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  1. Mar 2017
    1. Je transcris ici le mail de Gérard en réaction au post:

      Bonjour, nous aurons quelques autres sujets à évoquer à propos du dispositif et des publications. En effet, il nous faut penser nos interfaces dans un continuum. Là encore, il y a du liquide, mais pas que ! Nous faisons un entretien Skype, une trace en arrive sur le carnet de Nicolas, et nos réflexions continuent, c'est la face liquide. A côté, des entretiens divers : avez-vous vu Mélançon ? Que s'est-il dit ? Des décisions ? des orientations ? Un PV de réunion ? C'est déjà une phase quasi-solide. Ainsi, la dualité n'est pas que rédactionnelle, elle tient à la scansion argumentative elle-même. Nous pourrions nous reporter à Pascal ou Wittgenstein : nous pouvons tout contredire, hormis le fait de devoir faire des phrases pour y parvenir. Mais comment puis-je faire une phrase qui dira que je me tais ? Et me taire, est-ce approuver ? Geneviève Fraisse a écrit un livre lumineux sur le consentement. "Qui ne dit mot consent" vaut juridiquement pour la femme qu'on marie de force et qui ne dit rien au moment où elle comparait devant l'autorité. Voilà un silence "solide".

      Revenons à nous : interfaces, ce sont bien sur les indexations et annotations, mais ce sont aussi les citations et reprises faites ailleurs que nous ignorons (les .pdf chargés sont notre zone de diffusion essentielle, et c’est une boite noire). Et bien évidemment les liens explicites qui se tissent : l’article traitant de Carl Schmidt et de l’éditorialisation remet en scène notre article récent, et les paroles portées ici et là, de blogs en colloque feront de même. Nous n’avons pas parlé des liens établis « hors-site » avec les blogs et carnets de recherche ici et là, les tweets et pages Facebook, ce sont autant de passerelles plus ou moins liquides. Liquides pour le côté passerelle, mais pas seulement, car il y a une aura qui tient à nos agencements et à nos présentations : quelles lettres de diffusions, agendas, pages de réseau sociaux ? A suivre !!

      A propos, quatre questions :

      1/ Si on envisage de créer des formats intermédiaires, la publication de textes longs en feuilleton avant une reprise plus globale est une bonne idée. Cela vaut pour Joelle Zask, et pourrait valoir pour mon papier sur Zuckerberg : je vous proposais une publication en deux volets, mais si vous pensez qu’il faut diviser en trois, pourquoi pas. Dites-moi.

      Notez que je pratiquais cette approche pour les deux papiers sur le Brésil de 2016, et aussi pour les suites à venir de mon papier sur le romantisme comme anticipant notre approche. C’est que je nommais hier « faire Ecole », de penseurs qui, faisant œuvre chacun pour son compte participe néanmoins de dialogues explicites et très féconds. Ce fut l’idéalisme allemand, cela sera la phénoménologie, la psychanalyse, la philo française depuis Sartre jusqu’à la mort de Derrida – cela s’est perdu depuis, et l’inventivité avec…

      2/ Un format intermédiaire fut la « correspondance scientifique » : les lettres étaient au XVIII e siècle l’équivalent de nos articles, elles étaient écrites pour être lues et discutées, et les livres ultérieurs en portaient trace. Nous pouvons d’autant mieux nous engager dans la refonte de Sens public sur les bases de ce dont nous avons discuté, que les pratiques qui sont les nôtres recoupent des questions permanentes de la Cité intellectuelle (qu’on a longtemps appelé les « gens de lettres » ) et les reprennent dans le contexte de la digital litteracy. Ces quelques mots pourraient effectivement devenir un des thèmes d’une lettre à notre communauté que je me proposerai bien d’écrire avec Nicolas pour reprendre une série de lettres internes et d’interface avec nos lecteurs, un petit manifeste à faire paraître au printemps. Qu’en pensez-vous ?

      3/ Ou en sommes-nous avec nos pages Facebook ? Qui s’en occupe et qu’y fait-on ? Quelle visibilité y avons-nous et combien de liens vers nos papiers ? Comment concevoir ces pages comme faisant partie du dispositif ? Est-ce du liquide ? Du rédactionnel ? Une forme promotionnelle ? Un journal de bord ? Ne devrions-nous nous pencher sur ce sujet un de ces jours. Là encore, il me semblerait utile de prévoir une reprise de ces pages, et de commencer une « nouvelle saison » par une publication de cette lettre que j’évoque ci-dessus pour annoncer cette « nouvelle saison » - expression que je reprends du monde du théâtre qui connaît depuis longtemps une programmation saisonnière. Cela pourrait nous conduire à intégrer dans la partie « liquide » cette idée de lettres de saison, où seraient publiés une partie des discussions ayant marqué les semaines précédentes : au lieu de rédiger une lettre avec des annonces en tout genre, nous pourrions associer à la mention des nouvelles parutions en ligne, une synthèse des débats en cours sur le site !!! Cela serait à mon sens une grande aide pour notre pilotage éditorial : en fonction des réflexions que nous aurons à traiter, nous pourrons lancer des pistes pour de futurs projets, renvoyer bien sûr aux divers articles qui sont présents sur notre base (mais que ceux qui discutent en ligne n’ont pas nécessairement vus avant de s’exprimer) et ainsi produire nous-mêmes certaines émergences thématiques que nous n’aurons pas totalement prévues. « Journal des débats » : il y a là une fonction rédactionnelle forte pour qui rédigerait la lettre interne. Qu’en pensez-vous, là encore ?

      4/ Et du coup une question en prime : ne serait-il pas utile de mettre en relation les stagiaires de Montréal avec ceux de Lyon ? Je viens d’accueillir une jolie bande de traductrices qui viennent de se mettre au travail, il y aura des dossiers pour les blogs et des articles en traduction… Si nous visons les liens souples mais effectifs, il y à là des bases potentiellement riches pour permettre aux unes et aux autres de se former à la complexité feuilletée de notre réseau d’intelligence et d’entrer progressivement dans les formats que je viens d’évoquer ci-dessus.

      La pratique de la lettre reste une forme intermédiaire liquide entre parole et article…

      Bonne journée.

      Gérard