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  1. Apr 2020
    1. Plus les mobinautes ont une utilisation excessive de leur smartphone, plus la probabilité est forte qu’ils ressentent de la FOMO et de l’anxiété (Elhai et al., 2016). C’est le cas des mobinautes les plus actifs qui le consultent frénétiquement par peur de manquer un évènement important, pour voir au plus tôt ce que font les autres et consulter au plus vite notifications, messages et autres like (Clayton et al., 2015). En retour, la consultation excessive conduit, dans une logique systémique, à accroître l’anxiété et la dépendance au smartphone.

      On retrouve les arguments sur la FOMO. Plus l'utilisation est forte, plus la FOMO est forte (laquelle est source d'anxiété, cf. plus haut)

    2. Le smartphone est l’un des dispositifs numériques le plus souvent impliqué dans la pratique du multitâche médiatique19. Le multitâche médiatique renvoie à deux types de comportements. Premièrement, il s’agit de l’usage de plusieurs médias simultanément. Par exemple, en 2015, 46 % des 18-24 ans utilisent très souvent leur smartphone en regardant la télévision. Deuxièmement, c’est l’usage d’un média pendant la réalisation d’une activité non liée aux médias. Par exemple, 25 % des 25-34 ans consultent leur smartphone en marchant dans la rue et 23 % des 18-25 ans l’invitent à table20. 30Si cette pratique s’est banalisée ces dernières années, elle n’est pourtant pas anodine pour les mobinautes. En effet, une pratique intensive du multitâche médiatique est associée à des symptômes dépressifs, de l’anxiété sociale (Becker et al., 2013) et, chez les adolescents, à un accroissement de l’impulsivité (Cain et al., 2016).

      Explication sur le multitâche médiatique et la dépression ou l'anxiété.

      Une comparaison avec du multitâche non médiatique serait pertinente pour révéler la singularité du multitâche médiatique. Est-ce un phénomène caractérisé ou un phénomène plus général ? Et les causalités ne sont pas explicitées, ce qui est dommage. L'argument perd en force.

    3. La nomophobie développe en partie ou en totalité les troubles observés dans les obsessions phobiques classiques, que l’on va retrouver chez les mobinautes, à des degrés plus ou moins marqués. Ainsi, la nomophobie est souvent associée à des pensées ruminatives plus ou moins envahissantes. Elle est accompagnée d’affects négatifs, qui vont de l’inconfort à la forte anxiété ou à la forte peur de ne pas avoir la possibilité d’utiliser son smartphone, conduisant alors à être potentiellement injoignable et déconnecté d’Internet (King et al., 2014). Elle est également associée à des compulsions, plus ou moins envahissantes et plus ou moins acceptées par le mobinaute, souvent des habitudes de vérification du smartphone, que la personne ne peut supprimer. En raison notamment de l’intensité de l’anxiété associée à ce trouble et de l’augmentation de sa fréquence dans la population, certains auteurs demandent à ce que la nomophobie soit intégrée dans le DSM (Bragazzi, Del Puente, 2014).

      Par analogie avec les obsessions phobiques classiques, les auteurs déduisent les impacts possibles de la nomophobia.

    4. Le smartphone est devenu omniprésent dans le quotidien des Français : en 2015 près de 70 % d’entre eux en possédaient un9 et 58 % déclaraient l’avoir en permanence avec eux10, y compris la nuit. Le système d’interaction usager-mobile incite les mobinautes11 à mettre en place de fréquentes consultations de l’écran afin d’établir une veille des informations reçues, dont il est difficile de se défaire. Si ces habitudes ne sont pas des addictions au sens pathologique et si elles ne sont pas gênantes pour tous, nombre de mobinautes les trouvent tout de même embarrassantes au quotidien, tant ils se sentent « prisonniers » de cette habitude (Oulasvirta et al., 2012). Soixante-dix pourcent des français consultent leur smartphone toutes les 5 minutes Ainsi, un smartphone est actionné 221 fois par jour12. Pour certains, ces habitudes de vérification sont d’autant plus gênantes qu’elles sont susceptibles d’augmenter le temps d’utilisation globale du mobile. En effet, quand les mobinautes le vérifient, beaucoup sont tentés de l’utiliser plus longuement, pensant y trouver de petits plaisirs ou stimulations qui animent leur quotidien. Pourtant, au final, ils ont souvent l’impression d’avoir perdu du temps et fait des choses peu significatives. Au-delà de cette gêne, dans la littérature, cinq types de troubles associés à des affects négatifs concernent le smartphone. Examinons-les.

      Enchainement d'arguments et de chiffres permettant de prouver l'omniprésence des smartphones.

    5. Des recherches en neurosciences sociales montrent que même lorsque la comparaison sociale est en faveur du socionaute, celle-ci n’est pas systématiquement source de satisfaction. En effet, une comparaison sociale positive activerait une zone cérébrale dédiée aux plaisirs et bien-être, le noyau accumbens (Meshi et al., 2013). Cette zone est impliquée dans le circuit de la récompense et du plaisir. Elle est toutefois également activée lors des pratiques excessives des socionautes et on observe un phénomène d’habituation nécessitant de toujours remporter davantage de comparaisons sociales pour obtenir la même satisfaction.

      argument scientifique concernant l'habituation mais sans lien apparent avec le reste

    6. L’addiction à Internet ne figure pas dans la dernière version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM 5 ; APA, 2015) manuel de référence internationale pour la plupart des psychiatres et psychologues. À l’excès, ces habitudes sont étiquetées « comportements excessifs », mais ne sont pas définies comme de véritables troubles mentaux en raison, actuellement, de l’insuffisance de données dans la littérature (DSM 5 ; APA, 2015, p. 571). On manque par exemple de preuves neurobiologiques souvent nécessaires pour définir une véritable addiction. Les examens cérébraux, réalisés par IRM, de personnes développant des symptômes de dépendance montrent que les gros consommateurs d’Internet développent des processus neurobiologiques commun avec les toxicomanes et avec les personnes souffrant de dépendances pathologiques reconnues, comme celle liée aux jeux. Dans tous ces cas, leurs « pratiques addictives » activent le même système amygdale-striatum, système lié à la génèse du plaisir dans le cerveau. Cependant, ils présentent aussi de nombreuses différences, notamment dans le fonctionnement du système cérébral de contrôle inhibiteur, celui qui permet d’inhiber, par la volonté, certains de nos comportements (Turel et al., 2014). L’inhibition semblerait plus facile pour Internet. On manque également d’études cliniques sur des critères comportementaux, comme le sevrage ou la rechute, pour véritablement parler de troubles addictifs pour Internet. 9Cependant une littérature relativement récente s’est développée autour de ce que certains chercheurs nomment tout de même « addictions comportementales » à Internet (Griffith et al., 2016). Celles-ci peuvent être définies comme une habitude répétitive dont l’individu a du mal à se soustraire et qui accroît le risque de maladie et/ou est associée à des problèmes personnels ou sociaux. Elle est souvent ressentie négativement comme une perte de contrôle dans laquelle l’individu a conscience des risques psychologiques et sociaux. En simplifiant, il existe trois grands courants de recherche.

      Etat de la recherche concernant le classement de l'addiction à internet comme une pathologie en soi. Habillement, par des arguments épistémiques emboités, les auteurs nous montre que la recherche évolue sur le sujet et qu'un nouveau champ semble s'ouvrir autour de la thématique des addictions à internet.

    7. d’une part, des travaux sur les motivations individuelles conduisant à l’usage des technologies de communication numérique et, d’autre part, les travaux sur les effets des usages intensifs sur les adultes et adolescents.

      Explication de la méthode (suite):

      1. le pourquoi de l'utilisation
      2. l'impact de cette utilisation

      -> mais pas de lien de causalité

    8. l’article propose une synthèse de recherches sur les liens entre les usages intensifs ou excessifs d’Internet, des RSN et du smartphone, et les affects négatifs ressentis lors ou après leurs utilisations5.

      Ce sont les propos des auteurs, la thèse défendue.

    9. Une utilisation excessive du smartphone est souvent associée à des « hallucinations » sonores et à des perceptions de « signaux fantômes » en provenance du téléphone. Les mobinautes pensent avoir perçu un signal indiquant un appel entrant, un message ou une notification de RSN, alors qu’en fait, aucun signal n’a été émis (Tanis et al., 2015). Ce phénomène, source de stress, est répandu puisque la moitié des mobinautes étudiés perçoivent des signaux fantômes au moins une fois par semaine. Il est particulièrement observé chez les mobinautes ayant un besoin de popularité développé, qui considèrent dès lors le moindre signal du smartphone comme un possible indicateur de leur degré de popularité. Tanis et ses collègues avancent deux explications au phénomène d’hallucinations sonores. Premièrement, ces signaux proviennent d’une utilisation intensive du smartphone susceptible de provoquer des erreurs d’interprétation des autres bruits de l’entourage, et donc des hallucinations bénignes. Deuxièmement, le smartphone est devenu tellement important aux yeux des mobinautes qu’ils seraient à l’affût du moindre signal (Tanis et al., 2015).

      Des hallucinations liés aux smartphones sont sources de stress et d'anxiété.

    10. Plus de la moitié des mobinautes ont déclaré éprouver de l’anxiété en cas de perte de leur smartphone mais également quand ils ne pouvaient pas l’utiliser à cause d’une mauvaise couverture réseau ou d’une batterie faible16. De même, lors d’une autre enquête, plus de la moitié des enquêtés ont déclaré se sentir « anxieux » quand leur portable était éteint ou quand il n’était pas près d’eux17. Par ailleurs, 42 % des adolescents déclarent qu’ils seraient « dévastés » s’ils devaient quitter leur foyer plusieurs jours sans leur téléphone18. 26Cette anxiété est à l’origine de l’apparition d’un nouveau trouble, spécifique aux smartphones, chez les mobinautes les plus actifs, la nomophobie. Née de la contraction de « no mobile phobia », la nomophobie est, en simplifiant, une crainte quasi-obsédante et continuelle, de ne pas avoir son smartphone en état de marche avec soi. Quatre dimensions de la crainte associée à la nomophobie ont été identifiées : l’incapacité à communiquer, la perte de connectivité, l’impossibilité, d’une part, d’accéder à de l’information et, d’autre part, aux commodités offertes par les smartphones (Yildirim, Correia, 2015). Clayton, Leshner et Almond (2015) ont par exemple montré que l’incapacité à communiquer est source d’anxiété.

      la peur de ne pas avoir son portable est désigné sous le terme de la nomophobia lorsqu'elle atteint un certain dégré. On est dans un argument déduction causale.

    11. En 2015, 59 % des Français consultaient leur mobile dans l’heure suivant leur réveil pour prendre connaissance de messages13. Un sur trois consultait même ses SMS la nuit… Le smartphone revêt une telle importance pour certains mobinautes qu’ils en sont devenus « dépendants », dans un sens très proche de celui dont nous avons déjà parlé pour Internet. Plusieurs enquêtes scientifiques ont montré que si cette dépendance est un phénomène touchant un grand nombre de pays, il existe des différences interpays : par exemple 38 % des étudiants seraient dépendants en Espagne et 67 % aux Émirats Arabes Unis (voir Khoury et al., 2017). Dans l’enquête scientifique Smart.Use14 (2016), 21,1 % des 12-18 ans en Belgique se sont déclarés « dépendants » au smartphone, 33,4 % non-dépendants et 45,5 % seraient dans un état intermédiaire. En France, chez les plus âgés, en 2016, deux tiers des moins de 35 ans se sentaient dépendants et plus d’un tiers des mobinautes, quel que soit leur âge, s’estimaient « accros » et incapables de s’en séparer15. Les recherches sur la dépendance au smartphone ont relativement peu avancé au regard de l’ampleur du phénomène en raison du manque d’outils d’objectivation du problème. Deux principales échelles disposant de bonnes qualités psychométriques permettent depuis peu de mesurer cette dépendance, qualifiée de véritable addiction par leurs auteurs : le « Smartphone Addiction Inventory » (SPAI, Lin and Chang, 2014) contenant 26 items et « l’échelle d’addiction au Smartphone » avec une version à 10 items pouvant être utilisée auprès d’adolescents (SAS-SV, Kwon et al., 2013). On s’attend donc à une avancée des connaissances sur ces phénomènes de dépendance au cours des prochaines années.

      Une analyse de la dépendance au smartphone devrait prendre en compte comme variable explicative l'accès aux rsn et/ou à internet. Est-ce la dépendance aux smartphones ou la dépendance aux rsn ou encore la dépendance à internet qui est traduite dans ce paragraphe ? L'argument est donc sans doute plus dialectique qu'épistémique.

    12. Illustrons ce processus avec les résultats d’une recherche empirique qualitative que nous avons réalisée sur les réactions des fans au décès de Michael Jackson (Fourquet-Courbet, Courbet, 2012). Nous avons montré que les RSN jouent un rôle ambivalent dans leur gestion du deuil. Si les RSN ont été psychologiquement utiles aux fans dans les premiers jours qui ont suivi le décès pour obtenir des informations et partager socialement leurs émotions, il semble toutefois qu’à plus long terme, leurs usages fréquents et prolongés ont freiné la résolution du deuil chez certains. Retourner fréquemment et pendant un long délai après le décès sur les RSN et pages de fans, comme l’ont fait de nombreux fans, conduit à régulièrement re-générer et ruminer des pensées négatives, à augmenter la fréquence et l’intensité des émotions négatives ressenties. Si communiquer et exprimer sa tristesse est nécessaire dans le premier stade du deuil, notamment pour obtenir empathie et soutien sociaux pour « faire son deuil », cette phase ne doit pas être trop longtemps entretenue. Or les RSN incitant à prolonger cette phase semblent ralentir la gestion du deuil (Courbet, Fourquet-Courbet, 2014). Certes, si les deuils sont heureusement rares dans la vie quotidienne, l’entretien des ruminations et émotions négatives peut se retrouver dans d’autres circonstances, par exemple, à la suite d’une séparation amoureuse. Des consultations fréquentes des pages de l’être aimé(e) perdu(e) sur les RSN pourraient empêcher d’accepter la fin de la relation.

      argument dont l'objet est de montrer comment l'uilisation des rsn peuvent induire des ruminations. Il est à noter qu'il n'y a pas de contre exemple. Pourtant, il est évident que dans le quotidien, les rsn peuvent permettre autre chose que de ruminer un deuil (comme organiser des événements réels avec des amis réels). Et le comportement d'attachement, de résistance face à un deuil peut se manifester en dehors des rsn.

    13. Récemment, des auteurs ont mis en évidence une peur très particulière chez les gros usagers des RSN : la FOMO (Fear Of Missing Out, voir Baker et al., 2016). Il s’agit de « la crainte envahissante que d’autres pourraient avoir des expériences enrichissantes desquelles nous serions absents […] » (Przybylski et al., 2013, p. 1841). Le socionaute a alors la volonté de rester en permanence connecté avec les autres. Cette peur le conduit à vouloir prendre connaissance au plus tôt des nouvelles informations qui circulent sur les RSN. Quand elle est élevée, la FOMO est souvent associée à une humeur très fréquemment négative, une faible satisfaction de sa vie en général et à plus de symptômes dépressifs (Baker et al., 2016). Des recherches récentes ont permis non seulement de concevoir des échelles psychométriques8 permettant de mesurer la FOMO (Przybylski et al., 2013), mais, en outre, de mieux comprendre ses corrélats neurobiologiques. Elle serait associée à l’activation d’une zone cérébrale spécifique : le gyrus temporal moyen droit (Lai et al., 2016). Ces derniers auteurs montrent que cette zone s’active uniquement lorsque les individus sont exposés à des images montrant des scènes d’inclusion sociale (e.g. scènes où des personnes s’amusent, rient avec leurs amis, leur famille ou leurs collègues, partageant des activités avec eux) (vs. d’exclusion sociale).

      Enchainement d'arguments épistémiques concernant la FOMO:

      1. mise en évidence de la FOMO
      2. lorsque la FOMO est élevée elle est associée à une humeur négative, une faible satisfaction de vie et plus de symptômes dépressifs
      3. La FOMO est associé à l'activation d'une zone cérébrale qui ne réagit que si l'individu est exposé à des images d'inclusion sociale.

      Le dernier point est difficile à interpréter, le lien de causalité n'étant pas clairement explicité. Le reste de l'argumentaire est rhétorique.

    14. Les socionautes ont parfois l’impression de ne rien faire de significatif et de perdre du temps inutilement sur les RSN. De nombreuses vidéos y circulent, comme par exemple les célèbres vidéos de chats, objet d’une étude de Myrick (2015). Si les socionautes les trouvent divertissantes à court terme, ils sont susceptibles d’éprouver, au final, de la culpabilité liée, soit au fait qu’ils ont négligé d’autres tâches plus importantes à effectuer, soit aux sentiments négatifs proches de ceux ressentis lors de comportements de procrastination. Regarder des vidéos divertissantes provoque un plaisir coupable au sein d’une triple relation « procrastination-culpabilité-plaisir ». Plus globalement, la tendance à la procrastination issue de la fréquentation des RSN a des effets sur le bien-être des socionautes (Meier et al., 2016) 22Cette impression génère des affects négatifs. Si les socionautes les plus actifs continuent à aller sur Facebook, c’est, selon Sagioglou et Greitemeyer (2014, p. 359), parce qu’ils ont tendance à faire une « erreur de prévision affective » : ils espèrent toujours se sentir mieux après avoir utilisé Facebook alors que, dans les faits, c’est souvent l’inverse qui se produit.

      Est-ce que perdre son temps sur les rsn est pire que de perdre son temps à bronzer sur une plage ? Rien n'en est dit. La comparaison mériterait d'être citée. De fait, c'est davantage un argument dialectique peut concluant.

    15. Quels effets affectifs négatifs provoquent les usages intensifs des technologies et contenus de communication numérique tels le smartphone, Internet ou les réseaux sociaux numériques (RSN) ? Quels processus sous-tendent les effets et quels déterminants sont alors impliqués ?

      Questions argumentatives : impact d'un usage massif des outils numériques sur les affects psychologiques

    16. Selon Utz, Tanis et Vermeulen (2012), qui ont étudié un grand nombre de besoins et motivations psychosociaux conduisant à une forte activité sur les RSN (besoin d’appartenance sociale, estime de soi, vanité, sentiment ressenti par l’individu selon lequel « tout lui est dû »), c’est le besoin de popularité qui en est le prédicteur le plus puissant et le plus constant. Variable individuelle stable, il s’agit du besoin d’être aimé et reconnu par le plus grand nombre. Pour satisfaire ce besoin, les personnes sont motivées à se conformer à la pression de leurs pairs (Santor, 2000) et à adopter des comportements qui donnent l’impression qu’elles sont effectivement « populaires » (e.g. choix très soigneux de la photo de profil, descriptions de soi valorisantes) (Utz et al., 2012). Ces derniers auteurs estiment que les RSN sont un espace d’expression idéal pour les internautes ayant un fort besoin de popularité car ils permettent de s’exposer facilement au plus grand nombre et facilitent la mise en œuvre de stratégies autocentrées de présentation de soi (e.g. amélioration de son profil pour donner l’impression d’être populaire, révélation sur soi…) tout en communiquant avec les autres. Les personnes déjà populaires hors ligne et avec une haute estime de soi cherchent et parviennent souvent à avoir une certaine popularité sur les RSN. Mais gagner en popularité peut aussi être possible pour les personnes ayant une faible estime de soi et qui se considèrent comme impopulaires hors ligne. Un mécanisme de compensation sociale se met alors en place les conduisant à rechercher à être plus populaires sur les RSN (Zywica, Danowski, 2008). Sans doute est-ce leur impopularité hors ligne, source de frustration et d’émotions négatives qui les incite à retourner fréquemment sur les RSN pour gagner toujours davantage de popularité en ligne, avec le risque toutefois d’enclencher le cercle vicieux dont nous avons déjà parlé. 19Une activité soutenue sur les RSN s’explique également par un fort besoin de reconnaissance sociale (Dang-Nguyen et al., 2015) que les socionautes n’ont pas forcément dans la vie hors ligne. Les RSN pourraient alors, de nouveau, agir comme un dispositif de compensation sociale. La volonté de satisfaire ce besoin incite d’abord les socionautes à rendre fortement visible leur image en ayant notamment le maximum de contacts. Ensuite, ils vont chercher de multiples signes de cette reconnaissance sociale. Meshi et ses collègues (2013) estiment que les like, tweet, partages et autres messages sont autant de signes de reconnaissance sociale et deviennent une véritable monnaie d’échange affectif entre personnes en contact.

      Argumentaire expliquant une utilisation massive des rsn :

      1. le besoin de popularité
      2. le besoin de reconnaissance sociale La distinction n'est pas explicite et ces deux besoins pourrait être corrélés : quelqu'un qui cherche à être populaire cherche aussi certainement en partie de la reconnaissance sociale.
    17. Ce processus s’observe surtout quand les « amis » ne font pas partie de l’entourage social hors ligne du socionaute et sont donc des « étrangers ». Quand les socionautes suivent beaucoup de personnes qu’ils ne connaissent pas personnellement, comme dans le cas d’Instagram, un usage intense est associé à plus de symptômes dépressifs, médiés par une comparaison sociale négative (Lup et al., 2015). Les socionautes qui ont le plus d’amis « étrangers » sur Facebook estiment, par comparaison, que les autres ont une vie meilleure que la leur (Chou, Edge, 2012). Il est intéressant de voir que cette erreur dans la comparaison avec les « étrangers » en défaveur du socionaute est largement réduite, voire inexistante, dans le cas de comparaison avec des amis et connaissances dont il connaît la vie hors ligne et dont il sait qu’elle est bien moins attirante que l’image montrée sur les RSN.

      argumentation en faveur d'un lien de causalité en les rsn et les symptômes dépressif:

      1. un usage intense des rsn est associé à la dépression à cause de comparaison défavorable
      2. les utilisateurs estiment que les autre individus ("étrangers") ont une vie meilleure
      3. la comparaison défavorable n'existe quasiment pas avec des connaissances "en réel". (mais il n'y a pas de source).

      Les auteurs cherchent par des sources scientifiques à prouver que l'utilisation massive des rsn est source de dépression.

    18. D’une façon générale, les socionautes7 tendent à utiliser les RSN en y gérant stratégiquement leurs relations sociales, en travaillant leur présentation de soi, leur image sociale et les impressions que les autres se font d’eux (Krämer, Winter, 2008). Les RSN sont même devenus de véritables espaces de comparaison sociale entre soi et les autres (Haferkamp, Krämer, 2011). Cependant, les internautes qui les fréquentent intensivement ont davantage tendance à effectuer des comparaisons sociales dont les résultats sont en leur défaveur (Lee, 2014). Ils sont aussi enclins à penser que les autres sont plus heureux et ont une vie bien plus agréable que la leur, ce qui leur donne un sentiment d’injustice (Chou, Edge, 2012). Ce biais conduit au déclenchement de certains processus psychopathologiques, comme des ruminations mentales, c’est-à-dire des ressassements incoercibles d’idées et de pensées affectivement négatives, qui peuvent être associées à ou produire des syndromes dépressifs (Feinstein et al., 2013).

      lien de causalité de type épistémique :

      1. les rsn sont devenu un lieu de comparaison sociale
      2. pour ceux qui les fréquentent beaucoup, cette comparaison est négative
      3. et ils ont tendance à pense les autres + heureux qui provoque un sentiment d'injustice

      => ceci provoque des ruminations négatives et peuvent être associées ou produire des syndromes dépressifs. On est donc sur un enchainement causale d'arguments épistémiques dont l'objet est de prouver la thèse des auteurs

    19. Si consulter Facebook est le premier geste du matin pour 48 % des 18-34 ans, l’usage des RSN, censés apporter divertissements et satisfaction, semble être l’objet d’un étonnant paradoxe. Plus les gens sont actifs sur Facebook, sans forcément en être « addicts », et plus leur humeur est négative après les usages du RSN (Sagioglou, Greitemeyer, 2014). La genèse de ces affects négatifs est bien liée à Facebook car ils n’apparaissent pas lors d’activités de durée similaire effectuées sur Internet en dehors de ce RSN. Cette constatation n’est pas uniquement liée à Facebook puisque des résultats similaires ont également été remarqués avec Instagram (Lup et al., 2015). Plus grave, une association positive a même été mise en évidence entre l’usage de ce RSN et des symptômes de dépression. Les préadolescents et adolescents semblent particulièrement sensibles (O’Keeffe, Clarke-Pearson, 2011). En particulier, chez les adolescents qui perçoivent leur réseau amical hors ligne comme étant de faible qualité, les longues durées passées sur Facebook sont associées à davantage de troubles dépressifs et d’anxiété sociale (Selfhout et al., 2009). Selon O’Keeffe et Clarke-Pearson (2011), les dépressions liées à des usages intensifs des RSN, ne font pas uniquement courir aux préadolescents et adolescents des risques d’un plus grand isolement social dans lequel ils se trouvent souvent déjà. En effet, souffrir de troubles dépressifs en s’exposant excessivement à Internet est d’autant plus problématique que les adolescents, alors fragiles psychologiquement, pensent parfois trouver sur certains RSN, sites ou blogs, du réconfort psychologique. Le danger est de tomber sur des sites qui incitent à des comportements personnellement (e.g. toxicomanie) ou socialement risqués ou les incitant à adhérer à des idéologies dangereuses.

      Enchaînement d'arguments convaincants même si toutes les sources ne sont pas citées (ce qui est dommage):

      1. causalité entre usage des rsn et affects négatifs (première mention)
      2. lien entre usage des rsn et syndrome dépressif
      3. danger de l'usage des rsn pour les sujets dépressifs
    20. L’étude The World Unplugged a demandé à un millier d’étudiants provenant d’une douzaine d’universités des cinq continents, de faire l’expérience de 24h de déconnexion médiatique (Moeller et al., 2012). Les résultats ont été univoques : une nette majorité d’étudiants a admis l’échec pur et simple de leurs efforts de déconnection. Beaucoup d’entre eux se sont alors auto-déclarés « addicts » aux médias et technologies de communication numérique. 6Ces conclusions ne sont pas étonnantes au regard des travaux de Hofmann et ses collègues (2012). En effet, parmi les multiples besoins et désirs que nous avons au quotidien (manger, boire, dormir, fumer, avoir des contacts sociaux, besoin d’hygiène, faire du sport…), le désir d’utiliser les médias (consulter ses e-mails, surfer sur le Web, aller sur les RSN, regarder la télévision) est celui pour lequel notre capacité de résister serait la plus faible. Non seulement le désir d’utiliser les médias serait plus fort et plus fréquent dans une journée que, par exemple, le désir de tabac, mais il serait, en outre, plus difficile à contrôler que les désirs de manger ou d’avoir des activités sexuelles (voir figure 1).

      On peut penser à un argument rhétorique dont l'objet est de prouver la théories des auteurs. En effet, se déclarer addicts n'est pas être addict mais les sources citées sont convaincantes pour autant.

    21. Quatre caractéristiques des pratiques médiatico-numériques pourraient expliquer l’extrême difficulté à contrôler les désirs d’usage : les habitudes fortes et déjà bien ancrées, la disponibilité permanente des technologies, l’attrait considérable des activités pratiquées et le coût peu élevé pour les pratiquer. Si aller sur Internet est devenu une habitude, parfois excessive pour certains, peut-elle conduire à une dépendance ou à une addiction au sens pathologique du terme (LaRose 2010) ? Cette question est actuellement toujours débattue dans la littérature, depuis les travaux initiaux de Young (1996).

      Hypothèses avancées par les auteurs concernant l'utilisation massive des outils numériques mais qui ne sont pas l'objet de cet article.

    22. Quand les mobinautes ne pouvaient répondre à la sonnerie de leur téléphone, leur fréquence cardiaque et leur pression artérielle augmentaient. Dans cette situation, ils déclaraient ressentir de l’anxiété.

      N'est-ce pas une réaction normale à une sonnerie, un stimuli qui attend une réponse? Surtout s'il y a un enjeu.

    23. nous avons synthétisé les récents travaux publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture, essentiellement de langue anglaise, figurant dans les principales bases de données internationales (Psycinfo, Medline, Business Source Complete, Communication & Mass Media Complete (EBSCO), SocINDEX) en a) psychologie, psychologie sociale, sciences de l’éducation ; b) neurosciences et médecine (psychiatrie, pédiatrie, santé publique), c) sciences de la communication et marketing et sur Google Scholar4.

      Explication de la méthode de recherche

    24. le besoin de popularité et le besoin de reconnaissance sociale

      hypothèse des besoins que les socionautes viennent chercher sur les RSN besoin de popularité : on est le nombre de contacts besoin de reconnaissance : on est sur les échanges, les likes, etc... mais sans idée de quantité forcément.