8 Matching Annotations
  1. Last 7 days
    1. Document de Synthèse : Contrer l'Absentéisme au Secondaire

      Résumé Exécutif

      Ce document synthétise une approche innovante pour la gestion de l'absentéisme dans une école secondaire, développée et présentée par Véronique Sir, directrice d'établissement et candidate au doctorat.

      Le projet marque une transition fondamentale d'un modèle punitif, jugé lourd et inefficace, vers un modèle relationnel qui responsabilise et outille les enseignants.

      Cette nouvelle stratégie a permis de réduire de 50 % le nombre d'élèves présentant plus de 15 absences non motivées en une seule année scolaire.

      Au-delà des chiffres, la retombée la plus significative est l'amélioration notable de la relation entre les enseignants et les élèves, les premiers n'étant plus perçus comme des "polices de la retenue" mais comme des adultes bienveillants et soucieux de la présence de chaque jeune.

      La mise en œuvre s'est articulée en cinq étapes clés, incluant une analyse rigoureuse, la création d'un sous-comité stratégique, une approche pilote par "petits pas", une intégration systémique et un partage des connaissances.

      Le projet met en lumière l'importance du temps, de l'adhésion des équipes et de la focalisation sur le pouvoir d'agir collectif de l'école plutôt que sur des facteurs externes.

      Contexte et Problématique Initiale

      À l'arrivée de la nouvelle direction il y a trois ans, deux irritants majeurs étaient palpables et verbalisés par le personnel de l'école :

      1. Un manque de cohérence dans l'application du code de vie.

      2. Une gestion des absences perçue comme excessivement lourde et inefficace.

      Cette dernière tâche était si pesante que la majorité des enseignants souhaitaient s'en dégager.

      L'analyse initiale des données a permis de "neutraliser l'effet négatif" des perceptions en démontrant que le problème, bien que réel, ne concernait que deux ou trois élèves par groupe, et non une majorité comme il était parfois ressenti.

      Le Projet de Gestion des Absences : Une Approche Relationnelle

      Philosophie et Changement de Paradigme

      Le cœur du projet est un changement radical de philosophie, passant d'un système répressif à une approche humaine et proactive.

      D'un modèle punitif à un modèle relationnel : L'ancienne méthode, qui consistait à sanctionner l'absence (par exemple, par une retenue), est abandonnée au profit d'une démarche qui cherche à comprendre les causes de l'absence et à outiller l'élève.

      Comme le résume Mme Sir : "On est passé d'un modèle punitif à un modèle relationnel et outillé soutenu par des facilitateurs à l'école."

      Le rôle central de l'enseignant : Le projet repose sur l'implication directe des enseignants, qui deviennent les premiers intervenants.

      Ils sont responsables des sept premières interventions auprès de leurs élèves tuteurs, incluant deux appels aux parents pour les sensibiliser.

      Cette approche s'oppose au réflexe de déléguer cette responsabilité à l'équipe de soutien, reconnaissant qu'une poignée d'intervenants ne peut gérer efficacement les absences de plus de 900 élèves.

      La présence des enseignants est donc jugée "essentielle".

      Résultats Quantitatifs

      Le projet, axé sur une gestion par les résultats, a démontré un impact mesurable et significatif sur la réduction de l'absentéisme chronique non motivé.

      | Période | Contexte | Nombre d'élèves avec >15 absences non motivées | | --- | --- | --- | | Juin 2024 | Fin de la phase pilote (3 mois, 3 groupes sur 35) | Environ 120 élèves | | Juin 2025 | Fin de la première année complète (tous les groupes) | Environ 60 élèves | | 31 octobre 2025 | Début de l'année scolaire en cours | 6 élèves |

      Ces chiffres représentent une diminution d'environ 50 % des cas d'absentéisme chronique en un an.

      Il est noté que le mois de juin tend à augmenter le nombre d'absences, ce qui rend la comparaison encore plus probante.

      Le principal fait saillant est que tous les élèves de l'école (clientèle d'environ 950 jeunes) sont désormais connus et suivis, ne permettant à personne de "passer sous la craque".

      Les Cinq Étapes de la Mise en Œuvre

      Le cheminement réflexif du projet a été structuré en cinq phases distinctes, menées en collaboration avec des chercheurs universitaires.

      1. Analyse de la situation : La première étape a consisté à faire émerger des données factuelles pour objectiver les deux irritants majeurs (code de vie et gestion des absences).

      2. Création du sous-comité : Considérée comme le "cœur de la démarche", cette étape a impliqué la sélection stratégique de ses membres.

      Le comité inclut non seulement des personnes ouvertes au changement, mais aussi des enseignants plus critiques et des membres du personnel encore attachés au modèle punitif.

      L'objectif était de créer un espace de réflexion pour confirmer la fin du statu quo et construire une vision commune.

      3. Culture des "petits pas" : Pour gérer le changement, le projet a débuté par un pilote limité : trois groupes, trois enseignants volontaires, pendant trois mois.

      Ce n'est que la deuxième année que l'approche a été étendue à toute l'école.

      Cette phase a été marquée par des "allers-retours constants" et un "droit à l'erreur", permettant d'ajuster les moyens tout en gardant le cap sur la finalité (le modèle relationnel).

      4. Veilles et intégration systémique : Cette étape, imbriquée dans les autres, a consisté à ancrer le projet dans toutes les instances de l'école :

      Comité projet éducatif : Intégration d'indicateurs sur l'assiduité.   

      Plan de lutte contre la violence et l'intimidation : Favoriser un climat scolaire sécuritaire.  

      Assemblées générales : Véhiculer l'importance du projet, en faisant témoigner les "agents facilitateurs".  

      Rencontres de niveaux : Instaurer un point statutaire toutes les deux semaines pour suivre les élèves absentéistes.

      5. Partage à la communauté : La dernière étape consiste à diffuser le projet pour "faire gagner du temps" à d'autres équipes-écoles, évitant ainsi de réinventer des solutions existantes.

      Défis, Facteurs de Succès et Recommandations

      Défis Rencontrés

      La gestion du temps et des attentes : Les résultats ne sont pas immédiats.

      Comprendre les causes profondes de l'absentéisme prend du temps, ce qui peut être un défi dans une culture axée sur les résultats rapides.

      L'adhésion de l'équipe : La deuxième année, lorsque tout le personnel est impliqué, est cruciale et peut voir émerger plus de résistance.

      Le sous-comité joue un rôle fondamental pour accueillir ces résistances sans reculer.

      La gestion des cas chroniques : Certains élèves, aux prises avec des enjeux de santé mentale ou de démotivation scolaire importants, résistent aux interventions.

      L'implication des professionnels (psychoéducateurs, conseillers d'orientation) est ici fondamentale.

      Le roulement du personnel : L'arrivée de personnel non formé en pédagogie peut rendre la création de liens plus difficile, nécessitant un soutien accru de la part des "agents facilitateurs" internes.

      Principale Réussite : L'Amélioration de la Relation Enseignant-Élève

      Le gain le plus "magnifique" et le plus positif du projet est l'amélioration de la qualité des relations.

      Les enseignants ne sont plus vus comme des agents de sanction. Un enseignant a partagé une anecdote révélatrice :

      "Les élèves m'ont dit à plusieurs reprises cette année : 'Cou'donc, avez-vous une vie à part nous regarder à l'école ?'".

      Pour l'équipe, cette remarque est une "victoire", car elle signifie que chaque élève sait qu'au moins un adulte se soucie de sa présence.

      Erreurs à Éviter

      1. Aller trop vite : Le changement culturel et la compréhension des causes profondes de l'absence exigent du temps.

      2. Remettre le sort aux parents : Plutôt que de se concentrer sur les motifs d'absence (sur lesquels l'école a peu de contrôle), la discussion doit être réorientée vers le "pouvoir d'agir collectif" à l'interne.

      3. Utiliser les données à mauvais escient : Un outil de suivi (Power BI) a été développé pour fournir des données quotidiennes.

      La vigilance est de mise pour que ces données servent à comprendre et agir, et non à "masquer artificiellement" les problèmes ou à créer une compétition entre les écoles.

      Retombées Stratégiques et Pérennité du Projet

      Outre la baisse de l'absentéisme et l'amélioration des relations, le projet a généré plusieurs impacts positifs durables :

      Approche personnalisée : L'école est passée d'une généralisation ("tous les élèves de 4e secondaire s'absentent") à une analyse fine et personnalisée des besoins de chaque élève.

      Standardisation des interventions : Un protocole écrit garantit la qualité et la pérennité des interventions, indépendamment du personnel en place.

      Autonomisation et résilience des équipes : Les enseignants ont développé une autonomie ("empowerment") et une résilience face à la problématique, conscients de leur pouvoir d'agir collectif.

      Préparation à la croissance : La structure mise en place est comparée aux "fondations d'une maison", rendant l'école prête à accueillir une hausse de sa clientèle.

      Pérennité du modèle : Le projet est conçu pour être durable. L'objectif final est de développer une autonomie telle que le projet puisse survivre au départ de la direction actuelle.

      Comme le conclut Mme Sir : "demain matin si je pars comme direction d'établissement, le projet va survivre grâce à nos agents facilitateurs qui vont assurer la pérennité du projet."

    1. Pratiques Punitives en Milieu Scolaire : Analyse, Effets et Recommandations

      Résumé Exécutif

      Ce document de breffage synthétise les conclusions de l'expert Vincent Bernier, docteur en psychopédagogie, concernant les pratiques punitives en milieu scolaire, et plus particulièrement la suspension.

      La recherche, unanime depuis près de 50 ans, démontre que ces pratiques sont non seulement inefficaces, mais aussi profondément néfastes pour les élèves.

      Loin de corriger les comportements problématiques, elles les exacerbent et entraînent une cascade d'effets négatifs à court, moyen et long terme, incluant la détérioration du rendement scolaire, le décrochage, l'augmentation des inégalités sociales et des problèmes de santé mentale et physique graves.

      Face à ce constat, le document expose des alternatives fondées sur des approches éducatives qui visent à développer les compétences des élèves plutôt qu'à les sanctionner.

      Ces alternatives se déclinent en deux catégories : des pratiques concrètes de gestion de classe, comme les conséquences éducatives, et des programmes structurants d'alternative à la suspension. Six recommandations stratégiques sont formulées pour le système éducatif québécois, appelant à un changement de paradigme.

      Celles-ci incluent la sensibilisation du personnel, l'interdiction de la suspension externe sans service, et le financement de programmes alternatifs éprouvés, soulignant que l'investissement dans la prévention est socialement et économiquement plus judicieux que la gestion des conséquences coûteuses de l'inaction.

      --------------------------------------------------------------------------------

      1. Définition et Typologie des Pratiques Punitives

      Selon Vincent Bernier, professeur et chercheur à l'Université de Sherbrooke, il est essentiel de distinguer clairement les pratiques punitives des pratiques éducatives.

      Les pratiques punitives s'inscrivent dans une logique de répression plutôt que d'éducation.

      Leur objectif principal est d'infliger une sanction en réponse à une faute afin de dissuader l'élève de répéter un comportement.

      Ces pratiques se situent sur un continuum d'intensité et peuvent être regroupées en trois grandes catégories :

      Les punitions classiques : Ces mesures visent à sanctionner directement un élève.

      ◦ La copie de lignes ou de textes.   

      ◦ L'assignation de travaux supplémentaires.  

      ◦ Le retrait de privilèges ou de droits.

      Les pratiques d'exclusion : Ces mesures consistent à retirer l'élève d'une situation ou d'un milieu.

      ◦ La retraite de classe (qui peut être punitive ou éducative selon son application).   

      ◦ Les retenues. 

      ◦ La suspension scolaire (interne ou externe).

      Les punitions physiques : Bien que moins courantes au Québec, elles existent dans certains contextes.

      ◦ Les châtiments corporels.  

      ◦ La contention physique.

      En opposition, les pratiques éducatives visent à aider l'élève à développer ses compétences socio-émotionnelles, son autonomie et sa responsabilité par des mesures d'aide et de soutien.

      2. Les Effets Négatifs Documentés des Pratiques Punitives

      La littérature scientifique, québécoise et internationale, documente les effets des pratiques punitives depuis les années 1970 et est décrite comme "unanime" sur leurs conséquences négatives.

      Impacts Comportementaux et Académiques

      Contrairement à l'objectif visé, les pratiques punitives ne règlent pas les problèmes de comportement ; elles les aggravent.

      Escalade des comportements : On observe une détérioration et une aggravation des comportements problématiques chez les élèves exposés à ces pratiques.

      Désengagement scolaire : Les élèves développent des trajectoires d'évitement, une réduction de la motivation à apprendre et un désengagement progressif de l'école, menant souvent à l'absentéisme.

      Baisse du rendement : Une diminution significative du rendement scolaire est fréquemment constatée.

      Décrochage scolaire : La suspension scolaire est fortement corrélée au risque de décrochage.

      Conséquences Sociales et Relationnelles

      Ces pratiques endommagent le lien entre l'élève et l'école.

      Relations négatives : Elles contribuent au développement de relations conflictuelles et négatives avec le personnel scolaire.

      Sentiment d'exclusion : Les élèves se sentent isolés, mis de côté et exclus, ce qui renforce leur marginalisation.

      Affiliation à des pairs déviants : L'exclusion du milieu scolaire augmente le risque d'affiliation à des groupes de pairs déviants et l'enrôlement potentiel dans des gangs de rue.

      Exacerbation des Inégalités

      Les pratiques punitives ne sont pas appliquées uniformément et ont pour effet d'aggraver les inégalités sociales, socio-économiques et culturelles existantes.

      Marginalisation des groupes vulnérables : Elles touchent de manière disproportionnée certains groupes, notamment :

      ◦ Les garçons. 

      ◦ Les élèves ayant des difficultés d'apprentissage.  

      ◦ Les minorités ethniques.  

      ◦ Les élèves issus de milieux défavorisés.

      Effets à Long Terme et sur la Santé

      Les études longitudinales démontrent que les conséquences de l'exposition à ces pratiques se prolongent bien au-delà de la période scolaire et affectent la santé globale des individus.

      Santé mentale et physique : Une diminution du bien-être général est observée, avec des risques accrus de :

      ◦ Dépression.  

      ◦ Consommation de drogues.  

      ◦ Automutilation.  

      ◦ Grossesses à risque.

      Judiciarisation : Le risque d'arrestation à l'âge adulte est plus élevé pour les élèves ayant été fréquemment suspendus.

      3. Alternatives aux Pratiques Punitives : Une Approche Éducative

      Pour remplacer les pratiques punitives, deux grandes catégories d'alternatives sont proposées, toutes deux centrées sur l'éducation et le développement de compétences.

      Catégorie 1 : Pratiques Éducatives Concrètes

      Ces alternatives peuvent être mises en œuvre quotidiennement par le personnel scolaire pour prévenir et gérer les écarts de conduite.

      Enseignement explicite des comportements attendus.

      Stratégies de gestion de classe proactives (ex: précorrection, proximité).

      Développement de l'autorégulation (ex: autoévaluation, autotraitement).

      Mise en place de conséquences éducatives : Cette approche est particulièrement efficace. Elle se distingue de la punition par sa finalité.

      La maxime qui la guide est que "la sanction elle est pas là pour faire mal mais elle est là pour faire sens".

      Logique et naturelle : La conséquence découle directement du comportement problématique.  

      Réparatrice : Elle vise à réparer le tort causé.  

      Responsabilisante : Elle implique l'élève dans la solution et l'aide à assumer ses responsabilités.  

      Éducative : Elle est présentée comme une mesure d'aide et une occasion d'apprentissage pour développer des compétences.

      Catégorie 2 : Alternatives Structurantes

      Ces approches sont plus globales et s'appliquent à l'échelle de l'école ou du centre de services scolaire.

      Programmes d'alternative à la suspension scolaire :

      Ces programmes, souvent menés par des organismes externes comme le YMCA, offrent un cadre structuré aux élèves qui auraient autrement été suspendus à la maison sans services.

      Fonctionnement :     

      Matin : Réalisation des travaux scolaires envoyés par l'école.     

      Après-midi : Participation à des groupes animés pour développer des compétences spécifiques (socio-émotionnelles, résolution de conflits, etc.).  

      Efficacité prouvée : Les études sur ces programmes démontrent des effets positifs à court et moyen terme, incluant une amélioration des comportements et une diminution du recours futur à la suspension.

      4. Recommandations Stratégiques pour le Système Éducatif Québécois

      Vincent Bernier formule six recommandations claires pour systématiser le passage d'une approche punitive à une approche éducative au Québec.

      | N° | Recommandation | Description | | --- | --- | --- | | 1 | Sensibiliser le personnel scolaire | Il est impératif d'informer l'ensemble du personnel scolaire sur les effets négatifs documentés des pratiques punitives afin de créer une prise de conscience collective. | | 2 | Soutenir le développement professionnel | Offrir de la formation continue pour outiller le personnel avec des pratiques alternatives efficaces et pour déconstruire les croyances erronées sur l'efficacité des punitions. | | 3 | Interdire la suspension externe sans services | Modifier les règlements d'école, les codes de vie et la Loi sur l'instruction publique pour interdire formellement la suspension scolaire à l'externe (à la maison) sans aucune mesure d'aide ou de soutien. | | 4 | Recadrer la suspension comme mesure de dernier recours | Si une suspension est inévitable, elle doit être utilisée de manière constructive : soit à l'interne avec des services et des mesures d'aide, soit à l'externe mais en référant l'élève à un programme d'alternative structuré. L'objectif doit être de "servir plutôt que de sévir". | | 5 | Financer et déployer les programmes alternatifs | Investir dans le déploiement de programmes d'alternative à la suspension, via des organismes communautaires locaux, pour que chaque école au Québec puisse avoir accès à ce type de service. | | 6 | Consigner systématiquement les suspensions | Mettre en place un système provincial pour consigner toutes les suspensions (internes et externes) afin d'obtenir un portrait juste et clair du phénomène (fréquence, durée, profils d'élèves) et ainsi prendre des décisions éclairées. |

      5. Conclusion : L'Urgence d'un Virage vers la Prévention

      La discussion met en lumière une réalité documentée depuis un demi-siècle : les pratiques punitives sont contre-productives.

      L'expert souligne que le Québec doit réfléchir aux services qu'il souhaite offrir à ses jeunes.

      Il est démontré que le coût sociétal de l'inaction (gestion de la criminalité, des problèmes de santé mentale, du décrochage) est largement supérieur au coût d'investissement dans des mesures de prévention et des programmes alternatifs.

      Le passage d'une culture de la punition à une culture du soutien n'est pas seulement une question de bienveillance, mais une décision stratégique et économique pour l'avenir.

    1. Note de Synthèse : La Violence à l'École et les Stratégies d'Intervention Efficaces

      Résumé Exécutif

      Cette note de synthèse analyse les propos de Claire Baumont, Docteure en psychopédagogie, sur la violence en milieu scolaire.

      L'idée maîtresse est que la perception d'une augmentation généralisée de la violence dans les écoles n'est pas étayée par des données probantes, mais plutôt alimentée par une couverture médiatique alarmiste.

      Le monitorage national québécois (2013-2019) n'a pas confirmé cette hausse et a même noté de légères améliorations.

      La professeure Baumont insiste sur l'importance de « l'effet établissement » : la nécessité pour chaque école de baser ses interventions sur les faits observés localement, là où le personnel a un pouvoir d'action réel, plutôt que sur des moyennes nationales ou des récits extérieurs.

      L'analyse révèle également que les formes d'agression les plus rapportées ne sont pas toujours celles attendues.

      Les comportements d'humiliation et les regards méprisants de la part des adultes envers les élèves, ainsi que les agressions entre collègues, se classent parmi les plus fréquents (3e ou 4e position), bien avant la cyberintimidation.

      Les stratégies d'intervention les plus efficaces ont évolué, passant d'approches punitives inefficaces à des approches systémiques axées sur le climat scolaire et, plus récemment, sur le développement des compétences socio-émotionnelles des élèves et du personnel.

      La clé réside dans le renforcement des relations par des actions quotidiennes et la responsabilisation du personnel scolaire en tant que modèles.

      1. L'Expertise de Claire Baumont

      L'analyse est fondée sur les perspectives de Claire Baumont, une experte reconnue dans le domaine :

      Formation et expérience : Docteure en psychopédagogie, elle a été psychologue scolaire et clinicienne auprès de jeunes avec d'importants problèmes d'adaptation.

      Carrière académique : Professeure associée au Département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage de l'Université Laval.

      Recherche de pointe : Elle a dirigé la Chaire de recherche sur le bien-être et la prévention de la violence à l'école (2012-2023) et le premier monitorage national de la violence dans les écoles québécoises (2013-2019).

      Objectif : Ses recherches visent à améliorer la qualité de vie des élèves et du personnel scolaire.

      2. Mythes et Réalités : La Montée de la Violence Scolaire

      Un thème central de la discussion est la remise en question de la perception d'une augmentation de la violence dans les écoles.

      Une narration médiatique persistante : La professeure Baumont souligne que les médias rapportent une "montée de la violence" depuis près de 40 ans, souvent en généralisant à partir d'événements ponctuels et en créant un climat d'insécurité.

      Absence de preuves empiriques : Le monitorage national mené entre 2013 et 2019, utilisant des outils standardisés, n'a pas réussi à prouver une augmentation de la violence.

      Au contraire, il a révélé de "légères améliorations".

      Situation actuelle : Il n'existe pas de portrait national récent pour confirmer ou infirmer une hausse depuis 2019-2020.

      Il est donc crucial de garder un esprit critique face aux discours ambiants.

      La volatilité des données locales : Le suivi de certaines écoles a montré que la situation peut évoluer rapidement.

      Un établissement peut voir son taux de violence augmenter en quelques années, tandis qu'un autre peut s'améliorer.

      Cela démontre que les moyennes nationales ne sont pas représentatives de la réalité de chaque milieu.

      3. Le Concept Clé : L'Effet Établissement

      Face à l'incertitude des données nationales et à l'influence des facteurs externes, la professeure Baumont met en avant le concept de « l'effet établissement » (ou « effet école »).

      Définition : Il s'agit de se concentrer sur les composantes et les interventions sur lesquelles le personnel scolaire a un pouvoir d'action direct au sein de son propre établissement.

      Principe d'action : La première étape est d'ajuster les interventions sur la base de ce qui est réellement observé dans l'école, et non sur des perceptions externes.

      Autonomisation : Cette approche permet aux intervenants de se centrer sur des solutions concrètes et de ne pas se laisser démoraliser par des facteurs hors de leur contrôle.

      Elle place l'intervenant comme le "premier décideur" de ses actions avec les ressources dont il dispose.

      4. Les Dimensions de la Violence Scolaire

      La violence en milieu scolaire est un phénomène complexe et multifactoriel, dont les manifestations dépassent les agressions entre élèves.

      4.1. Une Problématique Multifactorielle

      La violence s'explique par une interaction de facteurs à plusieurs niveaux :

      Globaux : Les conflits mondiaux et les guerres (une personne sur huit sur la planète serait en situation de guerre en décembre 2024) contribuent à un sentiment d'insécurité généralisé.

      Sociétaux : Les différences culturelles et religieuses peuvent être des sources de tension.

      Communautaires : La vie dans le quartier et la situation familiale des élèves influencent leurs comportements à l'école.

      Institutionnels : La formation du personnel scolaire joue un rôle.

      Malgré ces multiples facteurs, l'effet établissement demeure le levier d'action le plus pertinent pour les intervenants.

      4.2. Les Comportements d'Agression : Au-delà des Élèves

      L'analyse des types de violence révèle une réalité souvent sous-estimée : l'impact du comportement des adultes.

      Violence des adultes envers les élèves : Selon des données de 2024, les comportements d'humiliation et les regards méprisants de la part des adultes se classent en 3e ou 4e position des agressions les plus rapportées par les élèves, surtout au secondaire.

      Ces actes incluent les cris et les punitions humiliantes.

      Violence entre adultes : Le personnel scolaire rapporte également subir des agressions de la part de collègues.

      Les insultes et l'exclusion des réunions se classent aussi en 3e ou 4e position des comportements d'agression subis par les enseignants.

      Un constat surprenant : Ces formes de violence relationnelle et psychologique sont rapportées bien plus fréquemment que la cyberintimidation, qui est souvent perçue comme un problème majeur.

      L'impact de ces comportements d'adultes sur le climat scolaire et la qualité de l'enseignement est considérable.

      5. Stratégies d'Intervention : Évolution et Bonnes Pratiques

      Les approches pour prévenir et gérer la violence ont évolué au cours des 50 dernières années.

      | Étape d'Évolution | Approche Principale | Limites et Constats | | --- | --- | --- | | Approches initiales | Programmes ciblés sur les agresseurs, basés sur la punition. | Inefficaces. "On s'est rendu compte que les punitions ça la prenait pas aux enfants de bons comportements." | | Développement | Approches globales et systémiques axées sur l'amélioration du climat scolaire. | Plus efficaces, mais peuvent être complétées. | | Approches récentes | Focalisation sur le bien-être des élèves, puis sur celui des élèves ET du personnel scolaire. | Agir sur les sources du mal-être pour prévenir la violence. | | Approche actuelle | Développement des compétences socio-émotionnelles pour tous (élèves et personnel). | Apprendre l'autorégulation, l'expression des désaccords et le savoir-être. Le personnel adulte agit comme un modèle essentiel. |

      Le modèle actuel met l'accent sur le rôle crucial des adultes.

      La relation qu'ils établissent avec les jeunes, basée sur leurs propres compétences socio-émotionnelles, est un facteur déterminant pour un climat scolaire positif.

      6. Recommandations Finales pour une Action Efficace

      Pour intervenir de manière constructive, la professeure Baumont propose une série de principes directeurs :

      1. Baser les interventions sur des faits observés localement : Se concentrer sur les dynamiques propres à son établissement pour un maximum d'impact (« effet établissement »).

      2. Impliquer les élèves et le personnel : Faire participer l'ensemble de la communauté scolaire aux décisions favorise le sentiment d'appartenance, l'engagement, l'entraide et la collaboration.

      3. Agir avec les ressources disponibles : Plutôt que d'attendre des décisions ou des ressources gouvernementales, il est essentiel d'agir proactivement avec les moyens à disposition.

      "Je suis la première personne qui peut décider de ce que je fais avec ce que j'ai."

      4. Privilégier la fréquence à l'intensité : Le plus important n'est pas de réaliser de grandes activités ponctuelles, mais de poser de petits gestes significatifs au quotidien.

      Il faut "savoir-faire souvent" pour renforcer durablement les relations entre adultes et élèves.

  2. Mar 2025
    1. Présentation de Didier Fassin intitulée "Re-Imagining Punishment (8)" tiré de la transcription vidéo, avec des estimations de timestamps** basées sur la structure du texte :

      • Introduction (environ 0:00 - 1:30) :

      Didier Fassin explique que cette rencontre est une exception à la règle du Collège de France d'utiliser le français, car elle permet de découvrir des pratiques et réflexions internationales sur la punition.

      Il souligne que cet événement est accessible en ligne, notamment sur YouTube, permettant ainsi à un public non francophone de suivre ces réflexions.

      • Premier point : Nous sommes toujours dans un moment punitif (environ 1:30 - 3:00) :

      Malgré une diminution des taux d'incarcération dans de nombreux pays européens et aux États-Unis, Fassin rappelle que ces taux restent beaucoup plus élevés qu'ils ne l'étaient dans les années 1960 ou 1970. Nous sommes donc toujours dans un moment que l'on peut qualifier de punitif.

      • Deuxième point : Absence de corrélation entre crime et punition (environ 3:00 - 5:30) :

      Il n'existe pas de corrélation statistique nécessaire entre le crime et la punition, et l'on peut même douter d'un lien analytique nécessaire. L'exemple de la Finlande, qui a divisé par trois son taux d'incarcération sans augmentation de la criminalité, et celui de l'Angleterre, qui a vu sa population carcérale augmenter proportionnellement à la criminalité, illustrent ce point. Cette observation remet en question le sens commun et invite à une réflexion sur le lien entre le type de crime et le type de punition.

      • Troisième point : Complexité des facteurs expliquant l'évolution de la population carcérale (environ 5:30 - 7:30) :

      Les raisons de l'évolution des populations carcérales, y compris les diminutions observées, sont multiples et complexes, et peuvent ne pas être complètement comprises. La présentation a permis une compréhension plus riche de cette évolution, notamment en ce qui concerne le modèle nordique, caractérisé par un faible taux d'incarcération mais un nombre élevé d'entrées en prison, ce qui soulève des questions sur la désocialisation. Le simple fait d'entrer en prison, même pour une courte durée, a des conséquences importantes.

      • Quatrième point : Question de la visibilité et de la visibilisation de l'incarcération (environ 7:30 - 10:00) :

      La conversation se concentre souvent sur la prison liée à l'activité criminelle, mais il existe d'autres formes d'enfermement, notamment celle des migrants sans papiers, qui sont parfois incarcérés illégalement. Il est important de considérer également la "punition par ricochet" qui affecte les familles et les communautés des personnes incarcérées. La décision d'un juge d'emprisonner une personne a des répercussions sur tout son entourage.

      • Cinquième point : Distribution, inégalité et "punissabilité" (environ 10:00 - 12:30) :

      La question de savoir qui est puni implique de comprendre ce qui est puni et qui est considéré comme "punissable". Ce concept de "punissabilité" est lié à la position sociale, raciale et de genre des individus. La punition est un élément crucial dans la reproduction des inégalités.

      • Sixième et dernier point : Susciter l'imagination et réflexion sur l'abolition de la prison (environ 12:30 - fin) :

      L'analyse des politiques et tendances en Europe et les exemples inspirants d'histoire, d'ethnographie et d'études communautaires ouvrent des perspectives.

      Fassin conclut en citant une réflexion de Claude Lévi-Strauss dans Tristes Tropiques qui compare nos pratiques de justice et de prison à l'anthropophagie, et souligne l'horreur qu'inspirerait à des sociétés dites primitives l'isolement des individus dangereux hors du corps social.

      Lévi-Strauss notait que ces sociétés privilégiaient la réparation des liens sociaux par un système de dettes et de dons. Fassin invite à imaginer la critique que Lévi-Strauss aurait pu faire de notre système carcéral actuel, considérant l'augmentation considérable du nombre de détenus depuis la publication de son ouvrage en 1955.

  3. Feb 2025
    1. Voici une checklist pour vérifier la bonne pratique de l'utilisation des sanctions comme outil éducatif, en tenant compte des informations fournies par la source:

      • Avant la sanction :

        • Vérifier si le comportement est lié à un trouble spécifique de l'élève. Il est essentiel de prendre en compte les difficultés propres à chaque élève afin de ne pas sanctionner un comportement qui est directement relié à un trouble.
        • S'assurer que les règles sont claires et connues de tous. Les règles doivent être déterminées au préalable et expliquées au groupe.
        • Privilégier la sanction à la punition. La sanction est une réponse à une transgression basée sur des règles connues, tandis que la punition est une réaction émotionnelle et subjective.
        • Avoir un entretien avec l'élève. Un entretien avec l’élève est un préalable indispensable afin que celui-ci comprenne les objectifs, ce que l’on attend de lui pour la suite.
      • Pendant l'annonce de la sanction :

        • Annoncer la sanction de manière neutre. L’annonce doit être faite de façon neutre pour tous les élèves, sans tonalité affective ni émotionnelle.
        • Différer l'annonce si nécessaire, surtout pour les élèves ayant des difficultés d'expression comportementale (DEC). On peut proposer simplement à l’élève de rester à la fin de la classe pour échanger sur son comportement et lui énoncer la sanction.
        • Dans les situations graves, impliquer l'équipe éducative et éventuellement les parents. La sanction devra être prononcée par un autre enseignant, ce qui montre la communication et la cohésion de l’équipe éducative, et augmente l’autorité des adultes.
      • Types de sanctions :

        • Éviter les sanctions qui confrontent directement l'élève à sa difficulté. Par exemple, ne pas faire copier des lignes à un élève dysgraphique.
        • Privilégier les sanctions réparatrices. Certains établissements proposent des travaux civiques comme nettoyer la classe.
        • Envisager l'exclusion temporaire de classe avec prudence. L'exclusion temporaire de classe peut être envisagée s’il n’y a pas de risque d’escalade et si cela a été travaillé en amont avec le jeune et l’équipe éducative.
        • Manier l'exclusion temporaire de l'établissement avec précaution. Tant que possible il est nécessaire de maintenir le jeune sur l’établissement scolaire, et un système d’exclusion-inclusion est à privilégier.
      • Après la sanction :

        • Inscrire la sanction dans un projet de remédiation. Rendre l’élève acteur du suivi de son comportement par des dispositifs qui pourront varier d’un établissement à l’autre permettra, si sanction il y a, de davantage faire sens.
        • Mettre en place un tutorat si nécessaire. Des entretiens réguliers sont prévus pour permettre de faire le point, constater les avancées et les objectifs à atteindre.
        • Travailler en collaboration avec les familles. Travailler avec les familles va conditionner la réussite et l’intérêt des sanctions posées par l’établissement scolaire.
      • Suivi et ajustement :

        • Évaluer l'efficacité de la sanction. Chez les élèves n’ayant pas de difficulté spécifique leur application se révèlera simple, avec des résultats rapides.
        • Ajuster les réactions aux difficultés. Pour un certain nombre de difficultés, l’élève peut garder un contrôle même si c’est plus difficile pour lui que pour les autres élèves.
        • Être prêt à renégocier les règles si nécessaire. Des espaces de (re)négociation et de retour sur l’action permettent de faire évoluer les règles de la classe en fonction des besoins identifiés par le groupe classe ou l’enseignant.

      En suivant cette checklist, il est possible de mettre en place des sanctions qui soient à la fois justes, efficaces et adaptées aux besoins spécifiques de chaque élève, tout en maintenant un environnement d'apprentissage positif et respectueux.

    2. Voici un document de synthèse pour un briefing sur l'utilisation des sanctions comme outil, en tenant compte des besoins spécifiques de chacun :

      • Distinction entre punition et sanction : Il est important de différencier la sanction, qui est une réponse à une transgression basée sur des règles connues et discutées, de la punition, qui est souvent une réaction émotionnelle et subjective. La sanction vise à freiner un comportement inacceptable et à initier un changement, tandis que la punition risque de culpabiliser l'élève et d'avoir l'effet inverse de celui attendu.

      • Objectifs des sanctions : Les sanctions visent à garantir le respect des règles établies. Pour les élèves sans difficultés spécifiques, l'application des sanctions est généralement simple et rapide. Cependant, pour les élèves ayant des difficultés d'expression comportementale (DEC), la mise en place des sanctions est plus complexe, bien que la règle et la sanction restent les mêmes pour tous.

      • Risques et limites des sanctions : Il existe plusieurs risques associés à l'utilisation des sanctions, notamment une baisse de la motivation et de l'engagement scolaire de l'élève, une augmentation des comportements problématiques, une rupture du lien entre l'élève et l'équipe éducative, et un risque de rupture du lien de confiance avec la famille. De plus, une perturbation de la classe et un risque de violence peuvent survenir.

      • Ajustement des réactions aux difficultés des élèves : Il est crucial de prendre en compte les difficultés propres à chaque élève afin de ne pas sanctionner un comportement directement lié à un trouble. Pour les difficultés où l'élève a un certain contrôle, une sanction adaptée peut être appliquée, tout en tenant compte de ses besoins spécifiques. Il est souvent plus efficace de diminuer le nombre de comportements à sanctionner pour donner plus de sens à la sanction. Les comportements qui compromettent le respect et la sécurité doivent toujours être sanctionnés.

      • Comportements à ne pas sanctionner : Il ne faut pas sanctionner un comportement directement lié à un trouble, comme l'instabilité motrice, les difficultés d'attention, ou les difficultés d'écriture.

      • Comportements à sanctionner: Les comportements qui compromettent le respect (de l’adulte, des autres élèves) et la sécurité (de l’élève lui-même, ou des autres) doivent faire l’objet de sanctions.

      • L'annonce de la sanction : L'annonce de la sanction doit être faite de manière neutre, sans tonalité émotionnelle. Pour les élèves ayant des difficultés d'expression comportementale, il peut être utile de différer l'annonce pour éviter les réactions impulsives et les escalades. Dans les situations qui mettent à mal l'institution scolaire, il est conseillé de différer l'annonce et de la faire en équipe, éventuellement en associant les parents.

      • Types de sanctions à éviter : Il faut éviter de confronter l'élève directement à sa difficulté, comme faire copier des lignes à un élève dysgraphique. La privation de sortie collective n'est pas une sanction possible.

      • Types de sanctions à choisir : L'exclusion temporaire de classe peut être envisagée si elle a été travaillée en amont avec le jeune et l'équipe éducative. Les sanctions réparatrices, comme nettoyer la classe ou effectuer des travaux civiques, sont également intéressantes. Les heures de retenue peuvent être utiles si elles permettent à l'élève de rattraper son travail scolaire.

      • Sanction à manier avec précaution : L'exclusion temporaire de l'établissement expose à un double risque : renforcement positif d'un comportement inadapté et exposition à des risques. Il est préférable de maintenir le jeune dans l'établissement scolaire et de privilégier un système d'exclusion-inclusion.

      • Inscrire la sanction dans un projet de remédiation : Rendre l'élève acteur du suivi de son comportement par des dispositifs tels que des fiches de suivi ou des contrats hebdomadaires permettra de donner plus de sens à la sanction. Un entretien avec l'élève est indispensable avant toute sanction pour qu'il comprenne les objectifs et ce que l'on attend de lui. La mise en place d'un tutorat par un adulte peut également être utile.

      • Travailler avec les familles : Travailler avec les familles est essentiel pour la réussite des sanctions et pour renforcer l'autorité de l'équipe éducative. Il est important de communiquer sur les bons comportements et les progrès de l'élève, ainsi que sur les comportements problématiques, en recontextualisant précisément ce qui s'est passé. Les parents doivent être placés dans un rôle de partenaires et associés aux projets pour l'élève.

    1. À partir des informations contenues dans les sources et notre conversation, voici des éléments de synthèse pour un briefing sur l'autorité à l'école et les pratiques disciplinaires :

      • Contexte actuel : Le ministère de l’Éducation nationale a lancé une concertation sur le respect de l’autorité à l’école. Les discours sur l'autorité évoquent un passé nostalgique où les problèmes étaient mieux gérés.

      • Historique et fondements de l'autorité à l'école républicaine :

        • La IIIe République a accordé une grande attention à la discipline, avec une commission spéciale sur le sujet dès 1888.
        • L'objectif était d'apprendre à l'élève à « se gouverner lui-même ».
        • La discipline devait viser à améliorer, et non à mater, en faisant respecter et aimer la règle.
        • Les sanctions physiques et les mesures répressives étaient à éviter, privilégiant un caractère moral et réparateur.
        • L'importance du collectif était mise en avant pour former les jeunes à se régler sur des règles communes, plutôt que d'obéir à l'arbitraire d'un maître. Un registre des sanctions disciplinaires était préconisé.
      • Les bonnes pratiques actuelles (issus de notre conversation précédente):

        • Distinguer punitions scolaires et sanctions disciplinaires : Les punitions concernent les manquements mineurs, tandis que les sanctions disciplinaires concernent les atteintes graves aux personnes ou aux biens [voir conversation history].
        • Punitions scolaires : Elles doivent être éducatives, proportionnées et appliquées en temps réel [voir conversation history]. Les parents doivent être informés [voir conversation history].
        • Sanctions disciplinaires : Elles doivent favoriser la responsabilisation de l'élève et sont prononcées par le chef d'établissement ou le conseil de discipline [voir conversation history]. Elles sont inscrites au dossier administratif de l'élève et peuvent faire l'objet d'un recours [voir conversation history].
      • Climat scolaire et justice des règles :

        • Un climat scolaire positif est lié à la clarté et à la justice dans l'application des règles.
        • L'arbitraire peut engendrer un sentiment d'injustice et nourrir la violence.
      • Importance du collectif :

        • Les succès dans la réduction des violences scolaires passent par des mises en œuvre collectives.
        • La communication et le travail d'équipe entre enseignants et administration améliorent le moral des enseignants et réduisent le désordre.
      • Orientations pour l'avenir :

        • Il est nécessaire de s'orienter vers des solutions ad hoc en matière d'autorité et de sanctions, en tenant compte de la légitimité et de l'efficacité éducative.
        • Il faut sortir des traditions qui persistent dans le monde de l'école.

      En résumé, le briefing devrait insister sur l'importance d'une approche éducative et collective de l'autorité, privilégiant la justice, la clarté des règles et la responsabilisation des élèves, tout en s'éloignant des pratiques arbitraires et purement répressives.

  4. Apr 2023