16 Matching Annotations
  1. Jul 2020
    1. Non moins important : vivre dans un monde toujours plus rempli d’informations de surface, comme celles que l’on trouve en surfant sur Internet, « stimule une mémoire du passé immédiat ou, dans le meilleur des cas, une mémoire de travail surdimensionnée capable de traiter simultanément de multiples informations (textes, images, sons…), commente Francis Eustache. Ce type de mémoire à court terme s’exerce au détriment d’une réflexion sur notre passé et notre futur, sur notre relation aux autres, sur le sens de la vie… Or les travaux en neurosciences cognitives montrent que l’un de nos réseaux cérébraux (le réseau par défaut), indispensable à notre équilibre psychique, s’active lorsque nous nous tournons vers nos pensées internes, que nous nous abandonnons à la rêverie, à l’introspection, ce que ne favorise pas le recours intensif à des béquilles mnésiques. Enfin, mémoriser des chansons, des poèmes, etc., nourrit le partage et la solidarité, renforce le lien social, améliore la qualité du vivre ensemble. »

      L'auteur présente de nouveaux arguments pour défendre sa position et répond à sa problématique en soutenant que l'utilisation des outils numériques auraient des conséquences négatives sur le fonctionnement du cerveau et la qualité de vie sociale. Il y a peu de place pour le débat.

    1. Pour y répondre, un plongeon dans le journalisme de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle offre la possibilité d’élargir nos horizons. Ce plongeon s’effectue par une pirouette méthodologique qui m’a poussée à m’intéresser aux discours que les journalistes tiennent à propos de leurs propres pratiques, à partir d’un corpus constitué par des manuels de journalisme et des mémoires publiés par des journalistes. Les résultats semblent sans ambiguïté : ciseaux et colle paraissent occuper une place non négligeable dans ces manuels et mémoires. Dans un ouvrage intitulé Le journalisme, paru en 1892, Eugène Dubief décrit la journée type d’une rédaction parisienne. La description commence ainsi : « Neuf heure du matin ; intérieur d’un journal du soir. Les garçons viennent de faire les bureaux. La grande table de la salle commune de rédaction s’allonge devant nous avec son inévitable tapis vert et ses tas de journaux de Paris, de province, d’Europe, d’Amérique, des colonies, des journaux venus par le dernier courrier ou remis dans la boîte par les porteurs, tous bien rangés, soigneusement pliés en double exemplaire. Quelques rédacteurs sont déjà à leur poste. Ils ont pris les journaux, ils les parcourent d’un œil expert, un coup d’œil qui ne lit rien et qui voit tout; çà et là, ils y promènent des ciseaux, y font d’atroces enfilades, ils y taillent des jours, des fenêtres, des coupures ; ces coupures ils les reportent sur des carrés plus ou moins longs de papier écolier et les y collent, ou avec des pains à cacheter, ou avec de la gomme liquide ». C’est une situation très semblable qui se donne à lire dans l’ouvrage de Auguste de Chambure  À travers la presse, paru deux décennies plus tard. Consacré à la construction du journal, un chapitre précise dans ses premières pages : « Dès l’arrivée des rédacteurs, la salle de rédaction s’anime ; les paquets de journaux posés sur la table sont dépliés, puis lacérés à coup de ciseaux et jetés au hasard ; des papiers se froissent, des découpures jonchent le sol. Des volumes sortis des bibliothèques traînent maintenant un peu partout. Chacun s’agite, court à la recherche d’un document, taille, griffonne, colle, expédie sa ‘copie’ par le monte-charge ». CC Pixabay Pstiegele Les Rédacteurs en chef sont dépeints avec « une grande paire de ciseaux à la main », comme dans l’ouvrage de J.M.A. Mousseau, L’envers du journalisme, paru à Montréal en 1912. Parfois, ciseaux et pot de colle trônent à côté d’autres « armes du métier » : la ficelle pour mesurer la longueur des articles, le Grand Larousse et l’indispensable téléphone (cf. Simon Arbelot, Journaliste !, paru en 1954 à Paris). Et les exemples s’accumulent, jusqu’aux années 1950, en France comme au Québec…Les ciseaux et la colle s’y dessinent comme des outils résolument assumés.

      Argument épistémique inductif: Juliette Maeyer part de la description de manuels différents qui attestent de l'utilisation du copier-coller par les journalistes dans les rédactions avant le numérique pour généraliser cette pratique à l'ensemble des rédactions sur la période étudiée. Cette recherche détaillée est convaincante.

  2. Jun 2020
    1. Évidemment, la question de l’image du corps se pose avec une insistance toute particulière [10][10]L. Andrist, « Media Images, Body Dissatisfaction and Disordered…. Qu’elle soit détournée à partir de la presse généraliste ou des répertoires de clichés sur Internet, ou autoproduite par les usagers se prenant en photo avec leurs smartphones, les sites web ana-mia regorgent de représentations de corps filiformes, de portraits de jeunes femmes et jeunes hommes témoignant de leurs attitudes contradictoires face à leur amaigrissement, vécu autant comme une aggravation de leur état de santé que comme un « progrès » dans leur quête pour une perfection physique inatteignable. Ces sites proposent alors une surenchère de gestes répétés, codifiés : exposition de ventres creux et d’épaules de plus en plus grêles, mains qui soulèvent les T-shirts pour montrer des côtes en relief et des hanches « en portemanteau », postures assises de dos ou allongées en boule sur le côté.

      Certain(e)s vont abuser de photoshop pour retoucher l'imperfection mais d'autres ont réellement les côtes saillantes sans retouches et ce n'est pas encore parfait. Cela crée une distorsion de l'image corporelle d'où la dysmorphophobie.

  3. Apr 2020
    1. Le Web, super-mémoire du mondeSurtout, ordinateurs, smartphones et tablettes permettent d’accéder en un clin d’œil à la super-mémoire du monde qu’est devenu le Web et d’y treuiller à tout moment des savoirs « copiables et collables » qu’il n’est plus indispensable d’apprendre par cœur. Depuis la fin du XXe siècle, le processus d’extériorisation de la mémoire humaine, jadis lent et progressif, s’est donc brusquement accéléré et massifié.

      Le web vu comme super-mémoire du monde qui met à notre disposition une infinité d’informations. Notre mémoire s'extériorise et donc s'affaiblit. La mémoire externe nous "dépossédant" de nos propres mémoires, internes.

    2. Un disque dur externe de quatre téraoctets coûtant moins de 200 euros, « tout un chacun ou presque peut désormais tenir entre ses mains un équivalent numérique de la Bibliothèque nationale de France (BNF), laquelle contient environ 14 millions d’ouvrages, indique Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique à l’UPMC et chercheur au LIP6

      IED_DN IED_EI5 L'auteur induit du faible coût des supports numérique, l'accès à un savoir immense pour tout individu. L'argument est descriptif, neutre.

    1. Aujourd’hui, ce sont les capacités de traitement et de mise à disposition de l’information qui sont augmentées chez les individus. On ne peut pas parler vraiment d’augmentation des capacités intellectuelles. Car seule la simple mise à disposition de l’information est concernée. Un juriste par exemple n’utilisera pas une application informatique pour rédiger un mémoire, mais il utilisera l’information dont il peut désormais disposer avec facilité. Il y a là un gain de productivité. Là où il fallait disposer de la place pour stocker toute l’information juridique, il suffit d’un ordinateur. Par conséquent, un juriste, un comptable, n’a plus forcément besoin de la puissance d’un cabinet qui pouvait mutualiser ce genre d’informations. De même, pour trouver des clients, ce même juriste ou comptable peut aller sur une place de marché. Il peut faire sa communication sur les réseaux tels que Facebook ou LinkedIn, en disposant à bon prix d’outils de ciblage autrefois réservés à des entreprises puissantes.

      Dans cette série d'exemples, l'auteur souligne la préservation du savoir-faire, l'outil technologique vient l'appuyer pour en augmenter l'efficacité.<br> En découle une augmentation du rendement, de la capacité, de l'accès...

    1. "Les classes inversées sont au point de rencontre de plusieurs éléments qu'elles fédèrent, analyse Marcel Lebrun : l'approche compétences, les méthodes actives et le numérique. Celui-ci n'est pas seulement utilisé comme un outil qui vient s'ajouter au cours mais sert véritablement le développement de compétences que les étudiants se construisent par eux-mêmes. C'est cette cohérence qui explique le succès de l'inversion."

      Le premier intervenant, Marcel Lebrun, apporte ici des éléments de réponse à la question de savoir pourquoi si la méthode a déjà été éprouvée, elle suscite un enthousiasme nouveau. C'est donc parce que la classe inversée a su se renouveler en piochant dans d'autres disciplines, tel que le numérique, qu'elle projette un caractère novateur.

    1. L'effritement de l'identité et du lien social est également spécifique de cette génération (Meire, 1992, David &Starzec, 1996). Avec le grand âge, on observe ainsi un repli de la personne sur le domicile et un affaiblissement significatif de ses rôles sociaux et familiaux, une vie par procuration, des conduites régressives (alimentation, hygiène, usages sociaux), une perte de but et d'identité conduisant à un état d'anomie (Atchley, 1980). Ce désengagement social s'exprime notamment par la diminution du niveau d'interaction sociale tant par la fréquentation que par le degré d'implication. Ainsi près de 65% des plus de 75 ans vivent une situation d'isolement, c'est-à-dire qu'ils n’ont ni sorties, ni relations, ni contacts téléphoniques avec des tiers (famille, amis...) (David &Starzec, 1996)

      Ces faits s'appuient sur des études et ouvrages de professionnels reconnus, ce qui donnent un caractère épistémique à ces arguments.

    2. En vieillissant, les PA accumulent les "handicaps" : sociaux, physiques, psychologiques, cognitifs et numériques (Gorgeon et Léridon, 2001, Plonton, 2003). Il s'agit d'abord d'un déclin cognitif (avec la réduction des possibilités d'adaptation, des désapprentissages, de la démotivation, des difficultés de mémorisation...) et de dégradations psychologiques importantes (marquées par une plus grande vulnérabilitépsychologique, l'absence de nouveaux investissements, une atteinte de l'estime de soi, la dépression ....). Les pertes physiques sont significatives, symbolisées notamment par une plus grande préoccupation sur la santé, des pathologies fonctionnelles importantes et une perte de la dextérité physique et de la coordination sensori-motrice.

      argument épistémique s'appuyant sur un rapport de comité scientifique et un ouvrage dédié à la personne âgée.

    1. Dans notre souvenir, l’événement semble alors plus long qu’il ne l’a été en réalité, comme le montre cette expérience menée sur les amateurs de chute libre.

      étude scientifique fiable revue universitaire

    2. Dans notre souvenir, l’événement semble alors plus long qu’il ne l’a été en réalité, comme le montre cette expérience menée sur les amateurs de chute libre.

      Source fiable, étude scientifique développée.

    1. plusieurs “repentis” de la tech

      Accumulation de références, de noms. Donne de la crédibilité même si l'info est annoncée comme "selon le NewYork times". L'ajout de ces personnes vient renforcer le crédit donné à Tristan Harris.

    2. une tribune expliquant que les plateformes nous manipulaient en “utilisant nos vulnérabilités psychologiques” pour “prendre notre attention en otage”.

      Exposition de témoignages de repentis issus des GAFA qui passent aux aveux. Ils nous manipulent psychologiquement pour voler notre attention.

      Ces témoignages viennent crédibiliser le point de vue de l'auteure.

    1. Baccino a expliqué qu'a partir du moment où, il y a lecture que cela soit sur écran ou sur papier, c'était bien toujours la même zone qui travaillait à savoir la zone occipito-temporo-ventrale de l'hémisphère gauche

      Grâce aux neurosciences, le chercheur présente un raisonnement épistémique, qui met en avant des faits. Ainsi, il souligne que la zone du cerveau sollicitée est toujours la même qu'il s'agisse d'une lecture sur papier ou sur écran. Par conséquent, le support ne semble pas influencer nos cerveaux d'après cet aspect-là, alors que, comme nous l'avons vu, la mémoire se trouve altérée et avec elle la bonne prise d'information.

    1. Certaines technologies intelligentes utilisées dans d’autres secteurs pourraient être transposées dans les musées. Avec le big data, il est possible de connaître l’affluence en fonction des dates et des horaires, les types de visiteurs selon les jours et les périodes, ou la durée de visite moyenne par rapport différents paramètres comme la météo.

      Argument épistémique inductif et réthorique de type logos.

      On passe à l'intelligence artificielle, technologie de pointe. Apporte du crédit à l'affirmation du bénéfice du numérique.