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  1. Jul 2020
    1. Illustrons ce processus avec les résultats d’une recherche empirique qualitative que nous avons réalisée sur les réactions des fans au décès de Michael Jackson (Fourquet-Courbet, Courbet, 2012). Nous avons montré que les RSN jouent un rôle ambivalent dans leur gestion du deuil. Si les RSN ont été psychologiquement utiles aux fans dans les premiers jours qui ont suivi le décès pour obtenir des informations et partager socialement leurs émotions, il semble toutefois qu’à plus long terme, leurs usages fréquents et prolongés ont freiné la résolution du deuil chez certains. Retourner fréquemment et pendant un long délai après le décès sur les RSN et pages de fans, comme l’ont fait de nombreux fans, conduit à régulièrement re-générer et ruminer des pensées négatives, à augmenter la fréquence et l’intensité des émotions négatives ressenties. Si communiquer et exprimer sa tristesse est nécessaire dans le premier stade du deuil, notamment pour obtenir empathie et soutien sociaux pour « faire son deuil », cette phase ne doit pas être trop longtemps entretenue. Or les RSN incitant à prolonger cette phase semblent ralentir la gestion du deuil (Courbet, Fourquet-Courbet, 2014). Certes, si les deuils sont heureusement rares dans la vie quotidienne, l’entretien des ruminations et émotions négatives peut se retrouver dans d’autres circonstances, par exemple, à la suite d’une séparation amoureuse. Des consultations fréquentes des pages de l’être aimé(e) perdu(e) sur les RSN pourraient empêcher d’accepter la fin de la relation.

      Les auteurs citent pour la première fois leur propre recherche afin de nuancer le rôle des RSN dans la gestion du deuil. Si l'effet pratique à court terme peut être bénéfique, l'usage abusif sur le long terme conduit à des ruminations.

      Par ailleurs les auteurs appliquent de façon inductive l'analyse faite de la situation du deuil à d'autres circonstances telles que celle de la séparation. Si l'argument est plausible, aucune recherche n'est cependant citée pour le soutenir.

    2. L’étude The World Unplugged a demandé à un millier d’étudiants provenant d’une douzaine d’universités des cinq continents, de faire l’expérience de 24h de déconnexion médiatique (Moeller et al., 2012). Les résultats ont été univoques : une nette majorité d’étudiants a admis l’échec pur et simple de leurs efforts de déconnection. Beaucoup d’entre eux se sont alors auto-déclarés « addicts » aux médias et technologies de communication numérique. 6Ces conclusions ne sont pas étonnantes au regard des travaux de Hofmann et ses collègues (2012). En effet, parmi les multiples besoins et désirs que nous avons au quotidien (manger, boire, dormir, fumer, avoir des contacts sociaux, besoin d’hygiène, faire du sport…), le désir d’utiliser les médias (consulter ses e-mails, surfer sur le Web, aller sur les RSN, regarder la télévision) est celui pour lequel notre capacité de résister serait la plus faible. Non seulement le désir d’utiliser les médias serait plus fort et plus fréquent dans une journée que, par exemple, le désir de tabac, mais il serait, en outre, plus difficile à contrôler que les désirs de manger ou d’avoir des activités sexuelles (voir figure 1).

      Argument épistémique inductif qui applique le résultat de la recherche de Hoffman et ses collègues afin d'expliquer l'échec de l'effort de déconnection des sujets de l'étude The World Unplugged. L'argument semble valide mais peu de détails sont apportés quand on conditions de l'étude et les raisons de l'échec par les étudiants. Enfin l'échec est "admis" par les étudiants, mais est-ce vraiment le résultat confirmé selon des critères d'évaluation pré-établis ?

  2. Jun 2020
    1. La diffusion de ces technologies permettra de faire reculer la dépendance dite évitable et de limiter le nombre d'hospitalisations indues, en augmentant fortement les possibilités de soutien à domicile des âgés", explique-t-elle.

      Argument d'un autre protagoniste en faveur du numérique. Argument épistémique inductif

    1. des expériences ont montré que les enfants autistes portaient beaucoup d'intérêt aux robots

      Argument: les enfants autistes prêtent attention aux robots.

      Il est mention d'expériences (dont il manque malheureusement les références) qui le prouvent. A partir d'exemples, l'auteur induit donc quelque chose de plus général

    1. Le nombre faramineux des messages postés par ses soins sur le forum est le gage de son autorité et de sa fiabilité. Les rôles sont établis, la hiérarchie est claire : la néophyte se laisse conduire par la modératrice et on la retrouvera quelques jours après à la nouvelle adresse de la communauté en ligne.

      L'effet de groupe peut faire effet miroir dans la pathologie et permet la libre expression. Quant aux postulant(e)s pour entrer dans ce groupe dont on parle comme à des ami(e)s, même si cela permet de ne plus être isolée dans la maladie, cela ne permet pas forcément de se sentir isoler socialement même si on est actif dans le groupe. On parle de cotation de sites...quel rôle joue l'ami(e) dans ces circonstances ?

    2. Leurs sites web sont utilisés comme des véhicules d’entraide, de rencontre avec d’autres personnes vivant avec des troubles alimentaires, ou bien de débat avec des personnes non atteintes.

      Ce qui va dans un sens le va aussi dans l'autre. Certaines patientes peuvent aussi témoigner "en cachette" puis en pleine conscience quand leur état de santé le permet (ou le permettra) sur des sites médicaux d'aide et entre-aide. Enfine.

    1. Résultats ? Il semblerait que l’on ne parle pas de la même chose dans tous les contextes, à tous les types de destinataires.

      Selon l'auteure, la communication d'information dépendrait du contexte.

  3. Apr 2020
    1. la dépendance est liée à la nécessité d’un tiers pour effectuer des gestes de la vie courante (s’habiller, faire sa toilette, manger, se déplacer). Cette forme de handicap et le placement dans ces institutions induit un enclavement social fort pour les personnes âgées.

      Cette définition de la dépendance et des conséquences qui en découlent, pose efficacement le contexte !

      Je me permettrai juste d'interroger un élément : à quel point le placement en institution est-il facteur d'enclavement social ? Une des missions des EHPAD n'est-elle pas la lutte contre l'isolement ?

    2. le système peut donner l'occasion à l'individu d'être identifié et pris en compte par autrui grâce à l'usage d'un dispositif innovant. Il peut également se comparer et se définir par rapport aux autres et ainsi se situer dans le champ social. Il peut de nouveau exister et être pris en considération par rapport à cette nouvelle activité par sa famille, ses amis, etc... qui lui apporteront un meilleur soutien social. La nature des relations, dans ses formes et dans ses modalités, peut également prendre à cette occasion une nouvelle dimension : les échanges virtuels par le biais de l'internet (messagerie, groupe de discussion...) vont permettre d'instaurer une plus grande proximité avec ses proches

      Les auteurs annoncent ici les effets attendus sur la nature de la relation inter-individuelle qui va se développer grâce à l'utilisation du logiciel.

    3. L’outil peut permettre d'évaluer la nature et l'évolution de ses compétences sociales, de ses compétences cognitives et ainsi développer une meilleure estime de soi. Cette estime de soi sera un facteur motivationnel très important dans lamesure où elle peut favoriser la réalisation personnelle et l'intégration sociale de la PA. A l'opposé, la dépréciation de soi favorisera la diminution du niveau d'aspiration du sujet. Avec diverses conséquences, notamment sur l'affaiblissement des projets de vie et de l'investissement personnel de la PA, ainsi que sur son désir d'intégration sociale.

      Ici, les effets attendus de l'outil, au niveau individuel. L'attention sera particulièrement portée sur l'estime de soi.

    4. En somme, la technologie risque d'accentuer l'exclusion sociale des PA, alors même qu'elle laissait entrevoir de formidables opportunités pour l'amélioration de leur qualité de vie.

      Ce constat, basé sur des statistiques et ouvrage, va à l'opposé de ce que cherchent à démontrer les auteurs.

    5. Or, cette marginalisation sociale se trouve actuellement (et plus encore demain) accentuée par la fracture numérique dans la mesure où la plupart des services (administratifs, bancaires, d'achat, médicaux...), des modalités d'interaction, des ressources (d'information) sont de plus en plus délivrés par des supports virtuels et médiatisés. Selon l'enquête Médiamétrie2 (2005), parmi les 27 millions d'internautes recensés, seulement 3,8 % ont 65 ans et plus. Pour les ménages de plus de 70 ans‚ 9% d'entre eux disposent d'un micro–ordinateur à leur domicile et 5% d'Internet : c'est 7 fois moins que les 50–59 ans.

      Toutes ces études viennent appuyer l’observation de la fracture numérique.

    6. La stimulation intellectuelle et l'importance des relations interpersonnelles que procurent les nouvelles technologies peuvent s'avérer être de puissants mécanismes d'adaptation pour aider les personnes à retrouver une intégrité cognitive, physique mais aussi psychologique et sociale (Brangier et Pino, 2001)

      Cet argument s'appuie sur la recherche de 2 auteurs (Brangier et Pino) dont de nombreuses publications mettent en corrélation la dimension humaine et numérique. Ainsi, cet argument s'est développé à partir d'observations.

    7. notre appartenance à différents types de catégories sociales détermine notre identité) : la position d'acteur, rendu possible grâce à l'utilisation du dispositif, va contribuer à développer son réseau d'échange. Il pourra identifier des partenaires possibles qui partagent ses centres d'intérêts, des objectifs communs et ainsi constituer une communauté d'acteurs autour de ces outils. Par ailleurs, les dispositifs technologiques de communication (Messagerie électronique...) pourront également pallier la privation des ressources verbales de certains résidents et conduire ainsi à de nouvelles modalités d'interaction.

      Ici, c'est à la position sociale à laquelle les chercheurs font référence et évoquent les répercussions possibles.

    1. La première qui est essentiellement valable pour les écrans d'ordinateur vient de la luminosité. En effet, la luminosité, le contraste, la fréquence de balayage réduisent la prise d'information. La fatigue visuelle accrue inhérente à ces paramètres détériore, elle aussi la prise d'information.

      La première raison est d'ordre biologique : Thierry Baccino propose un raisonnement épistémique en ce qu'il se fonde sur des faits. La luminosité cause un balayage fréquent des yeux, ce qui est la conséquence d'une fatigue visuelle accrue qui nous mène à une réduction de la prise d'information. Ainsi, il ne s'agit pas d'une bonne lecture, telle que définit dans l'article.

    2. La lecture sur écran peut entraîner une désorientation cognitive

      Première observation : la lecture sur écran peut entraîner une désorientation cognitive. Il s'agit d'un argument épistémique qui mène à une conclusion inductive : à partir de l'expérimentation menée avec quelques lecteurs/ sujets, le chercheur obtient une proposition générale qui est présenter comme une possibilité : "peut entraîner", cela ne semble pas automatique. Cependant, si Thierry Baccino retient cet effet, c'est qu'il a dû le rencontrer auprès d'un bon nombre de sujets observés.

    1. Or les travaux en neurosciences cognitives montrent que l’un de nos réseaux cérébraux (le réseau par défaut), indispensable à notre équilibre psychique, s’active lorsque nous nous tournons vers nos pensées internes, que nous nous abandonnons à la rêverie, à l’introspection, ce que ne favorise pas le recours intensif à des béquilles mnésiques.

      Argument important car fondé sur des études concrètes, raisonnement épistémique inductif et également dialectique pro auteur.

    1. Des applications de visites guidées intelligentes s’appuient sur un processus de gestion des flux visiteurs (Visitor Flow Management Process, VFMP) pour les orienter vers les zones où ils sont le moins nombreux. Il s’agira alors de combiner les données sur l’affluence en temps réel pour chaque espace avec les souhaits et les goûts des visiteurs pour suggérer le parcours personnalisé idéal

      Argument en faveur de l'IA qui permet bien de gérer le flux mais ajoute un second bénéfice : proposer un parcours idéal. Ce bénéfice supplémentaire peut être considéré comme un argument réthorique de type Logos.

    2. L’application Affluences, Grand Prix de l’Innovation Digitale 2018 dans la catégorie « Ville Connectée », permet de suivre en temps réel le taux d’occupation des musées partenaires et le temps d’attente pour y accéder.

      Argument en faveur de l'utilisation du numérique sous forme d'applications. Argument épistémique inductif (Cette appli numérique permet de réduire l'attente donc le numérique est une solution au problème)

      // nous émettons des réserves quant à l'enthousiasme que suscite la notion de "ville connectée" https://www.lepoint.fr/editos-du-point/laurence-neuer/ville-intelligente-le-risque-est-que-les-donnees-se-retournent-contre-les-personnes-03-11-2017-2169630_56.php

  4. Mar 2020
    1. De plus en plus souvent, nous nous dépossédons d’éléments de notre mémoire (numéros de téléphone, adresses, règles d’orthographe et de calcul mental…) que nous confions à des machines presque toujours à portée de nos mains et dont les capacités doublent tous les dix-huit mois pour le même prix, selon la loi de MooreFermerLoi formulée en 1965 par Gordon E. Moore, président honoraire de la société Intel.. »

      Ainsi l'auteur argumente son point de vue sur la place surdimensionné du numérique avec un exemple épistémique inductif qui est la capacité à doubler jusqu’à l'infini les capacité de mémoire numérique.

    1. Des études prouvent qu’il existe une forte corrélation entre dépression et temps connecté. Sur Internet, on cherche à établir une relation à l’autre, une relation au monde. On se connecte aux autres, mais on se connecte mal. Le Dr Hilarie Cash pense que l’élément manquant est la résonance limbique qui ne peut se produire que lorsque deux êtres sont en présence physique l’un de l’autre. La résonance limbique est un échange énergétique qui libère, dans la partie limbique du cerveau, des composants chimiques essentiels au bien-être physique et émotionnel. Selon Cash, plus nous passons de temps en ligne afin de nous connecter aux autres, plus nous déprimons.

      L’enchaînement d'arguments avec des références scientifiques apporte à l'effet de persuasion et est alimenté par un raisonnement épistémique.

    1. Donc, l’idée que notre capacité à se concentrer puisse changer en même temps que notre nouveau monde connecté n’est ni surprenante, ni particulièrement inquiétante.

      bascule de l'article, l'auteur donne ici une autre explication. argument épistémique inductif.

    1. Résultats ? Il semblerait que l’on ne parle pas de la même chose dans tous les contextes, à tous les types de destinataires.

      Après avoir réalisé une expérience sur 15 personnes pour savoir quelles informations seraient partagées dans quels contextes, l'auteure en a conclu qu'on ne parle pas de tout les types d'informations dans tout les contextes et à tout les types de personnes. Le partage des "fake news" a donc un rapport avec le contexte dans lequel il est transmis. L'auteure appuie ici son argument pour lequel il serait nécessaire d'analyser les chiffres au préalable.

  5. Jan 2020
    1. La société post-industrielle est en train de réagencer ses fondations autour du digital. On l’utilise partout, tout le temps, pour travailler, contacter ses proches, faire les courses, gérer son compte bancaire, préparer les prochaines vacances ou s’occuper des devoirs des enfants. La cyberaddiction, un mal de plus en plus courant. Ce qui était initialement conçu comme un outil est en train de devenir une obsession.

      1er étage de l'argumentation de cette deuxième partie : le raisonnement est épistéméque de type inductif, s'appuyant sur des vérités fortes et ouvrant sur une proposition générale faisant état du point de vue de l'auteure : "est en train de devenir une obsession". Le raisonnement est solide.

    2. Des études prouvent qu’il existe une forte corrélation entre dépression et temps connecté. Sur Internet, on cherche à établir une relation à l’autre, une relation au monde. On se connecte aux autres, mais on se connecte mal. Le Dr Hilarie Cash pense que l’élément manquant est la résonance limbique qui ne peut se produire que lorsque deux êtres sont en présence physique l’un de l’autre. La résonance limbique est un échange énergétique qui libère, dans la partie limbique du cerveau, des composants chimiques essentiels au bien-être physique et émotionnel. Selon Cash, plus nous passons de temps en ligne afin de nous connecter aux autres, plus nous déprimons.

      Enchainement de faits explicatifs de la relation entre dépression et temps connecté, crédit scientifique par la référence à une étude scientifique (PhD). C'est un argument épistémique inductif efficace.