage Non-lieux : Introduction à une anthropologie de la surmodernité, Augé affirme que les historiens « connaissent la suite ».

    2. elle prend du même coup une dimension utopique. Dans ce monde saturé d’images et de messages, il n’y a de sortie et d’espoir que du côté de l’utopie?: c’est ce que l’architecture a compris, à l’insu peut-être des architectes.

      L’architecture comme utopie (fragmentaire) : esthétique du reflet (fragments brillants éclatés), pour un monde idéal (qui n’existe pas encore).

    1. déliquescence.2

      En français, l’appel de notes s’insère avant la ponctuation (vous le faites à certains endroits, à d’autres non; li faudrait être cohérent(e)!)

      Si je fais des remarques aussi stupides, c’est parce que je dois éditer des centaines de textes mal typographiés – aussi bien le dire à mes camarades (qui publieront demain) dès aujourd’hui!

    1. .7

      C’est mineur, mais en français, l’appel de notes s’insère avant la ponctuation.

      (Si je fais chier avec des remarques aussi stupides, c’est parce que je dois traiter des centaines de textes mal typographiés – aussi bien le dire à mes camarades dès aujourd’hui!)

    2. ´

      Faites gaffe, vous avez tapé des « forward-tick » (l'équivalent de l'accent aigu, sans la lettre en-dessous) partout au lieu de l’apostrophe!

      Je vous enjoins rapidement de trouver le bon caractère (l’apostrophe) sur votre clavier!

    1. la littérature et la philosophie comme sources de vie

      En pleine contradiction avec votre conclusion!

      Vous concluez que l'intérêt pour la philo et la littérature naît de l'amour pour la vie, alors que vous titrez que la philo et la littérature sont des « sources de vie »!

      Autrement dit :<br> dans le titre, la vie a deux sources, soit la littérature et la philosophie;<br> dans la conclusion, la littérature et la philosophie ont comme source l'amour pour la vie!

    2. son intérêt pour la philosophie et son intérêt pour la littérature naissent du même amour inépuisable qu’elle a pour la vie.

      L'argument mériterait d'être appuyé!

      Schématiquement, ça donne ça :

      1. (prémisse) amour pour la vie
      2. → (donc) intérêt pour la philo + intérêt pour la littérature

      Logiquement :

      • V : amour pour la Vie
      • P : amour pour la Philosophie
      • L : amour pour la Littérature
      V → (P & L) (hypothèse)
      V. (prémisse)
      ---
      P & L (conclusion)
      

      Certes, Beauvoir mentionne à plusieurs moments des triades concernant notamm. l'écriture, l'amour et la vie, mais cette conclusion me paraît vraiment hâtive!

    3. Selon Sylvie Le Bon De Beauvoir,

      il manquerait une virgule!

    4. »6

      En français, on insère normalement l'appel de notes avant la ponctuation (vous le faites plus tôt; il s'agirait simplement d'être cohérente! 😉)

    5. Elle est libre de choisir son avenir, de devenir une intellectuelle

      Oui et non! Je ne pense pas qu'elle était si « libre » que vous le laissez entendre – d'autant plus que la mère de Beauvoir était beaucoup moins coopérative que le père, sans compter le contexte social dans lequel elle se situait!

    6. mariage arrangé

      Un « mariage arrangé », vraiment?

      Certes, les femmes se marient vite et tôt, mais je confronterais cette réalité avec celle des « vrais » mariages arrangés (par exemple, d'adolescentes de 14 ans avec un homme plus âgé qu'elles n'ont jamais vu, choisi par les parents…)

    1. Si les divinités sont vides et fumeuses, c’est que la philosophie l’est aussi

      Drôle d'argument (implication logique) :

      Si les divinités sont vides et fumeuses, alors la philosophie l'est aussi.

      A → B (hypothèse)
      A. (prémisse)
      ---
      B. (conclusion)
      

      Drôle d'hypothèse!

    2. oe

      C'est mineur, mais ce genre de caractère mérite une ligature (œ).

      Sur un Mac, c'est option + q. Sur windows, bah tu peux copier-coller avec ce cheatsheet utile.

    3. comedie

      comédie

    4. coincé dans des fantasmes

      Curieuse expression!

    5. compte

      les apparences qui comptent ;)

    6. Il y a une critique de la culture contemporaine car elle corrompt les jeunes et le peuple,

      car qui corrompt les jeunes – la critique ou la culture? (ambiguïté syntaxique, même si le lecteur comprendra)

    7. nouveauté

      nouveautés (lesquelles?)

    1. scindé

      qui s’est scindée? => la rationalité!

    2. c’est

      faute : s’est

    3. à outrance

      Ça va loin ton affaire… est-ce si « outrant » que Platon aie tant recours à des mythes?

    4. et le fait que sa structure interne l’oblige à parler d’éléments contingents

      j'imagine que c'est ça, le « deuxième défaut majeur »?

      Il devrait être introduit avec la même structure que le premier!

    5. s

      « s » fautif

    6. qui semble a priori fausse, vraisemblable

      fausse et vraisemblable ne sont pas synonymes! Il manquerait un marqueur de liaison ou un connecteur logique (ex. « fausse, bien que vraisemblable »)

    7. SOCRATE. -

      Toute cette section rapportée mériterait d'être sous forme de « blockquote » (bloc de citation), laquelle se traduit généralement par une mise en retrait.

    8. logos

      À la limite, dialectique serait plus approprié (le logos est un aspect du discours)

    9. [1].

      Ce n'est pas ainsi que l'on fait les citations!

      D'abord, il faudrait citer sémantiquement avec la clef (ex. @brisson_1982) et non simplement recopier du texte en note de bas de page – mais les tutoriels de Marcello ne sont pas clairs 🙃

      Ensuite, pour appeler une note de bas de page, la syntaxe est la suivante (avec le ^):

      [^1]
      
      ...
      
      [^1]: Ma note de bas de page
      
    1. Ainsi, la philosophie est représentée comme une pensée figée, unificatrice et abstraite (elle ne construit pas), alors que la littérature saisit la vie, est pensée mouvante, potentielle, infinie - elle fait quelque chose

      Ce paragraphe a la qualité d'être très clair et très agréable à lire!

    2. saisir la sensibilité et la vie, là où la philosophie n’a nul pouvoir

      « nul pouvoir » : ça me paraît fort comme conclusion finale, mais c'est probablement juste!

      (la philosophie, prétendue reine de toutes les disciplines, serait attristée d'apprendre qu'il est un lieu où elle n'a aucun pouvoir… snif)

    3. Gravures au burin, 1961, par C.P. Josso

      Magnifique!

      Chapeau pour les images!

    1. l’imaginaire, en littérature, a le pouvoir de construire le réel, et c’est cela qui constitue la plus grande qualité de l’écriture qui, en répondant à sa propre logique matérielle et non à des idées abstraites extérieures à elle-même, se dote d’un pouvoir créateur.

      Je trouve ce passage très juste, et dont le propos est très pertinent!

    2. constructiviste

      Coïncidence : je parle de philosophie constructiviste chez Beauvoir.

    1. L’union entre les arts

      Aahhh là tu parles :)

    2. non-exempte

      Le trait d'union s'insère entre deux termes d'un nom; dans le cas d'une fonction d'adjectif, on ne mettrait pas de trait d'union.

    3. ».6

      Remarque typographique mineure : en français, on place normalement (par convention) l'appel de note avant le point.

    4. C’est possible, on peut en douter, c’est dogmatique.

      Je trouve ta façon de faire de la philosophie peu rigoureuse.

      « Possible, dogmatique »?

      WTF? As-tu quelque chose pour appuyer l'introduction d'une telle contradiction?

    5. Cela implique une volonté d’atteindre l’absolu.

      Là encore, le saut logique de l'hypothèse à la conclusion est vertigineux!

    6. qui oblige à la philosophie

      Drôle d'argument! Arriver à une telle conclusion me paraît syllogistiquement ambitieux (voire douteux).

    7. du Le cimetière marin

      Dans de telles situations, je crois qu'on peut enlever le déterminant original, ce qui devient : « du Cimetière marin »

    8. On peut se figurer que Socrate n’employait pas de style dans son discours, d’esthétique.

      Ah ouais?

    9. voir

      voire?

    10. l’antipode de l’entreprise symboliste, qui revendique et légitimise l’inverse de ce paradigme

      Selon qui? Selon le symbolisme? Qui donc revendique ce genre de chose et peut parler au nom du symbolisme?

    11. « les modalités du dialogue artistique dans la période de Mallarmé et Debussy [qui] visaient à maintenir l’indépendance entre poésie et musique »1

      Il manque un point à la phrase.

      Aussi, la référence pourrait être citée directement (sans note de bas de page)

    12. C’est un motif très répandu parmi le symbolisme de s’élever au-dessus des masses.

      Cette formulation est problématique :

      parmi le symbolisme

      non, plutôt : « parmi les symbolistes »

    1. j’entrais dans le grand circuit humain où, pensais-je, chacun est utile à tous
    2. En écrivant une œuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence.

      Ce passage revient à nouveau! (p. 187)

    3. En écrivant une œuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence.

      L'existentialisme de Beauvoir, par la littérature, tout crachée!

    4. je refusais farouchement la vie qui attendait la future Mme Laiguillon

      Intertexte contemporain : Surtout, ne l’appelez pas Mme Duvernay-Tardif (Florence Dubé-Morneau, conjointe d’un joueur de football très populaire).

    5. conciliait tout

      Satisfaction d'atteindre une globalité, une compatibilité universelle.

      (Son alliance avec Sartre est d'ailleurs une autre manifestation de sa « conciliation » : partager la vie d'un homme en préservant toute l'émancipation sexuelle, en-dehors de l'institution religieuse et dogmatique du mariage).

    6. j’acceptais mon « incarnation » mais je ne voulais pas renoncer à l’universel

      Dualité entre particulier (Beauvoir accepte son « incarnation particulière », voire singulière – c'est un euphémisme!) et universel.

    7. je récusais les vérités qui ne reflétaient pas un absolu. Je ne voulais céder qu’à la nécessité

      L'idée d'absolu et de nécessité guident le projet littéraire de Beauvoir (qui écrit par nécessité, pour donner une valeur, un sens à son existence; il y a un étroit rapport, voire une fusion entre sa vie et son écriture).

      Ce passage n'a pu qu'être écrit rétrospectivement!

    8. C’est que je venais de faire une cuisante découverte : cette belle histoire qui était ma vie, elle devenait fausse au fur et à mesure que je me la racontais.

      Le passage est en écho à celui-ci (p. 222) :

      Ma vie serait une belle histoire qui <mark>deviendrait vraie au fur et à mesure que je me la raconterais</mark>.

      Oups! Beauvoir se rend compte (avec lucidité, en rétrospective) de la fiction qu’elle écrivait!

    9. Mystère et mensonge des journaux intimes

      Beauvoir écrit un roman autobiographique, censé refléter sa fidèlement sa vie (écriture et vie réelle débordent sans cesse l’un sur l’autre).

      Beauvoir ayant consigné beaucoup de carnets de jeunesse, on pourrait penser que ceux-ci préfiguraient à l’écriture des Mémoires (autobiographiques); or, « ces journaux intimes ne disent pas tous la vérité<sup>1</sup>! »


      1. Golay, Annabelle Martin. Beauvoir intime et politique: La fabrique des Mémoires. Presses Universitaires du Septentrion, 2017, p. 141.
    10. ce genre d’argument

      Mentionner le nom d’une autorité = argument d’autorité… 😉

    11. Je me rêvais l’absolu fondement de moi-même et ma propre apothéose.

      Phrase très forte qui traduit le désir d’émancipation, d’autonomisation (« devenir sa propre cause et sa propre fin », p. 187), voire d’autofondation (ce qui n’est pas sans avoir des références philosophiques très importantes).

    12. J’avais toujours préféré la réalité aux mirages

      Affinité de Beauvoir pour la vérité (« réalité ») par opposition aux mirages, à l’illusion (à la fiction? quel rapport à la littérature dans ce cas? est-ce que la littérature chez Beauvoir, sans refuser la fiction, doit d’abord se subordonner à la réalité? le roman autobiographique en serait un exemple assez tangible…)

    13. vivre, écrire et être heureuse

      Encore une triade chez Beauvoir, dans laquelle l’écriture (« écrire ») se loge.

    14. Je découvris que j’avais une démarche, une voix : c’était nouveau.

      Beauvoir relève sa propre singularité.

    15. sur ce point son attitude différait à peine de celle de mon père

      Beauvoir contre le regard des hommes (y compris celui de son père)

    16. Mais le fait est que je gardais une idée quasi religieuse de ce que j’appelais « ma destinée ».

      Toujours ce vocabulaire pénétré de religion, auquel Beauvoir mêle fluidement la question de sa vocation (« sa destinée »).

    17. Il me répéta que notre société ne respecte que les femmes mariées.

      Trace forte de l’imaginaire social de l’époque.

    18. j’étais acceptée par son clan

      L’acceptation sociale (notamment par des hommes, et a fortiori par des hommes érudits) est importante pour Beauvoir.

    1. comme elle l’avait toujours voulu
    2. a révolutionné le social par l’intime

      Beauvoir cherche à universaliser son expérience personnelle : elle affirme haut et fort sa singularité, pour pouvoir tenir un discours qui parle à tous.

    3. oeuvre utile

      L’implication philosophique de Beauvoir n’était pas simplement une théorie, mais bien une pratique, qui plus est utile (entraînant la révolution).

    4. Écrivant aussi pour se comprendre et pour arriver à une universalité concrète

      Écrire pour se comprendre.

      Fin : l’universalité (« concrète »)