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  1. Feb 2020
    1. Que se passe-t-il de l’autre côté de l’écran ?

      Voici la problématique. Le titre de l'article présente le point de vue défendu par l'auteur.

    2. Une étude de 2013, en partie menée par le Centre de surveillance de la santé des forces armées, a révélé que les officiers en charge d’aéronefs sans pilote souffraient de problèmes de santé mentale, dont des troubles de stress post-traumatique (TSPT) – à peu de choses près comme les pilotes de combat traditionnels.

      Enfin l'auteur fait état de la situation et répond à la problématique en citant des sources concrètes et documentées. C'est, à mon sens, plus que nécessaire vu la gravité du sujet. Cependant, la source "en partie" citée mériterait d'être complétée (plusieurs études peuvent être consultées sur le site mais il faudrait une date plus précise)

      https://phc.amedd.army.mil/Pages/Library.aspx

    3. "Lewis doit faire attention", m’a confié Haas un peu plus tôt. "La CIA n’aime pas que d’anciens employés parlent de leur ancien boulot."

      L'auteur joue sur le pathos et plus précisément sur la peur née du risque encouru par les sujets de l'articles.

    4. frappes top secrètes et légalement discutables

      Argument du registre réthorique de l'éthos. Dans un monde où les citoyens sont tenus de respecter les lois, cet argument peut être révoltant pour le lecteur étant donné qu'il est question de l'Etat. On aimerait en savoir plus, cela manque de fondement mais cette opacité du système va de paire avec la problématique.

    5. Il voyage avec toute une réserve de pilules, parmi lesquelles du lithium, qui lui permettent de se sentir à peu près bien et tiennent à distance les cauchemars et autres symptômes du stress mental qu’il subit

      Argument épistémique abductif qui renforce la relation causale entre la guerre des drones menée par les pilotes et les traumatismes qu'ils ont subi, déjà exposée dans le titre.

    6. on a été traités comme de la merde et que le programme des drones a besoin de plus de transparence

      L'auteur renforce sa position en citant les mots des sujets, qui renvoient à un sentiment de déshumanisation. Il fait appel aux émotions du lecteur.

    7. considérer le programme des drones comme un abus de pouvoir inutile, fondé sur des mensonges, et qui a engendré une prolifération de combattants ennemis auxquels ils ne peuvent pas faire face.

      Ici l'auteur pose le débat par le prisme des individus au cœur de l'article. Il s'agit d'un argument dialectique neutre mais selon moi, son point de vue est implicite et va dans le même sens. Cet argument manque de sources et de détails (quels mensonges ? chiffres témoignant de la "prolifération" ?) mais explique déjà plus concrètement la situation.

    8. leur avocate, Jesselyn Radack, qui s’est spécialisée dans la défense des lanceurs d’alerte – notamment Edward Snowden

      L'auteur renforce l'aspect sérieux du problème en évoquant l'avocate d'un autre lanceur d'alerte connu. Il fait appel au registre rhétorique de l'ethos. Cela donne de la consistance à la problématique.

    9. "Les bâtiments du 17e escadron sont entourés de murs d’enceinte pour que personne ne sache ce qu’il s’y passe", m’explique Michael Haas alors qu’il revient pour la première fois à la base depuis des années. "Mais bien sûr on savait tous, car les opérateurs du 17e étaient des cons qui se vantaient constamment du bordel qu’ils foutaient au Pakistan et des gens qu’ils y tuaient. Mais en théorie, on n’était pas supposés savoir."

      On revient sur l'opacité du système dénoncée par les lanceurs d'alertes.

    10. Nous avons progressivement réalisé que d’avoir tué des civils innocents n’a fait qu’alimenter les sentiments de haine. Cela a nourri le terrorisme et les groupes comme Daech, à qui les drones servent d’outil de recrutement idéal, comme Guantánamo. Le programme des drones conçu par cette administration et les précédentes est un moteur pour le terrorisme autour du monde.

      Non seulement les pilotes ont tué des civils mais cette stratégie militaire est aussi la cause d'un renforcement du terrorisme. Là encore, pas de chiffres ni de références pour soutenir l'argument, cela mériterait d'être approfondi.

    11. Mais alors que les drones Predator et Reaper ont été les armes favorites de deux administrations successives, il est étonnant de constater que peu de pilotes ont fait part de leur expérience au sein du programme. Demain, les quatre anciens officiers rassemblés dans cette pièce deviendront les visages les plus représentatifs du mouvement anti-drone américain.

      Argument dialectique pro. L'auteur souligne le manque de témoignages et de représentation d'ans un milieu pourtant très actif. Cela met en lumière le manque d'information et de transparence tout en prédisant un certain changement grâce à la prise de parole des protagonistes. Cela reste assez spéculatif et sachant que cet article est rédigé à l'occasion de la sortie d'un film, c'est aussi une façon d'en faire la publicité (on imagine bien les 4 lanceurs d'alerte en héros de film américain).

      Manque de profondeur concernant le fait que "peu de pilotes ont fait part de leur expérience"... qui d'autre ? chiffres ?

    12. La semaine entière a été placée sous le sceau de la paranoïa. Les quatre lanceurs d’alerte – tous démis de leurs fonctions au sein de l’Air Force – ont reçu des menaces de la part d’inconnus, et ils ont été qualifiés de traîtres par d’anciens amis et collègues. Ils sont tous convaincus d’être surveillés par la NSA. Haas et Bryant ont même élaboré un code connu d’eux seuls pour leurs communications virtuelles. Il y a un an, dit Bryant, le FBI l’a contacté pour lui dire qu’il était sur la liste des cibles de l’Etat islamique

      On nous propose ici une chaîne causale où la santé mentale des soldats est mise en danger car ils se retrouvent à être la cible de menaces.On aimerait plus de détails sur leur départ de l'Air Force.

    13. "J’ai du sang sur les mains", dit-il, "et je veux savoir pourquoi c’est arrivé."

      A travers les mots du soldat, l'auteur argumente avec le registre rhétorique du pathos. De mon point de vue c'est maladroit car bien que le sujet soit grave, la formulation est trop dramatique pour être considérée sérieusement. Cependant, elle est intéressante sachant qu'il s'agit ici de soldats qui n'ont jamais porté une arme et "seulement" vu le sang sur écran.

    14. Depuis trois ans, il parle en des termes peu élogieux du temps où il pilotait des drones en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et en Somalie – où il a aidé à tuer 1.626 personnes, d’après ses estimations –, mais à présent les mots semblent lui manquer. Bryant rature furieusement les lignes qu’il a tracées dans le carnet qu’il utilise habituellement pour écrire de la poésie.

      Je perçois dans ce paragraphe deux formes d'arguments. Tout d'abord un argument épistémique comparatif entre un avant et un après dans la vie du soldat : avant il écrivait de la poésie, aujourd'hui il "rature furieusement" et "les mots semblent lui manquer". Quelle est la cause de ce mal être, de ce changement ? Certainement les chiffres donnés un peu plus haut, argument épistémique abductif. Cependant, on notera que ces données sont approximatives et subjectives puis-qu’estimées par le protagoniste. La gravité du sujet mériterait un approfondissement.