312 Matching Annotations
  1. Feb 2019
    1. La tâche la plus urgente est la plus lente : il faut trouver un peuple correspondant à la question écologique, de la même manière qu’il y a eu longtemps un peuple qui correspondait à la question sociale.

      peuple social (idéalisé) vs peuple politique qui correspond en fait au peuple écologique ?

    2. Mais on ne peut pas faire grand-chose si la politique est laissée à l’État : les questions écologiques ne peuvent pas reposer sur l’appareil normal de l’État. Ce dernier s’occupe toujours de ce que les militants sont parvenus à rendre visible avant ; il ne peut jamais anticiper sur les questions futures, qui est la tâche politique des chercheurs, des citoyens, des militants et que l’État peut organiser seulement après coup.
    3. Nous nous apercevons brusquement que la modernité est une utopie et que les Modernes sont inaptes au futur. Nous ne sommes pas capables de changer rapidement au moment même où les menaces se multiplient. Parce que le monde moderne a une mauvaise conception du matérialisme, il est très long à changer en situation d’alerte.
    4. le paysage a déjà changé. Mais il n’a pas de représentation politique unifiée, faute d’un horizon partagé.

      citation pour sommaire dossier communs

    5. On est tombé dans le panneau constitué par la Constitution moderne, qui s’est écrite en pointillé au xviiie siècle, celle qui distinguait la politique des humains de celle de la nature. Les sociologues partagent cette distinction, et cela fait trente ans que j’essaie de les convaincre que les êtres non humains ne forment pas une nature extérieure à la société, mais font aussi partie du collectif.

      le collectif inclut la terre, les êtres non humains.

    6. La mutation écologique oblige à reposer des questions politiques matérielles : combien sommes-nous ? À quelle température ? Que mangeons-nous ? Où habitons-nous ? Comment nous exploitons-nous les uns ou les autres ? Comment limiter l’exploitation ? Ces questions relèvent de ce que l’on appelait la question sociale, mais avec une définition si étroite du social qu’on avait oublié tous les autres éléments qui composent nécessairement le collectif. Il a été mal défini par les écologistes eux-mêmes, qui ne sont pas arrivés à faire le lien entre la question sociale au sens restreint et la nouvelle question sociale au sens étendu.

      la question sociale étendue et le peuple politique : deux élargissements conceptuels de notions qui n'opèrent plus. Le «peuple politique» s'inscrit alors aussi dans le «terrestre».

    7. L’un des piliers de cet ordre commun, c’était le partage d’un vecteur commun qui allait du local et de l’archaïque vers le global et le futur. Ce cliché permettait de distinguer ce qui est réactionnaire et ce qui est progressiste. La désorientation actuelle rend cette distinction plus difficile dans la mesure où l’on revient, dans tous les pays du monde, à une définition régressive de l’État-nation dans le meilleur des cas, aux racines ethniques dans le pire : l’horizon commun a été explicitement abandonné.
    8. La conjoncture forme un triangle : premièrement, l’horizon de la mondialisation continue, sous la forme baroque d’une hypermodernisation futuriste et post-humaine, qui imagine ne pas avoir à traiter des problèmes de milliards de personnes devenues selon cette horrible expression simplement « surnuméraires » ; deuxièmement, une régression massive, dans tous les pays, vers des appartenances ethniques ou nationales ; et troisièmement, la question d’une autre façon d’être au monde, d’un ancrage au sol mondial, qui n’est pas le sol barrésien fait de sang, de morts, de cimetières et d’églises. C’est là qu’il faut tracer une nouvelle opposition entre l’horizon utopique du retour au sol natal et la question nouvelle du terrestre.
  2. Jan 2019
    1. pouvoir agir sur son architecture

      Voilà ce que j'appellerais convivial. L'architecture ne peut pas être neutre ou apolitique. Par contre, elle peut être "bienveillante" en étant susceptible d'être modifiée, "habitée" et façonnée par ses usagers.

    2. Le jugement porté ici sur les différents usages possible se rapproche plus d'un rapport de domination que d'une ralation bienveillante entre les parties.

      Je me demande si on ne pourrait pas retourner ton argument contre ton raisonnement. Je dirais que l'exigence du ShareAlike des licences ouvertes ou copyleft sont ce qui permet aux lisières de demeurer des lisières. Cette récursivité n'est pas un gage de domination, mais de préservation. Préservation de la lisière justement, c'est-à-dire, que la licence ne prescrit aucun usage (et donc ne réduit aucun possible), si ce n'est une condition unique : de ne prescrire aucun usage. Autrement dit, que la lisière reste lisière.

      C'est pour cela que la licence CC-BY-SA-NC n'est pas/plus considérée compatible avec les principes de culture libre. Car le NC est déjà trop prescriptif. Ca va dans le sens de ce que tu dis, mais le SA est non négociable, condition d'existence de la lisière.

      (des envies de forêt maintenant...)

    3. Pour sanctuariser cette lisière comme un espace qui permette la rencontre il faut en garantir la neutralité et y fixer des règles qui empêchent quiconque d'y exercer une domination.

      Je ne pense pas que ce soit la neutralité qu'il faille garantir, mais plutôt l'ouverture et la transparence : tant des processus d'écriture (code et connaissances compris), que des aspects politiques qui les constituent.

      À moins que tu appelles "neutralité" un élément (potentiellement politique ou politisé) dont on peut déconstruire les aspects politiques ?

    4. « Créolisation de la politique, politique de la créolisation »

      voici l'article en question : http://www.sens-public.org/article1089.html

      Tout à fait dans le sens de la pluralisation du politique que Sylvia souhaitait réintroduire dans l'argumentaire du dossier, en envisageant une passerelle vers le mouvement des gilets jaunes. Voir l'article de Dardot et Laval : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/121218/avec-les-gilets-jaunes-contre-la-representation-pour-la-democratie

    5. j'espère vous amener avec moi jusqu'à ce constat, dans l'attente de bénéficier de vos regards sur la question

      merci pour cette invitation à la conversation, tout à fait dans l'esprit du dossier.

  3. Dec 2018
    1. Publier dans un périodique savant permet de surmonter les contraintes propres aux sociétés académiques, voire de faire appel de leur jugement, auprès de ce public élargi auquel on s’adresse soit comme à l’ensemble des savants, soit comme au tribunal composé par tous les lecteurs.

      au 17e, la revue comme canal alternatif de légitimation

    2. Le commerce de l’échange savant dont les règles, les formes et les lieux peuvent être mis en cartes produit diverses sortes de validations qui permettent à leurs bénéficiaires d’entrer dans la négociation de situations matérielles : l’expression République des Lettres couvre, et mêle tout à la fois ces formes, ces lieux et un bon nombre de ces situations. Alors que l’échange et la validation des savoirs par les institutions académiques sont soumis à des conditions d’accès étroites et à des délais de publication encore plus longs pour les mémoires reçus par les sociétés que pour ceux de leurs propres membres, les périodiques savants s’ouvrent à des contributions d’origines très diverses qu’ils publient rapidement.

      cohabitation et complémentarité des formes de communication savante (voir l'intervention de Judith). Le périodique apparaît comme une ouverture.

    3. La forme du périodique savant se caractérise par la brièveté des textes, la composition successive des livraisons et la possibilité, qu’ouvre le retour périodique, d’un amendement ou d’une révocation rapides des savoirs. Cette forme nouvelle impose un moule et des règles d’exposition aux savants et aux lettrés pour lesquels, des livraisons aux tables, en passant par les recueils et les choix, l’instrument périodique offre plusieurs phases de la recomposition des savoirs : le successif, le séquentiel, puis l’ordonné.

      le périodique comme nouvel instrument, avec de nouvelles fonctions notamment l'introduction de "phases de recomposition des savoirs : le successif, le séquentiel, puis l'ordonné" : à creuser dans une perspective comparatiste avec un format éditorial conversationnel.

    4. 47Joints à ces lettres, les ex dono de livres provenant de la bibliothèque du président Cousin confirment qu’outre son rôle publicitaire, le Journal des savants remplissait une fonction de légitimation dans la République lettrée 
    5. Forme éditoriale spécifique convertie en instrument du travail savant grâce à divers outils classificatoires, les périodiques savants constituent aussi un système de validation déterminant dans le débat intellectuel et la compétition pour les positions sociales, aux diverses échelles de leurs circuits de réception. La large diffusion du Journal des savants – dans les milieux savants parisiens, dans l’espace français, dans celui de l’Europe – permit son utilisation à ces diverses échelles par des hommes de sciences cherchant la renommée ou l’or.
    6. L’ensemble de ces remarques permet sans conteste de placer l’ensemble des périodiques savants dans un même horizon : leurs parentés l’emportent sur leurs différences, leurs relations sont bien établies ainsi que leurs références réciproques, enfin leur réception par les hommes de science, comme par les érudits, confirme l’idée d’un instrument mis au service des savants et utilisé par eux.

      en contradiction avec Waquet qui souligne plutôt une réception en demi-teinte, et la critique des lettrés pour un format vulgarisant [voir Waquet, Françoise. « De la lettre érudite au périodique savant: les faux semblants d’une mutation intellectuelle ». Dix-Septième Siècle Paris, no 140 (1983), 347–359.]

    1. 11Pour conjurer ces menaces, Leibniz travailla à instaurer une « méthode de la certitude » et un « art d’inventer » grâce auxquels on pourrait à la fois « finir les disputes » et « faire en peu de temps des grands progrès ». Tout parti­culièrement, il lançait l’idée d’une « caractéristique universelle », c’est-à-dire d’« une langue formelle où, dès que les positions en conflit y seraient traduites, le différend serait rapidement résolu “en calculant” »9. Cette lan­gue ne fut pas créée, les polémiques continuèrent à agiter la République des Lettres et le savoir progressa.

      Est ce que Pierre Levy n'a pas repris le projet de Leibniz avec l'IEML?

    1. Cette conjecture suppose que si l’ambition est de créer « une configuration sociale où la rencontre entre des entités individuées engage intentionnellement à la conception de représentations communes », alors, et sous des formes extrêmement variées, se succèdent différentes séquences qu’il est à priori possible de créer, d’inventer, de standardiser.

      de la conjoncture à l'architecture. Il semble y avoir un delta important entre les deux. Dans le tiers-lieu, l'acte d'architecture (conception intentionnelle) est commun, et vient plutôt après (parce que) une conjoncture. Finalement dans les tiers-lieu ainsi définis, l'architecture est celle des représentations communes.

    1. choses

      Objets

    2. Au sein même du christianisme latin, la Réforme a accompli une révolution qui relève plus de l'ecclésiologie que de la doctrine théologique. En effet, ce sont d'abord les formes de la communauté qui ont changé, avec notamment le rejet de la monarchie romaine, la fin de la distinction formelle entre les clercs et les fidèles, l'abandon du monachisme (autre forme de séparation) et la liberté de lecture et d'interprétation du texte sacré, désormais accessible en langues vernaculaires.

      Nouvelle forme d'autorité permet de nouvelles modalités de collectif

    3. Le calcul des effets perlocutoire des actes des chercheurs ne devrait pas poser de problème technique particulier puisque les médias sociaux contemporains et les grandes plateformes sont déjà capables d'analyser avec une grande précision tous les aspects de notre engagement en ligne

      Besoin de preciser

    4. Mais une fois reconnu le contexte général d'un management de la recherche de plus en plus quantitatif et uniformisant, la distorsion introduite par Google dans le processus d'éditorialisation de la littérature scientifique doit encore nous inquiéter, e

      Il faudrait faire le lien entre la proposition IEML et le capitalisme linguistique de Google (Kaplan). En quoi le premier permet de contrer la "distorsion" Google ? La calculabilité de l'un peut-elle être capitalisée (vampirisée) par l'autre?

    5. En somme, une fois vérifiés par une procédure explicite et reproductible, les métadonnées de type "phrase" permettent d'alimenter le raisonnement automatique de moteurs d'inférence. 

      Transparence de la procédure

    6. Si la catégorisation sémantique du document est exécutée par un algorithme – par exemple un algorithme qui génère automatiquement un résumé IEML du document – celui-ci devra être ouvert et en accès libre

      Si, il est modelisable, mais cette modélisation n'est pas unique, elle reflète une interprétation du monde, implémentée dans la méthodologie et l'algorithme.

    7. Même si l'indexation sémantique des documents réalisée par des professionnels selon une approche normalisée a été historiquement fort utile, nous devons poser en principe la liberté de la catégorisation sémantique. Il n'y aura pas de méthode unique pour catégoriser les documents ou les datasets puisque cela reviendrait à brider la créativité herméneutique des savants et à stériliser la recherche en sciences humaines

      L'acte de catégorisation n'est pas modelisable. Il faudrait voir ce qu'en dit Meunier.

    8. L'adoption des USL (uniform semantic locators) codés en IEML mettrait entre les mains du public des "super-hashtags" qui résoudraient les ambiguïtés, élargiraient les possibilités d'expression, soutiendraient la traduction multilingue automatique et ouvriraient l'Internet à une véritable fouille sémantique fondé sur un calcul des proximités de sens

      Est ce que des taxonomies partagées comme Rameau, ne proposent pas la même chose ?

    9. Michael Polanyi, l'un des plus grands épistémologues du XXe siècle, a montré dans ses ouvrages [14] que la connaissance scientifique se construisait dans un va-et-vient entre connaissance explicite (claire, formelle, décontextualisée) et connaissance tacite (opaque, intuitive, incarnée et contextuelle), va et vient qui fait écho à la dialectique classique de la théorie et de la pratique.
    10. La condition cruciale de ce programme épistémologico-politique est la transparence, puisque cette qualité supporte aussi bien la formalisation nécessaire au calcul que la réflexivité critique propre à l'humanisme philosophique.

      Besoin de précisions. En quoi la transparence supporte ces deux aspects ?

    11. Mais dans la perspective d'intelligence collective réflexive qui est la nôtre, il ne faudra pas seulement accorder aux personnes un contrôle sûr et pratique sur leurs propres données mais aussi leur renvoyer l'image mouvante que leurs données agrégées et anonymisées dessinent ensemble – selon les communautés et les réseaux sociaux – grâce à des techniques d'analyse et de visualisation enfin démocratisées. 

      Cela renvoie au principe de réflexivité identifié par Merzeau dans son observation du dispositif enmi12. Voir référence.

    12. signifie qu'on ne devrait pas avoir à payer

      C'est une conséquence mais cela signifie davantage.

  4. Nov 2018
    1. on en discute bientôt si vous voulez, mais il me semble que le texte sera plus fort si vous inverser toute la partie Documentation&résistance avec les éléments de contexte (Habermas, chgt de paradigme juridique/économique, transmission, voire les principes/fonctions de la documentation).

    2. Nous tenterons depuis les observations présentées ci-avant de chercher si la pratique de la documentation, sortie du cantonnement à la simple liste d'étapes à suivre pour tendre vers une diversité de couches permettant de se former et de comprendre les pourquoi et les comment de manière autonome, peut ou ne peut pas offrir des champs possibles d'émancipations face à différentes menaces,

      ce qu'on cherche à identifier

    3. la documentation est une forme de résistance par la publication d’informations

      le texte aborde ici la question de la résistance et de la documenation. C'est très tard je trouve. Est ce qu'on arriverait à faire remonter cela ? Il me semble que ce pourrait être le pointe de départ en fait, ce qui permet de mieux comprendre les différentes pistes traitées pour le moment comme des contextes ou des éléments théoriques préalables, alors qu'ils pourraient être "invoqués" pour ouvrir des pistes de réflexions.

    4. Dans cette dualité des tensions s'articulent dans un système technicien. La question se pose d'inclure ou non un sujet au sein de la documentation et jusqu'où développer les sujets traités. Dans ces questionnements émergent des zones grises, et les seuils entre les zones grises et noires sont interprétées différemment par les personnes contributrices comme par les personnes lectrices.

      je me rends compte que ce qui manque, c'est le lien à la problématique des communs. Il faudrait sans doute l'expliciter clairement assez tôt pour mieux entrer dans le sujet. Sinon on risque d'être trop général sur la documentation. Typiquement ici, comment cette problématique de la neutralité est pertinente sur la question des communs ? (je pose juste la question pour mieux articuler à votre problématique)

    5. La documentation peut tendre vers une neutralité en ce qui concerne le contenu.

      y a t il un lien entre cette phrase et la précédente ? si oui, il faut préciser. si non, il faut sans doute amener le sujet de la neutralité autrement.

    6. Ce qui est commun aux formes de documentation est la fixation, dans le sens collecte avec indexation, d'informations et de processus stockés menant à une réalisation reproductible et diffusable.
    7. Ce qui agit et ce qui menace

      je ne comprends pas pourquoi ce paragraphe. Est ce qu'il est là pour justifier les menaces dont vous rendez compte plus tard dans le texte ? L'articulation transmission/menace/documentation n'est pas compréhensible. Transmission/documentation fonctionnerait mieux ici, et voir si la partie sur la menace est nécessaire. Si oui, à expliciter.

    8. Jurgen Habermas, dans les années soixante, étudia le philosophème d'un dogmatisme techocratique et positiviste

      Sur le contexte, c'est une belle articulation que vous faites entre les analyses d'Habermas et les mutations du paysage culturel, juridique et politique qui interviennent avec l'émergence du net et du web. À discuter : la possibilité de réintégrer cette articulation plus tard dans l'article, non pas comme un contexte, mais comme une piste de réflexion. Autrement dit, le contexte pourrait être celui du changement de paradigme qu'on observe (qu'on vit!) avec internet/web, puis plus tard, vous pourriez développer la piste Habermas pour mettre en perspective ce chgt de perspective. Ce n'est pas une suggestion ! juste une idée à discuter.

    9. Avant-propos

      beaucoup de précautions prises dans cet avant-propos. Suite à toutes nos discussions, je comprends votre nécessité de vous positionner. Mais il est aussi important d'assumer cette position de praticiens, d'auto-observation, d'auto-analyse, car tout le dossier est construit ainsi. Il faut s'assurer qu'autant de précautions ne soient pas contre-productives en enfermant dans un carcan, alors que le dossier cherche à ouvrir sur des écritures libres. Commentaire surtout destiné à vous tranquilliser de manière générale !

    10. dans l'extérieur de thématiques choisies

      il faudrait préciser. de quelles thématiques le texte (ou l'objet ?) est il extérieur.

    11. Pourtant le professeur de droitt d'Harvard ne se contente pas d'un techno-optimisme simpliste « La segmentation du monde que provoque Internet est dévastatrice pour la démocratie » (2016).

      il faudrait sans doute développer un peu ce revirement qui s'opère en fait sur 15 ans. C'est un spleen largement partagé mais dont on peut ne pas être d'accord (on peut encore garder espoir et brandir un certain optimisme, celui de ne pas laisser tomber tout du moins). Voir le post de SILex sur le sujet. C'est d'ailleurs une des questions qui se pose très concrètement avec la problématique initiale de votre texte: si la documentation est une technique de résistance, à quoi résiste-t-on ? depuis quand ? est ce que le wiki, qui l'un des dispositif d'écriture les plus anciens du web, était en 95 un objet de résistance, ou une superbe (et encore naïve) expérimentation de co-construction de connaissances ?

    12. licence gauche

      c'est un détail, mais comme je suis allé vérifier, je mets ça ici.

      • copyright: droit de reproduction, sous-entendu, seul le détenteur de ce droit peut faire des copies
      • copyleft: gauche de reproduction ? Wikipédia parle de «gauche d'auteur» et précise que left ne vient pas du preterit de leave (contrairement à ce que je pensais).
    1. ou aussi l'intérieur d'un animal, ou la portion de ciel observable à un moment donné dans un endroit particulier à des fins de devination

      je dirais que non, si tu on se réfère à ce que tu viens de dire dans ce paragraphe. Le texte est organisé, l'organisation précède sa lecture et son interprétation. Les entrailles ne le sont pas, mais sont interprétées malgré tout.

    2. Cf annotation.

      annotation non publique

    3. Mais cette écriture-artefact relève d'une interprétation du monde fondée sur un antrhopocentrisme constitutif accompagné d'une série d'a priori métaphysiques: l'idée de sujet, l'idée du "je pense", l'idée de l'opposition entre symbolique et non symbolique

      Chez Leroy Gourhan, effectivement il y a un anthropocentrisme, mais je ne crois qu'il l'accompagne de ces apriori métaphysique, au contraire, l'écriture étant un stade particulier de la technique (le stade mnémo-technique), mais reste avant tout une technique, en tant qu'extérieur.

    4. l'écriture permet l'exteralisation de quelque chose qui semble proprement humain - et donc non externalisable, à non externaliser.

      est ce qu'il ne serait pas plus juste de parler ici d’extériorisation plutôt que d'externalisation. L'extériorisation fait référence à Leroy Gourhan et à ce processus par lequel l'homme se projette à l'extérieur de lui-même dans la technique, qui lui survit. L'écriture est une énième forme de technique, sans doute la plus aboutie dans la mesure où elle excelle dans cette fonction de mémoire et de transmission surpassant les limites biologiques de la vie. Du Stiegler des premières heures, voir https://hyp.is/m6eAdOL1EeiqL7eCgZ43wg/www.cairn.info/revue-les-cahiers-de-mediologie-1998-2-page-187.htm

    1. ce que Leroi-Gourhan appelle le processus d’extériorisation. Ce terme d’« extériorisation » n’est d’ailleurs pas pleinement satisfaisant. Car il suppose que ce qui est « extériorisé » était auparavant « à l’intérieur », ce qui n’est justement pas le cas. L’homme n’est homme que dans la mesure où il se met hors de lui, dans ses prothèses. Avant cette extériorisation, l’homme n’existe pas. En ce sens, si l’on dit souvent que l’homme a inventé la technique, il serait peut-être plus exact ou en tout cas tout aussi légitime de dire que c’est la technique, nouveau stade de l’histoire de la vie, qui a inventé l’homme. L’« extériorisation », c’est la poursuite de la vie par d’autres moyens que la vie.
    1. Réflexion générale à ce stade avant d'annoter dans le corps du texte :

      Pour le moment le texte agrège plusieurs réflexions qui sont encore peu articulées entre elles. Il semble nécessaire de retravailler la structure générale en reposant dès le début la problématique que vous souhaitez aborder.

      Ca peut être utile à ce stade de l'écriture d'écrire une introduction très directe, pour introduire le texte dans son ensemble. Elle ne sera pas forcément dans le texte final, mais elle peut aider à retrouver un fil directeur, une manière de réarticuler l'ensemble et de mieux dérouler la pensée.

      À la lecture, je me dis qu'il faudrait recentrer sur la documentation, ou démarrer le texte avec la nécessité de questionner la documentation, acte presque réflexe de tout collectif, repartir des exemples concrets, du rôle de ces wikis pour chacune de ces communauté, avant de poser précisément la question de la résistance. C'est à partir de là qu'on peut amener la réflexion plus large, plus anthropologique sur l'écriture, la transmission, la menace.

    2. Je me suis fais une petite liste pour visualiser la structure :

      1. Transmission
      2. Environnement et menace
      3. Documentation dans le contexte de l'écriture
      4. Documentation : objectifs et enjeux (fixation, apprentissage, neutralité, zone grise)
      5. 4 types de documentation
      6. Subjectivité et menace: matérialisation de la résistance ?
      7. l'exemple de gynepunk
      8. L'exemple de noisebridge: le consensus comme processus de gouvernance
      9. Dokuwiki, l'appel du lowtech
      10. Conformation organique
      11. Documenter la menace ?
      12. Un réseau dans le réseau, une responsabilité partagée
      13. Privacy et adaptation
      14. Outils
  5. Aug 2018
    1. Car le fait numérique aura à tout le moins fait émerger un nouveau rapport à l’image : sceptiques même à l’égard de la posture du sceptique — celle que favorisent notamment les discours complotistes qui pullulent à l’ère de la postvérité — les artistes et les écrivains explorent les potentialités d’un fait photographique qui ne peut avoir, par nature, de statut ontologique pur. Travaillant l’objectivité comme un effet rhétorique, ils déploient des mécanismes de détournement dont la valeur heuristique est essentielle : mythomanie n’est pas mensonge. Certes, la notion de vérité est en crise (bien plus que l’image), mais toute exigence heuristique n’a pas disparu, bien au contraire : si « réel » il y a, c’est bien celui que l’on a construit par nos récits et nos images. C’est ainsi que l’on se détourne d’un régime de la représentation pour s’orienter vers un régime métaréflexif dans lequel il s’agit de faire sens avec nos différents référents culturels — qu’ils soient photographiques, littéraires ou picturaux.
    2. Dans la tradition du livre d’artiste, ces ouvrages engagent un travail collaboratif et intermédial complexe qui repose sur l’imaginaire ontologique du fait photographique, mais aussi sur les frontières apparentes de l’objet livre. Les mythomanies documentaires permettent ainsi de comprendre les fondements d’une « résistance » de la forme papier face au développement de l’édition numérique : le dispositif éditorial n’est pas que le support de la fiction (ou de la pensée théorique), il produit du sens et détermine notre lecture.
    1. L’hypothèse ainsi défendue est qu’un média n’est pas seulement une réalité technique : il est aussi une construction discursive et, en particulier, une construction littéraire.
  6. Mar 2018
    1. C’est ainsi que Julien Prévieux résume les réflexions à l’origine de son œuvre What Shall We Do Next ?. Interrogeant l’impact des technologies sur notre corporéité présente et à venir, et sur la façon dont nous interagissons et interagirons ensemble dans l’espace social, cette pièce nous est apparue comme une invitation à penser les chorégraphies possibles entre les humains

      Hallo c'est un test

  7. Feb 2018
    1. pourrait-on considérer que les deux théories illustrent une forme de confrontation bienveillante de deux paradigmes sur un même objet de recherche : l’une, computationnelle, serait-elle fondée sur la métaphore de l’ordinateur, l’autre, déclinant la réception de l’acte éditorial d’êtres culturels, sur celle des organismes vivants
  8. Aug 2017
    1. Schnapp et al. introduisent un trait de soulignement (« _ ») pour problématiser la nature à la fois queer et jouissive de ce qui fait « copule » entre les humanités et le computationnel (digital_humanities). Au vu de cette copulation apparemment contre-nature, la meilleure traduction de digital_humanities serait peut-être celle d’humanités numérotiques
  9. Jun 2017
    1. C’est ce manque qui engage sans doute le mouvement et permet de penser l’écriture numérique comme débordement.

      multiplicité/multiple : non-totalisable, non-dénombrable : mise en mouvement.

    2. Lorsque Gilles Deleuze distingue le virtuel du possible, il déplace les catégories de la métaphysique pour envisager un plan d’immanence. Cependant, il pense le « possible » comme différent du réel, une image du réel fabriquée après-coup, une forme d’identité et de ressemblance, posant un univers de limitation. En revanche, le « virtuel » est réalité par lui-même, son processus est celui de l’actualisation. C’est une multiplicité qui exclut l’identique. Son actualisation se fait par différenciation. Pour Deleuze, c’est un univers de création. [Le] possible et le virtuel se distinguent encore parce que l’un renvoie à la forme d’identité dans le concept, tandis que l’autre désigne une multiplicité pure dans l’Idée, qui exclut radicalement l’identique comme condition préalable. Enfin, dans la mesure où le possible se propose à la « réalisation », il est lui-même conçu comme l’image du réel, et le réel, comme la ressemblance du possible. C’est pourquoi l’on comprend si peu ce que l’existence ajoute au concept, en doublant le semblable par le semblable. […] Au contraire, l’actualisation du virtuel se fait toujours par différence, divergence ou différenciation.
    3. L’écriture numérique n’invente pas la plasticité de l’écriture mais expérimente de nouvelles formes de délinéarisation et d’écriture comme milieu.

      l'écriture comme milieu !

    4. La plasticité traduit pour Hegel le sujet, c’est-à-dire recevoir et former son propre contenu, c’est-à-dire s’auto-différencier. On peut alors penser la plasticité comme une logique de l’écart : « La plasticité qui entre dès lors en scène avec la possibilité de former le sens n’est plus réductible à une logique de l’incorporation ou de la sculpture signifiante dans l’espace de la présence, puisqu’elle permet précisément d’ouvrir cet espace à son altérité, de le faire glisser vers son autre : l’écart. »
    5. le mode de déplacement, la manière dont la fiction envahit littéralement le réel. Cette logique de réseau international de SP38 ne vient pas subvertir le réseau numérique mais l’approfondir.
    6. réfléchir sur l’écriture du Général Instin, c’est nécessairement faire tenir ensemble des expériences du numérique et des formes inscrites dans nos villes, dans nos espaces culturels et artistiques

      espace-s et littérature,

    7. Le numérique apparaît ici comme un nœud, un espace ouvert qui concentre et diffuse en même temps. En effet, le numérique, du blog au site, en passant par les réseaux sociaux, accueille et reçoit. Pour l’écriture du Général Instin, c’est un espace d’expérimentation qui repose sur un principe de mouvement et de prolifération. Un des effets les plus surprenant est peut-être la production d’un commun, non pas d’une communauté, même littéraire, mais la production d’un point de rencontre partagé ouvrant un dialogue artistique. C’est bien ce commun qui crée les interactions entre le réel et le virtuel (si l’on conserve encore un peu ces catégories et ces distinctions).

      articulation numérique/commun/espace

    8. L’expérience littéraire du Général Instin n’est sans doute pas unique. Instin n’invente évidemment pas l’écriture collective, le déplacement des formes et leurs interrelations. En revanche, la durée dans laquelle s’inscrit le projet lui donne une épaisseur et une dimension rare sinon inédite.
    9. Ce que l’expérience d’écriture du Général Instin nous montre, c’est d’abord un renversement des normes par le commun, ouvert grâce au numérique notamment. C’est un risque de l’ouverture et de la multiplicité que le projet porte, le risque esthétique de la fiction.

      on retrouve les caractéristiques de l'éditorialisation (Vitali Rosati) : ouverture, multiplicité.

    10. C’est la généalogie du manque qui ouvre l’aventure d’écriture. Chaque geste d’écriture, chaque acte artistique qui se saisit de la figure du Général Instin est une manière de donner forme à ce fantôme, de donner corps à ce manque.

      Ce geste d'écriture relève de l'action dispositive (Merzeau)

    11. L’immense work in progress que constitue l’aventure collective du Général Instin répond à une logique d’écriture qui ne scinde pas les champs ni les espaces de création.
    12. Sans doute est-ce un trait caractéristique d’un contemporain littéraire qui s’invente dans l’imbrication des formes éditoriales, et non leur séparation.
    13. j’envisage la figure du fantôme comme la trace d’un mort, d’un disparu, une apparition rendue possible par le récit et notamment par l’image. Pour témoigner, pour faire récit, le fantôme doit trouver une forme, faire image. Ce que le fantôme forme d’abord, ce sont des corps d’apparition, des corps incertains, infiniment dialectiques et négatifs, des ombres d’où naissent les récits et les œuvres de l’art. Le fantôme qui fait image ou fait récit ne produit pas seulement un dispositif de mémoire, c’est plus essentiellement un acte esthétique.
  10. Apr 2017
    1. We are asking authors to consider, from the very beginning of the research process, developing and sharing their project iteratively. Research materials, filmed images, field notes, ethnographic materials, sketches, maps, audio recordings, interviews, and other forms of research that are used to write the monograph will have a place on Manifold so that scholars can share their work as it is being researched and written.
    1. Our goal is to create a platform that will rival the reading experience of a commercial site like Medium but that is free and open-source.
  11. Mar 2017
    1. Ce que le texte liquide vient ainsi disrupter, c’est la référence et tout le système bibliographique qui s’est mis en place pour l’institutionnaliser. Or cette référence et son institutionnalisation sont les conditions du partage d’un socle commun de connaissances au sein d’une communauté de savoir. La possibilité de s’y référer procure au texte stabilisé une autorité et une authenticité nécessaires à une réflexion commune.
    1. Comme toute marque, enfin, les youtubeurs sont tendus entre répétition et innovation : si la première est nécessaire, pour être identifiée sous une catégorie (« humour », « cuisine », « beauté », « jeux vidéo », etc.), elle peut conduire à la lassitude et trahir un manque de créativité.
    2. Elles sont notamment tributaires des conditions d’utilisation de YouTube et de leurs fluctuations. En 2013, la plateforme durcit sa politique juridique : un extrait d’une œuvre (une musique de film, un jeu) intégrée à une vidéo peut faire l’objet d’un retrait par ses ayants droit. Les revenus publicitaires des youtubeurs sont également affectés : ils sont redistribués aux ayants droit éventuels. Comment, dans ces conditions, peuvent vivre des chaînes dédiées au commentaire de jeux vidéo ? Les éditeurs se sont cependant montrés « cléments », conscients de la publicité, du ciblage et de l’éditorialisation gratuite dont ils bénéficiaient.
    3. Depuis maintenant une quinzaine d’années, à la suite de l’article inaugural de Tim O’Reilly, toute l’industrie du « web 2.0 » déploie des discours qui célèbrent les vertus de la participation, du collectif, du pouvoir de l’utilisateur et de la convergence médiatique, aujourd’hui facilitée par le « cloud »[+] NotePour une critique de cette notion voir Gustavo GOMEZ MEJIA, « De quoi le “nuage” est-il le nom ? Le statut des supports face aux régimes du cloud computing », Communication & Langages, 182, 2014, p. 77-93. [10]. Le but : capter l’attention des utilisateurs et monétiser leurs productions, en se parant des vertus de la démocratie, du partage et de la collaboration. S’il ne faut pas noircir le tableau, en réfléchissant uniquement en termes de « manipulation », on ne peut pas non plus ignorer le poids qu’ont ces dispositifs sur la naissance et la trajectoire des formes médiatiques.
    4. Cette initiative met implicitement le doigt sur le fonctionnement de YouTube[+] NoteCette partie s’appuie sur un article universitaire : Agnès GAYRAUD et Guillaume HEUGUET, « De l’industrie musicale à la rhétorique du "service". YouTube, une description critique », Communication & Langages, 184, 2015, p. 101-119. [6] : présenté comme un « service », qui se contenterait de donner un espace d’expression aux internautes, le site est en fait un rejeton des industries culturelles et du capitalisme néolibéral. A priori, YouTube neutralise pourtant toute critique idéologique. Il « a quelque chose d’un dispositif utopique d’accès partagé à la culture »[+] NoteAgnès GAYRAUD et Guillaume HEUGUET, op. cit. p. 102 [7] : l’utilisateur, devenu roi, a le pouvoir de consommer, de commenter, de partager des productions audiovisuelles en apparence diversifiées et personnalisées ; rien ne lui serait imposé. Mieux : le rapport entre les industries et le consommateur semble inversé : c’est maintenant lui qui détiendrait le pouvoir. Pour bénéficier de cette « personnalisation », il doit cependant sacrifier un peu de ses données personnelles : la gratuité tant vantée par les industries dites « 2.0 »[+] NoteSur cette épithète, voir Franck RÉBILLARD, « Du Web 2.0 au Web2 : fortunes et infortunes des discours d'accompagnement des réseaux socionumériques », Hermès, 59, 2011, p. 25-31. [8] n’est que partielle. En s’appuyant sur ses routines de navigation, de consultation, YouTube oriente bien plus qu’il ne propose : c’est toujours sur le mode répétitif que se fait la consommation.
    1. il sera impossible de revenir en arrière

      there is no alternative...? une lecture profonde est toujours possible, et doit même s'articuler avec la distant reading.

    2. La lecture aujourd’hui est une recherche à partir de mots clés, s’effectue à partir de résumés et de pages balayées après avoir été photographiées.
    1. « plier le temps, l’espace et les agentivités »

      Jussi Parikka : «Media Ecologies and Imaginary Media: Transversal Expansions, Contractions, and Foldings», The Fibreculture Journal, n° 17 (2011), p. 35 disponible sur fibreculturejournal.org.

    2. microprocesseur, base concrète sur laquelle s’élèvent toutes les superstructures symboliques

      jodorowskien!

    3. toute séparation claire entre un dehors et un dedans

      peut-on distinguer le support du dispositif ? le contenu médiatisé du média ? l'utilisateur du média ?

    4. mettant au jour les stratégies industrielles, économiques, logistiques, géopolitiques, idéologiques à l’œuvre, notamment dans leurs couches les plus basses et les plus cachées

      soit les stratégies dispositives

    5. la condition des conditions du medium

      on retrouve le protocole de Galloway, pensé comme «l'architecture de l'architecture des objets»

    6. Ils déterminent la pensée et l’écriture

      "déterminent" à discuter car le dispositif pré-dispose certes, mais accueille aussi des pratiques non déterminées par lui.

  12. Jan 2017
    1. « la littératie numérique n’est pas une catégorie technique qui décrit un niveau fonctionnel minimal de compétences technologiques, mais plutôt une vaste capacité de participer à une société qui utilise la technologie des communications numériques dans les milieux de travail, au gouvernement, en éducation, dans les domaines culturels, dans les espaces civiques, dans les foyers et dans les loisirs »
    2. Le concept de « littératie numérique », tel que défini par Michael Hoechsmann et Helen Dewaard
    1. considérer la base de données comme un objet dont on diffère ostensiblement, délibérément, la conversion en élément de discours

      différence temporelle

    2. par ces usages, c’est-à-dire par la génération de ces formes intermédiaires encore à interpréter, que l’archive peut accéder au statut d’objet culturel.
    3. l’éditorialisation instaure ainsi les conditions de possibilité pour l’appropriation des enregistrements en servant de support à la fois de questionnement, de requêtage, puis d’interprétation.

      premier enjeu de l'éditorialisation : l'appropriation

    4. ce passage de la donnée à des formes intermédiaires, qui sont des représentations de l’archive
    5. il est un outil de relecture des données selon l’intentionnalité de son usager.
    6. les différents dispositifs d’éditorialisation participent de la médiation de la base de données en mettant à disposition des usagers des interfaces sur lesquelles agir, c’est-à-dire sur lesquelles exécuter des requêtes, annoter, collecter, partager.
  13. Dec 2016
  14. Oct 2016
    1. au niveau logique de l’informatique où la frontière entre données et traitements est poreuse

      mériterait d'être explicité. Il est vrai que les deux sont finalement des 0 et des 1 manipulés de manière séquentielle, cependant, ils n'ont pas la même valeur opératoire, et la machine ne les traite pas de la même manière. Si on entend un code html/xml mêlé à du contenu, alors c'est plus clair

  15. Sep 2016
  16. Aug 2016
    1. doing this in a template

      Which I did and it works very well. The sidebar is closed by default, which is fine for me, but in order to make it clearer and to point out the annotator (and the sidebar), I would like to add a link or a button somewhere in the body of my posts. Could you recommend something that would have the same effect as the "Toggle or Resize Sidebar" button ? Sorry for my js ignorance..

    1. the concept of the printed edition

      oui, plus exact que la distinction avec la "curation". Curation peut être une éditorialisation : ouvert et dynamique. c'est une éditorialisation spécifique.

    2. performativity will be defined as the normative aspect of an action

      la performativité est le caractère normatif d'une action

    3. writing, in digital space, is building

      Oui, écrire est construire, ce n'est pas "matériau de construction"

    4. material

      est-ce une matière, ou un ordre performatif, une force (celle qui était introduite tout en haut) ?

    5. we can identify five characteristics
    6. graphics and ergonomics

      énonciation éditoriale

    7. The space we are in when we are on Amazon can actually be described

      ici, on a l'air de décrire un dispositif (voir 4 dimensions du dispositif chez Sauret&Mayer)

    8. Other practices

      écriture en effet, mais d'une autre nature. Intentionnalité, voir discussion sur l'intentionnalité..

    9. De La Dychtologie

      attention, il s'agit de « De la diktyologie »

    10. Following Paul Mathias12, the web should be considered fundamentally as writing

      P. Mathias, “De La Dychtologie.” In Regards Croisés Sur L’Internet, edited by Eric Guichard, ENSSIB, 2011, p. 55–67.

    11. The relationships structuring the web exist only as a function of the actions concretizing them

      agir concrétise des relations qui structurent le web

    12. digital space is the organization of the totality of our reality thanks to writing

      l'écriture permet à l'espace numérique d'organiser la totalité de notre réalité

    13. Digital space is the space of our digital society, a space that has changed because of a complex set of cultural and technological shifts
    14. he may wear a tie, for instance

      :)

    15. necessary to understand the discourse that underlies the space and that structures it, and to recognize that the discourse is at the same time produced by the space itself
    16. this idea of space has been replaced by the notion of the site: a set of relationships between objects.
    17. there is a circle of determination: technology is determined and shaped by cultural tendencies, and culture is in turn conditioned by technology
    18. representations are only imitations of reality, but these imitations are frozen frames of moving life, and therefore useless and fake

      jusqu'à ce qu'un autre s'en empare et s'en inspire pour produire autre chose..

    19. writing means making still what is moving

      même critique de l'oralité sur l'écriture

    20. the art of structuring space through mathematical functions
    21. we can act inside its space
    22. we cannot live inside them

      l'installation le permet

    23. first, it creates a living space; and, second, it is in motion

      les deux caractéristiques de l'architecture :

      1. créer des espaces de vie
      2. être en mouvement
    24. a particular way of producing and organizing reality

      l'espace numérique n'est pas une représentation du monde. OK. mais est-ce une façon de produire et d'organiser la réalité ? ou est ce qu'il veut dire que la réalité produite est l'espace numérique (produite par l'éditorialisation) ? Ca me semble plus juste.

    25. a performative paradigm
    26. Writing is the actual material of digital space

      Est ce que la matérialité de l'espace numérique ne s'exprime pas également autrement ? Les fibres optiques et les routeurs appartiennent-ils à l'espace numérique ? Si non, quels impacts ont-ils sur l'espace numérique (qu'on comprendrait alors comme immatériel et juste informationnel) ?

    27. are code

      amalgame entre écriture et code..

    1. Les plus fortes autorités dans l'espace numérique sont les entreprises puissantes pour lesquelles cette organisation non hiérarchique offre la possibilité de cultiver un modèle ultracapitaliste

      méritocratie capitaliste

    2. une collectivité règne sur l'espace numérique dont elle est le premier et le principal acteur

      collectif un peu vidé de son sens ici.

    3. Dans l'espace numérique, les autorités peuvent apparaître – comme disparaître – subitement, et elles résultent toujours d'une dynamique récursive entre les pratiques collectives et la structure numérique.

      est ce qu'on parle de la structure des autorités ?

    4. dans l'espace numérique, il devient impossible d'identifier une quelconque hiérarchie puisque seul le résultat des interactions dynamiques compte – et ce résultat n'est jamais stable.
    5. Dans l'espace de l'État-Nation

      ici prénumérique..

    6. dans l'espace numérique, les autorités prénumériques coexistent avec les autorités natives du numérique
    7. L'espace numérique est donc caractérisé par la coexistence de plusieurs autorités et celles-ci peuvent être différentes, voire contradictoires

      est-ce bien nouveau ?

    8. Dans l'espace numérique, cependant, il n'existe plus d'« original », en raison de la multiplicité des informations, des données ou des documents.

      reproductibilité

    9. il y a plusieurs discours qui circulent dans l'espace numérique et il n'y a plus de séparation entre les objets, les faits et les discours

      métaontologie

    10. espace numérique
    11. n'est pas spécifique à l'espace numérique
    12. dans l'espace numérique, il est facile de constater des lieux de concentration de l'autorité.
    13. agir dans l'espace numérique revient à produire de l'autorité
    14. L'éditorialisation, tel que nous l'avons plus tôt établi, est performative en ce sens où elle produit ses propres normes
    15. L'autorité devient une question d'agencement de connections qui constituent l'espace du web

      ici, un espace topologique (défini par ses distances) qui régit une autorité topologique (voir Sauret et Mayer)

    16. espace digital

      ?

    17. Saskia Sassen, qui se réfère à la notion de « capacités » (capabilities) dans son ouvrage Territory, Authority, Rights 

      sur l'espace (territoire et autorité, ...)

    18. L'espace numérique est caractérisé par une hybridation entre des formes d'autorité prénumériques et numériques
    19. il n'existe pas de séparation entre les formes numériques et non numériques d'autorité
    20. nature hybride de l'espace numérique, qui n'est pas un espace autonome séparé d'un hypothétique espace non numérique
    21. l'autorité dans l'espace numérique est processuelle, performative, multiple, non représentative et collective
    22. Si l'éditorialisation est ce qui structure l'espace numérique et si la structure d'un espace est ce qui détermine l'autorité, alors l'autorité de l'espace numérique est déterminée par l'éditorialisation.
    23. comment faire de l'espace numérique un espace public ?
    24. les données, les informations et les contenus sont la propriété d'une compagnie privée et cette compagnie décide de comment ces données sont produites et à quelles fins elles sont utilisées.
    25. la curation de mon profil,

      je dirais que la curation s'effectue sur un profil, à travers un profil (curation de contenus externes), mais on ne fait pas la curation d'un profil.

    26. l' « affordance » de la plateforme,
    27. La création d'un profil Facebook démontre elle aussi que l'éditorialisation n'est jamais un processus individuel, mais qu'elle implique au contraire une collectivité.
    28. l'action individuelle – même si elle est réalisée par une entreprise aussi importante que Google – ne peut jamais produire d'éditorialisation

      à la fois évident et à la fois plus complexe que cela. Pour que la notion soit utile, ne faut-il pas qu'elle puisse également prendre en compte les usages courants : "j'éditorialise mon article" au sens où je l'édite, je le mets en ligne, je l'insère dans des dynamiques d'écritures-lectures qui m'échappent et qui vont le pénétrer, le façonner, je "le mets à l'eau"

    29. toutes une conjoncture dynamique de circonstances qui constitue l'identité

      quid dans le cas de plusieurs tableaux/dessins d'une meme personne produits par différents artistes ? a t on alors une "conjoncture de représentations qui constitue l'identité" ?

    30. l'espace numérique est multiple – originellement multiple, même – alors que l'ontologie tend vers une unité originaire
    31. paradigme représentationnel est qu'il se base sur l'idée d'une réalité « unique » qui peut être représentée de différentes façons. Selon ce paradigme, on peut déterminer la valeur d'une représentation en analysant sa ressemblance à l'original.
    32. le paradigme de la représentation, il devient impossible de distinguer le réel de l'irréel, la vérité de la fiction. La définition logique de la vérité (Tarsky) est basée sur l'idée selon laquelle il existe une correspondance entre le signifiant et le signifié.

      paradigme performatif : plus de distinction entre réel et irréel, entre vérité et fiction.

    33. l'éditorialisation est une façon de produire le réel et non un moyen de le représenter
    34. en considérant qu'il n'existe pas de différence entre un profil et une personne

      à vérifier

    35. les interfaces ne sont nullement régulées par cette structure de regard, mais bien par une structure d'action.

      interfaces selon Galloway. Par contre attention, interfaces n'est pas équivalent à l'espace numérique.

    36. les environnements numériques, soutient-il, doivent être compris comme un espace d'écrans d'affichage car nous ne faisons que les regarder

      l'espace numérique selon Manovich

    37. Nous agissons dans l'espace numérique, nous ne faisons pas que le regarder.
    38. il est impossible de considérer l'espace numérique d'un point de vue purement esthétique : le paradigme de l'espace numérique est un paradigme opérationnel
    39. un commentaire publié sur Amazon à propos de mon livre, par exemple – affecte directement l'objet « livre », puisque ce dernier partage le même espace avec tout ce qui est écrit sur lui

      question de la matérialité à nouveau..

    40. Il n'existe aucune différence entre l'objet « livre » et son URI

      discutable sur plusieurs points. Ce que je reçois chez moi après achat, c'est un livre, qui est une instance de l'objet désigné par l'URI. entre autres points.

  17. Jul 2016
    1. Minimally, the infosphere denotes the whole informational environment constituted by all informational entities, their properties, interactions, processes, and mutual relations. It is an environment comparable to, but different from, cyberspace, which is only one of its sub-regions since the infosphere also includes offline and analogous spaces of information. Maximally, the infosphere is a concept that can also be used synonymously with reality, once we interpret the latter informationally. In this sense, the suggestion is that what is real is informational and what is informational is real24

      Floridi introduit cette même idée d'une fusion réel et discours. Il appelle l'espace numérique cyberspace, qui est contenu dans l'"infosphère", comprenant également les espaces d'informations analogiques. Ce n'est pas une fusion de l'espace numérique et pré-numérique.

    2. Mais dans l'espace numérique, le réel s'apparente davantage à une hybridation d'objets connectés et non connectés. En ce sens, le réel relève de ce que Luciano Floridi appelle l'« infosphère »

      introduction de l'infosphère

    3. Le paradigme représentationnel oppose réel et discours

      performatif VS représentationnel

    4. une place singulière dans l'espace de TripAdvisor
    5. Nous lisons et nous écrivons dans l'espace numérique – et en particulier sur le web
    6. dans l'espace, parce qu'il n'est pas limité à une plateforme ou à un groupe spécifique de personnes comme c'était le cas pour la version papier

      Ici l'espace est considéré comme la juxtaposition des plateformes. on ne parle plus de "l'espace numérique" comme un territoire à traverser, mais bien d'espaces, poreux certes, mais disctincts.

    7. L'article peut alors être présenté sous différentes formes et dans différents espaces
    8. ces structures font partie intégrante de l'article, puisqu’elles existent dans le même espace que celui-ci

      Ca se discute selon le niveau d'abstraction ou le point d'observation : l'espace dont on parle possède une (et sans doute plusieurs) matérialités : l'écran, les BDD, les plateformes. Est ce que "même espace" doit vouloir dire "espace visuel", soit l'écran ? ou est ce qu'un texte dans une base et un commentaire dans une autre base, voir sur une autre IP doivent être considérés comme le même espace ?

      voir ce commentaire sur Le profil : rhétorique dispositive

    9. dans le même espace : le web

      l'espace du web est tout de même un territoire : avec des distances et des trajectoires, et des frontières. Je parlerais plutôt d'un rapprochement ou d'une accéleration, mais spécifiquement d'un même espace. Selon le référentiel évidemment.

    10. Cela signifie que les trois aspects de l'éditorialisation – technologique, culturel et pratique – ne font qu'un. On ne peut les distinguer que d'un point de vue théorique

      trans-individuation

    11. des actions particulières deviennent communes

      le collectif produit par des activités communes : attention, le collectif est d'abord représenté par une intentionnalité commune, plutôt que par une pratique (qui forme une communauté)

    12. l'importance fondamentale du collectif dans les processus d'éditorialisation
    13. toute pratique est créative
    14. l'éditorialisation décrit la façon dont nos traditions culturelles influencent notre manière de structurer les contenus

      ?

    15. relation circulaire 

      trans-individuation ?

    16. Lorsque l'on tente de comprendre la structure de l'espace numérique, il est important d'éviter tout déterminisme technologique13
    17. Le terme éditorialisation a été créé en partie pour prendre en compte l'impact des technologies sur la production des contenus. L'un de ses principaux aspects est donc évidemment la présence de certains dispositifs, de plateformes numériques, d'outils, de réseaux et de protocoles qui à la fois contextualisent et structurent les contenus. Ce phénomène a été étudié par plusieurs chercheurs, qui l'ont notamment qualifié d'« affordance11 ». Cette analyse de l'impact des technologies sur les contenus concerne l'ensemble des technologies de production et de circulation des contenus12. L'environnement numérique est prescriptif, car il détermine la forme des contenus qu'il héberge.

      caractère déterministe des dispositifs ? tension entre la prescription (pré-disposition) et l'usage : la déprise et la maitrise.

    18. l'éditorialisation est liée à un environnement numérique particulier, ce qui implique qu'elle a un lien avec des technologies spécifiques

      permet une définition plus opérationnelle de l'éditorialisation > besoin de décrire ces diff. environnements techniques et les caractéristiques éditorialisationnelles associées

    19. L'éditorialisation désigne l'ensemble des dynamiques qui produisent et structurent l'espace numérique. Ces dynamiques sont les interactions des actions individuelles et collectives avec un environnement numérique particulier.
    20. l'éditorialisation est l'ensemble de nos pratiques sociales qui nous permet de comprendre, d'organiser et d'interpréter le monde

      toute pratique sociale n'est pas nécessairement éditorialisation..

    21. l'espace numérique, qui est le résultat de l'hybridation de ces environnements avec la totalité de notre monde
    22. Il est important de souligner que si nous comprenons le mot « numérique » dans un sens culturel, l'espace numérique est notre espace principal, l'espace dans lequel nous vivons, et pas seulement l'espace du web ou des objets en ligne

      l'espace numérique est l'espace, si on prend numérique au sens culturel. Doueihi ?

    23. définir l'éditorialisation comme un ensemble d'actions collectives et individuelles, qui ont lieu dans un environnement numérique en ligne, et qui ont pour objectif de structurer notre façon de comprendre, d'organiser et d'interpréter le monde

      plus précise, plus acceptable

    24. comme des fonctions de structuration du réel

      structuration de l'espace

    25. l'éditorialisation désigne l'ensemble des formes collectives de négociation du réel
    26. Pour qu'une personne existe dans l'espace numérique, elle doit avoir un profil sur Facebook, sur Twitter, sur LinkedIn ou sur une autre plateforme qui puisse l'identifier et la rendre visible

      "avoir un profil pour qu'une plateforme puisse identifier et rendre visible"

    27. dans l'espace numérique, un objet doit être connecté et mis en relation avec les autres objets pour exister.
    28. l'espace numérique implique une superposition et finalement, une fusion entre discours et réalité.

      fusion entre discours et réalité

    29. ne prend pas en considération l'hybridation entre l'espace numérique et l'espace prénumérique
    30. considère l'environnement numérique comme un espace séparé

      espace numérique, espace séparé ou hybridation des espace numérique et prénumérique ?

    31. le degré de contrôle a clairement changé dans l'espace numérique

      perte de contrôle dans l'espace numérique. cette perte ici pourrait être associée à la déprise (Merzeau) : déprise vis-à-vis du dispositif (norme et contraintes), et vis-à-vis des autorités agissantes dans ce même dispositif.

    32. entre curation et éditorialisation

      à confronter à Merzeau : le profil : une rhétorique dispositive

    33. Elle implique une ouverture de l'espace (plusieurs plateformes) et du temps (plusieurs contributions différentes, à des moments distincts).
    34. décrire en général toute activité éditoriale numérique, soit aussi les activités concernant de nouveaux contenus – autrement appelés digital native

      définition initiale : la production des contenus "nativement numérique"