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  1. Last 7 days
    1. Prévention des Violences Sexuelles : Une Approche Sociétale et Structurelle

      Résumé Exécutif

      Ce document de synthèse analyse les mécanismes de production des violences sexuelles, en particulier l'inceste commis par des mineurs, sous le prisme des sciences sociales.

      Le constat central est que les violences sexuelles ne sont pas des événements isolés ou purement pathologiques, mais des faits sociaux ordinaires ancrés dans des rapports de domination structurels.

      L'analyse démontre que la famille constitue le premier espace d'apprentissage de la domination, où les hiérarchies d'âge et de genre créent des vulnérabilités exploitables.

      La prévention efficace nécessite un changement de paradigme : passer d'une approche individuelle et pathologisante à une déconstruction systémique des inégalités.

      Les recommandations clés incluent une éducation sexuelle exhaustive dès le plus jeune âge, la formation obligatoire des professionnels, et une coordination de la prévention indépendante des cycles politiques.


      I. La Famille comme Berceau des Rapports de Domination

      L'analyse sociologique définit la domination comme la capacité de contraindre autrui à infléchir son comportement selon sa propre volonté, en légitimant les inégalités par leur "naturalisation".

      La Domination Adulte

      • Structure Hiérarchique : La famille est le premier lieu où l'enfant expérimente la soumission et l'obéissance face aux adultes.

      • Construction de la Vulnérabilité : La vulnérabilité de l'enfant n'est pas seulement physiologique, elle est produite par les institutions.

      Le statut de mineur impose un cadre où l'adulte décide et l'enfant obéit, apprenant ainsi les ressorts de la contrainte.

      • L’Invisibilité du Risque : Le droit français considère l'habitat naturel de l'enfant chez ses parents biologiques, alors que c'est précisément dans ce cadre privé qu'adviennent la majorité des violences.

      Inégalités entre Mineurs (Rapports d'Âge et de Genre)

      Contrairement aux idées reçues, les relations entre frères, sœurs et cousins ne sont pas horizontales.

      Elles sont régies par des dynamiques de pouvoir spécifiques :

      • Rapports d'âge : Il existe une survalorisation de "l'adultéité" chez les enfants.

      Les aînés (perçus comme détenteurs de droits et de savoirs) exercent une autorité sur les cadets, qui cherchent à s'émanciper de leur condition inférieure de "petit".

      • Rapports de genre : La famille est un lieu d'apprentissage précoce de la misogynie et de la sexualisation des filles (concept de "harcèlement sexuel familial").

      • Données Clés :

        • 3 victimes sur 4 avant 18 ans sont des filles.
      • Les auteurs masculins sont à l'origine de 97 % des violences.

      • Les frères et demi-frères sont la principale catégorie d'agresseurs des garçons victimes d'inceste.


      II. Mécanismes de Passage à l'Acte et Culture du Viol

      L'étude des mineurs auteurs d'inceste révèle que l'acte est souvent motivé par l'opportunisme et la recherche de conformité sociale plutôt que par une pathologie mentale.

      L'Opportunisme de la Domination

      Le passage à l'acte repose sur l'identification et l'exploitation de vulnérabilités : âge, sexe, handicap, ou isolement au sein de la famille.

      Les auteurs partagent un sentiment de légitimité et d'impunité pour imposer des gestes sexuels.

      La Masculinité comme Performance

      • Conformité Hétérosexuelle : Pour les jeunes garçons, l'accès au corps d'autrui (filles ou garçons perçus comme "moins que des hommes") est une manière d'affirmer leur masculinité devant leurs pairs et d'éviter la stigmatisation.

      • Apprentissage par l'acte : L'inceste commis par un mineur est souvent sa première expérience sexuelle initiée (non subie), servant de "préparation" à une sexualité conforme.

      Les Obstacles à la Reconnaissance

      • Culture du viol : Ensemble de discours banalisant les violences (érotisation de la contrainte, minimisation des conséquences).

      • Priorisation de l'auteur : Dans les familles, on observe souvent une tendance à protéger le fils aîné auteur pour éviter l'éclatement de la cellule familiale ou les sanctions légales, au détriment de la victime.

      • Pathologisation excessive : En limitant les violences sexuelles à la "pédophilie" (trouble paraphilique), la société occulte la dimension systémique et ordinaire de ces actes commis par des individus sans trouble mental spécifique.


      III. Préconisations pour une Structure de Prévention Sociétale

      Pour transformer durablement la société, cinq axes d'intervention majeurs sont identifiés :

      | Axe d'Action | Détails de la mise en œuvre | | --- | --- | | Coordination Indépendante | Créer une structure pérenne, pluridisciplinaire et externalisée (indépendante des changements de gouvernement) pour piloter la prévention. | | Éducation Sexuelle (EVARS) | Transformer l'Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle en une véritable matière scolaire, dispensée par des experts externes dès le plus jeune âge. | | Autodéfense des Enfants | Déployer des programmes (type CAP ou Clafouti) pour apprendre aux enfants à identifier les phénomènes de domination et à connaître leurs droits. | | Formation Professionnelle | Rendre obligatoire une formation certifiante (min. 1 jour) sur les violences sexuelles pour tout adulte travaillant avec des mineurs (santé, sport, éducation, culture). | | Soutien au Travail Social | Revaloriser les métiers du social (salaires, conditions de travail) et intégrer une formation sur l'inceste dès l'entrée dans la parentalité (modèle de l'agrément). |

      Citations Clés du Contexte

      "L'enfant n'est pas naturellement vulnérable, sa vulnérabilité est le produit des institutions sociales." — Tal Peter Bromerc

      "Individualiser les causes des violences masculines invisibilise le fait qu'elles sont majoritairement le fait d'hommes sur leur propre compagne et leur propre fille." — Patricia Romito

      "Les hommes sont les victimes secondaires du patriarcat... On n'accède pas aux monts et merveilles que promettait le patriarcat en se livrant à des rituels de domination." — Bell Hooks

      Conclusion

      La prévention des violences sexuelles ne peut se limiter à la gestion de crises individuelles.

      Elle exige un consensus sociétal pour lutter contre les inégalités de genre, de classe et d'âge.

      Visibiliser les mécanismes de domination est l'étape indispensable pour passer d'une culture du viol à une culture de l'intégrité et du respect.

  2. Jun 2026
    1. Document de Synthèse : Structuration des Actions Sociétales pour la Prévention des Violences Sexuelles

      Ce document synthétise l'intervention de Corentin Legras, chercheur en sciences sociales, lors d'une audition publique organisée par la Fédération française des CRIAVS.

      L'analyse porte sur la restructuration nécessaire des politiques de prévention des violences sexuelles, en s'appuyant sur l'étude des mineurs auteurs d'inceste et les rapports de domination systémiques.


      Résumé Exécutif

      L'approche développée par Corentin Legras propose de déplacer le regard de l'étiologie individuelle (« pourquoi ») vers les mécanismes sociaux (« comment ») qui permettent la perpétuation massive des violences sexuelles.

      Le constat central est que la violence sexuelle n'est pas un fait marginal, mais un rouage du fonctionnement social fondé sur des rapports de domination.

      La prévention efficace exige une action coordonnée, indépendante des cycles politiques, visant la déconstruction de la « culture du viol », la revalorisation de l'éducation à la sexualité (EVARS) et une lutte globale contre les inégalités structurelles (genre, âge, classe).


      I. Un Changement de Paradigme : La Violence comme Fait Social

      L'analyse repose sur le passage d'une vision pathologisante à une analyse par les sciences sociales, centrée sur la notion de domination.

      • La domination comme condition d'exercice : Inspirée par Max Weber et Daniel Cargoat, la domination est définie comme la capacité de contraindre autrui à infléchir son comportement.

      Elle naturalise les inégalités, les rendant invisibles aux yeux des individus qui les intériorisent comme allant de soi.

      • La famille, « berceau des dominations » : Selon l'anthropologue Dorothée Dussy, la famille est le premier espace où l'enfant expérimente la soumission.

      En observant que les adultes décident et que les enfants obéissent, ces derniers apprennent qu'il est possible de contraindre un plus vulnérable à sa propre volonté.

      • Le viol d'opportunisme : L'inceste est décrit moins comme une pathologie (pédophilie) que comme un « viol d'opportunisme ».

      Les auteurs identifient et exploitent des vulnérabilités préexistantes : - L'âge (les auteurs sont majoritairement des aînés).

      • Le genre (trois victimes sur quatre sont des filles).

      • Le handicap, la classe sociale ou l'isolement affectif.


      II. Déconstruire les Socles de la Violence Sexuelle

      La prévention doit s'attaquer aux représentations culturelles et sociales qui autorisent ou banalisent le passage à l'acte.

      1. Promouvoir une « contre-culture du viol »

      La culture du viol désigne les discours qui invisibilisent ou justifient la violence.

      Pour la contrer, il est proposé de :

      • Encadrer les récits médiatiques et cinématographiques qui érotisent souvent la contrainte (ex: critique des films montrant la victime comme initiatrice pour rendre la relation « acceptable »).

      • Valoriser des productions culturelles fidèles aux réalités sociales des victimes (ex: travaux de Jean-Hery sur les conséquences de l'inceste à long terme).

      2. Désapprendre les masculinités hégémoniques

      La sexualité masculine est souvent construite comme une performance de genre destinée aux pairs.

      • La virilité est liée à l'accès fréquent à la sexualité, ce qui favorise l'objectification des femmes et des filles.

      • La prévention nécessite une éducation spécifique des garçons pour déconstruire ce sentiment de légitimité.


      III. Recommandations pour une Action Sociétale Structurée

      Le rapport préconise une transformation profonde des structures de prévention et de formation.

      Gouvernance et Financement

      • Indépendance institutionnelle : Créer une structure pérenne, pluridisciplinaire et indépendante des gouvernements successifs pour coordonner les actions de prévention.

      • Investissement financier : Assurer des fonds constants.

      L'intervention souligne l'urgence face au dé-financement actuel de structures comme le Planning Familial.

      Éducation et Formation

      • Réforme de l'EVARS (Éducation à la vie affective et sexuelle) :

        • Transformer l'EVARS en une véritable matière scolaire.
      • Confier les interventions à des professionnels extérieurs spécialisés plutôt qu'à des professeurs bénévoles peu formés.

      • Programmes d'autodéfense : Déployer des programmes (ex: réseaux CAP ou Milmiettes) permettant aux enfants de se sentir légitimes à dénoncer les comportements inappropriés.

      • Formation exhaustive : Former l'ensemble des adultes en contact avec des mineurs, y compris les personnels non qualifiés (surveillants, agents d'accueil), à la détection et au respect de l'intégrité physique.


      IV. Points de Vigilance et Enjeux Transversaux

      | Thème | Constat et Risque | Préconisation | | --- | --- | --- | | Relativisme culturel | Risque de minimiser l'impact de l'inceste dans certaines communautés sous prétexte de « pratiques culturelles ». | Éviter tout relativisme et traiter la violence comme une atteinte universelle à l'intégrité. | | Milieux fermés | Les communautés religieuses ou la haute bourgeoisie utilisent des techniques de « silenciation » liées à la réputation. | Renforcer les capacités de dénonciation hors des cercles de proximité immédiate. | | Protection de l'enfance | Le système est actuellement fragilisé. | Revaloriser et soutenir le travail social pour éviter l'effondrement du système de protection. |


      Conclusion

      La structuration de la prévention au niveau sociétal ne peut se limiter à des interventions ponctuelles ou à la gestion des cas individuels.

      Elle impose une lutte contre les inégalités de genre, de classe et d'âge, ainsi qu'une volonté politique de désenclaver les enjeux de violence sexuelle de la sphère privée pour en faire une priorité publique et éducative.

      Comme le souligne l'intervention, l'élan social post-MeToo montre que la société exprime une demande de représentations plus fidèles à l'expérience des victimes, ce qui constitue un levier majeur pour le changement.

  3. May 2026
    1. L'Égalité Relationnelle et le Concept de Trachification : Analyse des Modes d'Infériorisation Sociale

      Résumé Exécutif

      Ce document synthétise les recherches de la professeure Juliana Uhuru Bidadanure sur l'égalité relationnelle, présentées lors de sa conférence au Collège de France.

      L'analyse marque un tournant dans la philosophie politique contemporaine, passant de l'égalitarisme distributif (axé sur la répartition des ressources) à l'égalitarisme relationnel (axé sur la qualité des rapports sociaux).

      Le point central de cette étude est l'introduction du concept de « trachification » (de l'anglais trash, déchet).

      Ce néologisme décrit un processus social par lequel certains individus sont perçus et traités comme des déchets humains.

      Contrairement à l'objectification, qui utilise l'individu comme un outil (un moyen en vue d'une fin), la trachification le considère comme superflu, inutile ou encombrant (un moyen sans fin).

      L'analyse démontre que ce phénomène n'est pas une simple métaphore, mais une réalité matérielle et institutionnelle se déclinant en trois phases : l'association, l'assimilation et la mise au rebut.

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      I. Le Cadre Théorique : De la Distribution à la Relation

      La pensée de Juliana Bidadanure s'inscrit dans une évolution de la philosophie politique post-John Rawls. Elle distingue deux approches majeures de l'égalité :

      1. L'Égalitarisme Distributif

      Dominante depuis les années 1970, cette approche se concentre sur deux questions :

      • La métrique (« Equality of what ») : Déterminer quel bien doit être réparti (ressources, opportunités, bien-être ou capabilités).

      • Le principe de répartition : Comment diviser équitablement ce bien en tenant compte de la responsabilité individuelle.

      2. L'Égalitarisme Relationnel

      Inspirée par Elizabeth Anderson et Iris Marion Young, cette perspective soutient que l'égalité n'est pas une question de répartition parfaite, mais de rapports sociaux.

      L'objectif est de construire une société où les individus interagissent en tant qu'égaux, sans hiérarchies de subordination, de mépris ou d'humiliation.

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      II. Les Modes d'Infériorisation

      Pour définir positivement l'égalité relationnelle, l'analyse examine d'abord ses violations.

      Ces « technologies d'avilissement » transforment l'individu en ce qu'il n'est pas :

      | Mode d'infériorisation | Nature du déni | Présupposition agentive | | --- | --- | --- | | Infantilisation | Déni de maturité | Agent irrationnel ou incomplet | | Animalisation | Déni d'agentivité | Agent purement instinctif | | Objectification | Déni de fin en soi | Agent réduit à un simple moyen/outil | | Démonisation | Essence déviante et dangereuse | Agent malveillant et immuable | | Adultification | Déni d'immaturité (inverse de l'infantilisation) | Enfant traité comme un adulte responsable | | Trachification | Déni d'utilité et de valeur | Individu perçu comme un déchet superflu |

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      III. La Trachification : Un Nouveau Concept Sociologique

      Le terme trachification est choisi pour sa capacité à décrire un processus actif (le verbe to trash) et une condition statique de non-valeur.

      Le déchet symbolise ce qui a perdu sa fonction, ce qui est inesthétique et ce que l'on cherche à faire disparaître.

      Les trois phases du processus de trachification

      • L'Association :

        • Elle repose sur un « enchevêtrement visible » entre une vie et les déchets.
      • Certaines populations (SDF, Roms, travailleurs des déchets) perdent le « privilège de distanciation » vis-à-vis des détritus.

      • La proximité géographique avec des décharges ou des zones polluées (racisme environnemental) crée un lien mental entre l'individu et la matière dégradée.

      • L'Assimilation :

        • Le passage de la proximité à l'identification.

      L'individu est perçu à travers l'ontologie du déchet : sale, impur, cassé, sans valeur et jetable.

      • Usage du langage : expressions comme « White Trash », « racailles » ou « ordures ».

      • Contrairement à l'outil, l'individu « trachifié » est vu comme incapable de produire quoi que ce soit de valable.

      • La Mise au Rebut :

        • Phase ultime consistant en l'élimination sociale ou physique.
      • Négligence : Échec à fournir des soins de base, notamment médicaux (nécrose, gangrène traitée comme une chose à éliminer).

      • Abandon : Désertion active par les institutions (fermeture de refuges, expulsions).

      • Mort sociale et physique : Normalisation de la disparition des personnes concernées.

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      IV. Analyse Comparative : Trachification vs Objectification

      Une distinction philosophique fondamentale sépare le traitement d'une personne comme un objet (outil) et comme un déchet (rebut).

      L'Objectification (Instrumentalisation)

      Selon Martha Nussbaum, l'objectification implique de traiter l'autre comme un moyen au service d'une fin.

      C'est le « jouet sombre » évoqué par Aimé Césaire.

      L'individu a une valeur utilitaire, il est une « force de travail ».

      La Trachification (Superfluité)

      La trachification intervient souvent lorsque l'utilité disparaît. C'est le passage de l'outil au « chiffon » ou à l'objet cassé.

      • L'exemple de l'esclavage : Frédéric Douglass décrit comment sa grand-mère, après une vie d'utilité forcée (objectification), a été abandonnée seule dans les bois pour mourir une fois devenue âgée et infirme (trachification).

      • L'impératif catégorique : Kant interdit de traiter autrui comme un simple moyen.

      La trachification révèle une violation plus radicale : traiter autrui comme un moyen sans fin, un obstacle ou un reste inutile.

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      V. Implications Politiques et Conclusion

      L'analyse de la trachification permet de relier des phénomènes disparates :

      • Les politiques de « nettoyage » urbain visant les sans-abris aux États-Unis.

      • La stigmatisation des « blancs pauvres » (White Trash) comme population biologiquement ou socialement dégénérée.

      • Le sort des populations Dalits en Inde ou Roms en Europe, confinées aux marges dégradées de la société.

      Conclusion de l'analyse : La trachification est une « technologie d'avilissement » qui produit ses propres justifications : l'abandon social dégrade les corps et les conditions de vie, ce qui renforce l'image de l'individu comme déchet, justifiant ainsi un abandon accru.

      Une politique véritablement égalitaire doit donc refuser qu'un être humain puisse jamais être perçu, matériellement ou symboliquement, comme un résidu social.

      Comme le souligne la métaphore finale empruntée à Césaire, la lutte pour l'égalité consiste à ne plus être ni le « jouet sombre » (l'outil de l'autre), ni « l'épouvantail désuet » (le rebut abandonné dans le paysage).

    1. Rapport de Synthèse : Crise de la Protection de l'Enfance et Scandale du Périscolaire

      Résumé Exécutif

      Ce document analyse les défaillances systémiques de la protection de l'enfance en France, mises en lumière par le scandale des violences sexuelles dans le milieu périscolaire parisien.

      Le procès de « David G. », animateur accusé d'agressions sur des enfants de 3 à 5 ans, sert de catalyseur à une dénonciation plus large : celle d'une société et d'institutions qui peinent à entendre la parole des mineurs.

      Le constat est sans appel : entre opacité administrative, manque de formation des personnels et réquisitions judiciaires jugées dérisoires, l'école de la République échoue dans sa mission de sanctuaire.

      Le rapport souligne l'urgence d'une transition vers une culture du signalement systématique, d'un investissement massif dans la formation et d'une remise en question de « l'adultisme », ce système de domination qui dévalue la parole de l'enfant face à celle de l'adulte.

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      1. Le Scandale du Périscolaire : Un État des Lieux Alarmant

      L'affaire David G. et l'ampleur du phénomène

      Le procès de David G., animateur de 36 ans, révèle une situation d'une ampleur inédite.

      Les faits reprochés concernent des agressions sexuelles sur de très jeunes enfants (3 à 5 ans) lors de moments de soins ou de jeux.

      • Chiffres clés : Une centaine d'écoles maternelles parisiennes sont concernées par des plaintes ou des signalements.

      Le phénomène touche également d'autres villes de France : Marseille, Rouen, Montpellier, Nantes.

      • Victimes : On dénombre des dizaines de plaintes.

      Dans l'affaire spécifique « Alphonse Baudin », 21 auditions ont été menées.

      • Symptômes identifiés par les parents : Énurésie, troubles alimentaires, colères soudaines, maux de ventre.

      Une chaîne de défaillances institutionnelles

      L'enquête médiatique et les témoignages des parties civiles pointent des failles majeures dans la gestion du personnel par la Mairie de Paris (CASP, DASCO) :

      • Alertes ignorées : Un signalement concernant David G. avait été effectué dès septembre 2024 par une mère.

      Au lieu d'une suspension et d'une enquête administrative, l'animateur a simplement été déplacé d'une petite à une moyenne section.

      • Opacité administrative : Les parents dénoncent des « éléments de langage creux » de la part des autorités et une difficulté chronique à obtenir des informations après la révélation des faits.

      • Précarité de l'encadrement : Le secteur repose sur des vacataires dont la formation est jugée dérisoire (parfois seulement deux jours et demi de formation initiale).

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      2. Analyse Judiciaire : Le Sentiment d'une Impunité

      Le procès public de mai 2026 a suscité l'indignation des familles et de leurs conseils, principalement en raison de la nature des réquisitions.

      | Élément du Procès | Détails et Critiques | | --- | --- | | Réquisitions du Parquet | 3 ans d'emprisonnement, dont 1 an sous bracelet électronique et 2 ans de sursis. | | Peine encourue | Jusqu'à 10 ans d'emprisonnement. | | Position de la défense | Déni total des faits, l'accusé évoquant des « gestes maladroits » et un manque de formation. | | Critique des parties civiles | Réquisitions jugées « dérisoires » et « laxistes », envoyant un message de non-protection aux familles et de permissivité aux agresseurs. |

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      3. Dimensions Systémiques : Adultisme et Domination

      L'analyse des experts présents souligne que le problème n'est pas uniquement individuel mais anthropologique et social.

      Le concept d'adultisme

      Le document met en avant le terme « adultisme » (ou « enfantisme »), défini comme un mécanisme de domination des adultes sur les enfants :

      • Dévaluation de la parole : La parole de l'enfant est systématiquement suspectée de fabulation ou de manipulation.

      Elle est considérée comme ayant « moins de valeur » que celle d'un adulte.

      • Réification de l'enfant : L'enfant est souvent perçu comme la propriété de ses parents ou comme un « sous-adulte » sans autonomie politique ou juridique réelle.

      • Injonction à l'obéissance : L'éducation verticale force les enfants à obéir aux adultes sans discuter, ce qui les rend vulnérables face à des prédateurs qui utilisent cette autorité.

      La déconstruction du mythe du « monstre »

      Le docteur Antoine Pellissolo souligne que les agresseurs ne sont pas des « monstres » marginaux mais des individus souvent bien intégrés (enseignants, pères de famille, animateurs).

      Cette « normalité » favorise le déni collectif et empêche la mise en place de politiques de prévention efficaces, notamment la prise en charge des individus présentant des attirances sexuelles envers les mineurs avant le passage à l'acte.

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      4. Obstacles à la Protection et au Signalement

      Les défaillances de l'Éducation Nationale

      Bien que l'école soit le premier lieu de signalement, le système rencontre des obstacles majeurs :

      • Manque de formation des enseignants : Beaucoup ne sont pas formés au repérage des « signaux faibles » ou à la manière de recueillir la parole d'un très jeune enfant.

      • Complexité du signalement : L'obligation de dénoncer des crimes (Article 40 du Code pénal) est parfois perçue par les agents comme un court-circuitage de la hiérarchie.

      Les retours des procureurs suite aux signalements sont quasi inexistants.

      • Dispositifs inadaptés : Les « Salles Mélanie » (conçues pour l'audition des mineurs) sont mal réparties sur le territoire et leur protocole n'est pas adapté à la psychologie des enfants de 3 ans, qui se crispent souvent sans la présence d'un parent.

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      5. Recommandations et Perspectives de Réforme

      Le débat souligne plusieurs pistes pour sortir de l'ère « pré-MeToo » de l'enfance :

      • Application des préconisations de la CIIVISE : Mise en œuvre des 82 recommandations du premier rapport, incluant une culture de la protection systématique.

      • Réforme législative : Soutien à la proposition de loi visant à renforcer la protection des enfants en milieu scolaire et périscolaire, incluant un contrôle accru des établissements privés sous contrat (référence à l'affaire Bétharram).

      • Moyens financiers et humains : Augmentation massive des budgets pour la formation continue de tous les personnels en contact avec des mineurs (animateurs, enseignants, agents territoriaux).

      • Cellule nationale unique : Création d'une plateforme centralisée pour recueillir et aiguiller les signalements (famille, école, justice) afin d'assurer un traçage efficace des auteurs.

      • Modèle espagnol : Suivre l'exemple de l'Espagne qui, par un investissement massif, a réduit drastiquement les chiffres des violences intrafamiliales et sexuelles.

      Citations Clés

      « C’est un double message envoyé à la société. D’un côté, on ne protège pas vos enfants et puis de l’autre ce n’est pas si grave que ça. »Rebecca Royer, avocate des parties civiles.

      « On vit dans une société qui force les enfants tout le temps à faire plein de choses, qui ne les écoute pas et on est surpris que les enfants soient victimes de violence sexuelle. »Lolit Arrivé, institutrice et journaliste.

      « Il faut un village pour violer un enfant. »Romain Lemire (cité par Nathan Devers), auteur.

      « La parole d’un enfant a moins de valeur que celle d’un adulte et ça c’est absolument scandaleux. »Rebecca Royer.

    1. Briefing : Déconstruction de la Reproduction des Inégalités à l'École

      Résumé Exécutif

      Ce document synthétise les travaux de Muriel Couillot et Véronique Stéphan, autrices de l'ouvrage Favoriser l'égalité à l'école.

      L'analyse démontre que, malgré un idéal de justice et de bonnes intentions professionnelles, l'école demeure un vecteur de reproduction des inégalités sociales et de genre.

      Ce phénomène repose sur des « angles morts » : des automatismes et des gestes professionnels routiniers qui, sans être interrogés, favorisent les élèves déjà privilégiés.

      L'enjeu majeur est de passer d'une « idéologie de la neutralité » (traiter tout le monde de la même manière) à une pédagogie volontariste et explicite qui déconstruit les rapports de domination extérieurs entrant dans la classe.

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      1. L'École : Un Espace de Pesanteur Sociale

      L'école ne fonctionne pas en « apesanteur sociale » (Bourdieu). Elle hérite des rapports de force et de domination de la société environnante.

      La Méritocratie et le Mythe du Privilège

      • Le Mythe du Mérite : Le système scolaire repose sur l'idée que « si l'on veut, on peut ».

      Or, l'école récompense souvent les élèves possédant déjà les codes, les attendus et les implicites du système.

      • L'Expérience du Monopoly (Berkeley) : Une étude montre qu'un joueur avantagé par les règles (plus de dés, plus d'argent au départ) finit par attribuer sa réussite à ses propres stratégies et à son intelligence plutôt qu'à l'inégalité structurelle du jeu.

      Le système scolaire fonctionne de manière analogue.

      • Les « Exceptions Consolantes » : Concept de Ferdinand Buisson désignant les rares réussites d'élèves issus de milieux très défavorisés.

      Ces cas sont utilisés pour justifier le système alors qu'ils masquent l'échec structurel de la majorité des élèves du même milieu.

      Le Poids des Stéréotypes et des Biais

      Les enseignants sont influencés par des biais cognitifs (confirmation, attribution) et des stéréotypes agissant comme des « écrans de verre ».

      | Type de Biais / Stéréotype | Manifestation Factuelle | | --- | --- | | Biais social | Correction plus sévère des dictées des élèves de milieux populaires. | | Biais de genre | Correction plus clémente des copies de garçons en mathématiques. | | Attentes différenciées | Attente de docilité pour les élèves de milieux populaires ; attente de moindres performances scientifiques pour les filles. | | Menace du stéréotype | Stress lié à l'appartenance à un groupe stigmatisé, créant une « infériorité fictive » qui inhibe les capacités réelles. |

      --------------------------------------------------------------------------------

      2. Le « Curriculum Caché » et les Gestes Professionnels

      Le curriculum caché englobe tout ce qui ne figure pas dans les programmes officiels mais que les élèves apprennent par l'observation des rapports de domination en classe.

      L'Exemple d'Amidou : L'Implicite comme Facteur d'Échec

      L'étude de Stéphane Bonéri sur l'élève Amidou illustre la construction du malentendu social :

      • La situation : Un élève apprend par cœur une carte pour une évaluation.

      • Le malentendu : L'enseignant n'évalue pas la mémorisation mais la capacité à décontextualiser et recontextualiser l'information.

      • La conséquence : Les élèves privilégiés, ayant déjà acquis ces compétences ailleurs, réussissent.

      L'élève en difficulté, malgré son effort, échoue car l'attendu réel est resté implicite.

      Analyse de l'usage de l'ardoise

      L'utilisation de l'ardoise en calcul mental, souvent perçue comme un geste neutre, peut devenir inégalitaire.

      | Avantages (Apparents) | Inconvénients (Inégalitaires) | | --- | --- | | Facilité matérielle, pas de correction. | Mise en place d'une compétition au détriment de la coopération. | | Impression d'enrôler tout le monde. | Médiatisation de l'erreur et de la performance. | | Paix sociale et rapidité. | Stratégies d'évitement chez les élèves fragiles (écrire petit, copier, se cacher). | | | Survalorisation des élèves déjà performants. |

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      3. Stratégies pour une Pédagogie Égalitaire

      Pour « hacker » l'inconscient professionnel, des ajustements progressifs sont nécessaires afin de transformer la relation d'apprentissage.

      Repenser les Interactions Orales

      Le « cours dialogué » classique (question de l'enseignant, réponse d'un élève volontaire) favorise les garçons (plus démonstratifs) et les élèves privilégiés.

      • Le Silence Obligatoire : Imposer une minute de réflexion avant toute réponse pour permettre à tous d'élaborer mentalement une solution complexe.

      • Le Tour de Parole Systématique (1+1+Tous) : S'assurer de solliciter chaque élève, ou chaque groupe, pour légitimer la parole de tous dans le dialogue didactique.

      • Éléments de Langage : Donner aux élèves des formules pour dédramatiser (« Je pense comme untel », « Je n'ai pas de réponse à ajouter ») afin de les maintenir dans l'activité sans stress.

      Le Groupement d'Élèves : Un Acte Volontariste

      • Contre l'Entre-soi : Laisser les élèves se grouper librement renforce souvent l'exclusion et les affinités sociales/de genre.

      • Action de l'Enseignant : Imposer les groupes de travail de manière ferme pour briser l'ordre social dominant et forcer la mixité des compétences et des origines.

      Relation avec les Familles

      • Sortir du Jugement : Éviter de percevoir les familles populaires comme démissionnaires.

      Souvent, la distance avec l'école est le fruit d'une peur réciproque ou d'une méconnaissance des codes scolaires (sigles, attentes).

      • Construire l'Alliance : Expliciter davantage les attendus et rassurer les parents sur leur rôle de soutien, sans les charger de la responsabilité didactique.

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      4. Conclusion : La Posture du Professionnel

      La lutte contre les inégalités scolaires n'est pas une révolution soudaine, mais un cheminement long basé sur l'analyse de pratique.

      • Le Collectif de Travail : La réflexion doit être partagée en équipe pour éviter l'isolement et porter des projets cohérents.

      • L'Observation Bienveillante : Inviter un collègue à observer ses propres gestes (à qui donne-t-on la parole ? comment corrige-t-on ?) est un levier puissant de prise de conscience.

      • Travailler « Avec » plutôt que « Face à » : Abandonner l'idéologie de la neutralité pour adopter une posture qui prend soin des rythmes individuels tout en maintenant des exigences élevées pour tous.

  4. Mar 2026
    1. L'Impasse de la Punition à l'École : Vers une Approche Éducative et Restauratrice

      Résumé Exécutif

      Ce document analyse les limites du système punitif traditionnel en milieu scolaire et explore les alternatives fondées sur la discipline positive et les actions réparatrices.

      Le constat central est que la punition, définie historiquement comme le fait de "faire payer", échoue souvent à modifier durablement le comportement des élèves.

      Au contraire, elle génère fréquemment des sentiments d'injustice, de rébellion ou de ressentiment (les "4 R").

      L'approche proposée repose sur un changement de paradigme : passer d'une culture de la domination à une culture de la coopération, caractérisée par un cadre à la fois ferme et bienveillant.

      En se concentrant sur l'acquisition de compétences psychosociales manquantes plutôt que sur le blâme, les établissements peuvent réduire de moitié les taux de récidive, améliorer le climat scolaire et favoriser la réussite académique.

      La clé réside dans l'autorégulation de l'adulte et l'implication de l'élève dans la recherche de solutions.

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      1. Analyse du Système Punitif Actuel

      Définitions et Cadre Légal

      Le système éducatif français distingue deux niveaux d'intervention, bien que leurs objectifs finaux (rappeler la règle, stopper un comportement, assurer la sécurité) soient similaires :

      | Terme | Champ d'application | Autorité compétente | | --- | --- | --- | | Punition scolaire | Manquements mineurs (retards, manque de travail, bavardages). Outil de proximité. | Enseignant ou personnel éducatif. | | Sanction scolaire | Manquements graves ou répétés, atteintes aux biens ou aux personnes. Inscrite au dossier. | Chef d'établissement ou conseil de discipline. |

      L'Échec de la "Logique Interne"

      La punition repose sur l'idée que pour inciter un élève à mieux agir, il faut d'abord qu'il se sente mal.

      Or, les études et les témoignages cliniques démontrent que la punition déclenche une "logique interne" contre-productive chez l'élève.

      Les "4 R" de la punition (selon Jane Nelsen) :

      1. Ressentiment : Sentiment d'injustice ("Ce n'est pas juste", "L'adulte ne m'aime pas").

      2. Revanche : Volonté de rendre les coups ("Elle a écrasé ma balle, je ne ferai rien dans son cours").

      3. Rébellion : Opposition frontale pour prouver son autonomie.

      4. Retrait : Soumission apparente cachant une baisse d'estime de soi ou une fuite (malhonnêteté pour ne pas être pris).

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      2. Le Changement de Paradigme : De la Domination à la Coopération

      Le document souligne que 33 % des enseignants continuent d'utiliser la punition traditionnelle, souvent par manque de temps, de formation ou d'alternatives face à des groupes difficiles.

      Le passage à une "action éducative et réparatrice" nécessite de modifier le regard porté sur l'enfant.

      La Métaphore de l'Iceberg

      Le comportement inapproprié n'est que la partie émergée de l'iceberg. Sous la surface se cachent des émotions, des perceptions et, surtout, des compétences manquantes.

      Approche punitive : Se concentre sur la pointe (le comportement) pour le supprimer par la force.

      Approche éducative : Cherche la compétence manquante (organisation, gestion de la colère, attention) pour l'enseigner.

      Les Piliers de l'Alternative

      L'alternative ne signifie pas l'absence de cadre, mais l'adoption d'une posture ferme et bienveillante :

      Fermeté : Respect de la règle et de la sécurité du collectif. Le cadre est non négociable.

      Bienveillance : Respect de la dignité de l'élève. On ne porte pas atteinte à son intégrité physique ou morale.

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      3. Outils Pratiques pour une Discipline Positive

      L'approche se décline en trois axes : prévention, intervention et réparation.

      A. La Prévention

      Ritualiser l'autorégulation : Proposer des temps de silence ou de respiration (ex: la "minute d'installation") pour stabiliser le niveau émotionnel de la classe.

      Expliciter le cadre : Co-construire les lignes de conduite avec les élèves pour favoriser leur sentiment d'appartenance et de responsabilité.

      Travailler les contributions : Donner à chaque élève un rôle ou une responsabilité au sein du collectif.

      B. L'Intervention (Le Temps de Pause)

      Contrairement à l'exclusion-sanction, le temps de pause est un outil de gestion émotionnelle.

      Objectif : Redescendre physiologiquement en zone de calme (sortir du mode "cerveau dans la main" ou réactif).

      Processus : L'élève se rend dans un espace dédié (vie scolaire, bureau calme) non pas pour "réfléchir à ce qu'il a fait" sous la contrainte, mais pour retrouver ses capacités rationnelles.

      C. La Réparation (La Recherche de Solution)

      La réparation doit être liée, respectueuse, proportionnée et utile.

      Exemple : Un élève oubliant ses affaires ne doit pas simplement copier des lignes, mais identifier trois stratégies concrètes pour ne plus oublier son matériel et en tester une.

      Question clé pour l'adulte : "Quelle compétence a manqué à cet élève et comment puis-je l'aider à l'acquérir ?"

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      4. Bénéfices Constatés et Conclusions

      Le passage d'un système punitif à un maillage éducatif (incluant la CNV, la justice restaurative ou la discipline positive) produit des résultats tangibles :

      1. Diminution de la récidive : Un exemple cité montre une réduction de 50 % des incidents graves en un an après l'adoption d'une démarche restaurative.

      2. Amélioration des résultats scolaires : Un élève en sécurité émotionnelle (dans sa "fenêtre de tolérance") est plus apte à l'apprentissage et à la concentration.

      3. Restauration du lien : L'approche privilégie le maintien de la relation enseignant-élève, évitant la rupture qui mène souvent à la violence contre l'institution.

      4. Apaisement de l'adulte : En sortant de la posture de domination permanente, l'enseignant réduit sa fatigue liée au "faire faire" par la contrainte.

      Conclusion synthétique : L'éducation efficace repose sur le principe de Jane Nelsen : "On fait mieux quand on se sent mieux".

      La punition traditionnelle, en dégradant l'état émotionnel de l'élève, fait obstacle à l'apprentissage qu'elle prétend pourtant servir.

  5. Apr 2024
    1. Résumé de la Vidéo

      La vidéo présente une conférence sur la pensée de Pierre Bourdieu concernant la domination, animée par Gisèle Sapiro. Elle aborde les travaux de Bourdieu sur la société kabyle, l'éducation, et la domination masculine, en soulignant l'importance de comprendre la domination pour transformer la société. La conférence souligne également le rôle de l'éducation et des dispositions corporelles dans la perpétuation de la domination sociale.

      Points Forts: 1. Introduction à la conférence [00:00:00][^1^][1] * Accueil et contexte post-COVID * Présentation de Gisèle Sapiro * Importance de comprendre la domination 2. L'œuvre de Bourdieu [00:01:47][^2^][2] * Influence sur la sociologie * Dictionnaire international sur Bourdieu * La domination dans les travaux de Bourdieu 3. La domination symbolique [00:06:37][^3^][3] * Définition et impact sur les dominés * Exemples dans le système éducatif * La complicité des dominés dans leur propre domination 4. La distinction et le goût artistique [00:08:11][^4^][4] * Le bon goût déterminé par les dominants * L'arbitraire des savoirs scolaires et artistiques * La légitimation des critères des dominants 5. La domination masculine [00:09:03][^5^][5] * Analyse de la domination masculine * Les tâches subalternes et la soumission des femmes * La violence symbolique et physique contre les femmes 6. Engagement de Bourdieu et conclusion [00:11:04][^6^][6] * La sociologie politique de Bourdieu * L'engagement intellectuel de Bourdieu * L'impact de révéler les mécanismes de domination Résumé de la vidéo

      Cette vidéo explore les idées de Pierre Bourdieu sur la domination, en particulier la violence symbolique et le capital culturel. Gisèle Sapiro discute de la façon dont les accents en France peuvent être source de violence symbolique et comment le capital culturel, contrairement à l'argent, ne peut être acquis simplement par des moyens économiques. Elle explique le concept de capital culturel de Bourdieu, son origine, et son impact sur l'accès à l'éducation et les pratiques culturelles. La vidéo examine également les champs sociaux, le capital social, et la théorie des champs de Bourdieu, soulignant l'importance des réseaux de relations et la distinction entre le capital économique et culturel.

      Moments forts : 1. La violence symbolique et les accents en France [00:24:52][^1^][1] * La hiérarchie des accents et leur impact social * La notion de violence symbolique de Bourdieu * L'exercice du pouvoir symbolique au-delà de l'argent 2. Le concept de capital culturel [00:25:38][^2^][2] * L'origine du concept après le retour de Bourdieu en France * L'influence du capital culturel sur l'accès à l'éducation * La démocratisation de la culture et ses limites 3. Les champs sociaux et le capital social [00:32:47][^3^][3] * La structure sociale comme une structure en casse * L'opposition entre le capital économique et culturel * Le rôle des réseaux de relations dans l'acquisition du capital social 4. La théorie des champs de Bourdieu [00:40:42][^4^][4] * La spécificité des activités sociales et leur autonomie * Les conditions pour l'émergence d'un champ * L'impact des champs sur la valeur symbolique et économique 5. La violence symbolique et l'éducation [00:50:23][^5^][5] * Le rôle de l'école dans la violence symbolique * L'incorporation des catégories et taxonomies légitimes * La possibilité de subversion des rapports de force Résumé de la Vidéo

      La vidéo présente une conférence de Gisèle Sapiro sur la pensée de Pierre Bourdieu concernant la domination, en particulier la violence symbolique et la domination masculine. Elle explore les définitions de l'État par Max Weber et Bourdieu, la production des identités légitimes, la hiérarchisation des identités et des pratiques, et la manière dont l'État universalise certaines caractéristiques tout en reléguant d'autres à leur particularisme. Sapiro discute également de la manière dont les identités sexuées sont socialement construites et inculquées, et comment elles justifient la division sexuée du travail. Elle aborde le rôle de la littérature dans l'explication des mécanismes de la violence symbolique et la nécessité de dénaturaliser les hiérarchies symboliques pour transformer les représentations du monde.

      Moments Forts: 1. Définition de l'État et violence légitime [00:50:41][^1^][1] * L'État comme monopole de la violence physique et symbolique légitime * La violence symbolique légitime la violence physique * L'État produit des identités légitimes et hiérarchise 2. L'accent parisien comme universel [00:52:36][^2^][2] * L'accent parisien est considéré comme l'accent universel et légitime * Les cultures populaires sont reléguées en bas de la hiérarchie * La hiérarchisation des propriétés féminines et masculines 3. La construction sociale des identités sexuées [00:54:56][^3^][3] * Opposition masculin/féminin dans la perception de l'espace et du temps * Les identités sexuées sont socialement construites et inculquées * La division sexuée du travail est une construction sociale 4. La reproduction des identités par les institutions [00:56:50][^4^][4] * L'éducation familiale et les institutions reproduisent les identités sexuées * La théorie anthropologique de Levi-Strauss sur l'échange des femmes * La violence symbolique implique la soumission complice des dominés 5. Le travail et l'éducation des femmes [00:58:07][^5^][5] * L'accès à l'éducation et le contrôle des naissances donnent aux femmes des moyens d'indépendance * Les inégalités entre les sexes persistent malgré le travail des femmes * La division sexuée du travail domestique reste inégalitaire 6. L'engagement de Bourdieu et la critique des médias [01:06:49][^6^][6] * Bourdieu s'engage contre le néolibéralisme et dénonce le discours fataliste * Il forge la notion d'intellectuel collectif et critique les médias * Son dernier cours au Collège de France sur la science et la réflexivité Résumé de la Vidéo

      La vidéo présente une conférence de Gisèle Sapiro qui explore les concepts de domination et de pouvoir à travers les travaux de Pierre Bourdieu. Elle aborde la domination comme un phénomène sociologique complexe, enraciné dans l'histoire et persistant à travers diverses formes de pouvoir et d'inégalité. La conférence examine également le rôle des institutions et des mouvements sociaux dans la perpétuation ou le défi de la domination, ainsi que l'importance de la conscientisation et de l'action collective pour surmonter les structures de pouvoir oppressives.

      Points Forts: 1. La domination et les inégalités sociales [01:17:48][^1^][1] * Discussion sur la domination comme cumul des handicaps * Importance de comprendre comment les dominés participent au système * Réflexion sur les modes de domination et leur impact 2. La domination à travers l'histoire [01:19:00][^2^][2] * Évocation de la domination masculine et de l'éveil des femmes * Questionnement sur la possibilité de sortir des rapports de domination * Référence à La Boétie et à la servitude volontaire 3. La sociologie de Bourdieu et la domination [01:20:07][^3^][3] * Bourdieu et la révélation des mécanismes de domination * La sociologie comme outil pour comprendre et surmonter la domination * L'importance de l'éducation et des jeunes générations dans le changement social 4. Le rôle des institutions et des lois [01:29:36][^4^][4] * Discussion sur l'impact des politiques néolibérales sur les acquis sociaux * La loi comme fruit de luttes et de reconnaissance des mouvements sociaux * Exemples de progrès et de régressions dans les droits et protections 5. Les élites et la reproduction du pouvoir [01:37:01][^5^][5] * Analyse de la formation et de la reproduction des élites * Bourdieu sur les mécanismes cachés de reproduction par l'école * Réflexions sur les alternatives possibles à la structure actuelle des élites Résumé de la vidéo

      Cette vidéo présente une conférence de Gisèle Sapiro sur la pensée de Pierre Bourdieu concernant la domination. Elle aborde les espaces de prise de parole pour les femmes et les minorités ethniques, l'histoire de l'éducation populaire, la concentration du pouvoir à Paris, et les défis de la marchandisation des savoirs.

      Points forts : 1. Espaces de prise de parole [01:43:41][^1^][1] * Importance pour les femmes et les minorités * Lieux d'entraînement à la prise de parole * Apprentissage de l'expression en public 2. Éducation populaire et domination [01:44:26][^2^][2] * Origines comme instrument de contrôle des masses * Question sur l'intériorisation de la domination * Réflexion sur la réappropriation du stigmate 3. Concentration du pouvoir à Paris [01:52:12][^3^][3] * Domination des élites parisiennes * Impact sur les intellectuels et les écrivains * Conditions d'accès aux champs littéraires 4. Marchandisation des savoirs [02:01:01][^4^][4] * Défis de la publication scientifique * Coûts élevés pour les chercheurs * Problèmes d'accès et de diffusion des connaissances

  6. Feb 2024
    1. Résumé de la vidéo de [00:00:00][^1^][1] à [01:10:25][^2^][2] :

      Cette vidéo est un podcast à soi de Charlotte Bienaimé, qui traite du sujet de la domination adulte et des violences faites aux enfants par leurs pères. Elle donne la parole à des mères et des enfants qui ont subi des violences conjugales, de l'inceste, ou de la maltraitance, et qui ont dû affronter l'indifférence, le déni, ou la complicité des institutions judiciaires, médicales, ou sociales. Elle analyse les mécanismes de la domination patriarcale, qui protège les pères agresseurs et invisibilise les souffrances des enfants. Elle appelle à une prise de conscience collective et à une mobilisation féministe pour défendre les droits des enfants.

      Points forts : + [00:00:00][^3^][3] L'introduction du podcast * Présente le thème de la domination adulte * Raconte une prise de conscience personnelle * Annonce le plan de la série d'émissions + [00:03:51][^4^][4] Le témoignage de Milly * Victime de violences conjugales de la part de son ex-conjoint gendarme * Accusée de manipulation et d'aliénation parentale par la justice * Condamnée à de la prison pour avoir protégé son fils des violences de son père + [00:10:12][^5^][5] Le témoignage de Heidi * Victime de violences conjugales et de viol conjugal de la part de son ex-conjoint * Sa fille Rose dénonce des viols de la part de son père * La justice refuse de croire la parole de l'enfant et impose des visites médiatisées + [00:17:02][^6^][6] L'analyse de la psychologue Aniférant * Spécialiste des violences faites aux femmes et aux enfants * Explique les conséquences psychotraumatiques des violences * Dénonce le manque de formation et de sensibilisation des professionnels + [00:23:52][^7^][7] Le témoignage de Gweno la sueur * Sociologue et militante féministe * A enquêté sur le mouvement des pères divorcés * Révèle les stratégies et les discours de ces associations + [00:34:22][^8^][8] Le témoignage de Sophia Antoine * Fondatrice du collectif enfantiste * Aide les mères et les enfants victimes de violences * Dénonce le déni de la justice et le poids du patriarcat + [00:45:01][^9^][9] La conclusion du podcast * Rappelle les enjeux de la domination adulte * Appelle à la solidarité et à la révolte * Annonce le prochain épisode de la série

    1. partnership-domination scale, here is a quick summary

      for - definition - partnership-domination scale - definition - unified regressive frame

        1. Neuroscience shows that children’s early
        2. observations and
        3. experiences
      • directly affect the structure of our brains, and with this, how we
        • think,
        • feel, and
        • act
      • including how we vote.

        1. These
        2. observations and
        3. experiences
      • are very different depending on the degree that our early environments orient to the
        • partnership or
        • domination
      • end of the partnership-domination social scale.
  7. Mar 2023
    1. The lineage of domination from childhood in schools and at home to adulthood in the workplace is clear. Its purpose is to habituate us to hierarchy and psychological enslavement. Our aptitude for autonomy is atrophied and our vitality is suppressed so that we are reconciled with regimentation and can replicate and reproduce it throughout our interpersonal lives, politics, and cultures. That is Why Revolution Needs Therapy.

      It's incredible how our work ideology is shaped by a hierarchical way of thinking that you can see in many places of our society.

  8. Jan 2023
    1. 3.1 Guest Lecture: Lauren Klein » Q&A on "What is Feminist Data Science?"<br /> https://www.complexityexplorer.org/courses/162-foundations-applications-of-humanities-analytics/segments/15631

      https://www.youtube.com/watch?v=c7HmG5b87B8

      Theories of Power

      Patricia Hill Collins' matrix of domination - no hierarchy, thus the matrix format

      What are other broad theories of power? are there schools?

      Relationship to Mary Parker Follett's work?

      Bright, Liam Kofi, Daniel Malinsky, and Morgan Thompson. “Causally Interpreting Intersectionality Theory.” Philosophy of Science 83, no. 1 (January 2016): 60–81. https://doi.org/10.1086/684173.

      about Bayesian modeling for intersectionality


      Where is Foucault in all this? Klein may have references, as I've not got the context.


      How do words index action? —Laura Klein


      The power to shape discourse and choose words - relationship to soft power - linguistic memes

      Color Conventions Project


      20:15 Word embeddings as a method within her research


      General result (outside of the proximal research) discussed: women are more likely to change language... references for this?


      [[academic research skills]]: It's important to be aware of the current discussions within one's field. (LK)


      36:36 quantitative imperialism is not the goal of humanities analytics, lived experiences are incredibly important as well. (DK)

  9. Dec 2021
    1. What is the state? the authors ask. Not a single stable package that’s persisted all the way from pharaonic Egypt to today, but a shifting combination of, as they enumerate them, the three elementary forms of domination: control of violence (sovereignty), control of information (bureaucracy), and personal charisma (manifested, for example, in electoral politics).
  10. Jan 2020
    1. prevails

      In the original German, 'prevails' is rendered "herrscht." Herrscht shares a common root with the ordinary German word Herr (Mister, or, more evocatively, Master). 'Lordship' (as, in the chapter of Hegel's Phenomenology of Spirit, on 'Lordship and Bondage' is rendered Herrschaft.)

      My own reading of Capital tends to center upon the question of domination in capitalist societies, and throughout chapter 1 (in particular, in The Fetishism of Commodities and the Secret Thereof) Marx is especially attuned to the distinguishing how the forms of domination that are prevalent in capitalist societies are distinct from the relations of "personal dependence" that characterize pre-capitalist modes of production.

      It seems prudent, therefore, to take note of the way that the seemingly innocuous notion of 'prevalence' is, for Marx, in his original formulation, already evocative of the language of mastery, domination, perhaps even something like 'hegemony'.

      Furthermore, the capitalist mode of production prevails--it predominates. Yet, as Louis Althusser observes in his discussion of the concept of the 'mode of production' in On the Reproduction of Capitalism, every concrete social formation can be classified according to the mode of production that is dominant (that prevails--herrscht). In order to dominate, something must implicitly be dominated, or subordinate. "In every social formation," Althusser writes, "there exists more than one mode of production: at least two and often many more." Althusser cites Lenin, who in his analysis of the late 19th c. Russian social formation, observes that four modes of production can be distinguished (Louis Althusser, On the Reproduction of Capitalism, Verso 2014, p. 19.)

      In our analysis of social formations, the concrete specificity of each can be articulated by carefully examining the multiplicity of modes of production that coincide within it, and examine the way in which capitalism tends to dominate a multiplicity of subordinate modes of production that, on the one hand, survive from past modes of production but which may also, on the other, be emerging in the present (i.e. communism). Thus even if capitalism tends towards the formation of a contiguous world-system dominated by its particular imperatives, this does not mean that this process is homogenous or unfolds in the same way in each instance.

      For some commentators, capitalism is defined by the prevalence of wage labor and the specific dynamics that obtain therefrom. Yet this has often led to confusion over, whether, in analyzing the North American social formation prior to 1865, in which slavery coexists with wage-labor, the mode of production based on slave-labor is pre-capitalist. Yet as we find here in ch. 1, what determines the commodity as a commodity is not that it is the product of wage labor, rather that it is produced for exchange. As Marx writes on p. 131, "He who satisfies his own need with the product of his own labor admittedly creates use-values, but not commodities. Insofar as the slave-system in North America produced commodities (cotton, tobacco, etc.) for exchange on the world market, the fact that these commodities were produced under direct conditions of domination does not have any bearing on whether or not we identify this system of production as 'capitalist'. Wage-labor is therefore not likely the determinative factor; the determinative factor is the production of commodities for exchange. It is only insofar as commodities confront one another as exchange-values that the various modes of useful labor appear as expressions of a homogenous common substance, labor in the abstract

      It is in this sense that we can observe one of the ways that the capitalist mode of production prevails over other modes of production, as it subordinates these modes of production to production for exchange, and thus the law of value, regardless of whether wage-labor represents the dominant form of this relation. Moreover, it provides a clue to how we can examine, for example, the persistence of unwaged work within the family, which has important consequences for Social Reproduction Theory.

      Nonetheless, we can say that insofar as commodities confront each other on the market in a scene of exchange that they implicitly contain some 'third thing' which enables us to compare them as bearers of a magnitude of value. This 'third thing', as Marx's demonstration shows, is 'socially necessary labour time', which anticipates the way that wage-labor will become a dominant feature of capitalist society.

  11. Dec 2019
  12. Nov 2019
  13. Apr 2019
    1. life as the reigning queen of Rupaul's Drag Race

      Certainly, it would be interesting to discuss how normative male domination doesn't leave place for posthuman drags deemed by society as "otherness". Otherness would not be the right term to convince the multiple identities embodied by drags. I think you can challenge the relationality between multiple others in so may ways (inanimate objects, cyborgs...), because posthuman drags' life are diverse (multiple characters). There is even maybe some self-styling notion.

      Maybe, you can also introduce some limitations of the posthuman drags boundaries.

  14. Feb 2019
    1. Is the freedom of the individual served by neoliberalism? Centrality of the state for this freedom, which NL denies. “neoliberal thinkers deliberately sustain the fiction that ‘the market economy’ is a natural and spontaneous order that must be placed beyond politics … The question of how authority can be something other than domination and private power shaped the ideas and action of those who built the tradition of constitutional democracy in western societies from the 16th to the 20th centuries … basic needs were those that had to be met before the individual could practically enact the status of a free subject or person. It was such needs provision that made it possible for individuals to be both personally secure and to enjoy an equality of opportunity to develop as individuals free to discover their talents and gifts … the representation of market society as a spontaneous order is pitched to the punters while, within the tent of the doctrine’s initiates, it is fully understood that the state has to be both a strong state, and to be re-engineered in order to impose neoliberal institutional design.” YeatmanFreedom.pdf
  15. Nov 2013