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  1. Jan 2026
    1. Créer une Culture de l'Encouragement : Synthèse et Points Clés

      Résumé Exécutif

      Ce document synthétise les concepts, stratégies et fondements théoriques pour l'instauration d'une "culture de l'encouragement" à l'échelle d'un établissement scolaire.

      Face à un constat alarmant de dégradation de la santé mentale et d'un manque d'encouragement ressenti tant par les élèves que par les personnels, une approche systémique est proposée.

      Elle vise à remplacer un paradigme du découragement, basé sur des réactions négatives aux erreurs, par une spirale vertueuse où l'encouragement génère des émotions positives et des actions constructives.

      Cette culture s'appuie sur trois piliers théoriques : l'Anatomie de l'Encouragement de Wong, la Théorie de l'Autodétermination de Ryan et Deci, et l'État d'Esprit de Développement de Carol Dweck.

      Elle se traduit par un encouragement spécifique, objectif et centré sur le processus, qui renforce l'autonomie, la compétence et le lien social.

      Les Compétences Psychosociales (CPS) sont identifiées comme le levier de choix pour déployer cette culture, en raison de leur cadre institutionnel solide et des effets probants démontrés par de nombreuses méta-analyses scientifiques.

      Le projet "J'y arrive", axé sur le calcul mental, illustre une mise en application réussie de ces principes, parvenant à dédramatiser l'évaluation et à renforcer la confiance des élèves.

      L'instauration d'une telle culture est un processus qui se cultive sur le long terme, impliquant tous les acteurs de la communauté éducative et un leadership actif à tous les niveaux (individuel, collectif et institutionnel).

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      1. Le Constat : Un Besoin Généralisé d'Encouragement

      Les enquêtes sur le climat scolaire révèlent un besoin prégnant d'encouragement chez les élèves, souvent doublé d'un sentiment d'injustice face aux sanctions et aux évaluations.

      Ce manque d'encouragement n'est pas limité aux élèves ; il touche l'ensemble de l'institution éducative, créant une situation de découragement généralisée.

      Les données statistiques confirment cette tendance et soulignent une dégradation de la santé mentale à tous les niveaux.

      | Catégorie | Donnée Statistique | Source | | --- | --- | --- | | Personnels de direction | 78% des directions ont un moral bas. | Fotinos, 2023 | | Enseignants | 48% des enseignants ont des relations difficiles avec leur hiérarchie. | Debarbieux et Moignard, 2022 | | Jeunes (11-24 ans) | 30% présentent des risques de troubles anxio-dépressifs. | Rapport Sénat n° 787, juin 2025 | | Collégiens et Lycéens | 14% des collégiens et 15% des lycéens présentent un risque de dépression. | Santé publique France, 2024 | | Collégiens et Lycéens | Plus de 50% présentent des plaintes psychologiques ou somatiques hebdomadaires. | Santé publique France, 2024 | | Enfants (6-11 ans) | 5,6% trouble émotionnel probable, 6,6% trouble oppositionnel probable, 3,2% TDAH probable. | Enabee Santé Publique, 2023 |

      Le rapport du Sénat qualifie la dégradation de la santé mentale de "tendance de fond qui ne s'est pas améliorée depuis la fin de la crise sanitaire".

      2. Le Changement de Paradigme : De la Spirale du Découragement à l'Élan de l'Encouragement

      La démarche propose de passer d'un paradigme du découragement à un paradigme de l'encouragement.

      Spirale du Découragement : Un stimulus négatif (face à une erreur, un manque de coopération, une émotion qui déborde) engendre des émotions désagréables, qui à leur tour provoquent des comportements indésirables.

      Spirale de l'Encouragement : Un encouragement actif génère des émotions agréables, qui favorisent des actions constructives, des prises de conscience, de meilleures relations et une motivation accrue.

      Définition de l'Encouragement

      L'encouragement ne se limite pas à des mots.

      Il s'agit d'un ensemble de gestes, mots et attitudes visant à renforcer l'espoir, la confiance, la persévérance ou le courage d'une personne pour surmonter des difficultés et atteindre son plein potentiel, dans une optique de contribution au bien commun.

      3. Fondements Théoriques de la Culture de l'Encouragement

      Trois cadres théoriques majeurs soutiennent cette approche :

      1. L'Anatomie de l'Encouragement (Wong) : Un encouragement efficace agit sur quatre dimensions :

      Prise de conscience : Permettre à la personne de voir les choses différemment.  

      Confiance en soi : Renforcer le sentiment d'auto-efficacité et de compétence.  

      Valorisation du potentiel : Aider la personne à voir qu'elle est capable d'aller plus loin.  

      Affection, soutien, empathie : Manifester un lien et un support.  

      Point de vigilance : Il existe des biais de genre dans l'application de ces encouragements, qu'il convient de corriger.

      2. La Théorie de l'Autodétermination (Ryan & Deci) : Pour être encouragé, un individu a besoin de voir ses trois besoins psychologiques fondamentaux satisfaits :

      Autonomie : Le sentiment de penser par soi-même et pour soi-même, et d'agir par choix.  

      Compétence : Le sentiment d'être capable et efficace.  

      Proximité sociale : Le sentiment d'être connecté et en lien avec les autres.

      3. L'État d'Esprit de Développement (Carol Dweck) : Cette théorie, ou Growth Mindset, vise à développer :

      ◦ Le sens de l'effort. 

      ◦ La conviction que les défis aident à apprendre.    ◦ L'idée d'une amélioration continue.   

      ◦ Cette mentalité doit être partagée par les adultes et les élèves pour créer une véritable "communauté d'apprentissage".

      Pratique de l'encouragement : Il doit être précis et objectif, en évitant les superlatifs, les jugements de valeur ou la focalisation unique sur le résultat. Il ne s'agit pas de flatterie, mais d'une reconnaissance descriptive du processus.

      4. Mise en Œuvre : Leviers et Stratégies

      Étude de Cas : Le Projet "J'y arrive"

      Présenté par Steven Calvez, ce projet de recherche sur le calcul mental dans la circonscription 10 000 est un exemple concret d'une culture de l'encouragement en action.

      Objectif : Mettre les élèves en réussite en mathématiques pour améliorer leur confiance en soi.

      Méthodologie :

      Enseignement explicite et valorisation des progrès.  

      Ritualisation et répétition des tâches avec une progression adaptée.  

      Évaluation dédramatisée via des tests très courts et quotidiens.    ◦ Feedback systématiquement bienveillant avec correction collective.

      Impacts visés :

      ◦ Réduire l'anxiété mathématique.  

      ◦ Développer un goût pour l'activité.  

      ◦ Rééquilibrer les stéréotypes de genre en mathématiques.

      Dimension systémique : Le projet est inscrit dans le projet d'école et de circonscription, favorisant l'implication des équipes et la mesure de l'impact sur plusieurs années.

      Les Compétences Psychosociales (CPS) comme Levier Stratégique

      Nadine Gaudin identifie les CPS comme un "levier de choix" pour déployer la culture de l'encouragement.

      Définition (OMS, 1994) : "La capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne [...] en adoptant un comportement approprié et positif."

      Pourquoi ce levier ?

      Cadre institutionnel : Recommandé par l'OMS, Santé Publique France et l'Éducation Nationale (via une instruction interministérielle de 2022).  

      Preuves scientifiques : De nombreuses méta-analyses (Durlak 2011, Cipriano 2023, etc.) démontrent des effets probants. 

      Réponse aux besoins : Les CPS répondent aux enjeux de santé mentale, de discipline et de lien social.

      | Effets Probants Démontrés par les Méta-Analyses sur les CPS | | --- | | Climat scolaire plus favorable | | Meilleure réussite scolaire et professionnelle | | Sécurité augmentée | | Santé globale augmentée | | Moins de comportements à risque | | Moins de mal-être et d'addictions | | Moins de problèmes de santé |

      5. Cultiver la Culture : Une Approche Systémique et Intentionnelle

      "Une culture ne se décrète pas. Elle se cultive jour après jour."

      Pour être efficace, le déploiement doit être systémique et impliquer tous les acteurs de l'écosystème scolaire : parents, enseignants, AED, CPE, personnel non enseignant, inspection, partenaires, médico-social, commune, accueil de loisir.

      Le Rôle Clé du Leadership

      Les cadres et toute personne en position de leadership jouent un rôle essentiel sur trois niveaux :

      1. Individuel : Être encourageant avec soi-même, travailler sur sa posture et ses gestes professionnels.

      2. Collectif : Mettre en projet, soutenir les actions existantes et assurer un suivi constructif des difficultés.

      3. Institutionnel : Intégrer la culture de l'encouragement dans les modalités des réunions, des conseils et des relations avec les parents.

      6. Gérer les Points de Cristallisation

      L'encouragement est plus difficile dans certaines situations critiques, qui sont autant d'opportunités de renforcer la culture.

      1. Les Erreurs : Doivent être vues comme des opportunités d'apprentissage. Qu'il s'agisse d'une erreur scolaire ou de comportement, la stratégie doit viser à développer de nouvelles compétences ou à réparer le lien.

      2. Les Émotions : Doivent être considérées comme des alliées. Face à une émotion débordante, la réaction (de l'adulte ou de l'élève) doit être respectueuse de soi, de l'autre et de l'environnement.

      3. La Coopération : Le manque de coopération se gère en soutenant l'autonomie ("penser par eux-mêmes pour eux-mêmes") plutôt qu'en imposant une solution, ce qui peut générer de la réactance.

      7. Principes Directeurs et Points de Vigilance

      Leviers de Déploiement

      Prendre soin des équipes et des individus.

      Respecter la temporalité de chacun (chacun à son rythme).

      Adapter l'approche aux besoins spécifiques du terrain.

      Utiliser l'effet domino : commencer avec les personnes volontaires et laisser leur succès inspirer les autres.

      Points de Vigilance

      Garder une pensée nuancée : Éviter les débats polarisés ("c'est bien" vs "c'est pas bien") et analyser les effets de chaque pratique pour faire des choix éclairés et ajustés.

      Maintenir la boussole du bien commun : Toujours veiller à l'équilibre entre les besoins de l'individu et ceux du collectif.

      Articuler avec la mission d'apprentissage : La culture de l'encouragement n'est pas une finalité en soi, mais un moyen qui soutient les apprentissages et la réussite des élèves.

      8. Questions-Réponses : Précisions sur la Pratique

      Sur les récompenses (félicitations, etc.) : Elles constituent un référentiel externe qui peut freiner le développement de l'autonomie de la pensée chez l'élève.

      Bien qu'elles puissent avoir des effets positifs à court terme, elles risquent de nuire à l'émancipation intellectuelle et d'accroître les inégalités sur le long terme.

      Sur l'encouragement en public : Il faut éviter les compliments généraux et porteurs de jugement de valeur ("Tu es génial").

      Cela peut engendrer de la comparaison et de la jalousie. Il est préférable d'utiliser des descriptions objectives et spécifiques ("Tu as travaillé sérieusement sur ton rapport, tu as donné des exemples concrets"), qui peuvent être partagées publiquement sans effet contre-productif.

    1. La Métacognition : Stratégies pour des Apprentissages Réussis

      Résumé Exécutif

      Ce document de synthèse analyse les stratégies pédagogiques fondées sur la métacognition pour favoriser la réussite de tous les élèves.

      La métacognition est définie comme l'ensemble des processus par lesquels un individu régule ses propres activités cognitives, devenant ainsi le "pilote de sa cognition".

      Elle se décline en deux facettes principales : la métacognition explicite, qui est la connaissance consciente de ses propres processus d'apprentissage ("apprendre à apprendre"), et la métacognition implicite, qui repose sur les sentiments et la motivation intrinsèque.

      Face aux constats partagés de difficultés d'attention, d'oubli des savoirs et d'un manque de motivation chez les élèves, l'enseignement direct des stratégies métacognitives apparaît comme un levier puissant.

      Les approches concrètes incluent l'explication du fonctionnement du cerveau, la gestion de l'attention, la régulation de la mémorisation et le développement de la flexibilité cognitive pour résister aux automatismes.

      Un point central est la relation entre succès et motivation. Plutôt que de postuler que la motivation précède la réussite, les expériences de terrain suggèrent que c'est la réussite qui engendre la motivation et l'envie d'apprendre.

      En mettant les élèves en situation de succès, en leur proposant des tâches accessibles et en clarifiant les objectifs d'apprentissage, on crée un cercle vertueux d'engagement.

      Cette démarche ne constitue pas une révolution, mais une évolution des pratiques professionnelles vers un enseignement plus ciblé ("moins mais mieux") et un outil efficace pour lutter contre les inégalités scolaires.

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      1. Fondements de la Métacognition

      La métacognition est présentée comme une méthode pédagogique efficace, s'appuyant sur la recherche, pour prévenir les difficultés scolaires et favoriser la réussite de tous les élèves.

      1.1. Définition et Capacités Clés

      La métacognition englobe l'ensemble des processus par lesquels un individu régule son apprentissage.

      Selon Frédéric Guy, chargé de mission au Cézanne, cela inclut les capacités à :

      • Réguler son attention

      • Choisir de s'informer

      • Planifier et résoudre un problème

      • Repérer et corriger ses propres erreurs

      Ces processus permettent de prédire la faisabilité d'une tâche et d'évaluer ses propres performances. Ils reposent sur quatre capacités fondamentales :

      1. Fixer des buts et identifier les actions nécessaires pour les atteindre.

      2. Détecter et identifier les erreurs pour y remédier.

      3. Évaluer ses résultats et ses conclusions.

      4. Réviser les stratégies utilisées.

      1.2. Les Deux Facettes de la Métacognition

      Il est essentiel de distinguer deux aspects complémentaires de la métacognition :

      | Type de Métacognition | Description | Caractéristiques | | --- | --- | --- | | Explicite (ou Déclarative) | L'approche classique de la "cognition sur la cognition". C'est la capacité de l'élève à verbaliser ses stratégies et ses connaissances sur l'apprentissage. | • Consciente et conceptuelle.<br>• Repose sur des méta-représentations (ex: "pour apprendre, je dois faire cela").<br>• Concerne les perceptions sur les tâches ("c'est difficile") ou sur soi ("je suis bon en maths"). | | Implicite | Une régulation qui se fait sur la base de sentiments dédiés à l'apprentissage.

      Elle est liée à la motivation et à l'évaluation intuitive de l'effort à fournir. | • Basée sur des sentiments et des intuitions.<br>• Moins consciente, plus automatique.<br>• Influence directement la motivation et l'engagement. |

      2. Pistes Pédagogiques pour la Métacognition Explicite

      L'objectif est de donner aux élèves les outils pour devenir autonomes dans leur apprentissage.

      La citation clé de Marie Bridenne, Conseillère Pédagogique, résume cette ambition :

      « Développer ses compétences métacognitives, c’est devenir pilote de sa cognition. »

      2.1. Comprendre le Fonctionnement du Cerveau

      Pour que les élèves puissent réguler leur cognition, il faut d'abord qu'ils en comprennent les mécanismes de base.

      Action : Parler du cerveau en classe, à tous les niveaux, et questionner les élèves sur leurs représentations ("A-t-on tous le même cerveau ?", "Comment fonctionne-t-il ?").

      Outils : Utilisation de ressources pédagogiques comme les ouvrages Découvrir le cerveau à l'école (Canopé), _Kididoc :

      Explore ton cerveau_, ou C'est (pas) moi, c'est mon cerveau !.

      2.2. Gérer et Adapter son Attention

      L'attention est une ressource limitée qui doit être maîtrisée.

      Action : Mettre en place des programmes attentionnels pour faire découvrir aux élèves ce qu'est l'attention, ses limites, et comment la maîtriser de façon autonome (équilibre attentionnel, retour au calme).

      Outils : Programmes structurés comme ATOLE (Apprendre l'ATtention à l'écOLE) pour les cycles 2 et 3, et ADOLE pour le collège et le lycée.

      2.3. Réguler les Processus de Mémorisation

      La mémorisation efficace repose sur trois piliers : comprendre, se questionner, répéter.

      Action : Mettre en place des routines et des outils pour structurer la mémorisation et la révision.

      Outils :

      Fiches mémo pour synthétiser les savoirs.  

      Cartes quiz rédigées par les élèves pour s'auto-interroger.  

      Boîtes de Leitner pour organiser la répétition espacée des notions.  

      Calendrier de reprises expansées pour planifier les révisions.

      2.4. Résister aux Automatismes et Être Flexible

      Apprendre, c'est acquérir des automatismes, mais c'est aussi savoir y résister pour progresser.

      Action : Entraîner les élèves à inhiber leurs réflexes pour développer de nouvelles stratégies, un regard critique et une plus grande tolérance à l'erreur.

      Exemples :

      ◦ Comprendre que la lettre "O" ne produit pas systématiquement le son [o].    ◦ Changer de procédure en calcul mental (ex: pour ajouter 9, ajouter 10 puis retirer 1).

      3. Motivation et Métacognition Implicite : Le Cercle Vertueux de la Réussite

      La motivation est indispensable à l'engagement dans les tâches. Les sources soulèvent une question fondamentale :

      « Faut-il être motivé pour vouloir apprendre et réussir ? Ou faut-il réussir pour vouloir apprendre et se motiver ? » La réponse apportée par l'expérience de terrain est que la réussite est le principal moteur de la motivation.

      3.1. Les Levier pour Vouloir Apprendre

      Pour susciter l'envie, il est crucial de créer les conditions de la réussite et du plaisir d'apprendre.

      Mettre les élèves en réussite : Les buts de performance peuvent avoir des effets délétères en cas d'échec. Il faut donc concevoir des tâches que les élèves considèrent comme accessibles.

      Développer des projets motivants : Lier les apprentissages à des projets concrets et stimulants (rallyes mathématiques, balades lexicales, projet CNR "J'y arrive !").

      S'appuyer sur les 4 piliers de la motivation :

      Intérêt : Le plaisir pris à réaliser la tâche.  

      Importance : La valeur accordée à la tâche.  

      Effort : La perception du coût en énergie.   

      Succès : Le sentiment de compétence et la réussite effective.

      3.2. Les Levier pour Pouvoir Apprendre

      Donner aux élèves la capacité d'apprendre passe par la clarification du cadre et des objectifs.

      Clarifier les objectifs d'apprentissage : Différencier l'objectif réel de la consigne.

      L'élève doit comprendre ce qu'il est en train d'apprendre (ex : non pas "colorier une carte", mais "apprendre à réaliser une carte en respectant un code de couleurs").

      Structurer le temps et les activités : Utiliser un "Menu du jour" pour rendre les objectifs de la journée visibles et explicites.

      Verbaliser les apprentissages : Instaurer un "Journal des apprentissages" où l'élève note ce qu'il a compris ("J'ai compris que...").

      Cela aide à la prise de conscience et à l'appropriation des savoirs.

      4. Mise en Œuvre Stratégique

      L'intégration de la métacognition dans les pratiques pédagogiques doit être pensée de manière systémique et progressive.

      4.1. Exemple d'une Dynamique de Circonscription (2022-2025)

      | Année | Actions Clés | Objectifs | | --- | --- | --- | | 2022-2023 | • Conférences "Talents du cerveau".<br>• Séminaire sur les neuromythes et la flexibilité. | Développement d’une culture commune autour de la métacognition. | | 2023-2024 | • Diffusion auprès des équipes (conseils de maîtres).<br>• Ateliers pratiques (F. Guilleray).<br>• Séminaire sur les pratiques évaluatives. | Acculturation des enseignants et déploiement des outils. | | 2024-2025 | • Conseil-École-Collège sur les compétences attentionnelles et mémorielles.<br>• Projet CNR "J'y arrive" (accompagné par JF Chesné).<br>• Accompagnement des enseignants débutants. | Ancrage des pratiques et suivi des effets sur les élèves. |

      4.2. Une Évolution des Pratiques Professionnelles

      L'approche métacognitive n'est « pas une révolution mais une évolution des gestes professionnels ».

      Elle invite à une rationalisation des pratiques sous le principe « MOINS MAIS MIEUX », en se concentrant sur les stratégies qui ont le plus d'impact.

      Conclusion

      Enseigner les connaissances et les stratégies métacognitives est un levier puissant pour lutter contre les inégalités éducatives et favoriser la réussite scolaire de TOUS les élèves. En leur donnant les clés pour comprendre et réguler leur propre fonctionnement cognitif, l'école leur permet de passer d'un statut d'apprenant passif à celui d'acteur autonome et conscient de ses apprentissages. Cette démarche outille les élèves pour qu'ils puissent, tout au long de leur vie, apprendre de manière plus efficace et plus sereine.

  2. Sep 2025
  3. Jun 2025
  4. May 2025
    1. Réunion Virtuelle FLE : Les clés de la pédagogie positive

      Date : 24 avril 2025 Animateur : Margoline Pierré (Formatrice au Cavilam Alliance Française)

      Introduction et modération : Sébrine Bre (Responsable Formation aux éditions Maison des langues)

      Résumé exécutif :

      Cette rencontre virtuelle FLE est le lancement d'un parcours pédagogique sur la pédagogie positive organisé par les éditions Maison des langues en collaboration avec le Cavilam.

      Margoline Pierré présente les principes fondamentaux de la pédagogie positive, ses figures inspirantes et ses applications concrètes dans la classe de FLE.

      L'objectif est de découvrir cette approche pour faire évoluer les pratiques enseignantes et favoriser un environnement d'apprentissage respectueux, encourageant et porteur pour les élèves.

      Points clés et thèmes principaux :

      La pédagogie positive n'est pas une théorie unique mais un courant basé sur des principes communs issus de la psychologie, des sciences de l'éducation, des neurosciences et de la communication non violente.

      L'idée centrale est de "mettre l'élève au centre de l'apprentissage dans un cadre respectueux encourageant et porteur."

      Figures inspirantes :

      Plusieurs figures ont influencé la réflexion sur la pédagogie positive, parmi lesquelles :

      • Martin Sellingman : Fondateur de la psychologie positive, axée sur les forces et les émotions positives pour l'épanouissement.
      • Jane Nelson : Psychologue et éducatrice, à l'origine de la discipline positive qui combine fermeté et bienveillance.
      • Philippe Meirieu : Chercheur en sciences de l'éducation, insiste sur l'importance de la relation éducative.
      • Catherine Gueguen : Pédiatre formée aux neurosciences affectives et sociales, souligne l'impact du climat relationnel sur l'apprentissage.
      • Marshall Rosenberg : Créateur de la communication non violente (CNV) pour favoriser l'écoute et l'empathie.
      • Céline Alvarez : Pédagogue, s'appuie sur la liberté, la manipulation concrète, le respect du rythme et les neurosciences.
      • Howard Gardner : Psychologue, connu pour la théorie des intelligences multiples, valorisant la diversité des talents.

      Les sept principes fondamentaux de la pédagogie positive :

      Répondre aux besoins de reconnaissance et d'appartenance : Ces besoins fondamentaux (se sentir vu, entendu, intégré, accepté) créent un cadre sécurisant propice à l'apprentissage.

      Des actions simples comme nommer les élèves, des mots d'encouragement, des activités brise-glace et des travaux de groupe peuvent y contribuer.

      Comme le disait Marshall Rosenberg : "Connect before correct." Avant d'enseigner, il faut savoir accueillir.

      Exemple d'activité : Cercle de présentation avec un moyen mnémotechnique lié au prénom (ex: "Je m'appelle Marjoline et j'aime manger des mangues"). Afficher un nuage de prénoms dans la classe peut renforcer le sentiment d'appartenance.

      Nourrir l'estime de soi et la confiance en soi : La confiance en soi (liée à l'action, la capacité de faire) et l'estime de soi (liée à l'image de soi, la valeur reconnue) sont cruciales et se construisent notamment dans le regard de l'enseignant.

      L'effet Pygmalion (ou prophétie autoréalisatrice) démontre l'influence des attentes positives sur les performances. Il faut éviter les étiquettes négatives et privilégier les phrases qui encouragent et renforcent la croyance en leurs capacités.

      Exemples de phrases à privilégier : "Je sais que tu peux le faire", "Tu es capable d'y arriver même si c'est difficile". Exemples de phrases à éviter : "Tu es lent(e)", "Tu n'as pas la bosse des maths", "Tu es bavarde".

      Valoriser l'effort plutôt que le résultat est important.

      Exemple d'activité : Utiliser les 24 forces de caractère de Martin Sellingman sous forme de cartes à s'offrir mutuellement en explicitant la force reconnue chez l'autre ("ça nourrit à fond l'estime de soi et la confiance").

      Prendre en compte les émotions : Les élèves sont des personnes entières avec des émotions qui influencent directement les processus cognitifs (attention, mémorisation, motivation). Un élève stressé ou inquiet ne sera pas disponible pour apprendre. Il est important d'accueillir, d'expliciter et d'utiliser les émotions en classe.

      L'apprentissage à mieux se connaître émotionnellement (compétences sociales et émotionnelles) et à mieux connaître les autres (empathie) est essentiel. "Tous les travaux autour des neuroscience nous montre bien que les émotions sont indissociables du des processus cognitifs."

      Exemple d'activité : Utiliser des cartes d'émotion pour un temps d'échange en début de cours ou en fin de cycle ("Comment te sens-tu aujourd'hui et pourquoi ?"). Cela permet de prendre la température émotionnelle de la classe et de travailler la communication orale.

      Tenir compte des différents profils d'apprentissage : Les élèves apprennent de différentes manières. Plusieurs grilles de lecture existent pour comprendre cette diversité, comme le modèle VAK (Visuel, Auditif, Kinesthésique), la théorie des intelligences multiples d'Howard Gardner, les sept personnalités d'apprentissage, ou la boussole des quatre couleurs (inspirée du modèle DISC). Comprendre ces profils permet d'adapter sa posture, de diversifier les approches, les activités et les supports, et de valoriser la diversité. Adapter sa pédagogie n'est pas "en faire plus" mais "en faire autrement."

      Valoriser l'erreur et favoriser les feedbacks positifs : L'erreur est trop souvent perçue négativement. Il faut convaincre les élèves qu'elle est inévitable, naturelle et indispensable à l'apprentissage.

      L'erreur est un signal, un point d'appui pour la compréhension et l'avancement. "On apprend de ses erreurs" est une réalité neurocognitive. Il faut créer un climat de sécurité où les élèves n'ont pas peur de se tromper et instaurer une "culture de l'essai".

      Le feedback doit être bienveillant, utile et constructif, avec des compliments descriptifs et spécifiques.

      Le "feedback sandwich" (point fort, point à améliorer, encouragement) est une technique utile.

      Il est important d'impliquer l'élève dans le processus en lui demandant ce qu'il pense de son travail.

      Citations inspirantes : "Le meilleur maître, c'est l'échec" (Maître Yoda), "Il y a de l'or dans l'erreur" (Matthieu Cheddid). "Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends." (Nelson Mandela).

      Exemple d'activité : Le "bingo des erreurs" où les élèves recherchent et analysent collectivement des erreurs anonymes dans un corpus. Cela permet de dédramatiser et de jouer avec l'erreur.

      Préserver la motivation et l'implication : La motivation des élèves repose sur les "4 C" :

      • Choix : Sentiment d'avoir un peu de liberté et de contrôle dans la classe (ex: choisir des exercices, l'ordre des activités).
      • Connexion : Sentiment d'être connecté au groupe, à l'enseignant et au contenu.
      • Compétences : Sentiment d'être capable de progresser et de réussir à son niveau. L'enseignant doit bien choisir le niveau de difficulté des activités.
      • Compréhension : Besoin de comprendre pourquoi ils apprennent, le but des activités, ce à quoi cela va les mener.

      Il est crucial de changer la perception de l'intelligence. Selon les travaux de Carole Dweck sur les mindsets, un état d'esprit fixe considère l'intelligence comme innée et figée, ce qui freine la prise de risque et la progression.

      Un état d'esprit de développement considère que les compétences peuvent évoluer avec l'effort et les stratégies ("Je ne peux pas encore").

      "On peut progresser toute ton de vie."

      L'enseignant doit aussi se motiver lui-même pour être entraînant et "réenchanter" le quotidien de la classe (varier les supports, dynamiser les activités, apporter de la couleur, utiliser le jeu, stimuler la créativité, attiser la curiosité).

      Développer l'autonomie : Rendre les apprenants responsables et acteurs de leur apprentissage, en privilégiant une pédagogie active où ils participent, expérimentent, cherchent et construisent leurs connaissances.

      Encourager la métacognition (réfléchir à sa propre manière d'apprendre) est essentiel pour leur donner des outils. Apprendre à réapprendre (grâce aux neurosciences cognitives) est une compétence clé.

      L'apprentissage informel (regarder des séries, suivre des comptes sur les réseaux sociaux, créer un groupe WhatsApp de classe) est une autre voie vers l'autonomie. S'inspirer de la "classe autonome" en proposant des ateliers autocorrectifs est également une piste.

      "L'autonomie, c'est pas de laisser l'apprenant seul, c'est l'accompagner et créer des conditions pour qu'il apprenne à apprendre par lui-même."

      Citation : "Apprendre, c'est devenir capable de se passer de l'enseignant." (Jean-Pierre Astolfi)

      Parcours pédagogique et ateliers complémentaires :

      Le parcours pédagogique comprend deux rencontres virtuelles FLE gratuites et quatre ateliers virtuels payants (27,90 € par atelier) plus interactifs et pratiques (2h, max 50 personnes, tâches avant et après). Un certificat de 3 heures de formation est délivré par les éditions Maison des langues.

      Rencontre virtuelle FLE n°1 (Lancement) : 24 avril - "Les clés de la pédagogie positive" (Margoline Pierré) Rencontre virtuelle FLE n°2 : 30 avril - Application des concepts dans l'offre éditoriale des éditions Maison des langues (Sébastien Devraz)

      Atelier virtuel n°1 : 21 mai - "Prise en compte et gestion des dimensions [émotionnelles] dans la classe de FLE" (Margoline Pierré)

      Atelier virtuel n°2 : 18 juin - "Profils et personnalités d'apprentissage de nos apprenants" (Margoline Pierré)

      Atelier virtuel n°3 (Automne) : Apport des neurosciences sur l'apprentissage (Laurence Rogie)

      Atelier virtuel n°4 (Automne) : Pédagogie de l'erreur et gestion des rétroactions (Magalie Delcombel)

      Les inscriptions aux rencontres virtuelles sont gratuites via Evenbrite. L'inscription au premier atelier (21 mai) ouvre dès le 2 mai.

      Remarques et questions du public :

      • Difficulté pour les ados à parler de leurs émotions : L'animatrice suggère une approche progressive, en commençant par des émotions positives ou en racontant des anecdotes passées.
      • Demande de référence sur les sept personnalités d'apprentissage (qui sera incluse dans la sitographie).
      • Appréciation de la participation et du dynamisme malgré le format virtuel.
      • Souligne l'importance de la formation continue pour les enseignants.

      Conclusion de la rencontre :

      Cette première rencontre a posé les bases de la pédagogie positive et ses sept principes.

      Elle invite les participants à explorer davantage ces concepts et à les appliquer dans leurs pratiques, en soulignant que "déjà avec cette base là vous pouvez faire de grandes choses".

      Le parcours proposé par les éditions Maison des langues et le Cavilam offre des approfondissements précieux pour ceux qui souhaitent aller plus loin.

  5. May 2024
    1. ça veut dire que l'erreur, ce n'est pas  juste quelque chose qui n'est pas grave,   c'est quelque chose qui est indispensable parce  que ça ouvre comme une fenêtre d'apprentissage,   je réalise que ce n'est pas le bon chemin et  donc ça ne me donne pas juste une connaissance   00:10:50 du bon chemin, mais aussi du territoire  dans lequel je suis en train d'explorer   la réponse.
  6. Mar 2024
  7. Feb 2024
    1. Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:06:00][^2^][2]:

      Cette vidéo présente les trois erreurs à éviter en tant que responsable de commission dans une association. Il s'agit de ne pas être trop impliqué dans le projet, de ne pas avoir de méthode pour organiser et déléguer les tâches, et de ne pas être ouvert au changement. L'auteur donne des conseils pour créer un projet collaboratif, utiliser des outils digitaux, et s'adapter à son environnement.

      Points clés: + [00:00:59][^3^][3] Ne pas être trop impliqué dans le projet * Risque de ne pas déléguer ou de faire tout * Manque de confiance en soi ou en ses collaborateurs * Besoin de fédérer et de s'appuyer sur les compétences de chacun + [00:02:07][^4^][4] Ne pas avoir de méthode pour organiser et déléguer les tâches * Manque de précision et de rigueur * Possibilité de conflits ou de non-dits * Nécessité de co-créer le projet avec les collaborateurs * Utilisation d'un tableau Excel ou d'un logiciel comme Trello + [00:03:01][^5^][5] Ne pas être ouvert au changement * Réticence à utiliser les outils digitaux ou les nouvelles méthodologies * Dépendance de l'Etat ou des adhérents * Besoin de rendre son modèle économique plus résilient * Motivation et épanouissement liés à la nouveauté et au progrès

    1. Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:10:00][^2^][2]:

      Cette vidéo explique comment motiver les bénévoles d'une association en évitant trois erreurs courantes. Elle présente aussi les raisons pour lesquelles les gens deviennent bénévoles et les statistiques sur le bénévolat en France.

      Points clés: + [00:00:00][^3^][3] La proportion de bénévoles dans une association * Environ 1 français sur 4 est bénévole * Les moins de 35 ans s'impliquent de plus en plus * Les plus de 35 ans s'impliquent de moins en moins + [00:01:36][^4^][4] Les raisons de devenir bénévole * L'épanouissement personnel * L'acquisition de compétences * L'exercice d'une responsabilité * La reconnaissance sociale + [00:03:50][^5^][5] Les trois erreurs qui démotivent les bénévoles * L'attribution de tâches non valorisantes * Le manque de considération de leur avis * L'absence d'impact de leurs actions

    1. Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:09:00][^2^][2]:

      Cette vidéo explique comment gérer les erreurs que l'on peut commettre en tant que bénévole dans une association. L'auteur présente cinq étapes pour surmonter les erreurs: le choc, l'analyse, la digestion, la réparation et l'apprentissage. Il donne des exemples d'erreurs courantes et des conseils pour les éviter ou les corriger. Il encourage les bénévoles à assumer leurs responsabilités, à se former et à se faire accompagner. Il s'adresse aussi aux responsables d'associations pour les inciter à soutenir les bénévoles qui font des erreurs.

      Points clés: + [00:00:00][^3^][3] La difficulté de recruter des bénévoles pour des fonctions importantes * La peur de l'erreur est un frein * Les bénévoles se sentent incompétents ou responsables + [00:01:47][^4^][4] Les cinq étapes pour gérer les erreurs * Le choc: réaction émotionnelle * L'analyse: identification de la cause et des conséquences * La digestion: acceptation de l'erreur * La réparation: action pour limiter les dégâts * L'apprentissage: mise en place de solutions pour ne pas recommencer + [00:06:04][^5^][5] L'importance de l'apprentissage * Ne pas faire deux fois la même erreur * Se former et se faire accompagner * S'épanouir dans son activité bénévole + [00:07:21][^6^][6] Le rôle des responsables d'associations * Soutenir les bénévoles qui font des erreurs * Les aider à évoluer et à grandir * Reconnaître leur valeur et leur engagement

  8. Dec 2023
    1. je pense que les historiens doivent hurler à chaque fois qu'il voit ses programmes 00:59:13 puisque le programme dit que Jul ferry crée une école euh primaire gratuite obligatoire et laïque elle n'est ni obligatoire ni laïque hein mais personne ne regarde les textes donc c'est pas très grave euh en tant que tel hein je 00:59:26 rappelle que les programmes de Jul ferry hein euh qui ont été fait après la loi cite les devoirs envers Dieu donc en matière de laïicité bon on repassera
  9. Feb 2023
    1. recommandation 10Créer une clause de protection des usagers en cas de problème technique leur permettant de ne pasêtre considérés comme responsables du non-aboutissement de la démarche.Suites données depuis trois ansRecommandation non suivie d’effet car, selon la DINUM, il ne serait techniquement pas possible dedistinguer les démarches non abouties du fait d’un problème technique de celles interrompues parl’usager.
  10. Jun 2022
  11. Mar 2021
  12. Nov 2019
  13. Jan 2019