Voici un sommaire minuté basé sur la transcription de la conférence d'Alain Depaulis :
- 0:08-3:04 : Introduction par Pascal.
- Remerciements et présentation d'Alain Depaulis.
- Depaulis est un chercheur indépendant, psychothérapeute, psychanalyste, membre de l'école freudienne et du CIRET, et auteur de plusieurs ouvrages.
- Son travail est influencé par la pensée d'Edgar Morin et par une pratique interdisciplinaire, multidisciplinaire et transdisciplinaire.
- Ses ouvrages portent sur le travail en équipe, l'éthique et la réflexivité.
- 3:04-5:28 : Présentation du travail collectif.
- Le travail présenté remonte à une quarantaine d'années et a été présenté à plusieurs reprises.
- Il est issu d'un travail de terrain avec une équipe pluridisciplinaire, en partenariat avec d'autres services.
- Création d'une association nommée "plurict".
- 5:28-8:25 : Détour par l'Afrique du Sud.
- Référence au discours de Frédéric de Klerk en 1990 annonçant le début des négociations et la libération de Mandela.
- Rappel de l'histoire de l'apartheid à partir de 1948.
- Évocation de la culture africaine Ubuntu et des manifestations pacifiques.
- Nécessité d'éclaircir le processus qui a permis à l'Afrique du Sud de devenir un État démocratique multiracial.
- 8:25-11:02 : Origine du travail présenté.
- Le travail est né d'une réflexion sur la manière de mieux travailler ensemble au sein d'un service.
- Analyse institutionnelle des obstacles rencontrés et élaboration d'une "boîte à outils".
- Nécessité de soutenir l'éthique d'un collectif et d'avoir des effets de cohérence, en réponse au défi lancé par Nicolescou de penser au-delà des disciplines.
- Évolution de la question : comment mieux travailler ensemble → comment penser ensemble → comment penser l'ensemble → comment mieux vivre ensemble.
- 11:02-13:41 : Cadre de référence et difficultés.
- Le cadre est un service d'accompagnement pour enfants en situation de handicap, scolarisés en milieu ordinaire, mais souffrant de troubles variés.
- Difficulté d'obtenir un minimum de cohérence dans un panel d'intervenants aussi varié, et tentation de chacun de tirer la couverture à soi.
- L'intention plurielle d'améliorer le sort de l'enfant peut générer de la souffrance, chez l'enfant, ses parents et les professionnels.
- La société forme des professionnels compétents mais n'apprend pas à travailler ensemble.
- Volonté de faire de la clinique en partenariat et nécessité de faire la clinique du partenariat.
- 13:41-18:03 : Causes des difficultés de fonctionnement.
- Hétérogénéité des positionnements : difficultés à concevoir un travail collectif avec des corps de métier différents.
- Méconnaissance mutuelle : chacun travaille dans son pré carré, ignorant les impératifs des partenaires.
- Cloisonnement des services et manque de communication, en particulier un manque de langage commun.
- Difficulté à donner à l'usager un statut d'acteur.
- Passions humaines : tendances à la certitude, à la maîtrise, rivalités entre chefs de service.
- 18:03-19:55 : Facteurs extérieurs.
- Contrainte économique et exigences de rendre compte en termes chiffrés.
- Discours managérial imposant des référentiels et protocoles, sans tenir compte des singularités locales.
- Orientations politiques de l'État créant des incohérences.
- Évolution sociétale : l'usager devient un consommateur de service.
- 19:55-22:36 : Réponses aux difficultés.
- Reconnaissance mutuelle : importance des rencontres physiques pour se présenter et connaître les actions de chacun.
- L'investissement de temps au début permet de gagner du temps par la suite et facilite la communication en cas de problème.
- Diagnostic en extension : comment mettre en commun des savoirs différents sans les dénaturer.
- 22:36-24:52 : Analyse institutionnelle et axes d'analyse.
- L'analyse institutionnelle a permis de forger des instruments de navigation pour tenir le cap face aux turbulences.
- Identification de six axes d'analyse.
- Ces axes ont été mis à l'épreuve dans différents contextes : sanitaire, médico-social, social et judiciaire.
- La question posée est : existe-t-il un processus qui permette de soutenir l'éthique d'un collectif et qui favorise les effets de cohérence ?.
- Ce processus a été expérimenté dans divers services et a donné lieu à un ouvrage sur l'agir pluridisciplinaire.
- 24:52-29:33 : Processus proposé par Plurict.
- Le processus dure 7 mois, à raison d'une séance par mois.
- La première séance est un état des lieux du fonctionnement.
- Les six axes sont :
* Qu'avons-nous à partager ? Un objectif commun.
* Permettre à l'usager d'être acteur.
* Reconnaissance mutuelle.
* Modalités de l'échange, éthique de la parole.
* Comment réguler les passions humaines, éthique et réflexivité.
- Une septième séance invite les participants à un retour critique du processus.
- 29:33-32:35 : Enseignements du processus.
- Le processus suppose l'engagement de l'équipe et de ses membres.
- Les bénéfices : échange authentique, redécouverte du partenaire et de sa mission, apaisement de la souffrance au travail, appel à plus d'humanité.
- 32:35-40:07 : Comment penser entre, au-delà et à travers nos différences.
- Comment concevoir une démarche qui soutient l'acceptation de savoirs multiples, parfois contradictoires, sans les dénaturer.
- Deux principes :
- L'échange n'est pas un débat ou une polémique, mais un espace de circulation des données.
- Ne pas chercher à uniformiser ou unifier les points de vue.
- Inspiration du modèle du cartel de Lacan.
- Nécessité de ne pas tendre vers un accord, travail en spirale où de nouveaux éléments font évoluer le processus.
- Diagnostic en extension : outil fédérateur permettant à chacun de projeter son expertise sur un plan multidimensionnel.
- Le diagnostic en extension est l'acceptation d'un non savoir partagé, qui ouvre un espace transversal d'élaboration.
- 40:07-47:09 : Mise en œuvre du diagnostic en extension.
- Le diagnostic pluridisciplinaire est une première exposition qui peut déjà produire des effets.
- Cette saisie est portée à l'écrit dans un document nommé analyse pluridisciplinaire.
- Ce document expose l'objet de la rencontre, les différents protagonistes, les expertises, les pistes et questions.
- La parole est donnée à l'usager.
- Ce texte est un bien commun qui fait unité et lien.
- La répétition de l'opération dans le temps dynamise les points de vue, les échanges et modifie les interventions et positionnements.
- L'analyse renvoie à chacun sa pertinence et ses manques, et met en évidence les répétitions.
- Le processus ne permet pas d'échapper au réel.
- La méthode met en relief les dissonances, les contradictions et les interdépendances.
- Elle offre une vision globale sur un plan synchronique et diachronique.
- Elle permet un réajustement des actions et des membres du groupe.
- 47:09-52:00 : Principes clés et changements de position.
- Les outils permettent de penser ensemble les expertises dans leur complémentarité, antagonisme, continuité et discontinuité, en tenant compte des acteurs.
- L'intervenant fait référence aux principes dialogique, récursif et hologrammatique de Morin.
- Changement de position : le spécialiste n'est plus le centre, il met en veilleuse ses présupposés théoriques.
- Dans l'analyse transversale, chaque expertise est un élément de l'ensemble, et l'intelligibilité du problème nécessite un déplacement vers un niveau supérieur d'analyse.
- La difficulté de transmission de la démarche tient à la révolution de pensée qu'elle demande.
- 52:00-59:07 : Importance de la réflexivité.
- La démarche ne s'épanouit que dans un espace collégial et un esprit constant de distanciation.
- La cohérence polyphonique nécessite le respect des rythmes et des rites de chacun.
- L'aspiration à mieux travailler ensemble est soutendue par la reconnaissance de la différence et l'acceptation de l'altérité.
- L'omniprésence de la réflexivité dans le diagnostic en extension et les six axes.
- Le moment réflexif interroge la façon d'agir et non le contenu de l'échange.
- La réflexivité est un usage immodéré et est la signature du groupe plurict.
- La réflexivité est un mode exigeant de penser l'expérience.
- Référence à l'allégorie de Porthos.
- 59:07-1:00:18 : Réflexivité : au-delà de la pratique réflexive.
- La notion de praticien réflexif est en vogue dans les sciences de l'éducation, mais a été récupéré par le management.
- La réflexivité du groupe plurict a une autre source : la philosophie, et en particulier, Husserl et Habermas.
- L'autoréflexion est une méditation sur soi-même, une interrogation des illusions idéologiques et des erreurs.
- Référence à Edgar Morin sur la nécessité de se savoir égocentrique et ethnocentrique.
- La culture réflexive est indissociable de la pensée complexe.
- Référence à Paul Ricœur sur la réflexivité comme un mouvement de recouvrer sa puissance d'agir, penser, sentir.
- La réflexivité est une clé à la quête transdisciplinaire d'émancipation collective.
- 1:00:18-1:11:27 : Application à l'Afrique du Sud.
- Analyse du processus de pacification en Afrique du Sud sous l'angle des concepts développés précédemment.
- Discours de De Klerk en 1990 et libération de Mandela.
- Objectifs différents entre De Klerk (gagner du temps) et Mandela (État démocratique multiracial).
- Point commun : sauver l'Afrique du Sud.
- Reconnaissance de l'autre : les 27 ans de prison de Mandela où il apprend l'afrikaans.
- Mandela déplace sa haine sur les structures de l'apartheid et non sur les personnes.
- Éthique de la parole : épisode de 1992 où Mandela interpelle De Klerk lors d'une négociation.
- Réflexivité : omniprésente dans la conduite de Mandela qui prend toujours le temps de réfléchir avant de répondre.
- Mandela ménage du temps à De Klerk pour qu'il convainque son clan.
- Les points de convergence entre le processus développé et celui de Mandela : objectif commun, citoyen acteur, reconnaissance mutuelle, éthique de la discussion, réflexivité.
- L'aspiration à penser l'ensemble est réaliste.
- 1:11:27-fin : Conclusion et remerciements.
- Applaudissements et remerciements.