17 Matching Annotations
  1. Dec 2019
    1. En écrivant une œuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence.

      Ce passage revient à nouveau! (p. 187)

    2. En écrivant une œuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence.

      L'existentialisme de Beauvoir, par la littérature, tout crachée!

    3. je récusais les vérités qui ne reflétaient pas un absolu. Je ne voulais céder qu’à la nécessité

      L'idée d'absolu et de nécessité guident le projet littéraire de Beauvoir (qui écrit par nécessité, pour donner une valeur, un sens à son existence; il y a un étroit rapport, voire une fusion entre sa vie et son écriture).

      Ce passage n'a pu qu'être écrit rétrospectivement!

    4. L’œuvre d’art, l’œuvre littéraire était à ses yeux une fin absolue ; elle portait en soi sa raison d’être

      Existentialisme de l’œuvre d’art (notamment littéraire), d’où une certaine nécessité de l’art (comme source de vérité, comme révélation).

      C’est aussi, paradoxalement, quelque chose de fini (c’est la « fin absolue »); le constat est surtout paradoxal lorsque confronté à son pendant religieux (la fin ultime comme Dieu). La connotation est aussi théologique que philosophique.

    5. la contingence n’était pas une notion abstraite, mais une dimension réelle du monde : il fallait utiliser toutes les ressources de l’art pour rendre sensible au cœur cette secrète « faiblesse » qu’il apercevait dans l’homme et dans les choses

      Sartre, contrairement à d’autres philosophes (qui refusent la contingence par opposition à la nécessité), s’intéresse aux potentialités de ce qui est contingent (caractéristique essentielle de l’art), et notamment pour « rendre sensible » (Hume prêchait en ce sens avec la sympathie).

    6. Il aimait autant Stendhal que Spinoza et se refusait à séparer la philosophie de la littérature.

      Sartre considérait conjointement la littérature et la philosophie.

  2. Nov 2019
    1. je m’embrouillais dans ces contradictions.

      littérature permet d'exprimer des contradictions que la philosophie ne peut raisonner

    2. Aujourd’hui seulement, je recompose son histoire avec un peu de cohérence.

      donner sens

    3. Jacques venait nous voir moins souvent qu’autrefois ; mes parents ne lui pardonnaient pas ses goûts littéraires et sans doute était-il agacé par leurs railleries
    4. Au fond, je pensais que la vérité d’une sonate était sur la portée, immuable, éternelle, comme celle de Macbeth dans le livre imprimé. Créer, c’était une autre affaire. J’admirais qu’on fît surgir dans le monde quelque chose de réel et de neuf. Je ne pouvais m’y essayer qu’en un seul domaine : la littérature.
    5. entre moi et les âmes sœurs qui existaient quelque part, hors d’atteinte, ils créaient une sorte de communion

      Beauvoir témoigne d’un dialogisme par la littérature.

      Souvent seule dans ses lectures, elle trouve une résonance discursive à travers la littérature (avec d’autres « âmes sœurs »).

    6. Je m’abîmai dans la lecture comme autrefois dans la prière. La littérature prit dans mon existence la place qu’y avait occupée la religion : elle l’envahit tout entière, et la transfigura. Les livres que j’aimais devinrent une Bible où je puisais des conseils et des secours ; j’en copiai de longs extraits ; j’appris par cœur de nouveaux cantiques et de nouvelles litanies, des psaumes, des proverbes, des prophéties et je sanctifiai toutes les circonstances de ma vie en me récitant ces textes sacrés. Mes émotions, mes larmes, mes espoirs n’en étaient pas moins sincères ; les mots et les cadences, les vers, les versets ne me servaient pas à feindre : mais ils sauvaient du silence toutes ces intimes aventures dont je ne pouvais parler à personne ; entre moi et les âmes sœurs qui existaient quelque part, hors d’atteinte, ils créaient une sorte de communion ; au lieu de vivre ma petite histoire particulière, je participais à une grande épopée spirituelle. Pendant des mois je me nourris de littérature : mais c’était alors la seule réalité à laquelle il me fût possible d’accéder.

      Dans ce passage, c'est la lecture et la littérature qui sauvent Beauvoir.

      Le rôle « spirituel » et « total » de la religion est remplacé par la littérature.

      La métaphore religieuse est employée partout pour rendre compte d'une correspondance entre littérature et religion.

      « Réalité » : la littérature est une forme du « réel » pour Beauvoir; elle comporte une forme d'accès au réel, voire d’accès à la connaissance (fonction épistémologique).

    1. p. 124 :

      Peut-être les dieux ne me refuseraient-ils pas de trouver une image équivalente, mais mon récit serait <mark>contaminé de littérature, d’erreur</mark>. Par ailleurs, le <mark>problème central est insoluble : l’énumération, même partielle, d’un ensemble infini</mark>.

      La littérature fait peut–être erreur en ce qu’elle s’intéresse à des choses particulières, par opposition au discours universel des mathématiques et de la philosophie.

      Le passage sera suivi un peu plus loin d’une énumération d’exemples complètement étranges, laissant entendre qu’on pourrait continuer ainsi à l’infini sans jamais épuiser les possibilités.

    1. Cette étendue de leurs pouvoirs est le triomphe même de ce mode de construire dont je te parlais.

      Le pouvoir est aux philosophes-architectes-poètes; ce pouvoir est total.

  3. Jun 2018
    1. Mais nous pouvons aussi occuper cet espace institutionnel avec des initiatives plus collectives – que l’on pense à ce qu’a fait dans ce domaine François Bon, avec remue.net d’abord et publie.net ensuite, que l’on pense encore au travail de Florence Trocmé avec Poézibao, ou à des collectifs comme Poème sale, ou à des initiatives universitaires comme le répertoire des œuvres hypermédiatiques réalisé par l’NT2.

      Les poissons-pilotes de la révolution numérique.

  4. Jun 2017
    1. Le numérique apparaît ici comme un nœud, un espace ouvert qui concentre et diffuse en même temps. En effet, le numérique, du blog au site, en passant par les réseaux sociaux, accueille et reçoit. Pour l’écriture du Général Instin, c’est un espace d’expérimentation qui repose sur un principe de mouvement et de prolifération. Un des effets les plus surprenant est peut-être la production d’un commun, non pas d’une communauté, même littéraire, mais la production d’un point de rencontre partagé ouvrant un dialogue artistique. C’est bien ce commun qui crée les interactions entre le réel et le virtuel (si l’on conserve encore un peu ces catégories et ces distinctions).

      articulation numérique/commun/espace

    2. Sans doute est-ce un trait caractéristique d’un contemporain littéraire qui s’invente dans l’imbrication des formes éditoriales, et non leur séparation.