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  1. Dec 2018
    1. en plaçant la production du sens exclusivement dans le domaine de l'humain

      La production de sens est liée au signe et le signe existe bien sûr bien avant l'humain. Il n'y a qu'à regarder les plantes et les animaux. C'est une évidence que je n'ai peut-être pas rappelée assez fort. Et donc: "Ce n'est pas parce que le symbole commence avec l'humain que le sens commence avec l'humain (ce que je n'ai jamais dit)". La différence entre la niche ou le territoire au sens zoologique, d'une part et la terre au sens anthropologique, d'autre part, vient de deux manières de faire sens et de lire/écrire dans l'espace. Et bien sûr la manière humaine inclut la manière animale, elle ne s'en sépare pas. Là je suis en train d'écrire un article qui reprend tes idées sur l'écriture, l'espace et la méta-ontologie et j'affirme que oui, l'écriture est constitutive de l'être et elle produit de l'espace et elle est pré-humaine. Mais je reste humaniste, c'est-à-dire que je crois toujours que le symbole est un genre particulier de signe, propre à l'humain. Le symbolisme (langue mais aussi musique, sacrifice, économie, etc.) est une manière particulière de produire du sens. Je veux bien que l'on dissipe les grosses oppositions molaires sujet/objet, nature/culture onto/épistémo, etc.... Mais pas au prix d'une indistinction (genre: il n'y a pas de différence entre X et Y...), au contraire: on le fait pour introduire des distinctions plus fines, plus petites que la taille de X et Y, transversales à X et Y, etc... Et puis n'oublions pas que tout ce que nous faisons dans ce champ philosophique et conceptuel a une portée existentielle, esthétique, politique. Il n'y a pas de vérité objective de tout ce travail conceptuel, c'est plutôt de la création culturelle. Quels sont les enjeux?

  2. Jan 2018
    1. Plus qu’une vérification des informations, la multiplication des fakes appelle un travail d’éditorialisation, qui recontextualise les contenus partagés en explicitant les logiques transactionnelles[+] NoteVoir les travaux de Manuel ZACKLAD, notamment Transactions communicationnelles symboliques et communauté d'action : réflexions préliminaires , colloque de Cerisy "Connaissance Activité Organisation », 2003 ou « La théorie des transactions intellectuelles : une approche gestionnaire et cognitive pour le traitement du COS », Intellectica, Paris, ARCo,2000/1, 30, pp. 195-222. [9] qui les motivent. Cela suppose non seulement de reconnaître la multiplicité des points de vue, mais aussi leur mobilité dans l’espace et le temps en tant que productions sociales situées, le vrai n’étant que le frottement continu des informations et des contre-informatio

      On a effectivement intérêt à s'outiller pour être en mesure de qualifier les "logiques transactionnelles" à l'oeuvre en sous-texte de nos discussions (comme des dispositifs tels que hypothèse.is nous aident à le faire). Cependant, je me demande quelle conscience commune nous pourrons cultiver de l'impact de notre manière de vivre l'allure (esthétique) de nos délibérations. Car, cela me semble un horizon à viser en plus (outre la maîtrise des moyens techniques de la construction de connaissances partageables) si nous espérons que notre collaboration (et co-éditorialisation) permette de dégager des conclusions relativement stables - provisoires ou non. Si nous voulons cultiver un milieu propice à élaborer une véritable sphère intersubjective (un espace formé de valeurs et structuré autour de certains repères), la dynamique même de nos échanges doit aussi faire l'objet d'une éducation à la fois théorique et technique et, de ce point de vue, il importe de transformer la crise de la vérité (bien réelle) qui affecte notre société en une opportunité concrète de nous rappeler l'utilité d'une formation critique. Mais, cette occasion de bâtir de manière concertée des bases pour une nouvelle co-appartenance ne portera tous ses fruits que si nous articulons à l'enjeu de la formation à une littératie numérique (où la fonction de l'éditorialisation dans la constitution de l'environnement demeure à définir), le souci pour la sensibilisation du public en général (et du monde de l'éducation en particulier) à la question du rôle du développement d'un sens esthétique dans l'effort collectif pour constituer du sens en communs.