Document de Briefing : Santé Mentale des Jeunes, Prévention et Dispositifs d'Accompagnement en Milieu Scolaire
Synthèse Exécutive
Ce document de briefing synthétise les interventions de la table ronde organisée par le Conseil scientifique de l'Éducation nationale (CSEN), réunissant des experts de la santé publique, de la recherche épidémiologique, du secteur associatif et du ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse.
La santé mentale des jeunes élèves en France fait face à des défis majeurs, caractérisés par un sentiment d'isolement croissant, une pression scolaire ressentie et un manque de soutien social pour une frange significative de la population scolaire.
Face à ce constat, les experts s'accordent sur la nécessité d'agir sur les déterminants sociaux et environnementaux de la santé, en dépassant la seule approche des facteurs de risque individuels pour renforcer les facteurs de protection.
Quatre axes stratégiques et complémentaires se dégagent des échanges :
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L'action sur l'environnement et le climat scolaire : L'intégration de la santé dans toutes les politiques éducatives, l'aménagement des espaces physiques (accès à la nature, cours d'école) et l'amélioration du capital social de l'établissement (affiliation, participation des élèves).
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La littératie en santé mentale et la déstigmatisation : L'utilisation d'outils pédagogiques évalués comme le « Cosmos Mental » du Psycom, permettant de lever le tabou, d'envisager la santé mentale comme un continuum dynamique et de responsabiliser l'ensemble des acteurs non-médicaux.
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Le développement du secourisme en santé mentale : La montée en puissance du programme citoyen Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) et son adaptation aux jeunes (PSSM Jeune et projet PSSM Junior / vigies), visant à former des « passeurs » capables de repérer et d'orienter.
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La stratégie institutionnelle de l'Éducation nationale : La mise en œuvre du cadre de l'« École promotrice de santé » et de l'« École inclusive », s'appuyant sur un protocole formalisé, la formation de Secouristes en Santé Mentale (SSM) internes et un circuit d'adressage optimisé par les équipes pluridisciplinaires ressources (médecins, infirmiers, psychologues, assistants sociaux).
1. État des Lieux et Déterminants Sociaux (INSERM)
1.1. Données Épidémiologiques chez les Jeunes en France
Mariam Melchior (directrice de recherche à l'INSERM, équipe d'épidémiologie sociale) rappelle les chiffres clés issus des enquêtes nationales et internationales (en classe, HBSC) concernant la santé mentale des collégiens et lycéens :
| Indicateur / Problématique | Proportion d'élèves touchés | | --- | --- | | Sentiment d'isolement (fin collège / début lycée) | 20 à 30 % des jeunes filles<br>15 % des garçons | | Insatisfaction vis-à-vis de l'école | Environ 15 % | | Pression scolaire forte ressentie | 1/4 à 1/3 (25 à 33 %) | | Absence ou insuffisance de soutien social (pairs ou adultes de l'école) | 10 à 15 % |
Ces données mettent en évidence une inadéquation entre les contraintes environnementales auxquelles les élèves font face et les ressources internes ou externes qu'ils sont en mesure de mobiliser pour gérer leur stress.
1.2. Action sur l'Environnement et l'Écosystème
Au-delà du développement des compétences psychosociales individuelles, la recherche souligne l'importance d'agir sur l'écosystème global de l'élève :
- Le programme Improva : Essai randomisé mené par l'INSERM dans une douzaine d'établissements scolaires (en partenariat avec des chercheurs européens).
Il évalue une intervention combinant une application smartphone/ordinateur pour la gestion du stress chez les élèves, doublée d'un accompagnement des enseignants et des parents pour mieux repérer les difficultés.
Le programme porte une attention particulière aux déterminants sociaux pour s'assurer que les élèves en difficulté de lecture ou en filières professionnelles s'en saisissent.
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L'environnement physique : L'aménagement des espaces (accès à la nature en ville, organisation des cours de récréation) modifie directement les modes de sociabilité et les interactions entre enfants.
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Le capital social et le climat scolaire : L'expérimentation australienne Gatehouse Project a démontré qu'en modifiant la dynamique d'établissement, les hiérarchies et les échanges élèves-adultes (renforcement du sentiment d'affiliation), on observe une baisse des interdictions/violences, une réduction des symptômes d'anxiété et de dépression, une diminution de l'usage de substances et une amélioration de la réussite scolaire.
1.3. Recommandations Politiques et Interrogation sur les Réformes
En référence aux travaux de la Commission de l'OMS sur les déterminants sociaux de la santé (présidée par Michael Marmot), il est préconisé d'intégrer la santé dans toutes les politiques publiques.
À ce titre, Mariam Melchior formule une interrogation critique sur l'impact de la récente réforme du baccalauréat : en individualisant les parcours, en éclatement les groupes-classes et en multipliant les intervenants, cette réorganisation risque d'aller à l'encontre de la création de collectifs, du travail d'équipe et du sentiment d'affiliation, facteurs pourtant essentiels au bien-être des lycéens.
2. Déstigmatisation et Littératie en Santé Mentale :
L'Outil « Cosmos Mental » (Psycom)
Céline Loubières présente l'action du Psycom, organisme public d'information sur la santé mentale opérant au niveau national depuis 30 ans.
Le Psycom œuvre pour faire évoluer la perception publique, historiquement centrée sur la psychiatrie et la maladie, vers une vision globale de la santé mentale.
```
[ FUSÉE ] (L'Individu)
│
├──► [ Planètes Ressources ] (Forces internes, environnement favorable, soutien)
│
└──► [ Planètes Obstacles ] (Stress extrême, environnement complexe)
```
2.1. Le Concept du « Cosmos Mental »
Développé il y a 10 ans, cet outil pédagogique repose sur une métaphore spatiale :
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La Fusée représente l'individu au cours de sa vie.
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Le Cosmos représente l'environnement dans lequel il évolue.
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Les Planètes Ressources (ressources internes et collectives comme un environnement scolaire bienveillant).
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Les Planètes Obstacles (réponses au stress extrême, environnements complexes).
L'objectif est d'enseigner que la santé mentale concerne tout le monde, qu'elle n'est pas figée (ni tout blanc, ni tout noir), qu'elle évolue en permanence et qu'un rétablissement est toujours possible, même après un trouble ou un suivi psychiatrique.
Le clip vidéo de présentation cumule plus de 120 000 vues.
2.2. Évaluation Scientifique de l'Outil
Une évaluation en trois temps a été réalisée par le cabinet externe Le B auprès de 184 utilisateurs (entretiens quantitatifs, évaluations qualitatives et observations de terrain) :
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85 % des utilisateurs se sentent mieux équipés pour parler de santé mentale.
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79 % comprennent mieux les facteurs qui influencent leur propre santé mentale et celle d'autrui.
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56 % déclarent parler plus souvent de santé mentale après l'atelier.
2.3. Démocratisation de la Thématique
L'évaluation révèle que moins d'un quart (25 %) des utilisateurs de l'outil sont des professionnels de la santé mentale.
La grande majorité provient du milieu éducatif, de la formation et du secteur social.
Cela démontre que les acteurs du terrain scolaire peuvent légitimement s'emparer du sujet sans être des experts médicaux.
3. Les Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM France & UNAFAM)
François Pilet (instructeur PSSM, vice-président de l'UNAFAM) présente le programme PSSM, adapté du modèle australien créé il y a 25 ans.
3.1. Structure et Principes Fondamentaux
En France, PSSM a été introduit en 2018 avec le soutien de la Direction Générale de la Santé (DGS) et de Santé Publique France.
Il repose sur un trépied associatif et institutionnel :
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Soin Santé Mentale France- Linfip (organisme de formation)
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UNAFAM (Union nationale des familles et amis de personnes malades/handicapées psychiques
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apport de l'expérience usager/familles)
Le programme propose une formation citoyenne généraliste de 14 heures (généralement dispensée sur 2 jours consécutifs), sans aucun prérequis.
Il s'appuie sur un conseil scientifique présidé par le Professeur Nicolas Franck.
3.2. Rôle du Secouriste : Le « Passeur »
L'objectif n'est pas de former des soignants ou des diagnostiqueurs, mais des passeurs capables de :
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Déstigmatiser les troubles psychiques.
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Modifier le regard porté sur la maladie ("un autre regard").
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Savoir agir et orienter face à un épisode psychique au lieu de tourner la tête, de se moquer ou de contacter systématiquement les forces de l'ordre.
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Promouvoir la notion de rétablissement tout au long de la vie.
3.3. Chiffres Clés et Déploiement
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Dans le monde : Présent dans 29 pays, plus de 7 millions de secouristes formés.
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En France (2018-2024) : Près de 150 000 secouristes et 1 500 formateurs formés en seulement 4 ans d'activité effective (hors période de pandémie).
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Milieux d'intervention spécifiques : PSSM a permis de pénétrer des milieux très fermés tels que les gardiens de prison (visite de la quasi-totalité des maisons d'arrêt et centres d'internement), la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) et les Maisons des adolescents.
3.4. Déclinaisons du Programme
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PSSM Standard : À destination du grand public adulte.
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PSSM Jeune : Développé depuis 3 ans, ciblant spécifiquement les adultes vivant ou travaillant avec des jeunes (parents, enseignants, éducateurs, agents de la PJJ).
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PSSM Junior / Vigies (En cours de finalisation) : Programme visant à former directement les élèves au sein des classes (2 à 3 « vigies » par classe) pour donner l'alerte en cas de dysfonctionnement ou de détresse d'un pair.
Phase d'expérimentation lancée au 4e trimestre pour un déploiement visé en janvier.
4. La Stratégie du Ministère de l'Éducation Nationale et de la Jeunesse
Dr Brigitte Moltrecht (conseillère médicale à la DGESCO) détaille la politique ministérielle visant à rendre l'élève « disponible aux apprentissages » en veillant à son bien-être physique et psychique (principe posé par Stanislas Dehaene).
4.1. Cadres de Référence et Principes d'Action
La politique de la DGESCO s'adosse sur deux cadres internationaux et systémiques :
- L'École promotrice de santé (EPSa) : Approche positive axée sur le développement des compétences psychosociales (CPS) et du pouvoir d'agir, plutôt que sur une énumération anxiogène des pathologies.
Elle privilégie des actions pérennes inscrites dans la politique de l'établissement.
- L'École inclusive : Prise en compte des besoins individuels de l'enfant en développement, sans exiger des enseignants qu'ils posent des étiquettes ou des diagnostics médicaux, mais en se concentrant sur les répercussions constatées en classe (ex. adaptation de la pédagogie pour un élève fatigable).
4.2. Le Parcours d'Accompagnement Optimal au Sein de l'Établissement
[Repérage au quotidien] ──► [Évaluation Interne] ──────► [Adressage Externe] ──► [Suivi et Aménagement]
(Enseignants, CPE, AED, (Médecins, Infirmiers, (Soin / Prise en charge (PPRE, PAP, PAI,
Secouristes / Paires) Psychologues, As. Sociaux) médicale ciblée) PPS)
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Repérage de proximité : Assuré par la communauté éducative quotidienne (enseignants, CPE, AED, AESH) et aidé par des pairs-référents ou des secouristes en santé mentale.
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Évaluation par les personnels ressources internes : Recours aux équipes médicales et sociales de l'Éducation nationale (médecins, infirmiers, psychologues de l'Éducation nationale, assistants sociaux).
Ces professionnels effectuent un bilan multidisciplinaire interne.
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Adressage externe ciblé : L'existence de ce filtre interne permet d'éviter les errances diagnostiques et le regorgement inutile des services de soins externes (il est estimé que sans ce filtre, environ 1/3 des bilans externes sont réalisés pour rien).
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Suivi et accompagnement au long cours : Utilisation des dispositifs d'aménagements scolarités existants (PPRE, PAP, PAI, PPS).
4.3. Le « Protocole Santé Mentale » et les Formations Intranationales (SSM)
L'Éducation nationale a formalisé un Protocole Santé Mentale qui :
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Formalise et clarifie le rôle de chaque acteur.
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Précise le circuit de communication vers les familles en garantissant les règles de confidentialité.
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Évite la stigmatisation en se concentrant sur le repérage des signes d'alerte et des répercussions scolaires (notamment via la plateforme Cap école inclusive).
Déploiement des Secouristes en Santé Mentale (SSM) de l'Éducation Nationale : Le ministère a créé son propre module « SSM » (différent mais complémentaire du PSSM associatif).
Entre janvier et mai, l'institution a formé 500 formateurs et 2 500 secouristes en santé mentale internes (prioritairement des CPE et enseignants).
5. Dispositifs Transversaux, Débats et Perspectives
5.1. Dispositions Interministérielles et Outils Numériques
Pilar Arcella-Giraux (DGS) rappelle l'existence d'outils et de cadres juridiques transversaux :
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Circulaire Interministérielle de février 2022 : Prévue dans la Feuille de route nationale Santé mentale et Psychiatrie, elle incitait les employeurs des trois fonctions publiques à faciliter la formation PSSM pour les agents volontaires et à former des instructeurs en interne.
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Plateforme Mentor : Propose un premier module de sensibilisation à la santé mentale accessible aux agents, en cours d'enrichissement par un second module dédié aux premiers secours en santé mentale.
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Académie pilote : L'Académie de Lyon a engagé un partenariat avec l'UNAFAM et PSSM pour traiter la santé mentale sous l'angle de la gestion des ressources humaines et du soutien aux personnels enseignants en souffrance.
5.2. Débats sur les Moyens et les Équipes Pluridisciplinaires
Les échanges avec la salle ont mis en exergue des vives tensions concernant la démographie des professionnels de santé à l'école :
- Charge de travail des psychologues de l'Éducation nationale : Un psychologue du 1er degré couvre environ 1 500 élèves par secteur.
En croisant ce ratio avec les données épidémiologiques, environ 200 élèves par secteur nécessiteraient un suivi ou une attention particulière, ce qui représente une charge irréalisable sur les 144 jours de classe annuels (moins de 6 heures disponibles par enfant concerné).
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Appel à un recrutement massif : Des intervenants soulignent le manque d'effectifs dans les équipes pluridisciplinaires (médecins, infirmiers, psychologues, assistants sociaux) et demandent si le protocole s'accompagne d'un plan de recrutement.
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Nouveautés institutionnelles : Brigitte Moltrecht confirme la création récente (au 1er octobre) d'un poste de psychologue conseillère technique pour la santé mentale au sein du bureau de la santé et de l'action sociale de la DGESCO.
5.3. Enjeux d'Évaluation de la Recherche
La journée se conclut sur la nécessité d'évaluer scientifiquement les dispositifs :
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L'Éducation nationale réalise actuellement l'évaluation des processus (flux de personnes formées) et prévoit d'évaluer les résultats à 2-3 ans, mais l'évaluation d'impact à long terme nécessite des partenariats de recherche.
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Mariam Melchior conclut qu'il n'existe pas de solution unique ou magique (les outils digitaux ne remplaceront jamais les psychologues), mais qu'il convient de déployer un éventail complet d'interventions à différentes échelles : numéros d'urgence (3114, Fil Santé Jeunes), applications de gestion du stress, formations citoyennes, équipes pluridisciplinaires scolaires et filières psychiatriques spécialisées.