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  1. Apr 2022
    1. . Ainsi, si l’archive ou le patrimoine défini un objet qui a perdu son usage,

      Cette assertion mérite discussion il me semble, en ce qui concerne les archives tout du moins. En effet, si l'on se réfère à la théorie des trois âges des archives, le nouvel usage des documents est précisément pensé dès le départ, dans les tableaux de gestion des documents, et c'est la raison pour laquelle certains documents ont vocation à être conservés avant même leur production... Ce cycle a été pensé depuis fort longtemps dans le processus d'archivage. Les documents à peine produits sont déjà des archives, et ils ont ensuite plusieurs vies. Un intérêt primaire, puis éventuellement un intérêt secondaire, s'ils sont conservés.

    2. a communication d’information laisse transparaitre des ruptures et des leviers.

      Ces ruptures et ces leviers sont déjà présents pour les archives papier. Le travail de l'archiviste consiste précisément, dans les introductions des instruments de recherche et au moyen de guide des sources, à établir des liens entre les fonds et entre les parties d'un même fonds dispersées au sein d'une même institution ou entre plusieurs institutions. La norme internationale de description d'archives ISAD-G prévoit des champs spécifiques pour ces questions. Il faudrait donc examiner ce que le numérique a apporté de nouveau de ce point de vue.

    3. une nouvelle pratique d’écriture numérique qui revêt également une dimension collaborative

      Ceci pose question à mon sens : je ne vois pas bien en quoi la dimension collaborative est le fait du numérique. Elle est à l’œuvre quel que soit le type de transfert d'archives, qu'il soit papier ou numérique. Le dialogue avec le producteur fait partie de la pratique habituelle des archivistes.

    4. de les intégrer aux fonds

      "Au fonds" ou "aux fonds" ? Il me semble qu'il faudrait employer le singulier, car il s'agit du fonds de l'association. Même s'il est matériellement divisé en plusieurs entrées en raison des qualités matérielles des documents (papier et numérique), il s'agit, intellectuellement du même fonds. Cette notion est fondamentale en archivistique. Voir à ce propos, si besoin, Michel Duchein https://www.persee.fr/doc/gazar_0016-5522_1977_num_97_1_2554.

    5. L’inventaire en ligne devient alors un dispositif d’écriture partagé, commun.

      Est ce qu'il n'y a pas une réflexion à avoir sur la nature de ces écritures ? Je trouve étonnant de voir une production documentaire militante et contre-institutionnelle embrasser aussi facilement les formes et les cadres d'une institution. Bien-sûr, les Archives départementales ne sont pas positionnées politiquement pour ou contre l'aéroport, et l'objectif de l'un converge vers l'objectif de l'autre : archiver. Mais on aurait pu s'attendre à ce que des résistances s'élèvent, tant sur le plan documentaire que sur le plan politique. C'est peut-être d'ailleurs l'extrême formalisation des métadonnées qui rend la rencontre possible.

      Une autre façon de poser la question : en quoi l'archive (et le processus de mise en archive) dépolitise la mémoire des documents ? Que peut-on dire de ce "dispositif d'écriture partagé, commun" au regard de cette manifeste dépolitisation ? Il me semble qu'il faut creuser à cet endroit !

    1. y aller.

      Remarque pas très pertinente mais le fait d'aller sur le groupe en tant qu'offreur, de prendre le temps de lire les demandes, voire d'y répondre - sans rien attendre en retour - est fort louable, et je me demande s'il n'est vraiment le fruit que d'un sentiment de communauté. Du reste je me demande quelle part de responsabilité doit être accordée aux algorithmes de Zuckerberg qui font passer dans notre fil d'actualité des demandes d'articles/ouvrages en lien avec des sujets qui nous intéressent et dont on a donc plus de chance d'avoir un exemplaire...

    1. que les seuls professionnels ne peuvent traiter ou valoriser.

      Question naïve sans doute, mais pourquoi pas ? Y a-t-il des conséquences directes à l'implication d'un public amateur ? Comment est-ce perçu par les institutions (et notamment les organismes de financement ?)

      Nous impliquons des étudiants lyciens et universitaires dans notre projet d'édition de l'Anthologie grecque, et malgré un travail remarquable de leur part, le fait qu'ils prennent part au processus d'édition n'est pas toujours apprécié à sa juste valeur

    2. écrits d’écran où prime le visible, la fragmentation et l’évenementialisation du lisible (Régnier, 2020).

      C'est un point de vue mais on pourrait aussi partir de la considération que le numérique se définit aussi comme un espace de liens (hytpertextuels et en réseaux) et un espace fait d'écritures.

    3. formes de médiation du patrimoine littéraire que le dispositif permet de développer

      Justement entre l'édition de Montesquieu en bibliothèque et celle numérique, ce n'est pas la même expérience d'une oeuvre littéraire qui est proposée au lecteur.trice, le travail de communication n'implique pas les mêmes instances d'énonciation éditoriale, ce n'est peut⁻être pas la même idée d'un patrimoine non plus

    4. La notoriété et l’affluence dont dispose Wikipédia permettent par conséquent de faire circuler des substituts numériques du patrimoine écrit et graphique jusque-là consultables dans les seules bases de données patrimoniales tout en améliorant rapidement la visibilité de la structure culturelle impliquée et ainsi de valoriser ses fonds patrimoniaux auprès d’un public distant qui ne franchira sans doute jamais ses portes.

      La question du public entre deux formes de médiations est, je trouve, extrêmement complexe à résoudre : il me semble qu'en effet les interfaces numériques crééent un déplacement d'un public qui désormais consultent en ligne plutôt que consulte en bibliothèque, ces interfaces permettent également une plus grande accessibilité (donc vont toucher un autre et un nouveau public), mais je pense que le groupe de spécialistes fait encore parti d'un public qui va consulter les objets dans les bibliothèques

    5. La participation des publics et amateurs est en effet une des spécificités du PCI, puisque ce sont eux, dans une recherche d’identité et de reconnaissance, qui contribuent à définir l’essence même de ce qui constitue leur culture et leur mémoire, suscitant parfois avec les structures de gouvernance des rapports de force.

      Il me semble justement intéressant cette conception dans la mesure où le patrimoine ici apparaît comme une entité institutionnelle et officielle tandis que faire patrimoine apparaîtrait davantage comme une action du public et de l'individu

    6. Comment s’organisent les enjeux de valorisation et de transmission des institutions culturelles face aux pratiques d’appropriation des publics ?

      C'est une question que nous considérons aussi (tant primordiale que épineuse) dans notre projet : et notre point de vue est de considérer les pratiques d'appropriation comme des actions qui sont des valorisations et des transmissions patrimoniales, autant parce qu'elles diffusent ou font acte de mémoire sans le savoir, qu'elles réactualisent un objet.

    7. panthéon littéraire national.

      J'ai l'impression que la question amateur/spécialiste et surtout la revandication d'un patrimoine comme appartenant à l'espace public géré par un collectif est une des problématiques fortes de la réflexion

    8. mettant par conséquent en question un des principes fondateurs de Wikipédia et, plus largement de l’écriture encyclopédique qui consiste à diffuser des savoirs établis par ailleurs.

      Je trouve très intéressant l'articulation avec Wikipédia mais cela m'évoque la question ou la réflexion suivante : en tant qu'encyclopédie numérique, Wikipédia est déjà en tant que telle une instance du patrimoine (qui serait un patrimoine scientifique général), donc il y a en fait un modèle ou une conception de ce qu'est un patrimoine (de ce qui le constitue, de comment il se structure, de qui y participe) en amont de la réalisation de Wikipédia. Est ce que la définition du patrimoine du projet rejoint cette modélisation ? la complète ? ou ne la questionne pas ?

    9. solliciter des usagers

      Comment concilier le fait de solliciter des usagers tout en privilégiant une spontanéité d'investissement de la part des utilisateurs ? Hormis une dimmension technique (ouverture et d'accessibilité de la plateforme), comment impliquer et intéresser un public extérieur au projet-même ?

      Nous nous posons les mêmes questions dans le cadre du projet "pour une édition numérique collaborative de l'Anthologie grecque", cf. notamment cet article en cours d'écriture

    10. patrimoine culturel immatériel

      Je devine que c'est l'expression officielle (mais je la trouve très problématique)

    11. matérialité de ces mises en scène numériques, nouveaux “lieux de mémoire virtuels” (Beaudouin, 2018 : 6)

      Également ici, l'adjectif virtuel laisse penser à une immatérialité

    12. de l’énonciation éditoriale du dispositif qui rend ainsi opérant le statut patrimonial des œuvres concernées.

      Dans la réflexion de Souchier, l'énonciation éditoriale apparaît davantage comme une revandication politique et épistémologique d'une matérialité du texte (pour considérer son inscription matérielle tout comme la présence de plusieurs acteurs autre que l'auteur dans le processus). Est-ce que ces dimensions sont adressées dans l'idée d'un patrimoine littéraire ?

    13. patrimoine écrit, soit un ensemble d’objets tangibles conservés par les bibliothèques, en patrimoine littéraire, soit un ensemble d’idées et de valeurs associé à des textes selon la logique transformatrice et créative de la trivialité (Jeanneret, 2014 : 15).

      Ce passage d'une instance patrimoniale à une autre fait presque penser que la bibliothèque n'est pas déjà le lieu d'un patrimoine littéraire et que le patrimoine littéraire est un ensemble plutôt abstrait qui n'a pas d'inscription géographique.

    14. “injonction à écrire, non pour transcrire un autographe difficile à déchiffrer, mais pour marquer de sa propre graphie, et sur un support d’usage intime, un énoncé rendu public, devenu appropriable par voie d’affichage…” (ibid.)

      La réaction de Georges Thiébaud qui a été décrite plus haut mise en lien avec ce passage permet je pense d'adresser la problématique de l'appropriation et d'un certain conservatisme/protectivisme culturel : avec le numérique et l'accessibilité massive donnée à des corpus auparavant plus difficiles d'accès, on voit un phénomène large de détournement ou d'appropriation où la frontière entre amateur et spécialiste s'estompe.

  2. Mar 2022
    1. Reste que pour bien faire, dans le monde idéal du chercheur engagé dans un projet d’édition numérique de ce type, le temps devrait se dédoubler, pour permettre conjointement le travail de recherche critique et historique sur le texte et la réflexion poussée sur son exploitation numérique.

      Il semble cependant que dans l'expérience les deux se soient réunis en une même dynamique d'expérimentation et de recherche collaborative

    2. du même support textuel

      Je serai curieuse d'en savoir plus sur ce partage à l'écran : est-ce que c'est la projection du texte sur un écran visible par tous les chercheurs présents, ou le partage entre les différents individus qui l'ouvrent simultanément sur leur différentes machines ? si tel est le cas, le terme support peut être à double tranchant parce que le support physique d'une page en ligne c'est aussi l'interface machine.

    3. d’un régime textuel littéral à un régime numérique

      Comme la suite de l'article ne semble pas traiter de la dimension technique de l'édition numérique, je comprends que régime textuel littéral concerne en fait le format de structuration et de diffusion plus que la structure interne (sinon il faudrait ajouter un développement sur la conception de l'édition en html du texte). Je pense que format textuel serait peut-être plus clair.

    4. leur éditorialisation dans un appareil critique définitif.

      ici le terme d'éditorialisation me semble employé au sens d'édition (au sens de structuration, valorisation et diffusion de l'information) ou même à celui de remédiation (passage d'un contexte médiatique à un autre). Voir peut-être au sujet de la remédiation : Remediation: Understanding new media de Bolter et Grusin.

    5. la lecture, l’annotation et la discussion d’un même texte par une communauté invitée et choisie

      même chose ici : je pense que ça serait très intéressant de développer ou préciser la conception de la lecture comme conversation, de prime abord la lecture me semble être une relation au texte mais pas forcément une conversation (peut être lecture au sens d'interprétation et d'analyse ?). Dans le cas d'une lecture collective, en revanche on se rapprocherait davantage de la conversation et du collaboratif.

    6. les échanges vivants, le texte partagé en ligne

      Est-ce que dans ce développement le fait de partager le texte en ligne est conçu lui-même comme un pôle de discussion et surtout en quelle mesure il est considéré ainsi ? Il me semble que si la dimension conversationnelle est claire pour les annotations et échanges directs, elle l'est moins pour le partage d'un document entre plusieurs individus qui répond davantage à une dynamique de diffusion.

    1. Le chat est parfois un espace d’échanges autonomes, dont les participant·e·s ne cherchent plus le relais vers l’interaction groupale globale.

      C'est un point intéressant de penser qu'une des fonctionnalités du dispositif de mise en relation produit une présence parallèle, qui peut même gêner l'échange par l'image. On pourrait aussi le voir comme une extension de l'interaction.

    2. elle

      La spontanéité de cette féminisation est intéressante ; Christine fait-elle allusion à la personne qui est à distance, ou plutôt au robot ? Dans ce dernier cas, voir peut-être [cet article du Monde sur le sexe des robots]((https://www.lemonde.fr/festival/article/2018/09/25/les-etudes-de-genre-se-penchent-sur-le-sexe-des-robots_5359786_4415198.html).

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