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    1. Note d'Information : Les Enjeux de l'Enseignement de la Rhétorique au Collège et au Lycée

      Synthèse Exécutive

      L'enseignement des lettres dans le système éducatif français et occidental traverse une crise majeure de sens et d'efficacité, marquée par le déclin de la maîtrise de l'écrit, l'éloignement de la lecture chez les jeunes et des difficultés d'attractivité des filières littéraires. La présente note synthétise les travaux et réflexions présentés par Alain Brunn (Inspecteur général de l'éducation, du sport et de la recherche) et Pierre Chiron (philologue, historien de la rhétorique et romancier) lors du Forum Éducation 2026 organisé par le Conseil scientifique de l'Éducation nationale (CSEN).

      Il ressort de ces analyses que la crise actuelle découle historiquement du remplacement, au tournant du XXe siècle, du paradigme de la rhétorique par celui de la littérature. En réduisant l'élève à un rôle passif de commentateur d'œuvres jugées inimitables, l'enseignement traditionnel a séparé l'étude de la langue de sa production dynamique. Pour refonder l'enseignement des lettres et répondre aux défis contemporains (réseaux sociaux, intelligences artificielles génératives, dégradation du débat public), les deux experts préconisent un retour modernisé à la rhétorique démocratique, étayé par le cycle séculaire des exercices préparatoires appelés Progymnasmata. Ce modèle vise à redonner de l'autonomie à l'élève en faisant de la langue un outil d'expression active, de décentrement et de construction du sujet parlant et écrivant.


      1. État des Lieux et Constat de Crise dans l'Enseignement des Lettres

      A. Indicateurs Chiffrés du Déclin de la Maîtrise de la Langue

      Selon Alain Brunn, un faisceau d'indicateurs hétérogènes confirme que l'entrée dans l'écrit et le rapport à la chose écrite se détériorent :

      • Enquêtes PISA : La dernière évaluation (2026) fixe à 456 points le score moyen en compréhension de l'écrit pour un élève de 15 ans, contre 474 points quatre ans auparavant.- Tests de positionnement (DEPP) : La proportion d'élèves les moins performants en français augmente, tandis que la tranche des plus performants se réduit.- Données du Centre National du Livre (CNL) : On observe un désengagement de la lecture, tant scolaire que de loisir, particulièrement chez les garçons :
        • Un garçon de 16 à 19 ans ne consacre en moyenne que 10 minutes par jour à la lecture de loisir.- 41 % des lecteurs déclarent effectuer une autre activité en même temps qu'ils lisent.- Recrutement et Attractivité : Désertion progressive des bancs des facultés de lettres par rapport aux trois dernières décennies et difficultés d'attractivité des concours de recrutement des professeurs de lettres.

      | Indicateur | Valeur Antérieure | Valeur Actuelle / Constat | | --- | --- | --- | | Score PISA (Compréhension de l'écrit) | 474 points (4 ans auparavant) | 456 points | | Temps de lecture (Garçons 16-19 ans) | \- | 10 minutes / jour (loisir) | | Multitâches durant la lecture | \- | 41 % des lecteurs font autre chose simultanément |

      B. L'Évolution Historique des Paradigmes Pédagogiques

      L'enseignement des lettres a connu trois grands paradigmes successifs :

      • Paradigme des Bonnes Lettres (Renaissance) : Centré sur l'imitation et la rhétorique.- Paradigme des Belles Lettres (Âge classique) : Maintien de l'imitation des modèles esthétiques.- Paradigme de la Littérature (Fin du XIXe / début du XXe siècle) : Émergence du modèle moderne.

      La bascule décisive s'opère en 1902 avec la suppression de la « classe de rhétorique », remplacée par la « classe de première » (exactement 100 ans après la naissance de Victor Hugo, figure majeure de la fin des belles lettres). Sous la Troisième République, ce rejet de la rhétorique répondait à un impératif politique : la rhétorique était perçue comme un reliquat de l'Ancien Régime, incarné par une parole d'autorité hiérarchique (la figure de l'Hercule gaulois enchaînant ses auditeurs par sa parole). La République a privilégié une « démocratie d'écriture » basée sur la littérature, conçue par Jacques Rancière comme une « parole muette », c'est-à-dire une circulation indifférente et égalitaire des textes coupés de leur situation d'énonciation.

      C. Les Limites du Modèle Littéraire Actuel

      Ce modèle littéraire a progressivement opposé deux approches :

      ```
      [ MODÈLE LITTÉRAIRE TRADITIONNEL ]             [ APPROCHE RHÉTORIQUE PROPOSÉE ]
      

      Centré sur l'écrit et le métadiscours Centré sur l'articulation Oral/Écrit Commentaire / Dissertation d'œuvres Production discursive / Création L'œuvre est vue comme « inimitable » L'œuvre est vue comme un « gisement de modèles » Valeur centrale : Originalité absolue Valeurs combinées : Imitation puis Autonomie ```

      Aujourd'hui, l'exigence d'un discours secondaire (le commentaire) sur une œuvre jugée sacrée et inimitable ne fonctionne plus auprès d'un public scolaire massifié. Elle se heurte au nouvel ordre des discours contemporains caractérisé par l'immédiat des réseaux sociaux et l'émergence des intelligences artificielles génératives.


      2. Redéfinir la Rhétorique : Démystification et Fondements Théoriques

      Pour fonder le renouveau pédagogique, Pierre Chiron lève quatre préjugés majeurs récurrents dans le débat public au sujet de la rhétorique :

      • La rhétorique n'est pas un art du sophisme ou de la manipulation : L'emploi politique moderne du mot qualifie à tort l'échec d'un discours dont les « ficelles » sont visibles. La rhétorique authentique est au contraire la maîtrise technique de la parole publique.- Elle est parfaitement compatible avec la philosophie : Bien que Platon ait dénoncé la démagogie sophistique dans le Gorgias, près de 80 % du savoir rhétorique antique nous vient d'Aristote, qui a réconcilié la discipline avec les exigences éthiques et philosophiques.- Elle est consubstantielle à la démocratie : Née aux Ve et IVe siècles av. J.-C. (de Gorgias à Démosthène), la rhétorique est la verbalisation des conflits, c'est-à-dire une alternative directe à la violence physique. Démosthène, initialement bègue et peu doué (batalos), a surmonté ses handicaps grâce à la technique rhétorique, apportant la preuve qu'une méthode permet de faire progresser tous les élèves, y compris les plus en difficulté.- Ce n'est pas un système antique obsolète : La rhétorique n'a disparu des programmes européens qu'il y a un peu plus d'un siècle. Elle a historiquement prouvé sa plasticité en traversant la Renaissance, la Réforme protestante et la pédagogie des Jésuites.

      Les Deux Colonnes de l'Héritage Grec (selon la métaphore d'Henri-Irénée Marrou remaniée)

      • La Colonne Aristotélicienne : La rhétorique ne définit pas le contenu de la pensée. Elle fournit des moyens d'expression adaptés à des contenus élaborés en dehors d'elle (dans la politique ou l'éthique).- La Colonne Isocratique : Le simple fait d'apprendre à parler est formateur en soi. Il n'y a pas de séparation entre le fond et la forme ; la progression dans les moyens d'expression produit un progrès simultanément linguistique, intellectuel et moral. C'est le socle de la tradition humaniste.

      3. Le Dispositif Pédagogique des Progymnasmata

      Pierre Chiron met en avant la découverte philologique récente effectuée par Michel Pétillon, qui a reconstitué en grec (via une rétroversion à partir d'une traduction arménienne ancienne) un traité complet de Progymnasmata datant du Ier ou IIe siècle après J.-C. Ce texte restitue dans sa pureté le cycle pédagogique pratiqué dans l'Antiquité.

      A. Définition et Structure Évolutive

      Les Progymnasmata sont des exercices préparatoires de rhétorique. Ils organisent un apprentissage méthodique, progressif et de longue durée, structuré de la manière suivante :

      ```
      [ FABLE ] ──► [ NARRATION ] ──► [...] ──► [ ÉTHOPÉE ] ──► [ THÈSE ]
      

      (Ludique/Morale) (Affectif/Théâtral) (Logique/Argumentation) ```

      • La Fable : Exercice élémentaire et ludique débouchant sur la compréhension d'une morale (énoncé gnomique).- La Narration : Développement du récit, réutilisé ultérieurement à un niveau complexe au sein de l'argumentation.- L'Éthopée : Exercice affectif consistant à faire parler un personnage dans une situation dramatique donnée (ex. écrire une tirade théâtrale).- La Thèse : Étape ultime de réflexion logique construite (réponse à une question, anticipation des objections et synthèse).

      Ce parcours est enrichi par des exercices d'accompagnement : la lecture à voix haute, la fréquentation des audiences ou tribunaux pour écouter et rapporter les discours, la paraphrase (qui permet de s'approprier les contenus) ainsi que l'élaboration et la contradiction.

      B. Les « 7 Coups de Génie » des Progymnasmata

      L'efficacité prouvée de cette pédagogie repose sur sept principes directeurs :

      • Une formation progressive et étalée sur une longue durée.- Un apprentissage par la pratique active de l'élève, rompant avec la passivité du cours magistral.- L'entrelacement du ludique, de l'affectif et du logique (de la fable à la thèse en passant par l'éthopée).- L'association permanente de la formation linguistique et de l'expression : Le lexique et la syntaxe ne sont pas des objets d'analyse abstraits, mais des outils mobilisés en situation d'énonciation pour donner du rythme et du sens.- Un apprentissage méthodique du décentrement : L'élève apprend à adopter un autre point de vue (par exemple, un garçon prenant la parole sous les traits d'une femme, ou un membre de la bourgeoisie s'exprimant comme un paysan en adaptant son idiolecte).- Une ouverture naturelle vers la littérature : Les œuvres ne constituent plus un corpus intimidant, mais un gisement de modèles esthétiques dans lequel l'élève puise pour forger sa propre identité d'auteur.- Le développement de l'autonomie et de la prise de parole subjective.

      (Note d'application : Les travaux présentés par Jim Selby aux États-Unis, qui a appliqué les Progymnasmata pendant 25 ans auprès d'élèves du secondaire, démontrent une amélioration spectaculaire et mesurable des performances lors des examens d'entrée à l'université).


      4. Renouvellement Didactique et Articulation avec les Programmes Actuels

      A. Repenser la Place de l'Élève : Le « Sujet Lecteur-Scripteur »

      Le recours à la rhétorique permet de sortir de la position exclusive de commentateur pour amener l'élève à devenir un sujet lecteur-scripteur. Les pédagogies des écrits d'invention, des écrits d'appropriation et des écrits d'intervention procèdent de cette culture rhétorique de l'imitation créatrice :

      • On étudie Virgile non seulement pour l'analyser, mais pour écrire des vers.- On n'étudie pas seulement Bossuet ou Racine pour tenir un discours métatextuel sur leur originalité, mais pour apprendre à construire son propre discours et maîtriser les émotions qu'on transmet.

      B. Refondre le Lien entre la Langue, l'Écrit et l'Oral

      Pour s'adapter à la société contemporaine, la rhétorique propose de reconfigurer l'enseignement de la langue :

      • Faire de la grammaire pour produire : Dépasser « l'étiquetage mécanique » des fonctions grammaticales pour faire de la syntaxe le moyen d'amplifier, de réduire ou d'ajuster le rythme de sa parole.- Va-et-vient régulé entre oral et écrit : Écrire dans la perspective de parler, et mesurer l'impact des modifications apportées lorsqu'un énoncé oral est porté à l'écrit. La rhétorique fabrique des sujets maîtrisant un oral structuré par l'écrit.- Création de florilèges personnels : Réintroduire la pratique usitée à l'époque moderne consistant à faire tenir aux élèves des carnets de citations et de formules marquantes, constituant un « trésor » linguistique réutilisable tout au long de leur vie.

      C. Compatibilité avec le Système Éducatif Actuel

      Alain Brunn et Pierre Chiron soulignent que ce modèle rhétorique est pleinement compatible avec les programmes officiels actuels du collège et du lycée :

      • Contourner la rigidité des examens : La rhétorique offre de multiples chemins pédagogiques pour atteindre plus efficacement les objectifs du Brevet ou du Baccalauréat, sans bloquer la classe sur le seul formatage des épreuves.- Inflexions récentes des épreuves : La seconde partie de l'épreuve orale anticipée de français au Baccalauréat (où l'élève présente et défend une œuvre de son choix qu'il s'est appropriée) relève directement de la posture d'un orateur rhétorique.- Expérimentations terrain : Le programme AGIR pour l'éducation du Collège de France (sous la direction de Marc Fumaroli / Jean-Luc Fournet) déploie concrètement la pratique de la rhétorique dans les classes pour faire vivre l'éloquence et retisser du lien social.

      Citations Clés

      « L'enseignement de la littérature consiste en l'apprentissage du discours sur la littérature et non du discours de la littérature qui est conçu comme inimitable. » — Alain Brunn

      « La rhétorique [...] apparaît alors comme l'outil d'une vigilance reconduite pour ce que les mots font aux autres et me font lorsque je les prononce ou lorsque je les écoute. » — Alain Brunn

      « La rhétorique [...] c'est tout simplement la verbalisation des conflits. C'est une alternative à la violence. » — Pierre Chiron

      « Lexique et syntaxe ne sont pas des objets à décrire et à mémoriser hors contexte, mais des outils qui sont constamment mobilisés pour la communication. » — Pierre Chiron

      « [Les Progymnasmata permettent une] ouverture naturelle vers une littérature conçue non comme un corpus sacré intimidant, mais comme un gisement de moyens d'expression et de modèles esthétiques à imiter. » — Pierre Chiron

  2. Feb 2026
    1. Analyse de la Rhétorique Complotiste : Mécanismes, Discours et l'Allégorie du « Mouton »

      Ce document de synthèse analyse les recherches et les réflexions de Loïc Massaia, vulgarisateur pour le projet Utopia, concernant la rhétorique employée dans les milieux complotistes.

      Il détaille les structures argumentatives, les fonctions psychologiques du discours et l'usage spécifique de l'insulte « mouton » comme outil de distinction sociale et de clôture du débat.

      Synthèse

      L'analyse de la rhétorique complotiste révèle un système de communication visant moins à établir une vérité qu'à asseoir un ascendant sur l'auditoire.

      Cette rhétorique se caractérise par une structure circulaire (tautologique) et un recours systématique à l'essentialisme.

      L'usage de termes comme « mouton » remplit une triple fonction : une attaque ad personam pour éviter le débat de fond, une accusation de complicité passive, et un mécanisme de distinction permettant de renforcer l'estime de soi du locuteur.

      En s'affranchissant des règles du « débat sain », le discours complotiste s'établit comme un système fermé où la conclusion (l'existence d'un complot) est déjà contenue dans les prémisses.

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      1. Définition et Catégorisation de la Rhétorique Complotiste

      Le document propose de définir la rhétorique comme l'ensemble des moyens mis en œuvre dans un discours pour convaincre, briller, manipuler ou obtenir un ascendant sur autrui.

      Une définition complémentaire la décrit comme la « négociation de la différence entre les individus sur une question donnée ».

      Dans le cadre du complotisme, les expressions récurrentes peuvent être classées selon quatre dimensions principales :

      | Dimension | Exemples de phrases types | Objectif recherché | | --- | --- | --- | | Accusatoire | « Journalopes », « Merdias », « On ne vous dit pas tout » | Discréditer les sources d'information officielles. | | Incitatoire | « Faites vos propres recherches », « Réveillez-vous » | Pousser l'interlocuteur à adopter la même conclusion par une illusion d'autonomie. | | Négation du hasard | « Coïncidence ? Je ne crois pas », « Tout est lié » | Refuser la contingence au profit d'un dessein caché. | | Surconfiance et Distinction | « Tous des moutons », « On avait raison » | Se placer au-dessus de la « masse » ignorante. |

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      2. Analyse Structurelle de l'Argumentation

      Le Modèle de Toulmin

      Pour évaluer la solidité d'un argument, le document mobilise le modèle de Toulmin, qui identifie les composants d'une argumentation optimale :

      1. Données : Les informations de base.

      2. Conclusion : Ce que l'on veut démontrer.

      3. Justifications : Le lien logique entre données et conclusion.

      4. Fondement : Ce qui rend la justification solide et acceptée.

      5. Réfutation : L'intégration des limites et des conditions qui pourraient contredire l'argument.

      La défaillance du discours complotiste

      L'analyse montre que le discours complotiste omet généralement la réfutation.

      Par exemple, l'argument consistant à dire que le gouvernement est une secte parce qu'il lutte contre les dérives sectaires (pour étouffer la dissidence) s'effondre si l'on introduit d'autres facteurs de distinction entre État et secte.

      Circularité et Essentialisme

      Le discours complotiste est décrit comme un système fermé ou une tautologie.

      Il repose sur l'essentialisation : on décrète que la « nature » profonde d'une entité (le gouvernement, les élites) est malveillante.

      Dès lors, toute action de cette entité, même positive en apparence, est interprétée comme une preuve supplémentaire de sa malveillance.

      Le complot existe nécessairement au départ pour expliquer les faits qui servent ensuite à prouver l'existence du complot.

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      3. L'Allégorie du « Mouton » : Origines et Usages

      L'expression « tous des moutons » est un idiotisme animalier présent dans plusieurs langues (français, italien, anglais, polonais).

      Origine Littéraire

      L'image du mouton qui suit aveuglément remonte notamment à Rabelais (l'épisode des moutons de Panurge), où les animaux sautent à l'eau et meurent simplement parce que le premier a sauté.

      Cela souligne une dimension « naturelle » ou essentialiste de l'animal : le besoin de suivre.

      Fonctions dans le discours complotiste

      1. L'identification du comploteur : S'il y a des moutons, il y a nécessairement un « berger » ou un « maître » (le comploteur).

      2. L'accusation de complicité : Les non-complotistes sont jugés idiots, mais aussi complices par leur passivité.

      3. Le besoin de distinction : Se déclarer « non-mouton » permet de s'extraire de la masse. Selon les travaux d'Anthony Lantian (2015), l'adhésion aux théories du complot serait un moyen de rehausser une estime de soi initialement basse en se sentant détenteur d'un savoir supérieur.

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      4. La Rhétorique comme Rupture du Débat

      L'usage de l'insulte « mouton » est qualifié d'argument ad personam.

      Théorisée par Schopenhauer, cette tactique consiste à attaquer l'individu plutôt que ses arguments pour mettre fin à une discussion que l'on ne peut pas gagner sur le fond.

      Violation des règles de la controverse honorable

      En s'appuyant sur les travaux de Levi Hedge (XIXe siècle), le document identifie trois règles fondamentales d'un débat sain systématiquement violées par la rhétorique complotiste :

      • Règle n°4 : Interdiction des attaques personnelles.

      • Règle n°5 : Interdiction d'accuser l'adversaire de mobiles cachés.

      • Règle n°7 : La vérité doit être le but, non la victoire. L'usage du ridicule ou de la raillerie (traiter l'autre de mouton) est une violation de cette règle.

      Toutefois, le document souligne que ces dérives ne sont pas l'apanage des complotistes ; elles se retrouvent fréquemment dans tout débat public où l'objectif des participants est de « gagner » plutôt que de chercher la vérité.

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      5. Perspectives Critiques

      En conclusion, le document invite à une réflexion sur la nature même de la critique du complotisme.

      Si l'on définit la rhétorique complotiste comme étant « par nature » une tautologie basée sur un essentialisme, on court le risque de produire soi-même un discours fermé et essentialiste.

      Cette mise en abyme suggère que l'analyse du complotisme doit elle-même rester vigilante quant à ses propres structures argumentatives pour ne pas tomber dans les travers qu'elle dénonce.

  3. Jan 2025
    1. Le document met en évidence certaines critiques et points de tension autour des choix d'instruction alternatifs qui pourraient potentiellement conduire à des arguments fallacieux.

      Voici quelques pistes à explorer:

      L'idéalisation de l'enfant et de la parentalité:

      Le document souligne une tendance à idéaliser l'enfant comme naturellement bon et à valoriser une parentalité intensive et protectrice.

      Ce discours pourrait conduire à des arguments fallacieux en diabolisant l'école traditionnelle et en occultant les potentiels défis et difficultés de l'instruction alternative.

      La critique institutionnelle de l'école:

      Les parents interrogés mobilisent souvent des arguments issus de la psychologie et des neurosciences pour critiquer l'institution scolaire.

      Cette critique, bien que légitime dans certains cas, peut parfois s'appuyer sur des "neuromythes" ou des théories controversées.

      L'argument de "l'intérêt supérieur de l'enfant":

      Cet argument, souvent mobilisé par les parents pour justifier leur choix d'instruction alternative, est ambigu et sujet à interprétation.

      Il peut être utilisé de manière fallacieuse pour imposer une vision particulière de l'éducation et discréditer les autres options.

      La justification économique:

      Le document note une tendance à euphémiser le coût réel de l'instruction en famille.

      Certains parents minimisent les sacrifices financiers impliqués, ce qui pourrait constituer un argument fallacieux pour promouvoir l'IEF.

      L'opposition entre "école traditionnelle" et "alternatives":

      Le document met en évidence une tendance à opposer de manière simpliste ces deux modèles.

      Cette dichotomie peut conduire à des arguments fallacieux en négligeant la diversité des écoles et des pédagogies.

  4. Nov 2024
    1. chaîne YouTube "Avides de recherche" aborde plusieurs points clés. Voici un résumé détaillé avec les minutages :

      1. Introduction et contexte (0:00 - 1:00) :

      2. La vidéo commence par une introduction sur l'importance de la bienveillance et de la charité dans notre société.

      Les présentateurs expliquent pourquoi ils ont choisi ce sujet et ce qu'ils espèrent accomplir avec cette vidéo.

      1. Définition de la bienveillance (1:01 - 3:00) :

      2. La vidéo explore la définition de la bienveillance et comment elle se manifeste dans nos interactions quotidiennes.

      Les présentateurs discutent des différentes formes de bienveillance et de leur impact sur les relations humaines.

      1. Exemples de bienveillance (3:01 - 7:00) :

      2. Plusieurs exemples concrets de bienveillance sont présentés, allant des petits gestes quotidiens aux actions plus significatives.

      Les présentateurs partagent des histoires inspirantes de personnes qui ont fait preuve de bienveillance dans des situations difficiles.

      1. Impact de la bienveillance sur la société (7:01 - 12:00) :

      2. La vidéo examine comment la bienveillance peut transformer les communautés et améliorer la qualité de vie.

      Les présentateurs discutent des études et des recherches qui montrent les effets positifs de la bienveillance sur la santé mentale et le bien-être général.

      1. Appel à l'action (12:01 - fin) :

      2. La vidéo se termine par un appel à l'action, encourageant les spectateurs à intégrer plus de bienveillance dans leur vie quotidienne.

      Les présentateurs offrent des conseils pratiques sur la façon de pratiquer la bienveillance et de faire une différence dans leur communauté.

      Pour plus de détails, vous pouvez regarder la vidéo sur YouTube.

  5. Mar 2024
  6. Jan 2022
    1. Espérons que le 1er janvier prochain, les entreprises appliquent le « droit à la déconnexion » !

      Espoir de l'auteur de poser un cadre concret et juridique et ainsi protéger le salarié face aux dérives du télétravail. Cette phrase conclut l'article de l'auteur et met en avant ce qu'il pense être à date la meilleure façon de réagir.

    2. Ainsi, en situation de télétravail, le salarié découvre que sa zone d’autonomie ressemble à une peau de chagrin. Joignable à tout moment avec son téléphone portable, il ne profite guère de l’éloignement de son supérieur hiérarchique et reste toujours disponible (messagerie).

      Pour terminer son article, l'auteur fait un constat assez pessimiste de la situation des salariés en télétravail

    3. L’absence de frontière « physique » risque de provoquer une interpénétration des valeurs d’une zone à l’autre. Le cumul de deux identités en même temps et en un même lieu peut être destructeur et déstabilisant. Le sas entre le domicile et le travail, représenté par le temps de transport, peut également venir à manquer à certains télétravailleurs.

      L'auteur met en avant la perte de repères, notamment lié au fait qu'il n'y a plus de frontière physique lorsqu'on est en télétravail et qu'un flou entre vie perso et vie pro peut se créer

    4. Les TIC (technologies de l’information et de la communication) permettent de gérer des tâches dans l’urgence et d’améliorer l’exécution de certaines missions. Mais, cela favorise l’immiscion dans la vie personnelle des salariés.

      A nouveau, l'auteur fait le constat que les nouvelles technologies rendent le salarié disponible tout le temps et connecté en permanence

    5. De plus en plus de salariés tentent d’éviter la submersion en traitant les mails professionnels hors temps de travail.

      L'auteur met en avant la notion d'engrenage. Pus on traite des mails en dehors du temps de travail, pour éviter d'être submergé, plus cela devient normal pour l'employeur et plus le salarié devient la victime d'un système qu'il a lui-même mis en place

    6. Le télétravail « gris » correspond à un « débordement » des activités professionnelles induit par les diverses sollicitations (mails, smartphone, forums…). (Y. Lasfargue Obergo)

      L'auteur fait le constat que les nouvelles technologies rendent le salarié disponible tout le temps et connecté en permanence

  7. Sep 2019
    1. Comment reconnaître un ordre des discours, qui fut toujours un ordre des livres ou, pour mieux dire, un ordre de l'écrit qui associe étroitement autorité de savoir et forme de publication, lorsque les possibilités techniques permettent, sans contrôles ni délais, la mise en circulation universelle et indiscriminée des opinions et des connaissances

      L'argument est rhétorique dans sa forme (une question sans réponse) et dans son contenu (Opposition entre une autorité issue du processus de publication vs diffusion sans distinction des savoirs et des opinions) comme si le livre physique ne servait pas à diffuser aussi des opinons non contrôlées. Premisse et conclusion sont discutables.